Mes deux premiers articles sur Dishonored connaissent à l’échelle de mon blog un vrai succès en découle un pic d’audience non négligeable. Je comprends mieux les blogueurs d’actualité qui surf sur le haut de la vague de la nouveauté ; ça rapporte du visiteurs, une news un peu vaine sur un hit du moment ça attire plus le chaland qu’une critique intello-prise de tête sur un jeu de seconde zone même si le jeu est une perle atomique. Alors tant qu’à y être continuons à délayer mes parties de Dishonored en impression de jeu.

 

Hier soir c’était donc ma seconde session de jeu sur Dishonored. Il y a des jeux pour lesquels j’attends que la nuit tombe et d’avoir l’esprit libre pour y jouer parce que ça me permet de mieux m’y immerger. Deuxième session et donc deuxième vision et un avis qui s’affine. Le jeu reste aussi curieusement beau ; techniquement ce n’est époustouflant mais la direction artistique est vraiment bonne. Dunwall est une uchronie que je trouve vraiment réussie parce qu’elle est très proche de notre imaginaire et pourtant elle possède quelque chose que je n’arrive pas à discerner qui la rend très singulière ; bien sûr elle est moins capiteuse et vénéneuse que Rapture mais son charme néo-exotique est certain. C’est d’ailleurs une des force de Dishonored parce que la ville à plus de caractère et de charisme que le héro Corvo ; en même temps c’est aussi un reproche que je fais à la vue à la première personne : elle désincarne trop le personnage à mon goût. On joue avec un inconnu dont on ne sait que trop peu de chose pour s'attacher, s'identifier ou kiffer la vibe avec lui.

 

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A coté de ce charme qui se confirme, le jeu aussi pose ce qui me semble être sa vraie nature : la lenteur. Pour apprécier Dishonored il faut prendre son temps, son temps d’observer les allées et venues des gardes, observer l’architecture des lieux, observer le paysage, il faut se faufiler, avancer en prudence, explorer les lieux à la recherche des objets de collections, des runes, des autels à l’Outsider et alors au prix de cette observation, du regard que l’on pose, du temps que l’on prend pour sentir les choses on se laisse captiver par l’ambiance si particulière de Dunwall, une ville que l'on devine belle et malade, grandiose et décatie. Malheureusement il est aussi possible de foncer dans le tas, aller droit sur les objectifs principaux, massacrer les gardes et certainement avancer beaucoup plus vite dans l’histoire. Je vois cela comme une limite de Dishonored parce qu’on peut faire le jeu et passer à coté du jeu. Il faut dire qu’après 5 heures de jeu le scénario peine à prendre de l’ampleur, c’est encore linéaire et prévisible, je peux comprendre que certains l’expédie rapidement.

 

J’ai aussi été un peu déçu parce durant cette deuxième session de jeu je suis repassé par le même quartier que durant ma première session. Je pensais que le scénario nous ouvrirait d’autres quartiers, d’autres lieux, bref d’autres niveaux mais ce n’est pas le cas, pas encore le cas ? Je ne sais pas … En même temps le premier passage se fait de nuit, le second de jour, on y croise pas les mêmes personnes, certains bâtiments on été condamnés, les runes ne sont plus aux mêmes endroits, bref l’ambiance est différente. L'action se déroule une fois chez le Dr machine, une fois dans la distillerie, etc. mais ce sont des lieux que l'on peut visiter à chaque fois. En voyant aussi que je revenais dans les mêmes lieux - ce qui sous entend que j’avais une meilleure connaissance du level design - ça m’a incité à prendre plus mon temps, à plus faire corps avec Dunwall. Suis-je suis le point de finir le jeu ? Est-ce que je n’en suis qu’aux prémices ? Je ne saurais pas vous le dire, le scénario laisse à penser que je me progresse bien dans le dénouement apparent de l’histoire mais je ne peux pas me défaire de l’idée qu’un twist va intervenir pour relancer la machine scénaristique, voir même la lancer tout court.

 

Après deux sessions de deux et un peu plus de cinq heures, peut être six, de jeu je trouve que Dishonored n’est pas ce qu’il prétend être, il n’est pas un FPS, il n’est pas un jeu d’action, pas un jeu d’énigme et, mais cela reste à confirmer, pas un jeu de scénario ; pourtant Dishonored est un jeu plaisant parce que c’est un jeu pensé comme un jeu, oui je sais c’est con à dire mais là où Bioscock se fonde sur une ambiance ou Deus Ex sur un scénario - je cite ses deux titres parce que j’ai lu pas mal de référence à eux dans les tests de Dishonored - Dishonored se fonde sur du level design ; si les actions à accomplir ne sont pas grandioses la liberté d’interaction avec l’univers est telle que j’y prends un grand plaisir. Ce n’est pas révolutionnaire comme concept mais c’est réellement bien réalisé. Mais je vous le dis nous ne sommes pas à l’abris d’un vrai bon gros twist qui fera basculer ce jeu dans une toute autre dimension ; avec son game play et son level design vraiment réussi il ne manque pas grand-chose pour basculer dans l’énorme !

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