J’avais oublié pourquoi je n’aime pas les jeux à la première personne, c’est parce que la vue subjective façon FPS finie toujours par me donner mal à la tête. Pourtant après trois heures sur Dishonored je peux dire que j’adhère et adore ce titre et ça malgré les maux de tête qui m’ont fait lâcher la manette. Vous savez ce mal de tête qui vient se loger comme un rat derrière l’œil droit et qui grignote un bout de notre cervelle. Mon premier contact avec le jeu a été visuel et au premier regard Dishonored ne semble pas vraiment beau. En fait c’est surtout que Dishonored n’est pas un jeu aux graphismes clinquants, il fait dans la discrétion élégante et dans le style suranné. Dunwall la ville où se déroule le jeu possède une ambiance victorienne d’un Londres fantasmé où l’on ne serait pas étonné de croisé Jack l’éventreur représenté dans des textures douces presque pastelles. Mais Dunwall ressemble aussi à Venise tant l’eau y semble présente, d’ailleurs j’ai volontiers vu dans une des scènes du début comme une impression de clin d’oeil à la scène d’ouverture Bioshock elle aussi très maritime. A chaque transition Corvo notre héros se déplace en bateau ; passage de transition durant lequel un PNJ et où l’on a rien d’autre à faire que regarder autour de nous et observer cette ville qui me semble à la fois très proche et pourtant très mystérieuse. Le jeu débute par un de ces passages en bateau ; la première chose que j’ai faite après avoir mis le pied sur terre c’est de chercher à voir mon reflet dans l’eau. Résultat des courses je suis tombé à l’eau et comme un narcisse furtstré de ne pas s’être vu j’ai failli me noyer.


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J’ai trouvé le début un peu lent, un peu frustrant. C’est surtout que je n’aime pas trop ces passages obligés qui servent de tutoriels camouflés dans la narration ; pendant ces phases le jeu est bridé et ne donne pas 10 % de ce qu’il promet. Heureusement ça ne dur pas et on se retrouve plutôt rapidement dans le vif du sujet, c'est-à-dire avec un Corvo libre de ces mouvements. Dishonored a déjà cela de déroutant je trouve c’est qu’il n’est pas un open world bac à sable basique puisque qu’il s’articule autour de "niveaux" spécifique qui semblent se débloquer au fil des missions de la trame principale. Mais au sein de ces niveaux la liberté est importante ; on peut explorer, remplir des missions annexes et bien sûr remplir les missions de la trame principale. Mais la force de Dishonored, celle qui vous met une claque énorme dès les premières minutes de jeu c’est la remarquable liberté et la diversité des approches que celle permet pour résoudre les missions ; le level design - en tout cas pour les niveaux que j’ai pu faire - est fantastique. On peut se déplacer par les toits, les corniches, les égouts, par les bâtiments et bien sûr par les passages normaux ; on peu se la jouer façon infiltration ou action brute, voir action surnaturel parce que Corvo en plus d’être plutôt bien armé et rapidement doté de pouvoir magique. Le level design est si bien foutu que j’ai pris mon pied simplement en évoluant en son sein, le plaisir de la variété et le plaisir de la liberté qui s’exprime au sein d’un espace de contrainte, c’est assez dur à expliquer, mais je suis sûr que si vous pratiquez ce jeu vous comprendrais ce que je veux dire.

 

La sauce peut paraitre lourde à digérer mais le tour de force pour le moment de ce jeu c’est d’être absolument exquis. En même temps je ne vais pas crier au géni tout de suite, parce que si Dishonored parvient à proposer un level design aussi chiadé tout au long du jeu je pense aussi que ces petites choses que j’aime moins dureront elles aussi à commencer par tout ces bouquins, ces documents, ces lettres, ces affiches, qui parsèment le jeu et qu’il faut lire si l’on veut s’imprégner de l’univers. Je suis sûrement vieux jeu mais ça me fait chier de lire sur mon écran et surtout ça coupe le rythme, ça rompt l’immersion bref c’est un truc que je n’aime pas. A quand un jeu qui permettrait de recevoir les sources écrites que l’on débloque sur son smartphone ou sur sa tablette voir sur sa liseuse pour qu’on puisse les lire tranquillement en dehors de nos parties ? Sinon je trouve les combats un peu simplistes quand le jeu vous offre une telle richesse dans le level design et dans l’approche des ennemis on voudrait - en tout cas moi - une plus grande diversité pour gérer les combats ; si Corvo a un arsenal à distance plutôt impressionnant au corps à corps c’est basique ; pour le moment une parade et un coup d’épée c’est maigre. Au moins ça incite à éliminer les ennemis discrètement vu que le challenge est plus audacieux. Je n’ai fais que trois heures de jeu, pour le moment le scénario est gentillet, nous sommes l’homme déshonoré, un groupe de clandestins pour rétablir la vérité et un méchant corrompu, j’ose espérer que les enjeux sont plus complexes et que les climax vont s’enchainer parce que jusqu’ici l’histoire et nettement en dessous de l’ambiance générale. Et bien sûr à mes yeux Dishonored a un défaut de taille avec lequel je suis obligé de transiger : c’est un FPS. Merde les mecs pourquoi un FPS ? Vous ne vouliez pas trop empiéter sur les plates bandes d’Assassin’s Creed ? Pourtant lui au moins ce n’est pas un FPS !

 

Bon ce n’est pas tout mais j’ai une nuit à finir et puis peut être bien que demain je retournerai à Dunwall parmi les rats, les soldats et les fous.

 

article rédigé après 3 heures de jeu d'affilées

 

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