Acte de consommation & jeu vidéo - honte & plaisir -

Publié le 5 Juillet 2016

L’acte de consommation est souvent une bonne jauge de nos états de dépendances névrosées ; enfin je ne sais pas pour vous mais pour moi c’est le cas. Il y a des jours où mon âme ploie sous le poids d’une mélancolie incommensurable prête à m’emporter, me clouer au pilori d’un spleen sans idéal avant de me couler au fond d’un lac aux eaux dépressives et glaciales. Oui, il y a des jours ainsi où je sens le sens de ma vie m’échapper et où j’éprouve alors le vertige de l’existence. Et c’est dans ces moments que l’irrationnel de certains comportements m’apporte le réconfort et l’énergie de renverser le tableau et de reprendre le cours naturel du flot de ma vie. Tout cela pour dire quoi ? Pour dire que lorsque le moral n’est pas bon, j’ai parfois besoin de céder une pulsion de consommation pour m’offrir du réconfort et que dans ces moments là, les achats ne sont pas seulement dirigés par le loisir de la collection et du partage de la belle trouvaille mais aussi par une raison moins rationnelle qui est celle de se faire plaisir à soi, une forme de masturbation économique qui aurait comme objet de désir l’objet de consommation jeu vidéo.

Ca va ? J’ai réussi à tuer toute la possibilité de glamour qu’un article relatant mes achats pulsionnels dans un Cash Converters qui en plus est sûrement un des lieux urbains au potentiel érotique le plus pauvre pouvait espérer apporter ? J’ai bien ouvert sur le côté refoulé et misérabiliste de consommateur qui somnambule en moi ?  Alors on peut y aller et je peux enfin vous parler de ces jeux qui rejoignent ma collection et mes étagères et puis même ma console parce qu’après tout, avec tout ce que je raconte il y a aussi toujours l’envie de jouer.

Donc ce jour là où j’ai basculé dans l’achat compulsif, douze jeux en une seule fois, tout à commencé par un jeu, un seul titre qui m’a fait passé d’un simple projet d’achat raisonné et une petite déferlante moins raisonnable. Je recontextualise, depuis que j’ai décidé d’assumer le côté collecteur de jeux vidéo PS3 et PSP je me suis fixé des limites de prix, je trouve dorénavant qu’il est ridicule de dépenser plus de dix euros pour un jeu PS3 et plus de cinq euros pour un jeu PSP. Que ce soit en Cash ou en vide-grenier, sur Amazon ou sur e-bay, ma frontière symbolique était fixée et jusque là respectée.

Je suis donc dans mon Cash Converters, je regarde les titres PS3 et je vois un jeu dont la réputation d’objet culte a depuis bien longtemps attisé mon désir de le posséder et d’y jouer. Il s’agit de Deadly Premonition the director’s cut qui est je crois bien la seule version disponible sur PS3. Il existe bien un pack collector, mais le jeu du pack collector PS3 est justement the director’s cut. Bref, je suis devant la seule version connue de ce jeu sur PS3 et j’éprouve une forte attirance. Le boîtier est nickel, la notice bien épaisse est sans marque, et je peux même lire sur la jaquette « Franchement unique » 4/5 Gameblog. Oui tout concorde à me pousser à le prendre, sauf que le jeu dépasse la limite que je me suis fixée ; le jeu est à 12 euros. Je sais, ce n’est que deux petits euros au dessus de ma frontière et ça ne serait pas bien grave de dépasser le budget. Sauf que lorsque je transgresse une règle que je me suis imposé, j’ai tendance à déborder. J’hésite un moment, mais je me rappelle que je n’ai pas vu souvent le jeu en boutique, voir même jamais depuis qu’il n’est plus vendu en neuf dans le Micromania où je passe parfois. Je le regarde encore une fois, je sais en plus que c’est un Cash qui opère la promotion, pour trois jeux achetés le moins cher des trois est offert. Et finalement je craque pour ce jeu à la réputation lynchienne qui laisse penser de lui que c’est un de ces OVNI vidéoludiques qui portent en eux les germes de quelque chose de différent. C’était parti, j’allais craquer et acheter Deadly Premonition the director’s cut.

Acte de consommation & jeu vidéo - honte & plaisir -

Comme second jeu mon attention se porte rapidement vers un jeu que j’adore et que donc je possède déjà, oui en dématérialisé. Il s’agit de Dragon’s Dogma, jeu de rôle et d’action de Capcom dans un esprit hybride entre culture occidentale et orientale. Dragon’s Dogma c’est le jeu vidéo, dans sa génération de console, qui m’a fait éprouver les sensations les plus proches de celles que je connais en jeu de rôle classique. Et pourtant c’est un jeu en solo, tourné vers l’action, mais il y a un je ne sais quoi dans l’échelle du jeu et dans son univers qui m’a complètement séduit. Régulièrement j’y reviens, j’y retourne et à chaque fois je trouve que le jeu fonction, le plaisir est immédiat et du coup je ne me suis jamais résolut à supprimer le jeu de mon disque dur en espérant je trouver un jour d’occasion. C’était mon occasion de le prendre, pour 5 euros, je redevenais raisonnable.

