Cette nuit je tombe sur le blog de Trulsrohk, cette fois je sais comment je suis arrivé sur son blog, il est m'a laissé un commentaire sur mon dernière article qui est maintenant l'avant dernier, bref celui juste avant celui-ci. Oui je suis un mec sympa moi,quand un visiteur me visite j'aime le visiter en retour, enfin ce n'est pas de la pure politesse c'est avant tout de la pure curiosité. Déjà dans son commentaire il avait donné le ton et j'avais senti que l'on pourrait s'entendre - sous entendu que je pourrais lire son blog et être inspiré de lui répondre - et ça n'a pas été très dur avant que ça ne vienne ; troisième article que je vois Trop de jeu vidéo tue l'envie de jeu vidéo ; jeu vidéo, envie, meutre, tient on parle de moi ? L'article essaie de répondre à la question de la lassitutde grandissante que l'on entend grandir sur les réseaux et la réponse sous entend que trop de jeu vidéo tue le jeu vidéo et personnellement je ne suis pas tout à fait d'accord, j'ai donc pris ma plume pour dire ce que j'en pensais. Je vous laisse avec ma réponse dans laquelle j'essaie de dire que ce n'est pas le fait de trop jouer au sens de jouer beaucoup ou de jouer à beaucoup de jeu qui est problématique mais c'est le fait de jouer avec peu ou pas de passion et que la passion se perd à vouloir être trop pro. 

 

Bon, je vais commencer par me dénoncer, je suis un de ces joueurs qui est capable d'acheter un jeu et ensuite de le rangé son mon étagère garder pendant plusieurs mois avant d’y jouer ! Il m’arrive même parfois de revendre des jeux auxquels je n’ai jamais joué. Bon ceci étant dis venons en au cœur de l'article ; trop de jeu vidéo peut-il tuer l'envie de jeu vidéo ?

 

Je trouve ta réflexion intéressante, en tout cas la question est bonne mais à mon avis tu te trompe un peu de conclusion. C’est vrai qu’il y a dans le bruit de fond ambiant de la blogosphère comme de la lassitude des productions modernes et il est vrai aussi que chez certains joueurs - souvent ceux qui se disent lassé - on peu observer qu’ils consomment trop de jeu vidéo. Mais le problème pour moi ce n'est pas le "trop", le véritablement problème c'est la "consommation". A mon sens on peut jouer "trop" sans perdre sa passion, on peut jouer pendant trop de temps ou bien dépenser trop d'argent dans les jeux les jeux vidéo sans que cela n'affecte sa passion.

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Histoire de prendre du recule prenons un exemple en dehors des jeux vidéo, la littérature par exemple. Il y a des personnes qui aiment lire, si tu es passionné que ce soit par les romans noirs, la SF ou Marc Levis tu peux lire énormément de romans, tu peux lire "trop" de livres sans jamais te lasser pour autant parce que ta passion alimente la petite étincelle qui t'enflamme à chaque nouvelle lecture. Si la passion reste vivace c'est parce qu'on ne consomme pas un livre, on peut le dévorer, on peut le lire avec fougue, on peut le lire comme on veut mais lire suppose ou oblige que l’on s'implique dans l’œuvre. Pour moi c’est la même chose avec les jeux vidéo ; si par passion tu achète 200 jeux, que tu joues à ces jeux tous les jours, si tu passe95 heures par jour sur un même jeu - un exemple au hasard, un MMORPG - mais que tu le fais avec cœur, si chaque partie jouée tu l'a joue parce que tu en as envie alors tu peux garder ta passion intacte.

 

Ce que fait remarquer Margoth est juste, les plus blasés sont souvent ceux qui sont joueurs et blogueurs ou personnages appartenant plus où moins à la sphère médiatique du jeu vidéo, sous entendu des personnes qui, pour faire tourner leur moulin, - site, forum, blog - sont amenés à jouer et à parler de beaucoup de jeux, souvent reçus de la part des éditeurs. Et ne voyez là aucune jalousie de ma part mais je suis persuadé qu'un jeu gratuit on y joue avec un peu moins de passion, un peu moins d'exigence et surtout moins d'implication qu'un jeu que l'on a payé, sous entendu qu'un jeu que l'on a désiré.

 

Il y a peut être dans ce point un des facteurs qui peut expliquer une lassitude ; quand un joueur devient un rouage du système et que les jeux viennent à lui gratuitement il y a selon moi du désir et de l'implication qui se perdent. La passion est censée être un moteur qui nous pousse à avoir envie d’un jeu, à acheter un jeu, à jouer à ce jeu et parfois à parler de ce jeu qui durant le temps de notre expérience nous a habité. La passion est donc une dynamique qui pour moi s'incarne dans un mouvement de transcendance, un mouvement qui part de soi et qui pointe vers un objet du désir, ici un jeu. Dans ce mouvement la transcendance emporte une part de nous et la projette à travers le jeu. Tant que l'on arrive à éprouver cela on peut acheter et jouer à tous les jeux du monde aucuns n'arriveront à mettre notre passion à l'épreuve.

