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- Merde - et re merde - je ne sais même pas par où commencer cet article …

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- >>> par ici !

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- D’accord ...

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C’est donc l’histoire d’un homme qui voulait écrire un article sur un sujet qui n’est pas du jeu vidéo alors que le mec il tient un blog de jeu vidéo. Sauf que ce n’est pas tout à fait cela, le sujet ce n’est pas du jeu vidéo, mais il est en rapport indirect avec le jeu vidéo et avec l’actualité parce que le sujet c’est l’image totale, donc vous voyez bien qu’il y a un rapport, un petit peu, avec le loisir numérique ?

Au passage je déteste l’appellation loisir numérique.

Avant tout je vais commencer en donnant dans le tourisme façon guide de voyage à l’ancienne. Amis, lecteurs, visiteurs et touristes du monde entier si vous passez dans le sud de la France, dans les Bouches-du-Rhône, et que vous êtes à proximité des Baux-de-Provence, vous pouvez faire l’impasse sur ce charmant village piège à touristes, mais vous devriez à mon sens ne pas manquer de visiter La Cathédrale d’Image qui se trouve non loin de là. En fait, aujourd’hui la Cathédrale d’Image ne s’appelle plus ainsi, pour de sombres histoires juridico-politique elle a été renommée Carrières de lumières. Mais son principe est le même.

Qu’est-ce que le principe des Carrières de lumières ? Très bonne question de ta part ami invisible et silencieux, je vais te répondre. Il s’agit d’un lieu et comme tu es aussi perspicace qu’invisible tu auras deviné qu’il est question d’une carrière. Une carrière de calcaire qui a creusé au cœur des roches tendres du Val d’Enfer un ensemble de salles et de galeries qui forme une grotte artificielle aux vastes formes rectangulaires. Jusqu’à présent tu ne vois pas le rapport avec l’image totale ou la lumière, mais c’est parce que je n’ai présenté que la moitié du principe. Le principe second c’est que des vidéoprojecteurs projettent à l’intérieur de ces espaces souterrains des images qui recouvrent tout, du sol au plafond. Et toi le touriste, visiteur, spectateur, tu pénètres à l’intérieur de la Cathédrale d’Images, tu pénètres sous terre et tu te retrouve entièrement immergé dans un spectacle d’images, de lumières et de son et l’effet est saisissant.

Que dis-je l’effet est fascinant.

Bien sûr le spectacle tourne autour d’un thème, ce ne sont pas des images projetées aux hasards de la joliesses des choses qui s’exposent sur les murs et les sols de la Carrière de Lumières. Personnellement, j’ai découvert ce lieu il y a longtemps, très longtemps, du temps où les images projetées l’étaient en diapositive preuve que ça date. Déjà à l’époque et surtout pour un enfant c’était impressionnant mais aujourd’hui avec le numérique et le travail de transition et animation des images et la possibilité de fussions unifications des espaces le spectacle est encore plus fort. Il y a longtemps que je n’y étais pas retourné et puis il y a quelques semaines à l’occasion du nouveau spectacle sur Klimt et la peinture autrichienne j’y suis allé.

Certes les images empruntées au site officiel trichent un peu avec le réel, ça sent le photoshop, mais je vous assure que cette expérience est inégalable
Certes les images empruntées au site officiel trichent un peu avec le réel, ça sent le photoshop, mais je vous assure que cette expérience est inégalable

Certes les images empruntées au site officiel trichent un peu avec le réel, ça sent le photoshop, mais je vous assure que cette expérience est inégalable

Quelle claque ! Cette sensation d’immersion totale dans l’image est bluffante. On est là, au cœur des carrières et l’on marche sur des tableaux ou des motifs issus des tableaux et les choses changent autour de nous et nous imprègnent aussi de la beauté des choses. Bien sûr j’y suis allé avec une culture et un goût pour la peinture plus prononcé qu’avant et pouvoir redécouvrir un peintre de cette façon est une expérience folle. Mais rapidement, alors que je déambulais dans les tableaux de Klimt j’ai pensé aux jeux vidéo, je me suis demandé ce que serai l’expérience du jeu vidéo si nous pouvions en faire cette expérience totale. Je fantasmais en imaginant un jeu au sein du quel je pourrais évoluer librement en tant qu’individu humain de chair et de sang mais d’un jeu qui m’engloberai qui me recouvrirai et qui se donnerai à moi dans cette impression de don total. Un jeu affranchi de la contrainte spatiale de l’écran.

Et il ne m’a pas fallu dériver ainsi longtemps pour rencontrer l’écho de l’Oculus Rift. C’est donc cela la promesse que ce périphérique nous fait ? La promesse d’une image totale que l’on pourra pénétrer d’un pas et à laquelle on pourra se confronter physiquement ? Si telle est la promesse alors soudainement je suis séduis, pas un peu, pas beaucoup mais bien plus que cela. Dans une société d’image peut-il y avoir plus grand fantasme que de pouvoir défier physiquement les images par notre présence ?

Bien sûr il est aussi possible que ce soit un mensonge et que la fameuse dichotomie du monde reste active ; La Cathédrale d’Images nous permet physiquement d’entrer dans les images parce qu’elle convoque les images dans le monde réel alors que l’Oculus Rift nous fait entrer dans la matrice où nous seront nous numérisés pour pouvoir nous confronter aux images.

Quoi qu’il en soit, très sincèrement si vous passez dans le coin, si vous avez un peu de temps, je ne saurais que trop vous conseiller d’aller visiter les Carrières de Lumières. Et même si vous vous foutez des jeux vidéo, de la peinture et de ce que je peux dire, c’est un spectacle merveilleux et perceptible par tous. En plus les carrières sont toujours fraîches ce qui est un bon moyen d’échapper aux chaleurs estivales.

Moi, en sortant de là, je rêvais que l’on puisse privatiser l’espace pour un soir, pour une nuit pour y organiser la plus belle expérience de jeu vidéo que je pouvais imager. Comme si les 6000 m² de surfaces où projeter de l’image devenaient les 6000 m² continus et contingents d’un seul jeu vidéo que l’on pourrai parcourir à l’échelle une. Ou alors d’un jeu de combat où les personnages pourraient passer d’un mur au plafond et du plafond au sol là aussi à taille réelle.

Si on associe des vidéos prises à 360 degrés et un casque de réalité virtuelle on se dit que les jeux vidéo comme l'art sont sur le point de changer nos perceptions, c'est peut-être ça la vraie révolution qui nous attends

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