Voilà quelque jour que l'information défraie la chronique mondiale : Oussama Ben Laden leader d'Al-Qaida a été tué par les services spéciaux américains. Cette information a eu l'effet d'une bombe dans le sérail des médias et jusque dans le doux cocon des bonnes consciences mondiales l'onde de choc a ébranlé la population. Choquée ou soulagée les gens ont réagi vivement mais en a t il était de même dans l'esprit des gamers ?

 

Reprenons l'information ; une chef terroriste a été tué par un groupe d'élite qui, arme au point, l'a traqué et après un échange de coups de feu l'a tué. La mort de Ben Laden me rappel une bonne dizaine de scénario de FPS. Et je me demande si à force d'être immergé dans les rouages de ce type de scénario le joueur moyen peut encore s'émouvoir devant un tel événement. Combien de Oussama Ben Laden avons nous déjà tué dans notre vie de joueur ? Combien de terroriste menaçant la sécurité nationale et même mondiale parfois avons nous fait passer de vie à trépas l'arme au point et le patriotisme virtuel au cœur ? Combien de FPS nous plonge dans cette lutte du bien contre les maux du terrorisme nous conduisant à appliquer une justice aussi sommaire qu'expéditive ? A vouloir toujours plus d'immersion dans le réel les éditeurs ont recyclé les dictateurs du monde réel en boss de fin de niveau de jeu vidéo.

 

Et ça ne date pas d'hier, on a pas attendu Ben Laden pour traquer du méchant dictateur terroriste - parfois juste méchant terroriste ou méchant dictateur - dans les jeux vidéo. En 1992, Desert Strike : Return to the Gulf nous mettait dans la peau d'un pilote d'hélicoptère qui devait libérer un pays du golf persique d'un tyran vraiment tyrannique. Même si son nom n'était directement cité pouvait reconnaitre sans mal le tristement célèbre Saddam Hussein sous les traits de l'ennemi numéro un. Seulement quelques mois après la véritable guerre du golf un jeu vidéo nous confrontait à une figure réelle de la terreur mondiale et nous demandait de le tuer au nom de la justice. Si nous combattions Saddam Hussein dans Desert Strike à la même époque dans Wolfenstein nous étions en lutte contre les nazis et dans l'épisode 3 c'est rien de moins qu’Adolf Hitler que l'on doit tuer.

 

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Wolfenstein, qui est un peu le père de tout les FPS, a ouvert la voie à ces scénarios où l'ennemi virtuel est identifiable dans le réel même si toutes ressemblances avec des personnes réelles est fortuites ... En 20 ans le monde à changé et les figures de la peur, croque mitaine de la grande histoire, dictateurs d'un extrême ou d'un autre on petit à petit laissé la place aux terroristes. Et des hordes d'ennemis tous terroristes à l'idéologie toujours radicale et plus ou moins politisé ont débarqués dans nos FPS, chaire à canon idéale pour soldat / joueur formé pour lutter contre le terrorisme, traquer ses chefs dans les villes, la jungle et les grottes puis les tuer d'un head shot. La mort de Oussama Ben Laden ressemble tellement à une mort de FPS que ça en est troublant, un homme exécuté d'une rafale de balle et un corps que l'on oubli derrière soi parce qu'il faut avancer encore jusqu'à la prochaine mission, le prochain jeu, la prochaine console. Combien de Ben Laden avons nous déjà tué et combien allons nous tuer encore demain ?

 

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