Cela fait un moment que je voulais vous dresser le tableau de De Blob 2 - ou j'aurai pu dire vous dépeindre De blob 2 ; les métaphores plasticiennes ne manquent pas - et pourtant j'ai tardé comme souvent j'ai passé un peu plus de temps à jouer qu'à écrire mes articles mais c'est fini je ne vais pas tourner autour du pot - de peinture - plus longtemps et je vais vous esquisser ce que je pense de De Blob 2. Comme souvent avec les femmes la première impression est la bonne et ma première impression de De Blob 2 a été bonne. Je ne suis pas allé vers ce blob par hasard, le premier opus sur Wii avait  connu un bel accueil et depuis ce temps là je goutais à l'amertume de ne pas pouvoir jouer à ce jeu. Alors quand De Blob 2 est venu repeindre le monde sur PS3 j'ai su qu'il fallait que je l'achète. D'ailleurs avec une pointe de nostalgie je réalise que mon premier article sur mes achats je l’ai écris pour De Blob 2 : je lui devais bien une petite critique non ? - j’avais aussi acheté vanQuish ce jour là, il aura aussi droit à un article un jour -

 

Pour ceux qui penseraient que De Blob 2 est jeu d'horreur où une vilaine créature de l'espace gélatineuse et cruelle dévore des humains je me dois de remettre les choses à leur place : De Blob 2 est un excellent jeu de plateforme frais et coloré à la limite de l'expérience psychédélique quand à la créature de l'espace elle hante un film d'horreur, une série B du plus bel effet sorti dans les années 90 sobrement intitulé Le blob. De Blob 2 fait dans la plateforme 3D des plus classiques, c’est un jeu léger et joyeux qui nous met dans la peau - plutôt ample - de Blob une créature bien décidé coloriser une bien grise ville. Si certains sont capables de confondre le monstrueux blob dévoreur d'humain du film et le sympathique blob du jeu j'imagine que je suis bon pour une petite description. Blob c'est une boule, pas une boule de poile, une boule de rien, une boule de blob et le blob a une capacité intéressante il capte, capture, emmagasine et stock la couleur. Qualité idéale quand on veut repeindre une ville ou un environnement ; vous l'auriez deviné tout seul, vous allez devoir lutter contre la grisaille que répand le méchant Enkr.

 

Je ne suis pas du genre à m'étaler sur les scénarios quand il s’agit d’un simple jeu de plateforme mais je me suis laissé prendre par celui de De Blob 2. Le vilain Enkr, une vraie graine de dictateur, veut répandre le gris, le noir et la monotonie sur son monde et Blob avec ça bonhomie de je-m'en-foutiste bariolé est engagé pour lutter contre la uniformité. Cette trame narrative donne lieu à de petites cinématiques plutôt drôle et non dénuées d'un certain sens citoyenne, une sorte de Indignez-vous pour les enfants de moins de 10 ans, ou plutôt un colorez vous pour les nuls ! Dans une société formatée par le consensus Blob fait tâche et le jeu nous rappel que ceux qui font tâche font les révolutions de demain. A vos pinceaux et vos bombes de peinture citoyens ! Dans un certain sens je trouve qu'il y a quelque chose de Wall-E dans le scénario de ce jeu - la seconde partie de Wall-E celle qui fait la critique de ce que devient une société humaine plus mouton que ce que Panurge pouvait imaginer - et puis il y a une dose de Terry Gillian et de son Brazil, les scènes cinématique mettent en scène Blob en prise avec l'absurdité kafkaïenne d’une société administrative, tout cela dans un enrobage espiègle et facétieux. Je trouve qu'en cela que De Blob 2 démontre une la même qualité que l'on retrouve dans les bons films d'animations c'est à dire une double lecture qui amuse les enfants tout en stimulant les adules. Et s'il fallait trouver des racines vidéo ludique à ce jeu je vous dirais que De Blob 2 est un héritier de Jet Set Radio, parce que dans les deux jeux il s'agit de jouer avec la couleur pour se réapproprier le monde et que les deux jeux possède des bandes sont extraordinaires.