Deux jeux achetés, je pouvais donc en prendre un troisième qui me serait offert, je regarde et je me décide de manière un peu curieuse pour Armored Core V. Je n’avais jamais envisagé de revenir à cette série, et puis soudain la nostalgie aidant je suppose, j’ai eu envie d’y revenir. Mon lien la série Armored Core a pourtant tout d’une relation bancale. Fondu au noir et retour dans mon passé ; au milieu des années 90, alors que je suis du côté Playstation, un ami s’achète une Saturn et nous invite à y jouer. J’arrive chez lui, il a plusieurs jeux mais un seul me scotch immédiatement. Cette très grosse claque c’est Cyber Troopers Virtual-On : Operation Moongate alias Virtual On. Un jeu de combat de robot avec une vraie gestion de la 3D, c’est une énorme gifle oui et  un vrai coup de cœur, bref mon amour pour ce jeu est très organique. En toute logique lorsque je retourne à ma Playstation je me mets en quête d’un jeu d’action avec des robots, je recherche mon Virtual On mais tout ce que je trouve qui s’y rapproche le plus c’est le premier Armored Core sur Playstation. Bien entendu ce n’est pas vraiment la même chose mais il y a de l’action, des robots, une part d’aventure et de customisation et même si le jeu est moche, qu’il laisse une sensation plus rigide et qu’il n’a pas le fun immédiat d’un Virtual On je fini par l’apprécier et m’attacher à lui. Pourtant les Armored Core font partis de ces jeux qui sont toujours au-dessus du médiocre mais en dessous du sympa, ils sont dans ce ventre mou qui satisfait les fans sans parvenir à transcender le genre. Et lorsque j’ai attrapé cet Armored Core V c’était avec tout ce souvenir de Virtual On sur Saturn puis ces heures de jeux sur les Armored Core à rechercher ce qui m’avait tant plus dans Virtual On. J’ai fait tourner un peu Armored Core V depuis cet achat est il correspond bien à cela, un jeu mou, moche qui ne peut plaire qu’à une niche de joueur.

J’avais mes trois jeux, je pouvais passer en caisse et limiter les excès, mais l’achat de Deadly Premonition avait débloqué quelque chose en moi. Et je continuer de regarder les jeux. Je vois Ratchet & Clank : a crack in time. Je n’ai jamais joué à un épisode de cette série née sur PS2 à l’époque où je ne jouais plus. Mais depuis que j’ai découverts le monde fascinant des collectionneurs, ratisseurs de vide-greniers et consommateurs de jeux vidéo, j’observe que beaucoup d’entre eux ont un intérêt répété et persistant pour cette série. Du coup, je pense que la récurrence de leurs achats et de leurs intérêts répétés pour ces jeux à fini par opérer une inception dans mes désirs et voilà donc que je décide d’acheter ce Ratchet & Clank : a crack in time. En même temps il respectaite ma limite de prix, et il était dans une version non essential. Et puis j’avais déjà repéré dans les rayons des jeux PS3 un boîtier de Bioshock Infinite à un prix relativement bas, puisqu’il était à moins de 5 euros. Je pensais qu’à ce prix là il devait manquer la notice mais non, elle était bien présente comme la superbe jaquette intérieure avec ses illustrations rouges et noires. Depuis que j’ai décidé de collecter les jeux vidéo, la perspective de réunir des séries me plait. Avant même d’y jouer, posséder tous les titres d’une même licence a quelque chose de satisfaisant et ce Bioshock Infinite me permettait de compléter la collection Bioshock la fameuse saga dystopique célèbre autant pour son expérience de jeu que pour son univers d’horreur sensible.

Et si vous avez bien compté, j’avais donc en main cinq jeux, je pouvais donc en prendre un sixième, j’allais en payer quatre et repartir avec six, ce qui restait un bon calcule. Ainsi pour terminer mes achats sur PS3 j’ai pris un jeu que j’avais déjà fait et adoré en dématérialisé, comme Dragon’s Dogma. Ce jeu là c’est le Burnout Paradises The Ultimate Box. De la pure course arcade, intuitive et nerveuse au plaisir immédiat. J’ai passé du temps sur ce jeu il y a quelques années et toujours pour libérer de l’espace sur mon disque dur de PS3 j’avais fini par le supprimer. Je suis content de le retrouver dans une version très propre et complète. Lui aussi je l’ai aussitôt remis dans la console et j’ai été très surpris de voir qu’il y avait encore des serveurs et des joueurs en ligne, une agréable surprise.

