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Mémoire de joueur

Blog = Butin de vide-grenier + Critiques jeux vidéo & films

Mémoire de joueur

300 La naissance d'un empire ; ma critique et les seins d'Eva Green

Il n'y a rien de plus dangereux qu'une suite au cinéma.

Il n'y a rien de pire pour camoufler une suite, que de produire un préquel. Quand j'entends préquel, je pense à séquelles. Alors, quand j'ai su qu'un jour viendrait un film après 300 j'ai eu peur. J'aime 300, c'est une de mes madeleines, je me sens bien devant 300, je peux le regarder en entier, en fragments, qu'importe je l'aime et j'aime ce qu'il me fait ressentir. Mon inquiétude en apprenant la possibilité d’une suite était à la hauteur de cet amour que j’éprouve.

Une suite, un préquel, c’est une façon de se faire de l'argent sur le succès et l'aura de l'oeuvre originel sans être original ; personne n'est dupe messieurs les producteurs. Oui, c’est vrai tout cela, je le sais, mais j'ai fais l'autruche, je n'ai pas chercher à savoir ni à me renseigner sur 300 la naissance d'un empire, je m'attendais au pire autant que j'étais sûr d'aller le voir. Je ne suis pas dupe, mais un mouton parfois un peu.

Pouvait-on passer derrière le 300 de Zack Snyder sans se promettre à une bonne grosse sortie de route ? De toute évidence non. 300 a émergé du cinéma à l'époque charnière où la technologie numérique permettait à un réalisateur audacieux d'adapter avec maestria l'esprit, noir et stylisé de l'oeuvre de Franck Miller. On a été nombreux à prendre une claque, l'adéquation entre l'époque, l'œuvre produite, la technique, le style du réalisateur et l'œuvre adaptée était parfaite. Mais des fenêtres technico culturelle comme celle dont a bénéficié 300 il n'y en a pas souvent et d'avance on savait que 300 la naissance d'un empire ne pourrait pas en bénéficier.

Quand 300 était sous la dominance des couleurs chaudes, La naissance d'un empire se déroule dans une image nimbée de couleurs froides.
Quand 300 était sous la dominance des couleurs chaudes, La naissance d'un empire se déroule dans une image nimbée de couleurs froides.
Quand 300 était sous la dominance des couleurs chaudes, La naissance d'un empire se déroule dans une image nimbée de couleurs froides.

Quand 300 était sous la dominance des couleurs chaudes, La naissance d'un empire se déroule dans une image nimbée de couleurs froides.

Pourtant dès la première scène, la bataille de Marathon, j'ai été séduit, surpris, diverti et syncopé. Si 300 est en perpétuel équilibre entre un style léché ultra maîtrisé et un kitsch grotesque, sa suite n'hésite pas entre deux bords et opte d’emblée pour le grotesque. Dès lors le film fait un pas du côté de la série B. Quand j'ai compris cela j'ai été soulagé et je me suis laissé porté par les flots de sang. Je n’aurai pas à attendre la fin pour savoir si ce film allait être pire que le premier. Il serai différent.

300 la naissance d'un empire n'est pas une suite, mais ce n'est pas non plus un préquel ; le film se déroule pendant les événements de 300. C'est donc un point de vue différent autour d’une narration qui traverse les deux films. C’est un autre point de vue narratif et un autre point de vue en matière d'ambition cinématographique. Si tu acceptes cela spectateur, alors tu pourras prendre ton pied avec ce film. Il est moins formel que son ancêtre, moins esthétisant, moins stylé mais plus grotesque, plus gore et plus comique par extension. Plus modeste aussi dans sa prétention mais donc aussi plus sincère ; il n’y a pas dans ce film de glose ou de faux semblant, tu viens voir un péplum où des hommes en jupes mènent des combats épiques et c'est ce que tu as devant toi. Une scène de combat puis une scène où Themistocles le héros valeureux harangue ses troupes ou galvanise une foule c’est ainsi que le film est construit. C’est réglé comme du papier à musique, baston, plaidoyer, combat, oraison, scène de guerre, harangue, etc. Des batailles saignantes à l'épée et des joutes oratoires, le pitche tient en cela. Moi qui aime les orateurs et les combats sanglants alors je ne peux qu’apprécier ce film.

