Les Royaumes d’Amalur : Reckoning ; un jeu raté auquel j’aime jouer

Publié le 18 Novembre 2012

J’avais gardé le souvenir que les Royaumes d’Amalur Reckoning était un RPG, j’avais tord ce jeu est un action RPG, c’est un jeu d’action mâtiné d’une gestion RPG, c’est un bac à sable fantasy pour un hack’n slash joyeux, jolie et jovial ce qui d’ailleurs est pour moi un défaut du jeu ; la finesse et la qualité des graphismes sont mis au service d’un univers coloré, chatoyant, brillant, luminescent, joli, phosphorescent, luxuriant, esthétique, c’est bien simple on se croirait dans la version 3D du monde de Trine 2 que je trouvais déjà affreusement chatoyant où quand la chatoyance bascule dans le mauvais goût outrancier. Je regrette parce que ça donne à l’univers des Royaumes d’Amalur une fadeur mièvre assez regrettable alors que j’aurai aimé que dans l’immense carte bac à sable du jeu on traverse des environnement plus sombres, plus dark, plus glauque ; ici même les profondeurs des plus noires cavernes où vivent de méchants trolls sont joliment remplies de plantes luminescente, de quelques statues et d’un design joli. D’ailleurs cette direction artistique mainstream qui fait la part belle au joli et aux couleurs se retrouve dans la trame principale d’une fadeur affligeant qui peine totalement à convaincre et à capter l’attention.

Vous allez dire que je suis con de jouer à un jeu dont la forme - graphique - et le fond - scénaristique - ne me plaise pas. Mais c’est sans compter que ce jeu est le jeu idéal pour le joueur qui n’a pas envie ou qui n’a pas le temps de s’investir sérieusement dans un jeu qui nécessite une véritable attention pour suivre le scénario ou une véritable implication pour s’imprégner de l’ambiance. C’est pour ça que cette semaine étant à court d’attention et ayant peu de temps pour jouer j’ai laissé l’exigent Resonance of Fate pour les Royaumes d’Amalur : Reckoning et son espace de jeu générique, protéiforme, tolérant, souple, ouvert, polyvalent et vaste, très vaste. Vu à quelle point la trame principale est navrante je ne culpabilise pas de ne pas avancer et d’aller me balader pour tuer du troll et ainsi remplir des quêtes annexes d’une banalité remarquable. Il faut rendre à ce jeu ce qui est sa vraie qualité c’est son gameplay durant les combats. Le jeu applique au pied de la lettre le concept de jeu bac à sable à son gameplay ; on obtient un gameplay bien rodé, hybride, qui permet d’avoir un personnage outrageusement polyvalent, maniant aussi bien la magie, le marteau de guerre, les dagues d’assassin, l’arc, etc. ce qui évidement rend les combats assez nerveux, vifs et jubilatoire pour celui qui aura bien prit en main son personnage. Malheureusement ce que le jeu gagne en polyvalence il le perd en caractère.

Tant qu’à être polyvalent les Royaumes d’Amalur ne recule devant rien, en plus de pouvoir accéder à différentes classes et d’en changer si l’on veut à chaque gain de niveau le personnage peut choisir de rejoindre différentes factions, voir plusieurs, voir toutes peut être, il peut aussi se la jouer rodeur solitaire et tueur sanguinaire bref il peut faire un peu ce qu’il veut parce qu’au fond ça a peu d’impacte sur les choses. Le monde est joli, très vaste, mais il ne s’y passe pas grand-chose. Je reconnais quand même que la trame principale autour de notre personnage sans destin colle parfaitement à ce gameplay bac à sable. Mais l’incapacité qu’à l’univers à habiter le jeu d’une présence évacue totalement la dimension RPG laissant sur le devant l’action. Bien sûr on peut s’adonner à l’artisanat, la forge, l’alchimie si l’on préfère fabriquer ce que l’on ne peut pas acheter, bien sûr c’est un mécanisme de RPG. Mais l’intérêt de fabriquer son matériel est assez inégal vu que l’on trouve énormément d’objets sur les ennemis tué, que l’on est rapidement riche et ce qu’on ne peut pas acheter on peut le voler ; reste toute fois le plaisir de forger ses armes et de leur donner des noms à la con et puis il me semble que les armes maisons sont parfois très puissantes.

