Vide-grenier & culture pop #2 : des jeux, des dès, des jouets et des films

Publié le 23 Juin 2016

C'est entré rapidement dans mes habitudes, le week-end je parcours les vide-greniers pour y exprimer mes pulsions de consommation et y acheter des jeux vidéo et toutes sortes d'objets aux travers desquels je construis quelque chose ; un cocon culturel, une sculpture elle aussi culturelle, ou un arbre généalogique de mes tendances et de mes nostalgies. Cette manière de consommer de façon indirecte et presque détournée puisqu'elle se cache derrière le plaisir de chiner m'aide aussi un peu à ressentir que je suis encore capable de faire parti de la même société que celle de mes congénères qui supposent qu’ils sont parce qu'ils consomment.

 

C’est vrai, je suis en train de devenir accro à la chine et je l'assume bien volontiers. Le problème aujourd'hui c'est de rendre compte de ces achats hasardeux de manière à vous intéresser. Et ce n'est pas simple car l'acte de consommation et le geste d'achat, sont certainement les choses qui me paraissent parmi les plus vulgaires du comportement humain. Et puis, pour le dire grossièrement, les articles et les vidéos sur les retours de vide-greniers et d'achats sont le niveau zéro du blogging ; je suis donc là avec mes ambitions de blogueur, mes pulsions pornographiques de consommation et la réalité de ma réalité. Une part de moi pense que ce que je produits est sans intérêt et pourtant j'ai envie de continuer à me confronter à ce défi paradoxal qui consiste à rédiger des articles autour des achats que je fais sans perdre mon style ni mes espoirs qualitatifs. Sûrement parce que je trouve dans l’impromptu de ces objets culturels chinés de ci et de là un bon prétexte à dérouler une improbable ligne éditoriale sur mon blog ; s’en remettre au hasard de ce que je découvre et aux contraintes de la pauvreté pour alimenter ma nouvelle série d’articles. Du coup se pose à moi la question de la chronologie, pour le moment je respecte la césure des week-ends pour délimiter et grouper le contenu de mes articles, mais je me dis que je pourrais à l’inverse piocher dans ce que je rapporte plutôt au grès de mes inspirations d’écriture. L’avenir me dira ce qu’il en sera.

D’ailleurs dans ce sens j'aurai besoin de vos conseils et de vos retours pour que je puisse améliorer mes articles autour des retours, longueur, contenu, avec ou sans prix, et surtout au niveau des images. Je me retrouve bien bête à essayer de photographier des objets fruits de mes trouvailles en les mettant en avant tout en créant de belles images.

Le mot de l'auteur à ses lecteurs

Oui, vous avez raison, toujours je chouine, toujours je geins, je pleurniche et puis l'article que j’ai en tête il ne s'écrit pas. Pourtant c'était bien mon intention lorsque j'ai ouvert cette page, vous faire le retour des vide-greniers d’il y a déjà 15 jours.

 

C’était un dimanche, le temps était au soleil et l’horaire raisonnable aux alentours de neuf heures du matin. Waze m'avait fait prendre d’improbables routes pour arriver sur site. Comme à mon habitude je ne cherchais rien de précis, j'étais en conséquence ouvert à tout. Je m'arrêtais en premier sur un stand qui vendait beaucoup de tout petits objets, je cherchais un porte-clé le mien ayant rendu l'âme mais je repère des dés. De petits dés à six face, des D6 classiques comme on en trouve dans les jeux de société, mais aussi d’autres qui retiennent mon attention, des dés avec sur chaque face des figures et des symboles issus d’un jeu de cartes ainsi qu'un dé aux valeurs étonnantes. Je suis joueur de jeu de rôle et comme tous les joueurs de jeu de rôle, je suis amateur et utilisateur de dés donc je demande le prix à la vendeuse qui me répond qu'elle ne sait pas, c'est son mari qui connaît les prix mais monsieur est allé faire un tour et il doit revenir bientôt. J'ai dans la main cinq dés qui m’intéressent, dont un avec une grosse trace de marqueur, je décide d’attendre curieux le retour du roi. Le monsieur fini par revenir, sa femme lui demande le prix des dés, il me regarde et me lance un sèchement 5 euros. Très poliment je le remercie tout en reposant les dés que je trouve bien trop chers. Alors que je vais repartir l’homme m'interpelle, il me demande si je veux des dés, il me montre qu’il en a encore d’autre et il me dit que pour 1 euro ça sera bien. Après ce revirement il met tous les dés dans un petit sac et encaisse mon euro me laissant repartir très satisfais. Il semblerait que les dés avec les figures (as, roi, dame, valet, 10, 9) soient des dés de poker. J’imagine que l’on lance une main de cinq dés et que l’on doit faire la plus haute combinaison. Et le dé dont je trouvais les valeurs étonnantes (2, 4, 8, 16, 32, 64) doit être un dé de backgammon.