 

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Mais on c'est un peu éloigner du cœur de De Blob 2 c'est à dire son gameplay ; ici tout est une question de couleur, Blob peu se gorger d'une couleur et une fois qu'il est plein de couleur il a la capacité à recolorer tout le décor ce qui vous permettra de progresser dans les niveaux, parfois il sera nécessaire de colorier les bâtiments dans une couleur particulière mais généralement pour vous éviter trop de difficulté il y a toujours un bonus dans le coin pour vous aider. C'est ce qui fait que De Blob 2 est un jeu pour enfant au départ, le jeu est facile et cela malgré quelques approximations dans le maniement du Blob. Il faut dire que n'ayant pas de jambes ni de pieds on peut supposer que l'approximation de ses sauts est une chose normale, enfin à logique. Et puis ce n'est pas réellement gênant parce que le jeu propose un système de lock que ce soit pour les ennemies, les interrupteurs et même certaines plateformes. Comme dans tous les jeux de plateforme 3D la caméra laisse parfois à désirer mais là encore rien d'insurmontable, ça ne gâche jamais le plaisir du jeu. De temps en temps le jeu troque son environnement 3D pour des passages en 2D et là c'est encore plus simple, plus rapide, plus plaisant peut être, on dévorer ses passages en deux dimensions en quelques secondes mais c'est vivifiant, comme tout le jeu d'ailleurs.

 

De Blob 2 se distingue par le plaisir qu'il procure, jusqu'à présent je vous ai parlé de ce que le jeu a de plus classique, un univers sympatique et un gameplay classique mais il possède aussi des qualités intrinsèque que l'on ne retrouve que dans une poignée de jeu ; le plaisir d’être libre. Un petit peu à la manière de Katamari De Blob 2 nous offre la liberté sur notre environnement ; Katamari nous permettait de mettre à sac le monde entier, De Blob 2 nous permet le luxe de colorer, recolorer, colorier, décorer, barbouiller le monde. Je vous dirais bien que les développeurs nous proposent une page blanche mais en vérité elle est grise. C’est grisant de ce dire : voilà un monde moche à moi de jouer pour le sauver. Blob va peindre tout les bâtiments, tous les éléments du décor, raviver les couleurs pour libérer le peuple de l'asservissement du gris ; c’est cela le cœur du jeu. Libre à vous de foutre du rouge, du bleu, du vert, du jaune, libre à vous de mélanger le jaune et le rouge pour du orange, libre à vous de faire ce que vous voulez, comme un enfant que vous êtes certainement encore, barbouillage de pixel sans contrainte du bon goût. Paradoxalement je ne peux pas dire que le jeu est beau. L'architecture est clairement marquée par l’héritage de la Wii ; le jeu n’exploite pas vraiment les capacités graphiques de nos consoles Next Gen. Mais le jeu à du style, ce qu'il n'a pas en esthétique il le compose par un style et un sens du gribouillage. Si le décor ne vous plait pas il vous suffit de le changer et du coup l’esthétique n’est jamais définitive. Si tu ne trouve pas le jeu à ton goût ce n'est pas grave tu n'as qu'à le repeindre même si t'es élans chamarrés tiennent plus de Valérie Damidot que de Rubens c'est quand même vachement fun. Mais sachez que votre créativité ne se limite pas au champ visuel. En plus de la liberté de mettre de la couleur partout vous allez aussi influer sur la musique, votre créativité est musicale. Elle est surtout musicale ! Oui oui musicale je vous dis !

