L'homme qui voulait 1000 followers de plus

Publié le par Mémoire de joueur

Moi aussi j'en veux, toujours plus, toujours plus, toujours plus. Pas du fric, pas du temps parce que pour ces deux choses je ne me fais plus d'illusions depuis longtemps mais des followers et des fans. Je l'écrivais sur mon autre blog il y a désormais quelques jours mais comme il est possible que mes blogs soient hermétiques l'un à l'autre - et surtout parce que l'un est bien plus lu que l'autre - je n'ai pas peur de me répéter, et maintenant je suis vieux en tout cas assez pour me le permettre je peux radoter. Je veux des fans, je veux du followers ! Et ne croyez pas que pour moi la grosseur de son nombre de followers et / ou de fans puisse donner lieu à une interprétation freudienne et encore moins à un rapprochement avec le quart d'heure warholien. Le follower c'est la vie, l'addiction du XXIème siècle ; être toujours plus lu, plus vu, plus suivi, un appétit insatiable à exister avec les autres. Je vois dans la présence plus ou moins généreuse de followers et de fans non pas un marqueur de ma gloire, de ma notoriété ni de ma célébrité mais une caisse de résonance à mes mots et mes idées. Et c'est tout ce que j'aime, tout ce que je cherche, tout ce que je veux. Que l'on soit ou non d'accord avec moi n'est pas un pré-requisi pour me suivre. Ce que je veux c'est de la réaction. Ces followers, auditoire fluctuant mais présent et consentant, je les vois comme le catalyseur de mes idées, le réactif permettant de précipiter les idées gazeuses et confuses qui s'agitent dans mon cerveau quand j'essaie de penser.

Le follower c'est la vie des idées, de mes idées ; sparring partner ou muse dans les deux camps partenaires de ma prose, de ma réflexion, de mes pensées. J'aime quand un article amène un commentaire qui amène un commentaire qui amène un commentaire qui parfois amène un article. De temps en temps c'est moi qui écris l'article, de temps à autre c'est moi qui écris le commentaire, parfois un commentaire devient un article rarement pour ne pas dire jamais un article devient un commentaire. Il y a une véritable émulation avec les autres ; d'autant plus que le follower comme le fan est consentant à te suivre ce qui préssuppose qu'il partage avec toi un peu de la même passion.

Il y a quelque chose de troublant et d'addictif dans le fait que le fan ou le follower est un être consentant - non pas que j'ai envie de coucher avec lui même pour certaines jeunes femmes que je follow je voudrais bien échanger quelques fluides en plus de 140 caractères mais ce n'est pas la question - parce que techniquement le follower et le fan il est là pour toi. Dans le principe il est là pour toi mais on peut dire qu'en quelque sorte il est à toi, il fait partie de toi, ce n'est pas comme cette foule inconnue qui te piétine dans la rue du réel, ici tu as ta propre foule, ta propre doxa, ton propre contre pouvoir qui demain peut te renverser, te couper la tête, te faire fermer la gueule, piller des richesses et s'en aller suivre quelqu'un d'autre. Et moi j'aime ça ! Et c'est pour ça que je veux toujours plus de fans, toujours plus de followers, toujours plus de personnes avec qui croiser la plume, échanger le bon mot et tirer le trait d'esprit ; plus j'ai de monde à mon écoute plus vous me transcendez ; enfin plus je me sens le devoir de me transcender, trouver la prose juste, le mot fort, bel article et grand esprit - qui se rencontrent parfois -. Mais le revers de cette médaille consentie c'est le consentement, comment en vouloir à des gens qui sont là exprès pour soi ; enfin être là se résume avoir cliqué un jour sur follow mais c'est un grand pas dans le monde minuscule et vaste de la virtualité.

