Hier je lisais sur Game Select qu'une version pirate et non finalisée de Gears of War 3 circulerait déjà en fichier torrent près à tourner sur les vilaines Xbox360 piratées. Au lieu de m'offusquer qu'un blockbuster de la XBox 360 soit déjà piraté et circule sous le manteau de la main des pirates à celle des joueurs opportunistes moi ça m'a fait sourire faisant remonter à la surface des souvenirs de ROM pirates perdues et devenues mythiques pareilles à des graal en circuits imprimés qui hantent l'imaginaire de certains vieux joueurs.

 

Ok le piratage c'est le mal et le premier qui télécharge quoi que ce soit verra son âme bruler dans l'enfer d'Hadopi où s'entassent des piles gigantesques d'albums invendus de Magalie Vaé et des montagnes de Pokemon Donjon Mystère victime de la cartouche R4 et n'ayant pas trouvé acheteur. Je ne vais pas vous faire l'apologie du piratage pas plus que la morale après tout vous êtes assez grand pour faire ce que vous voulez. C'est juste que j'éprouve une drôle de nostalgie pour une époque où le piratage de jeux vidéo avait le goût de l'underground. Bien sûr on peut dire qu'en quelque sorte il y a deux formes de piratage de jeux, la méchante qui oblige certains petits studios à fermer faute de vente et qui enraye la pompe à fric des grosses boites et la gentille qui permet - permettait - aux joueurs de découvrir des jeux que l'on aurait pas connu autrement. Sans les puces permettant de lire les jeux pirates sur la première Playstation il n'y aurai pas eu ce boum sur les jeux jap et nous autres joueurs français nous n'aurions pas élargie notre culture vidéo ludique. Bien sûr cette dichotomie peut vous semblez désuette parce que depuis cette époque internet à rendu obsolète cette logique, aujours via les sites et les blogs de jeux vidéo on peut découvrir tous les jeux, Youtube nous permet de les voir tourner et les sites de ventes de commander n'importe quel jeu n'importe où dans le monde. C'est bien pour ça que je suis nostalgique. 

 

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Cette version de Gears of War 3 pirate qui circulerai n'est pas terminée, logique le jeu ne sortira qu'en septembre et d'ici là les développeurs on encore le temps de peaufiner leur bébé, c'est donc une version brute sans le fard ni le maquillage technico commercial de la prétendue perfection à laquelle on aurait accès et déjà ça pour moi ça a comme un goût de liberté, voir d'interdit. C'est comme surprendre une superbe fille avec qui on a enfin un rendez vous avant l'heure de notre rendez vous, genre à la sortie de la douche ou au supermarché bref à un instant où elle ne s'est pas apprêtée pour nous, excitant non ? Mais oui c'est vrai le piratage ce n'est pas seulement un manque à gagner pour les machines à fric de l'industrie vidéo ludique, c'est aussi une dose de transgression et de liberté informelle. Si il y a quelque chose d'excitant à l'idée d'accéder à Gears of War 3 avant sa sortie ce n'est pas parce qu'on obtient le jeu gratuitement mais bel et bien parce que l'on accède au jeu avant qu'il ne soit fini un peu comme assister aux balances d'un concert ou aux coulisse d'une pièce de théâtre ; ça a quelque chose de plus humain.

 

Je me rappel qu'avant - date imprécise d'une époque plus ou moins lointaine caractérisée par le fait qu'internet n'était encore qu'une légende à venir - le piratage des jeux vidéo c'est comme le Far West à mi chemin entre la grand aventure, le grand banditisme et la liberté des nouveaux espaces à conquérir. Le piratage avait quelque chose d'artisanal, ça se faisait de la main à la main si on avait la chance de connaître le mec dont le cousin connaissait un mec qui lui même avait un voisin qui pouvait pirater tel ou tel jeu. C'est un piratage à taille humaine et ça donnait aux jeux un goût d'exotisme. Et puis entre piratage et bidouillage pour faire passer les jeux imports il n'y avait pas de frontières bien définies dans nos consciences. Découper sa Megadrive pour faire rentrer les cartouches US c'est pareil que se procurer une cartouche pirate multi jeux fabriqué à Hong Kong pour sa Game Boy.

 

En plus le pirates était plein de créativité avant, prenons nos cartouches pirates Game Boy remplies de centaines de rom redondantes et parfois absurde ; moi je trouvais ça poétique et excitant de jouer à Mario Land avec un Pokemon à la place de Mario. Cette façon de se réapproprier le jeu, d'en changer un code ça avait pour moi valeur d'underground. Et puis sans le piratage à l'époque Playstation nous n'aurions - je parle d'une génération de joueur qui se reconnaîtra si tu ne te reconnais pas t'es pas de la bonne génération - pas connu la vague des jeux japonais, l'import au goût sulfureux et rare. Et puis faire pucer sa console c'était prendre un risque, on pouvait la cramer ou faire sauter la garantie, et puis il y avait les partisans du mix à l'ancienne, lancer un jeu officiel et le retirer pour mettre le jeu pirate, tour de passe passe pour tuer son lecteur, oui c'était le bon temps.

 

Mais je m'éloigne un peu de Gears of War 3 et sa version pirate non finalisée. Quand j'ai lu cette brève cela m'a fait penser à Magician Lord 2. Tout le monde devrait connaitre Magician Lord le jeu de plateforme phare de la Néo Géo à son lancement - tout le monde devrait aussi connaitre la Néo Géo la Rolls des consoles il y a quelques années - et aujourd'hui disponible sur le PSN pour ceux qui veulent se rendre compte que le jeu à vieilli. Bref ce jeu était une référence et puis un jour a été annoncé un Magician Lord 2 ! Mais ce jeu n'a jamais vu le jour, annoncer en cartouche d'abord puis sur Néo Géo CD ensuite le jeu n'est jamais sortie, mais la rumeur, que dis-je la légende veut qu'il existe une poignée de ROM sur lesquelles tourneraient Magician Lord 2. Ce sont devenus des ROM mythique au point qu'à un certaines époque dans une boutique spécialisée dans les jeux rares on proposait de la dénicher pour plus de 10 000 Fr ! Oui je vous donne le prix en franc parce que ça claque plus qu'en Euros.

 

Bien sûr ce n'est pas le sort que connaître cette version pirate de Gears of War 3 parce que le jeu sortira officiellement que cette version de merde pas terminée deviendra obsolète, pas contre si le jeu devait par miracle être annulé - un miracle ou une catastrophe nucléaire - alors là la valeur légendaire de cette version piratée prendrait toute sa valeur. Imaginez que l'on mette les mains sur une version pirate et non terminée d'un des projets abandonnés qu'a connu Duke Nukem durant ces dix dernières années est-ce que ça ne serait pas excitant ? Moi je trouve que oui, quand le piratage permet le partage d'une chose qui n'aurait pas vu le jour autrement il prend toute son ampleur underground et salvatrice et dans ce cas là je dis oui ! Je suis sûr que toi aussi lecteur tu as connu au moins une fois dans ta vie la petite dose d’adrénaline que l’on a quand on met dans sa console un jeu pirates pour découvrir un jeu que l’on ne connaissait pas, c’était lequel ?

 

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