Bien sûr le film a ses limites, la limites inhérente à la série B, la limite campée par les acteurs. D’abord Themistocles qui campe un héros trop gentil ; il n'a pas la carrure, le charisme et l'aura trouble du roi Leonidas ; une des forces du film 300 tient dans l’aspect ambigu de la philosophie spartiate dont certains aspects peuvent rappeler certes traits de l'idéologie fasciste. On aime ces 300 héros, on fait corps à la vie à la mort avec eux et en même temps on éprouve un léger malaise, une imperceptible culpabilité quand joyeusement ils achèvent les blessés en riant et en mangeant des pommes. 300 la naissance d'un empire avance dans une surenchère visuelle, mais le film est paradoxalement bien plus politiquement correct. Le héros gentil se bat pour la liberté et la démocratie ; rassurez-vous, cela n’empêche pas de vibrer à un discours éructé au nom de la liberté, même si je trouve cela saisissant que les dithyrambes spartiates. Je vous parlais des limites de ce film et notamment des acteurs, donc si Themistocles souffre du syndrome du gendre idéal il faut parler de son ennemie. Le méchant est une méchante, et la méchante souffre d'être Eva Green. Je n'ai rien contre cette fille, je voudrais même être contre ses seins, mais dans ce film, elle est ridicule ; charisme 0, aura de méchanceté 0, crédibilité 0, baisabilité 60 %. Elle incarne Artemisia censée être d’un des généraux les plus cruels, doués, violents, outranciers et efficace de Xerxès. Mais Eva Green incarne ce personnage comme si elle jouait la méchante du lycée dans une série pour adolescente.

La dernière des limites de ce film est aussi une de ses qualités, c'est sa dimension de série B ; film burlesque, grotesque, un film de foire, de fête foraine avec du spectacle, des gerbes de faux sang, des effets exagérés, une mise en scène pour esbaudir le spectateur lambda. Si j'osais, je dirais que 300 la naissance d'un empire est un film de pur divertissement, c’est-à-dire un film sans cinéma, ma définition du film forain. On peut le critiquer pour cela, le conchier et le fustiger ; d’accord, mais moi, je l’aime pour cela. Et je trouve même que l'usage de la 3D devient judicieuse et légitime dans ce genre de cinéma. Ici elle est bien exploitée, très bien sûr exploitée ! Tu en veux et tu en as ! Tu en as pour ton argent, du sang pour du sang et de la 3D pour de la 3D. Ça fait du bien de temps en temps de s'offrir ce genre de plaisir coupable, nous ne sommes pas tous des esthètes bordel !

en haut le regard trop méchant qu'il est noir qu'il fait peur d'Eva Green alias Artemisia ; ensuite une image issue de la scène de la "naissance" de Xerxès. je trouve que c'est une très belle scène et en plus elle m'a fait penser à Lightning Returns, je ne saurai pas dire pourquoi d'ailleurs
en haut le regard trop méchant qu'il est noir qu'il fait peur d'Eva Green alias Artemisia ; ensuite une image issue de la scène de la "naissance" de Xerxès. je trouve que c'est une très belle scène et en plus elle m'a fait penser à Lightning Returns, je ne saurai pas dire pourquoi d'ailleurs

en haut le regard trop méchant qu'il est noir qu'il fait peur d'Eva Green alias Artemisia ; ensuite une image issue de la scène de la "naissance" de Xerxès. je trouve que c'est une très belle scène et en plus elle m'a fait penser à Lightning Returns, je ne saurai pas dire pourquoi d'ailleurs

Au risque de spolier une scène qui intervient à la moitié du film et qui ne dévoile rien de la narration même si elle contient en elle-même un spoil la fin du film - même si la fin de ce film est elle-même spoilé par l'Histoire -, j’ai donc envie de parler de scène où Themistocles retrouve Artemisia dans son bateau. Elle est dans sa cabine où se trouve une superbe carte marine, en argent massif où très noblement elle échafaude de vraies tactiques de combat naval pour vaincre la flotte de l’ingénieux Themistocles. Ils ébauchent alors un dialogue autour de l’issue militaire de ces batailles, mais rapidement la tension sexuelle prend le dessus, elle l'embrasse et ils baisent posant leur culs nus sur cette carte. À mes yeux cette scène résume toute la logique du film, son ambition et sa construction ; partir d'une base historique noble avec une ambition honorable - succéder à 300, illustrer la guerre de la Perse contre les républiques grecques, le combat naval - et habiller cela avec du grotesque et de l'outrance pour en faire un objet déviant, un divertissement de surface. On met des effets, on met de l’outrance pyro-numérique, on recouvre, on rhabille, on travestit et ça devient amusant et beau de naïveté. C’est ce qu’il se passe dans cette scène, on recouvre la noblesse du combat naval avec des corps qui baisent. C'est au demeurant une assez belle scène de baise, on y admire la poitrine nue d’Eva Green, il y a de la tension entre les personnages, de la vigueur, de la violence, assez peu de plaisir et en plus la scène semble durer plus que la moyenne des scènes de baise de ce genre de film. Le film est comme cela, cru dans sa violence. 300 était une ode à la stylisation de la violence, ici nous sommes dans l'outrance premier degré et c'est beau aussi pour cette raison.

