Parce que les illustrations c'est mon péché mignon et que je suis tombé amoureux de cette image

Parce que les illustrations c'est mon péché mignon et que je suis tombé amoureux de cette image

Mon blog à quatre ans aujourd’hui.

Où est-ce que j’étais il y a quatre ans ? Et surtout qu’est-ce qu’il m’a pris de me lancer dans cette aventure ? J’avais de l’ambition c’est sûr, et même de la prétention, je ne partais pas la fleur au fusil pour balader ma prose et mes jeux vidéo dans l’espoir d’en tirer bénéfice. Non, je partais la plume au poing avec la ferme intention de poser ma pierre là où d’autres posent leur pêche. De l’ambition oui, et je trouvais cela beau. Je trouve toujours beau les gens qui ont de l’ambition mais plus que tout, l’ambition en elle-même est une chose remarquable. Elle contient souvent en germes la possibilité d’une révolution, d’un changement, un glissement de paradigme ou un truc comme ça.

Je bloguais déjà avant de lancer celui-ci. Mon blog le plus ancien à cinq ans et demi, mais mes premières expériences de blogs remontent aussi loin que je me rappelle le chant furieux du modem 56k. Il y a quatre ans c’était un mariage, une union contre nature de ma passion de la prose et de mon hobby des jeux vidéo - et je dis hobby à dessein - ; je mariais l’écriture et l’objet culturel qu’est le jeu vidéo. Ne devait en naître qu’une seule chose : la critique. Je me voyais déjà enfanter une penser critique, un appareil critique, je croyais dur comme fer que l’on pouvait y arriver, on, oui, tous, ou une partie des tous, avec l’émergence des réseaux il était plausible d’envisager un mouvement qui donne naissance à une pensée.

C’était naïf et ambitieux.

Mais je devais confondre le jeu vidéo comme objet culturel et le jeu vidéo comme objet cultuel. Parce que c’est plus de cela que la réalité rapporte. Le jeu vidéo est un objet oscillant et s’il était un objet quantique alors je pense que le jeu vidéo serait dans le même champ du réel et objet de culte et objet de consommation. Que faire de cela quand on est blogueur ? Il y a quatre ans je ne feignais même pas de ne pas le savoir parce que je ne m’étais pas réellement confronté à la question, je croyais le jeu vidéo objet d’étude, prétexte culturel à une pensée critique, à une prose critique, une plume critique. Et ce blog allait devenir le terrain de jeu d’une joute intellectuel. C’était beau parce que c’était naïf et prétentieux de ma part de me penser capable d’y réussir.

Mémoire de joueur, et dire que j’ai réfléchi longtemps pour trouver ce titre. J’y ai réfléchi des jours et peut-être même des semaines. Mais c’est toujours plus court que le temps que j’ai passé à réfléchir à un autre titre, à en changer, depuis quatre ans ça doit bien faire deux ans que je cherche un titre qui pourrait représenter ce à quoi j’aspire. Parce que Mémoire de joueur ça inspire à l’égo trip. Il faut dire que comme dans cet article, c’est dans ce genre que j’excelle. Mais ce genre, celui de la facilité, si parfois il permet quelques espaces d’expressions littéraires, il éloigne de l’ambition initiale. Mais je fais bien ce que je sais faire. Et c’est déjà pas mal. Je peux m’enorgueillir de ne pas être devenu un panneau publicitaire, un de ces hommes ou de ces femmes sandwichs qui occupent le front de l’internet avec le flot de l’actualité.

Quatre ans plus tard qu’est-ce que je suis, qui suis-je en termes d’identité sur la blogosphère ? C’est une bonne question que je voudrais vous poser. Même si en quatre ans j’ai appris qu’il n’y a rien de plus difficile que de faire participer les autres, que de faire réagir les lecteurs, que de produire des pages participatives. Ou c’est juste que je ne suis pas doué pour cela.

Quatre ans que ce blog existe et moi je suis encore là.

C’est déjà bien d’être là, j’aurai les autres à l’usure. D’ici les quatre prochaines années je vais continuer de jouer, et essayer de réfléchir encore, au média jeu vidéo et aussi à notre média à nous blogueurs, producteurs de contenus, cette condition prend de plus en plus de place dans mon esprit sans savoir où elle me mène. Cette schizophrénie qui nous fait utilisateurs et co-constructeurs du monde numérique que nous utilisons.

Quatre ans à écrire des articles et quatre ans que je ne sais toujours pas comment les conclure.

Le point d'achoppement d'une culture millénaire, celle de l'écriture, et d'une culture postmoderne, celle du jeu vidéo. D’une certaine manière je suis ce gif animé

Le point d'achoppement d'une culture millénaire, celle de l'écriture, et d'une culture postmoderne, celle du jeu vidéo. D’une certaine manière je suis ce gif animé

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