La durée de vie potentielle du jeu est immense, la carte est très vaste, les quêtes annexes même si elles sont sans intérêts sont nombreuse mais l’ennemi c’est l’ennui, le manque de souffle épique, la polyvalence, l’aspect générique de cet univers traversé mille fois par les héros de RPG. Mais pour jouer comme on jouerait à un jeu d’arcade, en mettant 1 euro pour avoir un crédit et jouer 20 minutes le temps de purger un niveau/donjon et rapporter des objets à revendre pour devenir plus riche et plus puissant c’est parfait, c’est idéal. Même si je n’adhère pas au parti prit esthétique je reconnais que l’emballage du jeu est réussi ; avec des graphismes fins et détaillés et des musiques de circonstance variant entre la musique d’ascenseur médiéval à des morceaux symphoniques en parfait accord avec les graphismes - joli, joyeux, mièvre - .

C’est curieux je crois que c’est la première fois qu’un jeu bac à sable ne me lasse pas ; c’est la première fois que je trouve qu’un minimum de cohérence entre les mécaniques bac à sable du jeu et l’esprit du RPG ; en même temps c’est logique parce que le jeu de rôle c’était ça, c’était un monde ouvert et la liberté d’y adhérer ou pas. Si ce putain de Skyrim n’était pas en vue à la première personne je serai près pour me lancer dans cette aventure. Mais voilà moi j’aime, j’ai besoin, je préfère, j’adhère plus facilement aux jeux qui permettent de voir son personnage à la troisième personne. Et en parlant de voir son personnage il y a une chose parfaitement ratée dans les Royaumes d’Amalur ce sont les dialogue. Pas tant leurs contenus mais leur mise en scène ; à chaque scène de dialogue il y a un face à face entre notre personnage et un mec du coin, si ce second bouge les lèvres, les bras et semble mettre un minimum de cœur à la conversation nous on se tient là devant lui, on apparait sans notre heaume, casque, capuche ou protection qu’on avait sur la tête et on le regard sans bouger, le regard dans le vague, la bouche fermée, sans allure ni présence, ni prestance, bref on se tient là devant lui comme un con. Et déjà que l’histoire est molle, déjà que les dialogues sont creux cette non mise en scène est un calvaire qui me pousse à zapper les dialogue le plus vite possible.

Les Royaumes d’Amalur : Reckoning est sûrement le plus beau jeu raté et le jeu auquel je trouve le plus de défaut que j’aime jouer. C’est quelque chose de particulier, curieux, étrange, intrigant, une grande coquille vide, une superbe coquille vide, que l’on traverse à pied pour tuer des choses, des gens, des monstres, des ennemis, des animaux et on aime ça. Et à chaque fois que je lance le jeu j’ai une petite pensée pour aquab0n qui m’avait prêté le jeu mais qui surtout avait terminé le jeu presque d’un traite alors qu’il était malade ; les ravages de la fièvre voilà ce qui donnerai à ce jeu le petit plus qui lui manque ;)

 

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Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #Chronique de joueur, #Critiques - jeux vidéo

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aquab0n 18/11/2012 13:23


Si tu avais joué davantage tu aurais traversé un désert et de sombres cavernes qui t'aurais davantage plus que les jolies forêt du début de l'aventure ^^'

Mémoire de joueur 18/11/2012 13:29



Alors je vais continuer à voyager même si j'en suis déjà au 25 heures depuis le début de mon aventure, je suis curieux de voir comment un jeu aussi lisse peut donner dans le sombre :)