 

L'expérience De Blob 2 est donc sonore. A chaque couleur dont Blob peut s’imprégner correspond une couleur musical, jazz, hip hop, cordes, cuivres, vos envolées colorées s'accompagnent donc d’envolée musicales, touches de son qui s'imbriquent à merveille dans la musique jazzy du jeu. Et là je peux vous dire que De Blob 2 devient carrément hypnotique, voir le décor se modifier c'est une chose mais avoir la sensation de faire cela en rythme parce que la musique accompagne vos mouvements est une sensation magique. Très naïvement au début je n'avais pas remarqué ce détail et je me trouvais vachement fort d'arriver à suivre naturellement le rythme de la musique avec mes sauts et mes balades sur les bâtiments - c'était très con comme pensée j'en conviens, preuve que je suis resté un grand gamin - et puis j'ai réalisé que je ne suivais pas le rythme mais que j’étais entrain de le créer. Colorer un nouvel édifice, colorer une plateforme, colorer un élément de décor déclenche des sons différents et vu que chaque couleur est associée à un instrument particulier les possibilités sont infinies, le plaisir sans fin. Il m'arrive de jouer à De Blob 2 juste pour me détendre, comme on fait trip sous psychotrope qui vous emporte dans un monde où lumières et sons se mélangent pour former une nuée psychédélique. Si vous êtes lecteurs réguliers de mon blog vous devez commencer à savoir que j'aime les jeux généreux qui offrent des éléments de gameplay gratuit. C'est le cas de De Blob 2 qui nous offre le luxe de jouer avec les couleurs ET la musique dans une logique purement inutile ! Je ne crois pas qu'il y ai de trophée à débloquer en jouant seulement du rouge ou des scratchs, non c'est gratuit, inutile et planant.

 

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Mais si vous n'êtes pas amateur de psychotrope et de trip exotique De Blob 2 propose aussi un challenge certes pas très dur mais plutôt long, un challenge généreux qui sera parfois un peu répétitif mais c'est la limite du genre. Vu la faible difficulté du jeu on progresse facilement et avec plaisir ce qui à mon sens compense la répétitivité. Si je devais mettre en lumière ce qui est à mon sens est la plus grosse rature de De Blob 2 c'est ça très dispensable compatibilité avec le PS Move. Le jeu donne toute sa saveur à la manette, avec le PS Move on a en fait une manette coupée en deux mais la maniabilité est exactement la même. Ce qui je trouve dingue c'est que le PS Move est en puissance un pinceau génial ! J'aurai aimé un mini jeu ou quelques phases de jeu où il aurait été possible de peindre avec le PS Move, repeindre des affiches, barbouiller quelques choses, je me fous du support mais j'aurai voulu que le PS Move puisse peindre ! Mais ce n’est pas le cas. Et puis les possesseurs de la future antiquité de Sony savent que la boule lumineuse de PS Move peut être de différente couleur, j'ai eu le secret espoir que la boule en question prenne la couleur de Blob dans un geste gratuit mais qui aurai été tellement hype mais ce n'est pas le cas.

 

Maintenant que j'ai faite dégorger toute mon encre noir, venin dans la vie de Blob je peux finir cette critique en vous disant tout le bien que je pense de ce petit jeu. C'est une aubaine pour les possesseurs de PS3 et de XBox 360 qui n'ont pas eu la chance de connaitre le premier épisode de pouvoir jouer à De Blob 2. Sans aucune prétentions De Blob 2 s'impose pour moi comme un incontournable de la PS3 parce que je le jeu frais, fun et fantastiquement contemplatif. Il fait parti de ces jeux qui dans un sens vous donne les clefs du game design sans pour autant être une coquille creuse. Les cinématiques ébauchent un univers drôle et engagé, le jeu déroule des mécaniques de plateforme classique mais efficace et la liberté de colorier en musique les niveaux donne une sensation si grisante qu'elle mérite à elle seul de dire que De Blob 2 est un incontournable de la PS3. Arriver dans un niveau terne, gris et morne et commencer à poser ses touche de couleur en entendant la musique jazz à balancer ses hanches c'est tout simplement groovy et qui n'aime pas les jeux groovy ? Bon je manque peut être un brin d'objectivité parce que j'aime l'art quand il se fait geste libre et délirant comme l'est l'idée de repeindre une ville ; Blob n'est pas Gaudi mais il peint comme une éponge !

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