Il y a quelques semaines aquab0n écrivait sur son blog un coup de gueule dans lequel il s'insurge contre les discours qui diabolisent le jeu vidéo et font de lui un objet nocif potentiellement addictif dans le mauvais sens du terme : les jeux vidéo et la drogue. Je suis tombé sur cet article avec un peu de retard mais ça ne m'a pas empêché d'être inspiré par le sujet. Bien sûr je suis d'accord sur le fait que les discours généralistes sont souvent maladroits, alarmistes, parfois faux et généralement non-constructifs. Mais si ces médias généralistes se trompent il ne faudrait que nous autre joueur nous en faisions autant en fermant les yeux sur certaines facettes du jeu vidéo ; nous ne sommes pas exempte de défauts et encore moins de névroses. Ceci étant dis je vous laisse avec mon commentaire qui finalement est assez personnel.

 

Est-ce que le jeu vidéo pousse au crime ? Au meurtre ? Au terrorisme ? À la barbarie ? Je pense que tous les gamers sont d'accord pour dire que non et sur le coup je me range derrière l'avis des joueurs. Comme le rock'n'roll ou le véritable jeu de rôle avant lui le jeu vidéo est une parfaite victime expiatoire sur lequel la société peu focaliser toutes les peurs d'une doxa dépassée par la barbarie, dépassée par l'époque qui change et dépassée par les jeux vidéo. Et c'est bien connu ce que l'on connait mal ou peut on en a facilement peur. Alors on oui on entend toutes sortes de connerie aux sujets de jeux vidéo qui plus est souvent par la bouche de personnes qui ne connaissent que très peu et surtout très mal. Personnellement avec une forme de fatalisme résigné je me dis que tant qu'un autre phénomène culturel ne prendra pas la place des jeux vidéo on est voué à voir les médias lancer régulièrement de nouvelles saillies bilieuses contre les jeux vidéo et pendant ce temps nous autres gamer nous devons, devrions, continuer de parler des jeux vidéo avec le plus de passion possible, le plus de bienveillance aussi et si possible le plus de diversité pour petit à petit occuper le paysage et parviendrons-nous peut être à normaliser la place du jeu vidéo dans la société qui se trouvera alors un autre bouc émissaire.

 

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Par contre même si les discours alarmistes qui font passer les jeux vidéo pour la pire de toutes les calamités de notre société se trompent il n'en reste pas moins que l'addiction est un véritable risque. Bien sûr sur un joueur en pleine possession de ses moyens avec une vie équilibrée sur le plan social, affectif et professionnel, un joueur qui connait dans d'autres passions une forme d’épanouissement, il n'y a pas vraiment de risque tu as raison ; nous sommes gamer mais nous ne sommes ni drogué ni dangereux mais l’épanouissement et l’équilibre sont des choses fragiles. Sur les autres joueurs plus jeunes, moins épanouis dans leur vie, les joueurs plus déprimés, plus dépressifs, les joueurs dé-sociabilisés, les joueurs qui prennent de plein fouet la dureté de la crise, du monde ou de leur vie et qui cherchent dans les jeux vidéo un exutoire plus qu'un divertissement, les joueurs qui trouvent dans les jeux vidéo une alternative au réel, les joueurs fragiles, fragilisés, pour tous ces autres joueurs qui nous ressemblent, qui peuvent nous ressembler, à qui on a pu ressembler alors je pense que oui il y a un risque d’addiction. Bien sûr la probabilité que l’addiction à un jeu vidéo nous transforme en tueur, un psychopathe ou en footballeur de haut niveau est quasi nulle mais le risque de perdre pied d’avec la réalité est une possibilité à ne pas balayer du revers d’une certitude.

 

Moi-même je n’ai jamais autant joué que pendant les moments de déprime, il y a des jeux d’ailleurs qui sont maintenant lié à certaines périodes de déprime par Final Fantasy VIII que j’ai bouclé en une semaine parce que j’étais seul pour le 31 décembre ou des jeux que j’ai fais après une rupture amoureuse pour ne plus penser à rien d’autre quand tu joue plus que de raison, que tu oubli de manger, de dormir, d’aller en cours juste pour jouer, se dissoudre dans un jeu, s’y perdre, s’y abandonné. Je ne dis pas que l’on risque tous cela, je ne dis pas que l’on ne peut pas en sortir, mais je dis que c’est un risque, une possibilité qui me semble en plus décuplé avec l’illusion du jeu online, un jeu sans fin, un jeu dans lequel on est seul sans être seul, un jeu qui donne l’illusion du réel. Nous pouvons et nous devons comme tu le fais pousser des coups de gueule quand la société éructe des idées fausses sur le jeu vidéo mais nous ne devons pas nous plus nous montrer trop naïf et fermer les yeux sur les risques potentiel du jeu vidéo.

 

Je suis convaincu que jouer aux jeux vidéo à un impacte sur nous, je ne dis pas qu’ils font de nous des tueurs ou des monstres mais on ne peut pas croire qu’ils ne nous changent pas, qu’ils n’influent pas sur nous que sur notre représentation du monde, sur notre rapport au réel, au virtuel, sur notre imaginaire, notre aptitudes à interagir avec interfaces plus ou moins complexes bref comme toute passion à laquelle on consacre du temps il est naturel que l’on soit influé par elle et à partir du moment où l’on accepte cette idée on accepte l’idée que l’influence de cette passion vidéo ludique puisse être parfois excessive ou négative. Donc même si je comprends et que je plussois ton coup de gueule je dis quand même ayons mesure gardée ;)

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