Vide-grenier & culture pop #2 : des jeux, des dès, des jouets et des films

Un peu plus loin je fouille une boîte avec des jouets-figurines d'enfants, j’y vois quelques Power Ranger déplumés et autres babioles portants les marques d’objets ayant été beaucoup jouées d'entre des mains d'enfants. Me voyant fouiller l'homme qui tient le stand me propose de le débarrasser de la boîte pour 3 euros. Le prix n'a rien de dissuasif alors je regarde plus en détail le contenu mais rien ne m'intéresse sauf un petit barbare qui je trouve plutôt en bon état et que je sors du lot. C'est le plus fameux des barbares, je tiens là Conan, dans un état remarquable pour un jouet en plastique vieux de plus d’un quart de siècle. Je demande alors à quel serai le prix juste pour le barbare, et je repars avec après avoir déboursé 50 centimes.

 

C'est vraiment idiot mais j'aime beaucoup cette petite figurine, en fait j'aime ce qu'elle représente et ce qu'elle porte d'histoire dans le monde de la fantaisie et du fantastique. En terme de jeu de rôle la figure de Conan c'est un peu le héros emblématique des jeux Sword & Sorcery ; des jeux dont l'esprit est imprégné de l’ambiance vieille école centrée sur des mécaniques simples et des actions héroïques rugueuses, Conan incarne tellement bien ce héros qui part seul, simplement armé de sa bite et de son couteau pour affronter de puissants sorciers et une destinées funeste ; bon il se trouve que chez Conan le couteau est plutôt large comme une épée et je suis sûr que sa bite est du même acabit. Bref, je retrouve tout cela lorsque regarde ce minuscule barbare en plastique.

Vide-grenier & culture pop #2 : des jeux, des dès, des jouets et des films

Tant qu’à être dans le jouet-figurine en plastique, sur un autre stand je vois parmi les jouets un squelette qui me plaît bien. Dans un précédant article je vous disais que j’essayais de trouver des figurines pouvant constituer une sorte de bestiaire monstrueux dont je pourrais me servir pour illustrer ou animer des combats durant des parties de jeux de rôle. Or le squelette, surtout le squelette avec un casque à pointes et un bandeau sur l’oeil, est un classique dans les rangs ennemis ; c’est un parent proche du zombi que je trouve plus classe. Je demande le prix au vendeur qui m’annonce 1 euro, ce qui me semble raisonnable vu que la figurine est de bonne taille, mais j’essaie malgré tout de négocier, parce que d’une part il est un peu cracra et d’autre part, vu les mains du personnage je me doute bien qu’il lui manque ses accessoires. Mais ma négociation échoue et j’hésite ; je décide de me remettre au hasard, si je parviens à faire tenir le squelette debout sur la table je le prends, autrement je le laisse. Il s’est tenu debout.

Je n’ai trouvé aucune indication de date ou de licence sur ce jouet. Au début j’ai cru qu’il pouvait être sorti d’une licence comme Pirate des Caraïbes mais son casque à pointe me fait plus penser à un casque de biker, peut-être qu’il y a eu un dessin animé avec des bikers squelettes et si c’est le cas je ne le connais pas. Donc si jamais quelqu’un reconnaît le personnage et saurait me dire d’où il est tiré je serai intéressé de le savoir. Surtout que je trouve qu’il est plutôt bien foutu.