 

Nous, les joueurs qui jouons depuis plus de 20 ans, nous avons connu les jeux vidéo enfant ou ado, c'était dire à une époque où nous étions financièrement dépendant de nos parents, donc d'une contrainte et majoritairement avant d'avoir un jeu nous avons connu le désir, l'attente, l'espoir, le frisson qui précèdent la possession. Ce n'est peut être pas un hasard si c'est notre génération de gamer qui compte le plus de passionnés blasés. Dans le fond je pense que ces joueurs ne mettent pas les bons mots sur leurs ressentiments, je pense que c'est plus une forme de nostalgie de ce désir perdu qu'il faudrait cristalliser pour justifier leur lassitude plutôt que les conceptions moderne des jeux vidéo en eux même. Bien sûr tout ceci n'est qu'une hypothèse.

 

Certains me diront qu'en grandissant on acquiert les moyens de se payer nos jeux plus ou moins quand on veut et que si on suit ma logique la passion meurt à ce moment là. Sauf que non, tada ! C’est là que je sors ma botte secrète - ou mon escarpin fourré secret - en grandissant si on acquiert une autonomie financière - en tout cas pour les moins chômeur d'entre nous -, on acquière aussi une culture et un goût en matière de jeu vidéo qui nous permet de nous recréer des objets de désir vidéo ludique ce qui nous permet de renouveler notre passion. Je ne peux pas concevoir que pour le joueur la passion se résumer à posséder tel ou tel jeu, sauf pour le collectionneur mais le collectionneur n'est pas blasé. Je ne peux pas concevoir non plus que la passion du jeu vidéo se résume à terminer tel ou tel jeu, sauf pour le chasseur de trophées mais le chasseur de trophées lui aussi est heureux. Il me semble nécessaire et évident que le passionné doit être capable de renouveler ses objets de désir pour dépasser le simple fait d’avoir et de jouer à un jeu alors que plus jeune ça pouvait nous satisfaire. Nous avons grandi, nous sommes plus matures et ça ne doit pas nous empêcher de retrouver de moteurs à notre passion. On peut rechercher l'émerveillement, vouloir ressentir de la peur ou plus généralement des émotions, ça peut être un sens du challenge, la poursuite de l'excellence, la quête de la poésie, la volonté d’étendre sa connaissance, le plaisir de déjouer les développeurs, se divertir etc. etc. etc. chaque passionné devrait avoir ses objectifs, ses objets d'un désir, qui lui permettent de mettre son expérience du jeu vidéo en tension, en mouvement, en transcendant, bref dans une logique qui l'implique dans sa partie. call-of-duty-nes.jpg

 

A titre d'exemple j'aime rechercher la poésie dans un jeu, j'aime essayer de trouver des ponts culturels avec d’autres œuvres, j'aime que l'on me transmette des histoires par contre je n’ai aucun sens du défi, de l'excellence ou de la performance manette en main. Grâce à cela quand je rentre dans un jeu je ne m'ennui jamais, je le parcours avec passion; ça me fait penser à Blade of time, un jeu d'action classiques et un peu bâclé dans un monde héroïque fantasy classique. Mais à un moment donné durant un niveau l'héroïne est téléportée sur une autre planète, le jeu change de level design, de game design ; le jeu atteint quelque chose que je trouve à la fois violent, poétique, déroutant, très réussi, durant ce niveau le jeu m'a mit une énorme claque. Je joue entre autre pour vivre ce genre de découverte. Pour prendre un exemple plutôt controversé parlons du donc très controversé Final Fantasy XIII. Je ne suis pas là pour dire s'il est bon ou mauvais juste pour dire que si on s'est un temps soi peu investi dans la partie le jeu est construit sur une telle structure avec une telle architecture linéaire que le moment où l'on arrive dans la plaine de Gran Pulse est, selon moi, un moment culte du jeu vidéo. Ce que j'essaie maladroitement de dire - ça m'apprendre à écrire à 02h00 - c'est qu'au delà d'une vision "utilitaire" des qualités ou des défauts d'un jeu on peut, si on aborde un jeu avec passion, y découvrir des choses merveilleuses. Elle sert à cela la passion, nous permettre de garder de l'émerveillement et du plaisir et nous protéger de lassitude. Ce n’est pas étonnant que les joueurs/blogueurs/professionnels qui voient de plus les jeux comme une liste de qualité et de défaut soient de plus en plus souvent en prise avec la lassitude.

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