Un revenge movie - ou film de revanche en français dans le texte - c’est un film de genre au scénario très mince dans lequel un personnage revient de quelque part pour se venger de quelqu’un. Animé par sa terrible soif de vengeance le héros va tuer - et bien souvent massacrer - les responsables de son malheur en faisant abstraction des notions de justice ou de morale. C’est oeil pour oeil dent pour dent et c’est ce qui fait que le revenge movie est généralement taillé dans la veine réactionnaire où un bon père de famille prend les armes et fait couler le sang pour se faire justice lui même. Le genre à fait les beaux jours des années 80 époque où le justicier s’appelait Charles Bronson avant de devenir plus anecdotique en dehors de quelques réinterprétassions façon Kill Bill.

 

Hell-Driver-3d--6-.jpg

 

Hell Driver 3D appartient clairement à la veine des années 80 avec son scénario simpliste : un père en colère veut se venger du leader d’une secte satanique qui a tué sa fille et enlevé sa petite fille qu’il compte aussi tuer. Sur cette simple ligne de texte le film brode un road trip violent dans une Amérique profonde que l’on aime croire réelle. Lecteur si par hasard tu comptais voir ce film prend garde à toi car si tu continu à lire je risque de te dévoiler des éléments secrets du scénario. Oui, sauf que si tu n’es pas con tu connais déjà la fin ; le héros gagne, le méchant meurt et le bébé est sauvé. En plus si tu sais lire l’anglais tu as compris en lisant le titre que le héros revient de l’enfer - un peu comme Orphée -. Tu n’avais pas deviné ? Désolé. Maintenant que tu sais tout je peux te le dire on s’en fout parce que Hell Driver ne vaut pas pour son scénario mais pour son action et sa testostérone.

 

Hell-Driver-3d--4-.jpg

 

Le héros, Milton, c’est Nicolas Cage ressuscité qui l’incarne avec une forme d’aura bestiale et mécanique qui rempli l’écran. Dans ce genre de film le héros est un homme, un vrai, viril et violent, Milton possède tous les attributs du mâle, visage marqué par les accidents de la vie, démarche de vieux loup solitaire et bien sûr les symboles associés à la virilité je veux parler de la voiture et des flingues. Et si ça ne suffisait pas une jolie blonde sexy et sensuelle en diable l’accompagne. Amber Heard qui incarne la blonde pas bégueule possède un potentiel érotique que je trouve absolument hors norme et la sensualité torride qu’elle dégage contrebalance la froideur de Nicolas Cage.


Mais qu’on ne s’y trompe pas le registre de Hell Driver c’est l’action et l’action est décomplexée. Clairement j’ai aimé ce film parce que c’est un film qui ne pète pas plus haut que son cul et que personnellement je commençais à en avoir marre des films qui sous prétexte de re-visiter un genre cherchaient à rajouter un glacis culturel très hype pour nous faire croire que le réalisateur est très cool, cultivé et en phase avec la culture pop - vous savez la culture populaire, la votre, la notre, la culture du bas peuple -. Hell Driver aurai pu se ranger au coté de Machete archétype du revenge movie à la sauce hype sauf que Hell Driver est premier degré. Il donne dans l’action pas dans le guignol et il se fout de savoir si son action est grotesque, délirante où censé, il creuse simplement son sillon de revenge movie avec l’application et l’honnêteté du bon travailleur ; il n’y a pas d'esbroufe juste du sang et des flingues.

    Hell-Driver-3d--5-.jpg


Hell Driver est humble et même si on ne cautionne pas nécessairement sa logique de vengeance on apprécie sa démarche de cinéma, son respect pour le genre. Le film embrasse l’action et ne va pas chercher dehors la justification de sa légitimité. Il en donne pour son argent au spectateur qui a payé sa place. Hell Driver nous offre des scènes d’action brutes de décoffrage vraiment très efficaces, des explosions spectaculaire, de la cascade en voiture, de la poursuite, des coups de feu et des méchants qui tombent par dizaines sous les balles du héros. Le film réserve quelques morceaux de bravoure absolument géniaux comme la scène où Milton est entrain de baiser une serveuse - américaine blonde et vulgaire - tout en tirant sur la quinzaine de mecs armés qui débarquent dans la chambre pour le tuer. Et tout le film est du même - gros - calibre jamais tout à fait sérieux mais jamais parodique. Il creuse son postulat de départ de façon généreuse alors c’est peut être kitch mais le film assume et va toujours plus loin dans une forme de démesure de l’action pour finir dans une scène orgiaque où les méchants armés et nus, couverts de sang et dansent autour de feux dans une prison désaffectée quand Milton débarque en voiture pour descendre tout le monde. Il y aurai matière à parodie, matière a rire mais le film reste dans un premier degré agréable. On a ce que l’on est venu chercher.

 

Et puis le film est en 3D c’est écrit sur l’affiche, c’est écrit sur le ticket et ça doit même être écrit à l’écran. Et je dois avouer que la 3D est ici plutôt décomplexée. Les effets de jaillissement m’ont fait esquisser quelques mouvements de reculs c’est pour dire. Il y a longtemps que je n’avais pas vu une 3D vraiment utilisé. Il se trouve que ça colle assez bien à l’esprit du film et que le réalisateur à eu quelques bonnes idées - comme la superposition des visages dans certains flash-back -. La encore le film nous donne ce que l’on veut, des effets 3D qui vous sursauter. Pas besoin de poésie, d’art, de culture ou de référence pour apprécier on nous ne trompe pas sur la marchandise, il y a des exploitions, des gunfights, des poursuites en caisses et des mecs qui meurent à la pelle. Ni plus ni moins. Mais aujourd’hui c’est devenu rare les films qui savent vous donner ce qu’ils ont sans en faire des tonnes comme s’ils n’assumaient pas leur dimension populaire.

 

Hell-Driver-3d--9-.jpg

 

Il y a des dimanches soir où l’ennui rôde - la déprime aussi - alors pour ne pas sombrer et passer son dimanche soir seul devant sa télé on se dit que d’aller au cinéma ça nous changera d’air et donnera du contenu à notre soirée. Bien sûr au cinéma nous y serons toujours seul mais en souriant à la caissière on aura eu l’impression de draguer un peu et en plus à la maison nous n’avons pas de M&M’s à s’enfiler devant un film. Et aller au cinéma ça donne une caution culturelle à notre ennui dominical ; s’ennuyer devant la télé c’est pour les beaufs, les cons et les pauvres mais aller tromper son ennui dans cinéma c’est digne, c’est élégant et bien sûr on croit ça plus élitiste. C’est dans cet état d’esprit ou tout comme qu’il y a quelques jours je me suis retrouvé dans un multiplex un dimanche soir pour voirr Nicolas Cage en 3D dans Hell Driver 3D.

 

 

Et en sortant de là j’ai eu l’impression de ne pas avoir perdu mon temps, j’ai vu un film qui est entré dans ma vie, qui m’a donné du plaisir et que j’ai envie de revoir. Un film que je m’offrirai quand il sortira en Blue-Ray et que je regarderai les soirs de déprime. Un film à partager avec des potes, un film qui un jour figurera dans mon classement imaginaire de mes films cultes.

 

Hell-Driver-3d--8-.jpg


Retour à l'accueil