Figure de geek

Publié le 21 Novembre 2014

Faut-il vraiment parler des Wachowski,  les introduire, les gloser, les présenter ?  Je trouve que devoir présenter les frères Wachowski est très vexant, pas pour moi qui ne suis personne mais pour eux, car chaque individu de notre génération geek devrait connaître l’œuvre de cette fratrie parce qu'ils sont ceux qui ont fait entrer le divertissement cinématographique dans l'ère d'excellence du cinéma de synthèse, ou cinéma numérique et qu’ils ont fait beaucoup pour la culture dont cette génération se revendique. Que l'on aime ou non la trilogie Matrix elle représente un jalon essentiel parce qu’il l’évolution technologique et artistique d’un cinéma qui a pu à partir de là espérer à une évolution, une révolution, à la résolution d’un complexe.

Il y a donc de l'audace chez ces "frères" mais surtout de l'ambition, cette forme d'ambition naïve qui n'a pas peur de se mettre face à des défis que d'autres jugeraient puériles mais dont la résolution apporte une réponse - sérieuse - et souvent très intéressante.

Je pense donc du bien des films des Wachowski, que j'ai tous vu je crois, et que j'ai tous aimé parce qu'ils m'ont apportaient des expériences différentes et complémentaires. Il y a dans leur travail beaucoup d’éléments pouvant potentiellement interpeler le spectateur, mais l'élément essentiel à mes yeux c'est le leur capacité à être - ou faire - une synthèse pop-culturelle d’une époque ; en fait ils incarnent le pont générationnel entre la Pop Culture du XXème siècle et la Pop Culture du XXIème siècle. Et cela fait d’eux, à mes yeux, parmi les figures les plus crédibles de la culture geek. Non pas parce qu’ils la récupèrent mais justement parce qu’ils l’ont devancée et inventée.

Mais il n’y a pas que cette capacité à synthétiser et inventer l’air du temps qui est aimable chez eux, il y a des parts plus épiques, plus mystiques ou métaphysiques qui traversent leurs films ce qui donne une profondeur - et parfois une lourdeur je l’admets - supplémentaire. Cette part sombre et profonde c’est la partie immergée de leur œuvre, c’est le lieu où elle ancre ses racines dans une dimension intime et personnelle ce qui donne à leurs films une proximité émotionnelle particulière. Cette part d’ombre est forcément liée au changement de genre de Larry devenu Lana qui à donner naissance à Cloud Atlas une œuvre pharaonique d’ambition qui malgré les écueils parvient à ne pas s’écrouler et au contraire à décoller vers des sommets.

C’est tout, je ne vais pas faire l’exégèse de l’œuvre de ce duo indomptable de la culture pop, mais j’avais envie d’évoquer cela comme on survole en avion les plages blanches où l’on va aller en se ressourcer en vacances.

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Rédigé par Mémoire de joueur

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