La petite robe noire de la PS3

Publié le 19 Septembre 2012

Si on m’avait dit que je reprendrais le fil de ce blog en écrivant sur WipEout HD Fury je ne l’aurai pas cru et pourtant parler d’un jeu vieux de trois ans, qui plus est, offert gracieusement aux abonnés prémium du PSN c’est une chose qui me ressemble. Oui mais avant de m’y remettre je n’avais - je croyais - rien à dire sur le sujet étant convaincu que les WipEout c’est comme les journaux de TF1 c’est toujours la même chose, toujours la même soupe servie avec le même aplomb par le même éditeur aux mêmes joueurs. Qu’est ce qu’on peut être con quand on est joueur et pire quand on est blogueur …

 

Pourtant WipEout bien cela, ce n’est rien d’autre que cela, un jeu étalon sorti il y a maintenant 17 ans et que l’on nous ressort régulièrement depuis cette date au fil de l’évolution des nouvelles consoles Sony. Vous me direz Nintendo fait la même chose avec Mario Kart depuis des décennies et personne ne trouve à y redire. D’ailleurs cette comparaison n’est ni idiote ni accidentelle parce qu’en plus d’être deux jeux de course arcade - les courses de vaisseaux n’étant pas prêtes d’exister WipEout ne peut à aucun moment prétendre à se poser en simulation c’est donc un peu par défaut que je lui attribue le qualificatif de course arcade bien qu’un jeu de course où l’on peut tirer une rafale de missile sur ses adversaires peut difficilement être autre chose qu’un jeu arcade même si je suis comme vous très impatient que ce genre de courses remplacent les courses de F1 le dimanche après midi sur TF1 - les deux séries perpétuent un même souci d’excellence en terme de game play et de qualité générale. C’est bien là toute la force et tout l’intérêt d’un jeu comme WipEout - d’ailleurs si je ne prends pas la peine de préciser de quelle version je parle c’est que je considère WipEout comme un jeu générique, comme un jeu concept dont les différentes incarnations conservent et perpétuent les qualités initiales - : c’est un jeu étalon, un jeu vitrine, un jeu qui pose les bases d’une excellence technique, graphique et musicale et répétant cela de console en console WipEout est devenu un classique, une référence, un indispensable, pire ou mieux encore un jeu indémodable. WipEout c’est LA petite robe noire de Sony.

 

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Dans son genre Mario Kart suit le même chemin répétant à loisir ses qualité initiales s’imposant ainsi comme une référence et un indispensable du jeu vidéo mais s’il faut chercher un ancêtre charismatique à WipEout du coté de chez Nintendo ce n’est pas sur Mario Kart qu’il faut se pencher mais du coté de F-Zéro. A elles deux les deux et à elles seules ces deux séries incarnent un genre à part entière : le jeu de course futuriste avec véhicules volant sur une piste - ce qui nous conduit à appeler ça course d’aéroglisseur du futur même si les dits aéroglisseurs ont des têtes de vaisseaux spatiaux - dans une ambiance futuriste, électrique, électronique, austère parfois ascétique. Je sais que le terme ascétique peut sembler de prime abord incohérent avec l’ambiance de WipEout parce qu’étant un jeu vitrine devant témoigner des capacités d’affichage de la machine WipEout est généralement d’une richesse graphique nettement au dessus de la moyenne - moyenne des jeux de course de la même catégorie, par exemple largement au dessus du très moyen MotorStorm Apocalypse sur lequel je viendrais cracher ultérieurement - mais c’est la direction artistique de WipEout qui tir vers l’ascèse, la recherche d’une perfection, une perfection technique et technologique symboliquement vidé de la présence humaine. Bien sûr le jeu est coloré avec des effets de lumière et de transparence remarquable mais le géni de WipEout c’est de solliciter totalement l’attention du joueur sur le pilotage de ces vaisseaux qui fusent à très grande vitesse, dès lors les décors s’estompent ne laissant place qu’à une vague impression. Et la bande son technoïde d’une qualité toujours irréprochable plonge un peu plus le joueur dans une forme d’hyper concentration qui facilite l’immersion dans la course et permet d’éluder un peu plus la qualité des décors. Et même si la couleur est de mise dans les décors et dans le style des véhicules il ne faut pas sous estimer la force d’un design épuré qui renforce, s’il le fallait, cette impression d’ascétisme ; WipEout c’est une sorte d’uchronie ascétique où le minimalisme régnerai en maitre aussi absolue qu’élégant.

 

Que l’on adhère ou non à cette vision elle a le mérite d’être forte, assumée et surtout inchangée depuis les débuts. C’est ce qui rend WipEout aussi intemporel ; jouer à WipEout est confortable, rassurant et personnellement je vais jusqu’à dire que c’est un de ces jeux qui se prête complètement à une expérience contemplative. A la manière d’un Flower par exemple WipEout est une expérience de jeu hypnotique, lancinante et je trouve addictive. Enfin cela est surtout vrai pour WipEout HD qui repose sur un classicisme à toute épreuve. Les épreuves justement sont partagées entre la course classique, le record de tour sur un tour et le meilleur temps sur trois tours. Sans oublier le plus radical des modes de jeu de WipEout, le plus hypnotique aussi, le mode Zone dans lequel vous ne contrôlez pas l’accélération de votre machine qui augmente progressivement pendant que vous vous efforcez de conserver votre véhicule sur la piste.

