Il y a quelques semaines que Max Payne 3 ne prenait la poussière dans son blister sur mon étagère ; enfin c’est une façon de parler puisque justement étant sous blister il ne pouvait pas rendre la poussière. J’étais parti chez Game pour dégraisser quelque peu ma collection ; et une fois que j’ai eu posé sur le comptoir un lot relativement sans valeur de jeux à évacuer je suis reparti avec ce Max Payne 3 pour une misère d’euros, l’essentiel pour moi était de repartir avec moins de jeux que je n’en avais en arrivant. Étant amateur de TPC et de gunfights je me suis dis que je ne prenais pas un gros risque en choisissant ce titre plutôt honoré par la presse numérique spécialisée - j’aurai voulu dire par la critique, mais les critiques de jeux vidéo n’existe pas, pas encore en tout cas pour mériter de revêtir cette expression -.  

Aujourd’hui dimanche pluvieux et humide typique de ces jours d’automne qui ne sont bons qu’à la dépression, la boulimie et à porter joggings de mauvais goût je me demandais à quoi j’allais pouvoir jouer. J’ai fini Dishonored, mais je n’ai pas été suffisamment emporté par ce titre pour le relancer immédiatement et espérer le refaire par un chemin laissant moins de place à la violence - je crois que je ne suis pas fais pour prendre plaisir à l’infiltration, trop de contrainte, trop de stress et trop de longueur d’attente -. C’est là que je me suis rappelé Max Payne 3 et sa jaquette chatoyante qui sent bon la fusillade sous les tropiques alcooliques d’une Amérique du Sud pleine de putes, de coke et de footballeurs médiocres ; en un mot l’idéal palliatif à un dimanche d’octobre. Lancer un nouveau jeu sous-entend souvent de se taper une plombe de mises à jour, Max Payne 3 ne déroge pas à cette règle et se paie même le luxe de me faire poireauter le temps d’installer le jeu sur le disque.

Tu l'aimes ma chemise à fleurs ?

Tu l'aimes ma chemise à fleurs ?

C’est parti. Logo Rockstar, je me dis que c’est un gage de qualité, de maturité ; cinématique d’ouverture et premier choc. Personne ne m’avait prévenu que c’est Jean-pierre Jeunet qui est aux manettes de la direction artistique ; filtres jaunes, verts, rouges. Putain merde ça fait chier, je n’aime pas ce style à la Jeunet, la dernière fois que j’ai eu à le subir je l’ai vomi dans Alien 4. Bref, passons, je retourne donc à Max passion alcoolo. Le jeu a pour héro un anti-héro, personnage sombre - et non pas sobre -, noir, dépressif, autodestructeur et affreusement bavard. C’est le dépressif le plus volubile que je connaisse, encore plus que Woody Allen chez son psy. Et ça parle, et ça parle, et ça parle et je regarde mon écran en attendant de pouvoir jouer ; le jeu parle histoire que le joueur qui serait un peu fils à neuneu puisse bien comprendre que Max n’est pas un homme heureux au cas où la mise en scène ivre et vomitive ne soit pas suffisamment loquace.

Enfin je peux jouer. Deuxième choc ; j’ai la sévère impression d’avoir déjà joué à ce jeu en tout cas à ce gameplay ; je plonge et je tir, je « bullet time » et je tir encore, je me planque et je tir, j’avance et je me jettent au ralenti dans les airs pour tirer encore. Il m’aura quand même fallu plus de cinq minutes de game play pour me rappeler où est-ce que j’avais connu ce gamepay : John Woo presents Stranglehold. Le jeu date de 2007 et pourtant il témoigne exactement du même gameplay mais expurger de la lourdeur stylistique qui pèse sur Max Payne 3 le jeu est plus nerveux, plus riche, plus référencé, plus amusant, moins boursouflé. Max Payne 3 en 2012, soit cinq ans plus tard, ressort les mêmes mécaniques de jeu mais avec quelque chose de plus rigide, en plus lent, plus lourd et paradoxalement presque en plus old school, plus prétentieux et moins fun. Merde c’est dingue ! Max Payne 3 peine à dépasser un jeu vieux de 5 ans et les gens l’on trouvé excellent ? C’est quoi ça ? L’effet de licence ? L’effet Rockstar ? L’effet marketing ? L’effet nostalgie ? Max ce antihéros dépressif est plus proche dans l’esprit d’un John McClane que de l’inspecteur Harry ; cela fait de lui un antihéros de pacotille et je suis désolé, mais dans le genre losers magnifiques Kane et Lynche sont mille fois plus crédibles que ce Max là.  

Je suis là entrain de jouer à Max Payne 3, souffrir ses cinématiques interminables et ses cut-scènes à répétition et je n’arrête pas penser à Kane & Lynche Dog Days en me disant que Max Payne ne lui arrive pas à la cheville. Ce jeu n’est pas de son époque, ce jeu est une affreuse boursouflure dans la gameographie de Rockstar. Un jeu affreusement verbeux qui passe son temps à dérouler son argumentaire de vente estampillé jeu adulte sombre et mature alors qu’il ne propose qu’un gameplay aride, rigide dont le pouvoir de séduction n’agit pas sur moi. Du coup je n’ai tenu que 3 chapitres avant d’arrêter le jeu et de vous rédiger ses premières impressions.

Max Payne 3 la grande décéption ; vous auriez pu me prévenir

Note : Critiquer Max Payne 3 n'est pas si simple parce que le jeu à l'art de se rendre détestable et il déstabilise très vite le joueur qui est venu chercher quelque chose de simplement ludique, un simple défouloir. En même temps il n'est jamais aisé de jauger un jeu après un laps de temps très court, certains jeux doivent être domptés, apprivoisés, avant de les apprécier. Et Max Payne 3 fait peut-être parti de ces jeux là

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