Mollesse, vide scénaristique, second rôle au rabais néanmoins tous n’est pas à jeter dans Borderlands

Publié le 2 Octobre 2012

J’ai donc décidé d’accorder une deuxième chance au premier Borderlands, il faut dire qu’après un premier rendez vous manqué et même remarquablement manqué la seconde chance ne pouvait qu’être meilleure. Et meilleure elle l’est, elle l’est dans le sens où je n’ai pas encore abandonné le jeu et que je conserve l’envie d’y jouer même si l’envie commence à s’émousser. Je ne sais pas combien j’ai d’heures de jeu au compteur, une semaine en jouant régulièrement perso level 23, c’est assez pour voir se dessiner les contours de cette seconde chance ; au départ je trouvais que le jeu mettait du temps à poser ses enjeux, son ambiance, je me disais que l’introduction était un peu laborieuse mais prometteuse ; elle pose les bases d’un univers spatial aux accents post-apocalyptique avec une ambiance western, un territoire sauvage et aride peuplé de mutants, de bandits et de monstres rien de très original mais du très efficace pour l’amateur de fin du monde et de science fiction que je suis.

 

Malheureusement il n’y a pas eu de miracle et Borderlands reste désespéramment lent, mou, tiède, vide et parce que je suis un blogueur généreux je vous rajoute même un adjectif : générique. Le problème du jeu c’est que son univers peine à prendre du corps, de la vie, de la chaire, de la gouaille, on est censé être dans un western futuriste, un univers sans foi ni loi mais on est devant un jeu sans présence ni vie. Peu ou pas d’interactions avec les PNJ en dehors des missions dédiées, un panel d’ennemis limités, pas de marchands mais des distributeurs et surtout aucune trace d’activités ; réunissait sur un cailloux spatial une brochettes de bandits, des pilleurs de trésors, quelques commerçant sans une once de morale, une poignée de monstres, des autochtones bas du front, ajoutez à cela une chiée d’armes et faite chauffer et là, normalement, vous obtiendrez une poudrière bouillante grouillant d’activités violentes et illégale. Mais sur Pandora ce n’est pas le cas, le monde semble figé ne s’activant qu’à votre passage. Quand on croise un PNJ on a l’impression que le sens de son existence c’était de vous attendre pour vous donner une mission et une fois qu’il a connu l’extase d’accomplir sa destiné il disparaitre ; c’est chiant à un tel point que ça en devient presque terrifiant.

 

Du coup moi je me retrouve quasi totalement dés-impliqué de cette histoire d’arche qui soutient pourtant la trame principale. Mais à proposer un jeu tellement vide on prend effectivement le risque de perdre le joueur parce que faute d’une histoire crédible et d’une narration correcte mon âme de joueur batifole gaiement toute seule à coté du jeu. C’est pour ça que je dis que ce Borderlands est un jeu générique, il propose les bases d’un univers qui se prête à l’exotisme SF, un game play bien huilé - si on oubli la conduite calamiteuse des véhicules - qui emprunte au FPS sa vue à la première personne mais dont la simplicité arcade fait plutôt penser à un jeu d’action classique - d’ailleurs il faut oublier une approche FPS des affrontements, sous entendu une approche subtile et précise, ici le plus efficace c'est de courir dans le tas, vider ses chargeurs tant que son bouclier tient le coup puis courir à couvert recharger son bouclier puis recourir dans la boucherie - mais c’est tout, le jeu n’apporte rien d’autre, pas de véritable narration, pas vraiment d’histoire et d’une certaine façon pas réellement d’identité propre. Bien sûr graphique Borderlands a un style, une patte, un genre identifiable mais ça ne suffit pas. Tout le paradoxe du jeu est là, c’est une superbe coquille vide. D’ailleurs si le game play emprunte au FPS il emprunte aussi au RPG mais le jeu n’est ni l’un ni l’autre, pour moi c’est un action RPG en vu à la première personne plutôt que comme un véritable FPS, c’est d’ailleurs sûrement pour ça que je m’y accroche encore.

 

borderlands-du-cul-et-des-guns.jpg


Bon lenteur, mollesse, vide scénaristique, second rôle au rabais néanmoins tous n’est pas à jeter dans Borderlands. L’action simple et rugueuse, la quête à l’armement, la relative liberté de progression dans cet univers et surtout l’empreinte de Mad Max 2 et de La colline à des yeux. Il est dur de ne pas sentir l’influence de ces figures tutélaires Mad Max 2 pour le coté post-apocalypse avec des guerriers néo punk et La colline à des yeux pour ses mutants violant qui peuples les mines et les territoires arides de Pandora. Mine de rien l’empreinte de ces deux figures dans l’arrière plan de Borderlands fait parti des raisons pour lesquelles je continu d’y jouer. Il y a aussi un autre truc plus con c’est que le jeu n’ayant pas de musique ou pas de musiques remarquables et des dialogues aussi rares que peu important ça me permet de jouer en mettant la musique à fond ; vu qu’en ce moment j’écoute en boucle le dernier album de Saez ça m’arrange bien. Pendant longtemps j’ai joué aux jeux vidéo sans écouter les musiques et vu qu’à cette époque les voix n’étaient pas ou peu présentent dans les jeux je jouais en écoutant ma musique voir en écoutant la radio. Il y a même des jeux parmis auxquels je ne jouais qu’en écoutant mes émissions de radios nocturnes favorites. Mais avec le temps, la qualité CD, le travail des BO et l’écriture des dialogues c’est devenu de plus en plus rare les jeux auxquels je peux jouer sans le son sans avoir l’impression non plus de mutiler le travail des développeurs.

 

Voilà donc ce que je peux dire sur Borderlands, dire que je suis quand même un peu interloqué par la positivité des retours sur ce premier épisode et par ce qui semblait être une impatience des gamers à la sortie du second opus. Du coup je me demande si le jeu corrige les vides du premier épisode ou s’il Borderlands 2 continu dans le style coquille vide …

Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #Chronique de joueur

Repost 0
Commenter cet article