 

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Le revers c'est donc la douceur et une forme de consensus ; il ne plane jamais loin une forme de compulsion de répétition qui singe le principe de plaisir ; de faire plaisir à ses followers pour être aimé. Aimez moi crie-je souvent sur la toile comme un pantin qui supplierai son marionnettiste d'agiter ses fils pour que j'agite mes membres virtuels et ma plume salvatrice - celle qui veut rompre ses fils - . Avant, au temps de mes débuts sur internet, donc au temps des modems 56k, j'ai très rapidement cherché à me constituer un auditoire pour m'adresser à lui et me nourrir de ses réactions pouvant aller de l'incompréhension à la haine en passant par la colère, la connivence et parfois l'amour. A l'époque je rôdais sur les tchat AOL et Caramail et je copiais collais les adresses mails d'inconnus me constituant de jours en jours un carnet d'adresse d'anonymes en tout genre. Régulièrement - donc tous les jours si ce n'était pas plus souvent - je prenais la plume pour écrire un mail collectif à mi chemin entre le pamphlet, le journal intime, la déclaration d'amour, la déclaration de guerre, la provocation et la - mauvaise - littérature que j'envoyais à tous ces gens avec l'espoir d'avoir des réactions. C'était un geste épique, une conquête colonialiste de territoires inconnus. Et ça ne manquait jamais : les gens réagissaient parce que les gens sont prompts à réagir quand on vient les solliciter contre leur grès. J'avais en ce temps béni des débuts des centaines d'adresses, quand AOL a limité les envoies groupés à 50 ou 25 destinataires je fractionnais joliment mes adresses en lot empirique pour continuer à envoyer des mots et chercher en retour la présence rugueuse d'une alterité quelques part sur un ailleurs numérique. J'ai fais ça jusqu'à ce que AOL bloque mon compte m'accusant de faire du spam, mais à l'époque naïf comme Candide dans un Eldorado numérique je ne savais pas ce qu'était le spam, ni même que spam les gens puisse être possible. Tout ceci est empirique. Avec Twitter et puis Facebook il est dur de partir en croisade ou simplement en guerre parce que l'on est entouré d'amis ou d'inconnus bienveillants. C'est la limite, c'est mon manque, ma frustration. Aujourd'hui dès que tes mots sur la toile ne sont plus dans le sens d'un consensus social tu n'es plus un provocateur, un impertinant ou un pamphlétiste t'es juste un troll ; terme au combien réducteur et décevant.

Alors je voudrais que des cons, des gens qui me prennent pour un con viennent rejoindre la ribambelle de ceux qui me suivent. Plus de 400 personnes me suivent sur Twitter, seulement 4 suivent la page de Mémoire de joueur sur Facebook et dans les deux cas je voudrais en avoir plus, toujours plus. Je sais qu'il est vulgaire et pathétique de demander cela, quémander de l'attention à des inconnus, c'est au moins aussi vulgaire que de dire ouvertement que l'on veut de l'argent et que l'on cherche a épouser une femme à la beauté ostentatoire mais j'assume. Je ne vais pas commencer à courber l'échine face à un qu'en dira t-on de pacotille. Je veux des fans, je veux des followers, je veux du monde parce que je veux de la synergie, de la transcendance - s'il est admis que l'homme est un animal social et politique c'est sous entendu que la présence de l'autre, de l'alter-égo conduit l'individu à transcender qui il est ; ne croyez donc pas que toute transcendance est transcendantale façon secte mystique, juste que l'individu est capable d'aller au delà de lui - du débat, de l'agitation culturelle, de la confrontation, de la confortation, de la vie. Nous avons là vous et moi un outil fascinant, un outil d'avenir : le groupe de fans et de followers. Cessez de voir dans cette masse qu'une simple cible, qu'un simple outil marketing, matière première de communication, il y a là du pouvoir, de l'énergie, de la force. Rejoignez mes pages Facebook, rejoignez moi sur Twitter et ensemble devenons un véritable accélérateur de particules qui n'aura pas peur des collisions, des trous noirs ni des trous du cul !

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Publié dans la vie du blog

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aquab0n 27/03/2012 20:54

Il y a des gens qui followent et sont fans juste pour faire plaisir ou pour avoir un retour. Tu as des origines de Spammeur, intéressant. Purée je me souviens de Caramail, quelle époque ! ^^ Je
veux des fans, je veux des followers, je veux des abonnés à ma chaine youtube, à mes flux rss mais surtoutr, lach' tes comz !

Mémoire de joueur 27/03/2012 23:30



lolkikoomdr j'ai envie de dire ^^


Je vois que l'on partage les mêmes aspiration, on partage même quelques follower en commun ^^. C'est vrai qu'il y a des gens qui follow par intérêt et je m'en fous des raisons pour lesquelles ils
me suivent tant qu'ils me suivent ^^ même les bots j'aime ça, ça me donne l'impression d'être plus important :p