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On pourrait penser que mon retour s’arrête ici, mais vous croyez que si j’ai rédigé une introduction si alambiquée c’était pour six petits jeux ? Non, je ne me suis pas arrêté là. Direction le rayon de la PSP. Le premier jeu que je repère c’est Scarface Money. Power. Respect. J’ai toujours été curieux de ces adaptations de Scarface ou du Parrain que l’on trouve sur PS3 ou PS2 et donc aussi sur PSP. Je ne sais plus le prix du jeu, mais le boîtier en parfait état m’a aidé à trouver le prix juste. Je ne l’aurai peut-être pas pris si je n’avais pas vu un second jeu, qui lui aussi me plaisait. C’est un classique de la baston puisque il s’agit de Guilty Gear XX accent Core plus. Je possède déjà le BLAZEBLUE Continuum Shift II sur PSP et Guilty Gear XX accent Core plus est un jeu développé par la même équipe. Outre le fait d’avoir des noms à rallonge, ces jeux brillent pas une sublime 2D, des animations délectables et des combats à la technicité poussée. Ce dernier point n’est pas celui qui m’a motivé parce que je suis naturellement mauvais avec les jeux de combat, pour preuve j’ai du mal à gagner à Ultimate Marvel vs Capcom 3 alors que ce n’est pas le jeu le plus technique de l’histoire. Mais bon je n’avais pas envie de laisser passer le Guilty Gear XX accent Core plus ni le Scarface Money. Power. Respect. Encore une fois Cash Converters m’incitait à prendre un troisième jeu puisque le moins cher des trois serait offert. Cette fois il n’y avait pas d’hésitation à avoir, il y avait un DOUBLEPACK vendu comme un seul jeu mais qui contenait donc deux jeux : MX vs ATV Extrême Limite et Juiced 2 : Hot Import Nights. Déjà le carton du double pack me semblait en très bon état, limite neuf, mais une fois les deux jeux sortis ils sont comme neuf, ça ne gâche rien. Tout comme le fait que je trouve les deux titres excellent ; enfin excellent dans leur genre bien sûr. Peut-être que je m’enflamme un peu sur MX vs ATV Extrême Limite qui est fun mais qui pêche un peu par lisibilité, par contre je trouve sincèrement que Juiced 2 : Hot Import Nights est un excellent jeu de course, très beau, super arcade comme j’aime et qui permet de lancer des parties rapides et de prendre tout de suite plaisir avec sa PSP. Et pour ne rien gâcher de son petit côté ostentatoirement brille brille, il y a même Djibril Cissé sur la jaquette arrière pour faire sa petite pub. J’adore ce genre de petit détail pop publicitaire. Au final avec l’offre de Cash, c’est comme si je payais deux jeux et que je repartais avec quatre, ce qui est en soi une bonne affaire.

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Mais ce n’est toujours pas fini, curieux pour curieux, dépensier pour dépensier, nostalgique pour nostalgique je regarde les jeux PS2 ; oui je regarde les jeux PS2 même si je n’ai plus la console. Et alors ? Alors ? Je tombe sur un titre Warhammer 40000 : Fire Warrior, enfin que je dis inconnu je parle du jeu sur PS2 parce que la licence je la connais très bien. Et c’est justement ce qui m’a poussé à la prendre. En accédant à la classe collectionneur, j’essaie d’orienter mes acquisitions autour de ce qui concerne plus ou moins le jeu de rôle, et Warhammer 40000 c’est d’abord un univers de jeu de figurine et plateau, mais c’est aussi un jeu de rôle. Du coup pour 2 euros j’ai pris le jeu qui me semble complet avec sa notice bien épaisse et même sa publicité pour Games Workshop qui détient et distribue les jeux de figurine. Par la suite je vois un jeu qui dans mon souvenir est une grosse bouse, mais dont la jaquette me plait. C’est Superman : L’ombre d’Apokolips et il me fait de l’œil surtout parce que son prix est ridiculement bas puisque il était vendu 99 centimes, bref un euro. Cette fois j’allais partir pour de bon, sauf que j’ai vu, toujours sur PS2 Metal Gear Solid 3 : Snake Eater. J’aurai très bien pu me passer de cet achat vu que je ne vous aucun culte aux Metal Gear, sauf que c’était la version stealbook et que je suis faible puisque j’ai tendance à aimer tout ce qui brille. Le jeu était vendu sans son fourreau plastique, enfin je ne sais même pas si cette édition en possédait un mais c’est presque toujours le cas avec les stealbook, en revanche il me semble assez complet à l’intérieur. Donc pour 6 euros je l’ai rajouté à la pile avec laquelle je suis enfin passé en caisse.

Je ne sais plus exactement le prix de chaque jeu, mais je me rappelle bien qu’en passant en caisse j’ai payé environ 40 euros. Depuis que je n’achète plus de jeu neuf ça ne m’était plus arrivé depuis longtemps de débourser autant en une seule fois pour des jeux vidéo. Mais si on y regarde de plus près je suis repartie avec six jeux PS3, quatre jeux PSP et trois jeux PS2, donc treize jeux pour 40 euros, soit à peine plus de 3 euros le jeu ce qui est plutôt raisonnable. Oui paradoxalement ces achats commencés sur un coup de tête qui m’a fait franchir ma limite symbolique de prix se sont terminés par une note raisonnable. Ce n’est pas pour autant que je compte recommencer régulièrement, d’une part parce que ça reste une certaines somme pour moi, et puis aussi parce que rédiger un si long retour d’achat je ne suis pas sûr que ça plaise aux lecteurs. Quoi qu’il en soit, merci d’avoir suivi mes dérives de consommateurs de jeux vidéo.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #achat, #jeux vidéo, #PS3, #PSP world, #occasion

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