Je suis tombé amoureux, raide dingue d’amour. Vous savez, ce genre de coup de foudre que vous vous prenez dans la gueule sans même vous y attendre, comme une averse en d’août alors que vous êtes en tongs et short de plage ; vous êtes trempés, ridicule, mais vous avez la banane. Cela marche aussi avec un shot de tequila que l’on s’envoie en disant à tout le monde, tu rigoles, je ne crains pas les alcools forts, ça ne va rien me faire ! et deux minutes après t’allonges sur la moquette en essayant de nager la brasse en disant à tout le monde qu’elle est super bonne. Je n’en doute pas, vous voyez tous ce que je veux dire.

C’est quand on s’y attend le moins que l’amour nous bourre la gueule et qu’il nous prend à part dans un coin sombre pour se fourrer profond en nous. Bien sûr, il s’agit d’une métaphore, en tout cas je crois, et dans l’utilisation que j’en fais, il s’agit de dire que je ne m’attendais pas à prendre un tel pied avec Les gardiens de la galaxie. Oui, j’ai couché le premier soir, j’assume et j’en redemande.

Après c’est toujours la même chose, moins on attend d’un film, d’un jeu, d’une personne, un menu de restaurant chinois, ou d’un homme politique et plus on peut être séduit et surpris par la chose en question. Et franchement, des gardiens de la galaxie, je n’attendais rien, à part peut-être deux heures au frais dans une salle climatisée au mois d’août, et même sur ce point le film ne m’a pas déçu d’ailleurs. Donc bon, je suis allé le voir la fleur au fusil et le film en a profité pour me mettre en coup de fusil, ou de pompe, dans une partie sensible de mon anatomie. Et il m’est difficile de conduire une critique de ce film tant il est clair que je manque cruellement d’objectivité à son sujet.

Les gardiens de la galaxie ; idéal de pop culture Les gardiens de la galaxie ; idéal de pop culture
Les gardiens de la galaxie ; idéal de pop culture Les gardiens de la galaxie ; idéal de pop culture

Les gardiens de la galaxie ; idéal de pop culture

Que dire ? Qu’en dire ? Comment dire ?

Le film brille par … non, plus simplement, le film brille.

Brille-brille, comme on pourrait dire bling-bling sauf qu’il n’a rien de bling-bling, disons burlesque pour rester dans l’allitération et je rajoute burnée ; comédie spatiale burlesque et burnée.

Surtout, le film est foutraque, libéré, foisonnant, généreux, badass, bref, débridé ce qui dans une production Marvel est un petit miracle. De plus en plus souvent j’ai la sensation que les productions Marvel sentent le service minimum et le calibrage excessif. À essayer de relier toutes les productions dans une méta trame narrative dont l’ambition est surtout de vendre le prochain film, la prochaine suite, les films finissent par laisser toujours un goût d’inachevé et de frustration. Chaque film prend soin d’introduire son prochain, ou de consolider son prédécesseur ce qui a tendance - à mon goût - à brider la générosité et à restreindre la jubilation en imposant une mécanique narrative trop lourde. Le cas de Captain America : le soldat de l’hiver est assez significatif. En introduisant trop de personnage et de situation ultérieurs le film est mou, lourd, lent à la limite de l’ennui.

Avec Les gardiens de la galaxie, j’ai retrouvé ce que j’aime dans les comics, de la jubilation, de la générosité, de l’action, de l’humour et de la pop culture. Voilà un film libéré du slip, sans nécessairement de grandes ambitions, mais avec un vrai sens du spectacle et de la générosité. Déjà, il ne faut pas passer sous silence le Awesome Mix Vol.01 que Peter Quill, alias Star-Lord, hérite sur K7 de sa mère et des années 1970 ; cet objet traverse le film et l’anime d’un groove unique. Il doute le ton du film, sa chaleur, son rythme. Et c’est bien par son rythme que le film brille. Comme un spectacle de cabaret le film est rythmé au millimètre, dosage parfait entre humour et spectacle. Pour que ce soit drôle, il faut que cela fuse, c’est le cas, les vannes font mouche, les dialogues sont ciselés, répliques, réparties, ça groove, ça balance pas de temps mort, savant dosage avec l’action, aucun temps morts, up-tempo, le film porte le spectacle à bout de bras et chaque personnage fait sa part d’abatage pour que le spectateur rit et kiffe sa maman.

Il faut dire que les personnages sont savoureux comme l’on dirait dans un temps ancien ; Star-Lord une sorte de loser mauvais garçon joyeux de l’espace. Groot l’arbre et son acolyte Rocket le raton laveur cybernétique bavard et belliqueux, Drax le destructeur dont le premier degré est aussi déroutant que ravageur et Gamora tueuse verte et sexy. S’il est sûrement vrai que les rôles féminins, Gamora et Nebula sont un peu en dessous les rôles masculins, animalier et végétaux sont absolument énormes, régalatoires, rigolateurs et ostentatoirement drôles. Et par chance le film ne met pas une plombe à réunir les héros, l’équipe est rapidement réunie et immédiatement elle exhale la baston et le dialogue surréel ; jubilation garantit. Visuellement, le film ébouriffe, il s’octroie le droit d’être à l’excès dans le numérique, saturé d’effets et de couleurs, il épouse à merveille l’idée que je me fais de cette SF spatiale et moderne ; un lieu sans existence réelle, place idéale pour l’avènement d’une fantasmatique futuriste où le numérique a prit le dessus sur le réel. La mise en scène laisse surgir de beaux moments de bravoure créative et parvient même à tirer un parti intéressant de la 3D. De toute façon, quand il s’agit de divertir par le spectaculaire, la 3D foraine et ostentatoire fonctionne toujours.

Dialogue absolument savoureux, à l'image de tout le film, précis, rythmé et drôlatique.

Pour moi, Les gardiens de la galaxie, c’est vraiment un claque, un coup de foudre, une révélation ; je ne me rappelle pas la dernière fois où j’ai passé un si bon moment au cinéma. Je ne me rappelle pas avoir vu un space opéra aussi jubilatoire depuis, depuis je ne sais pas quand, depuis longtemps, depuis toujours, depuis jamais, depuis ma naissance. J’aime son esthétique, son humour, son action, sa dérision, sa générosité et j’aime que la planète Xandar me fasse penser à Mass Effect. J’aime Je s’appelle Groot et le comique de répétition, j’aime les dialogues, le groove de Peter Quill quand il danse, et j’aime l’humour omniprésent. Un film sans retenue.

C’est pour moi, sans conteste mon film numéro un de 2014 et je l’ai tellement aimé qu’il déborde même sur mon film favori de 2013 et de 2012. Qu’importe, on s’en fout, le principal, c’est que je kiff et que ce film, ouvrage irrévérencieux est génial. C’est tout ce qu’il faut retenir et aller ou retourner le voir. Encore et encore jusqu’à saturation.

Merci, je vous aime.

Avec son costume à la Rocketeer, son groove, son irrévérence et son style old school, Peter Quill et Les gardiens de la galaxie sonnent comme de la bonne SF des années anciennes.
Avec son costume à la Rocketeer, son groove, son irrévérence et son style old school, Peter Quill et Les gardiens de la galaxie sonnent comme de la bonne SF des années anciennes.
Avec son costume à la Rocketeer, son groove, son irrévérence et son style old school, Peter Quill et Les gardiens de la galaxie sonnent comme de la bonne SF des années anciennes.

Avec son costume à la Rocketeer, son groove, son irrévérence et son style old school, Peter Quill et Les gardiens de la galaxie sonnent comme de la bonne SF des années anciennes.

Awesome Mix vol.1

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