Je n’ai trouvé aucune indication de date ou de licence sur ce jouet. Au début j’ai cru qu’il pouvait être sorti d’une licence comme Pirate des Caraïbes mais son casque à pointe me fait plus penser à un casque de biker, peut-être qu’il y a eu un dessin animé avec des bikers squelettes et si c’est le cas je ne le connais pas. Donc si jamais quelqu’un reconnaît le personnage et saurait me dire d’où il est tiré je serai intéressé de le savoir. Surtout que je trouve qu’il est plutôt bien foutu.

Ma journée de chine aurait pu s’arrêter là, je n’avais pas dépensé grand chose et j’étais très content de ce que j’avais trouvé. Mais je passe devant un stand où une personne vendait des jeux PSP. Par acquis de conscience je m’arrête, je regarde, je vérifie si les UMD correspondent aux boites et si les jeux sont en bon état. Je sors du lot trois jeux dont les boites sont dans un état nickel mais qui n’ont pas de notice. Les UMD semblent en bon état bien qu’à ce moment je dis que ça ne doit pas être les jeux d’origines vu que les UMD ne sont pas sérigraphiés. Sans bien réfléchir je suppose alors que ce doit être les jeux Platinum qui se trouvent dans des boites classiques et que ce n’est pas très grave si le prix est intéressant ; et puis au pire des cas je pourrais récupérer les boites pour remplacer des boîtiers détériorés. Je demande donc le prix, le revendeur me dit qu’il faisait les jeux à 5 euros pièces mais que pour moi il me fait 5 euros les trois. N’étant réellement intéressé que par un seul titre je lui demande si 3 euros pour les trois ça lui conviendrait en lui tendant mes pièces. Il accepte et je repars avec mes trois jeux, LittleBigPlanet, WipEout Pulse et Everybody’s Tennis à 1 euro pièce mais sans notice. Une fois rentré à la maison, je m’attarde un peu plus sur les jeux pour les tester et là je réalise que ce ne sont pas des UMD Platinum dans des boîtiers normaux, non, en fait ce sont trois jeux promotionnels et c’est d’ailleurs bien écrit sur chaque disque Promo Only - Not Fort Resale. Je ne sais pas si cela influe sur la valeur des jeux dans le cadre d’une collection, mais j’avoue que je suis plutôt content ; d’une part parce que finalement les jeux sont complets au sens où ces versions là étaient à l’origine sans notice, et d’autre part parce que je trouve que ça donne du cachet à ces pièces de ma collection de jeux PSP. Certes j’ai déjà WipEout Pulse mais je pourrais toujours l’offrir ou l’échanger, si ça intéresse un improbable lecteur fait moi signe l’ami. En revanche je n’avais pas LittleBigPlanet qui est une licence que j’ai découverts sur le tard et dont j’adore la créativité. Je me demande même pourquoi cette série n’a pas connu un impacte plus grand sur sa génération ; à croire que les goûts du remixe se sont perdus en route. Je pensais déjà posséder Everybody’s Tennis, j’ai d’ailleurs une sauvegarde sur mon memory stick qui me le confirme mais impossible de remettre la main sur le jeu. Finalement je me suis souvenu que lorsque j’ai choisi d’assumer ma démarche de collection sur PSP j’ai revendu les titres Platinum, dont l’excellent jeu de tennis. Donc finalement cet achat est vraiment un bon achat.

En même temps si j'avais mieux regardé les boites ...

En même temps si j'avais mieux regardé les boites ...