 

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Si ces modes de jeu sont particulièrement efficaces et font passer le joueur dans une dimension contemplative c’est grâce à un game play d’une fluidité remarquable. Une fois que vous avez fait l’expérience de l’inertie de votre machine et de sa capacité à tourner plus ou moins serré enchainer les tours devient un plaisir, d’une précision redoutable et d’une réactivité insoupçonné le game play permet de mettre un place un vrai pilotage qui réussi à être intuitif, exigeant et agréable. Dès lors que vous allez rechercher la performance, le chrono ou l’or vous plongerez dans un haut degré de concentration, dès lors plus rien d’autre n’existe, toute l’attention focalisé sur les virages, les turbos et cette ligne d’arrivée toujours trop longue à venir. A reproduire cet état d’intense concentration de course en course on fini si l’on est bien disposé par atteindre une forme de transe qui libère l’esprit et ouvert des perspectives nouvelles - si l’on est moins bien disposé on fini avec un mal de crâne carabiné ou une crise d’épilepsie - , je trouve que c’est devenu rare les jeux comme cela qui par l’intensité du game play peuvent nous mettre en transe.

 

L’autre moitié de WipEout HD Fury, c’est à la dire la part WipEout Fury est un peu moins contemplative et un peu plus burnée. Elle correspondant à la grosse DLC venu compléter WipEout HD en proposant au joueur une expérience plus fun et plus violente. En plus des modes de jeu classique ce WipEout Fury propose trois modes de jeu défoulatoire ; le premier est une course à la destruction massive dans laquelle on obtient des points en explosant ses adversaires et dans laquelle il faut être le premier à obtenir le plus de point. Petite subtilité de game play assez ravissante : la possibilité d’effectuer un 180 pour faire face à ses poursuivants et leur balancer ce que l’on a en réserve. C’est nerveux, foisonnant et particulièrement jubilatoire comme mode de jeu et ça nous rappel qu’un bon petit jeu de destruction motorisé ça manque sur nos consoles. Les deux autres modes de jeu sont des versions dérivé du mode Zone, un mode où l’on cumul du turbo en passant sur les zones adéquates et lorsqu’on déclenche son turbo on forme derrière soi comme un mur, un barrage, avec huit concourent en piste c’est assez explosifs et ce n’est pas sans faire penser dans une certaine mesure à Tron. Le troisième mode que Fury propose c’est de transformer WipEout en shooth’en up ; sur le principe du mode Zone - accélération exponentielle, environnements monochromatiques colorés - on est lancé sur un circuit où il faut en plus d’éviter les murs tirer sur des mines pour les faire exploser et faire grimper le score.

 

Je ne pensais pas que j’allais autant accrocher avec cette version PS3 de WipEout, pourtant j’ai toujours aimé ce jeu même si je ne suis pas musicalement son cœur de cible. Mais comme je le disais plus haut WipEout est un incontournable, un jeu essentiel, indémodable et inimité. Je n’ai pas beaucoup joué cet été, je n’avais pas le temps et pas la disponibilité d’esprit non plus pour rentrer dans un jeu sur la durée. Et puis j’ai joué à WipEout et son austérité m’a séduite. Il n’y a rien de WipEout à part WipEout, rien d’autre que des courses de vaisseaux ; pas de scénario, pas de nécessité de comprendre quoi que ce soit, juste des courses, juste du game play, juste du fun ; les courses sont courtes, les temps de chargement réduits, on peut jouer, s’arrêter, revenir, on peut laisser WipEout pendant 5 ans, revenir le jeu est toujours là, toujours le même ; c’est en tout cas la sensation qu’il donne ; il parvient à se montrer à la hauteur de sa console, à la hauteur de ses ancêtres, à la hauteur des joueurs, à la hauteur de la technologie et en même temps il donne la sensation de ne pas changer.

 

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Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #Critiques - jeux vidéo

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aquab0n 19/09/2012 20:59


Ah Wipeout... je n'ai jamais aimé ce jeu, je l'ai toujours trouvé trop dur et ça me décourageait à chaque fois de toujours finir dernier ou avant-dernier avec de la chance. Autant il est
magnifique, autant il est bien trop difficile pour un amateur du genre comme moi et c'est bien dommage car du coup je sais que je passe à côté d'une référence.

Mémoire de joueur 19/09/2012 21:41



tu sais les éditeurs de jeux vidéos on inventé un truc super pour toi - et pour moi aussi qui suis un piètre joueur - c'est le mode facile, en mode facile même moi j'arrive à gagner, après c'est
vrai que lorsque on augmente la difficuleté le jeu devient très exigeant, il faut avoir une grande maitrise de son vaisseau mais cette exigence là fait parti je trouve de toute l'empreinte de ce
jeu, un jeu de pur game play rien d'autre