Non, je ne pense pas avoir abusé sur l'illustration mammaire de cet article. En plus on remarque ici que le regard trop trop méchant d'Eva Green lui va bien mieux quand elle baise que lorsqu'elle fait la guerre.
Non, je ne pense pas avoir abusé sur l'illustration mammaire de cet article. En plus on remarque ici que le regard trop trop méchant d'Eva Green lui va bien mieux quand elle baise que lorsqu'elle fait la guerre. Non, je ne pense pas avoir abusé sur l'illustration mammaire de cet article. En plus on remarque ici que le regard trop trop méchant d'Eva Green lui va bien mieux quand elle baise que lorsqu'elle fait la guerre.
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Non, je ne pense pas avoir abusé sur l'illustration mammaire de cet article. En plus on remarque ici que le regard trop trop méchant d'Eva Green lui va bien mieux quand elle baise que lorsqu'elle fait la guerre.

La surenchère technoïde sur laquelle repose la mise en scène de 300 La naissance d’un empire - ralenti, 3D, travelling impossible - lui donne inévitablement des allures de jeux vidéo. La 3D, le sang par gerbes numériques généreuses et le ralenti au moment où le personnage donne un coup puissant ou qu'il achève un adversaire ; jubilez mes amis, la boucle est bouclée,  God of War qui a émergé comme un des premiers jeux d'action à la violence mythologique stylisée d’inspiration cinématographique a réussi à engendrer une influence en retour qui ré émerge dans 300 La naissance d'un empire. Ce film est un hommage à ce jeu et à ces jeux qui fondent leur mise en scène sur le ralenti et le QTE. À plus d'une reprise, j'ai eu l'instinct de joueur qui a titillé mon envie d’avoir entre les mains une manette pour réaliser ces finish him qui jaillissent dans le film et ainsi jouir de la décapitation comme si j'en étais l'auteur.

Selon moi le cinéma de seconde zone trouve avec cette approche qui valorise la débauche d'effets numériques  une sorte de sérénité. La 3D si souvent inutile et sous-exploitée dans les blockbusters trouve avec ce cinéma de série B un débouché, une logique, une raison d'être : le cinéma forain. Le spectacle pour le spectacle, le show pour le show. Moi, j'aime cela, j'y ai un sincère plaisir. À aucun moment 300 la naissance d'un empire peut prétendre à la superbe de 300, mais il peut prétendre à exister pour ce qu'il est avec ses qualités intrinsèques. Si l’opus de cette saga se sauve du naufrage c’est parce que dès le début, dès la conception il accepte d’être plus mauvais que son prédécesseur. Ceci étant admis le film creuse son sillon dans la sueur et le sang et loge dans un le sable souillé.

300 La naissance d'un empire ; ma critique et les seins d'Eva Green

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Film streaming 14/05/2014 20:45

Tout comme ce film qui tombe dans les mêmes travers que Gladiator, je serais tenté de dire que votre article tombe dans les mêmes travers que Gladiator. Vous dites que les mentalités ont été retouchées.

Mémoire de joueur 14/05/2014 23:35

si tu as un logiciel pour agglomérer de tel commentaire je veux le même

Greg Armatory 06/04/2014 20:48

pas du tout attiré par ce film et ton article me confirme que je dois passer mon chemin
Fut un temps j'aimais bien Eva Green mais son regard systématique de comme tu dis si bien la méchante fille du lycée et sa non moins habitude systématique à montrer ses seins même s'ils sont jolis a fini de la décrédibiliser à mes yeux !