Je reprenais ma promenade, définitive convaincu que la matinée était positive et que j’avais à défaut de belles trouvailles, trouvé des objets qui me plaisaient beaucoup. Je continuer de fouiner dans les derniers stands du vide-grenier toujours en quête d’un inconnu prêt à me surprendre. Sur la table d’un vieux monsieur je repère dans une boite à chaussure un sachet avec un dé et des pions. Le dé est quelconque, les pions aussi mais dans la boite il y a des jeux de cartes et de tarots et d’autres choses liées aux jeux à priori. Je sors d’abord un étui rouge, assez épais, je l’ouvre et d’un côté je trouve cinq gros dés de poker encore, avec ses figures blanches gravées dans le plastique rouge. Et de l’autre côté de l'étui, trois gros D6 en plastique rouge légèrement fendillé par endroit et une pile de jetons. Ce sont le genre de dés qui roulent bruyamment avant d’afficher clairement leur résultat comme une revendication outrageuse. J’adore faire rouler ce genre de dés dans la main. Je demande le prix de cet objet qui exhale dans mes mains un charme désuet, 1 euro, je sais que je vais les acheter mais je n’ai pas fini de fouiller le carton. J’attrape à ce qui ressemble à une vieille boite de crème de beauté, vide bien entendu, avec des petites figurines à l’intérieur. Je l’ouvre et je reconnais tout de suite Legolas, mais si l'elfe du Seigneur des anneaux. Je venais de tomber sur les figurines du Monopoly Seigneur des Anneaux. Toute la compagnie était là, à l’étroit dans la boite, perdus loin de leur plateau de jeu, mais ils avaient conservés la possession de l’anneau unique. Je demande le prix, 1 euro aussi pour les six figurines en métal, l’anneau et un D6 tout ce qu’il y a de plus banal. Il va s’en dire que j’ai pris le lot et qu’il rejoint ma série d’objets chinés liées à l’univers du jeu de rôle. Même si au départ le Seigneur des anneaux est une saga littéraire, et que plus tard ça a été une trilogie au cinéma, ça a aussi été un jeu de rôle ; et puis la fantasy à la sauce Tolkien à largement influencé toutes la fantasy et donc une partie des univers de jeux de rôle.

Vide-grenier & culture pop #2 : des jeux, des dès, des jouets et des films
Vide-grenier & culture pop #2 : des jeux, des dès, des jouets et des films

C’était fini, j’avais fais le tour du vide-grenier et je prenais le chemin du retour en laissant trainer les yeux sur les stands déjà visités. Et en passant devant un vendeur de DVD j’aperçois un coffret qui m’interpelle. C’est le premier coffret de la saison 2 de Gunslinger Girl. Pour comprendre pourquoi je me suis arrêté devant ce DVD je dois faire un peu d’histoire à moi sujet. Il y a quelques années je cherchais un visuel pour mon premier tatouage. Je ne savais pas ce que je voulais, je regardais beaucoup d’images jusqu’au jour où je suis tombé sur un graffiti, le profil d’une jeune fille tenant un pistolet et exprimant une forme de dévotion et d’abandon. L’image m’a tout de suite parlé mais je ne le savais rien de son origine et de son histoire, ce qui m’a permis d’ailleurs de l’investir de mes propres valeurs. Je me suis donc fait tatouer cette image et j’ai appris plus tard qu’elle était tirée d’un manga, Gunslinger Girl. J’ai été surpris d’apprendre que ce que j’avais investi et imaginé dans cette image n’était pas éloigné de ce que le manga exprimait, pour autant je ne l’ai jamais lu, et je n’ai jamais regardé l’animé même si j’ai tatoué le visage d’Henrietta sur mon poignet. Tout ceci pour expliquer pourquoi j’ai été attiré par le coffret DVD de la saison II de Gunslinger Girl. Lorsque j’ai commencé à refaire les vide-greniers avec assiduité j’ai demandé à ma petite amie de m’interdire d’acheter des DVD, d’une part parce que je ne les regarde presque pas, ensuite j’en ai déjà trop dont j’essaie de me défaire en les revendant sur le net et pour finir parce que j’essaie de passer au Blu-ray pour les films que j’apprécie vraiment. Mais là je lui ai demandé de m’autoriser à transgresser ma propre interdiction vu que j’avais l’héroïne de cette série tatouée dans la peau. En plus le coffret était affiché à 2 euros, un prix très raisonnable pour un achat qui ne l’était pas.

Ainsi vous pouvez voir à gauche l'image orignale et à droite celle qui est encrée dans ma peau.
Ainsi vous pouvez voir à gauche l'image orignale et à droite celle qui est encrée dans ma peau.

Ainsi vous pouvez voir à gauche l'image orignale et à droite celle qui est encrée dans ma peau.

Cette fois c’était fini, je pouvais rentrer satisfait, en ayant dépensé peu, moins de 10 euros, avec des dés, trois jeux PSP, deux figurines jouet et une série de figurine du seigneur des anneaux et un coffret DVD, ainsi que de la matière pour écrire un bel article. La boucle étant bouclé je pouvais rentrer chez moi et rédiger cet article pour le finir ainsi.

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