Le rideau de la gloire et de la consécration vient de tomber sur les finales NBA ; les vieux lions des Mavs on dévorés les chiens fous du Heat et même si j'aime la fougue impétueuse des joueurs de Miami mon cœur vibrait avec la vieille silhouette dégingandé de ce grand échalas de Dirk Nowitzki. Je suis un supporter aux anges car cette nuit au terme d'une finale intense les Mavs on gagné le premier titre NBA de leur histoire. Et comme je suis autant gameur qu'amateur de basket et je passe volontier quelques des nuits blanches devant ma télé en mode NBA ou NBA2K parce que pad en main vous devez le savoir je suis accro aux jeux de basket de 2K Sport.

 

C'est justement de la franchise NBA2K dont je voudrais parler, pas spécifiquement du jeu mais faire un aparté sur un détail, zoomer sur une subtilité absurde et donc à mon sens hautement essentielle à ce qui fait une grande simulation parce que ce que la série des 2K lorgne du coté de la simulation - nous sommes bien loin des fastes exubérants de NBA Jam que j'aime pourtant beaucoup -. De quoi je parle ? De rien, même pas un détail de gameplay, juste une silhouette dans le décor, oui c'est bien de cela dont je parle et ce n'est pas une métaphore, je parle de ces silhouettes qui dans les gradins de tous les terrains de NBA 2K se déplacent dans un ballet silencieux, mystérieux voir totalement abscond. Vous ne les avez peut être jamais remarqué et pourtant ils sont là, il y a un game designer derrière eux, un programmeur voir une équipe de programmeur ; ils sont la preuve - vivante - de l'attention portée aux détails et à l'inutile. Un jeu qui prend la peine de s'épuiser dans d'insignifiants détails ça ne peut être qu’un jeu généreux et honnête, bref un grand jeu !

 

Pour être sûr de rencontrer ces silhouettes et leur danse absurde Il faut créer son joueur et - mal - débuter sa carrière, idéalement ne pas trouver une franchise NBA après les camps d'été et se retrouver dans une équipe de la D-league. Dans cette league mineure les salles ne sont pas pleine et vu que si nous sommes là c'est que nous sommes un joueur médiocre on se retrouve sur le banc avec la liberté de contempler les tribunes. Et c'est là qu'on les rencontres. Je ne suis pas sûr de les avoir remarqués dès le début, mais dès que je les ai remarqués j'ai tout de suite été fan. Un coup de foudre immédiat pour ces sprites qui semblaient perdus au milieu des supporters. Ca fait presque deux ans que j'ai les mots de cet article en tête, deux ans que je me dis que je devrais rendre hommage à ces supporters debout dans les travées qui montent et descendent les escaliers des tribunes.

 

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A plus d'un titre ils sont l'illusion de la vie - et en un sens son essence - et cela fonctionne puisque face à eux j'ai peu avoir un ressenti de l'ordre de l'humain. Lorsque je les ai remarqué je n'ai pas regardé en détail leurs déplacements ; pour moi ils étaient ceux qui montaient, descendaient ou cherchaient leurs places. Et puis un jour assis sur le banc des Los Angeles D-Fenders j'ai pris le temps de regarder ces déplacements en détail et j'ai réalisé que ces sprites avaient une danse folle ; il n'y a pas celui qui monte et celui qui descend, celui qui monte dans les gradins descend dès qu’il arrive en haut et puis remontre une fois arrivé en bas et cela continuellement. Quand à celui qui cherche sa place dans les travées il ne la trouve jamais. Ce ne sont pas de simples supporters de basket ils sont les Sisyphe de nos univers ludiques, inlassablement ils portent le poids de leur responsabilité - ils sont responsables de la vie, de l'impression de vie - en haut des tribunes et répètent cela sans fin. Jamais ils ne font autre chose ; finissez le match sur le banc et regardez bien les tribunes : à la fin du match tous les spectateurs se lèvent et applaudissent sauf ces Sisyphe des tribunes qui demeurent occupés à leur tâche mystique. Ils ne profitent pas du match, ils ne jouissent pas de la victoire, ils sont abnégation parce que la vie est abnégation. Quand la foule se lève et qu'ils poursuivent inlassablement leurs parcours symbolique ils nous révèlent ce que notre vie est ; ils sont une expression du réel qui par delà le virtuel touche la conscience du gamer.

 

Je ne sais pas si vous partagez mon ressenti, je ne sais pas si vous aviez remarqué ces personnages dans le décor. Ils étaient là dans NBA2K10, ils sont toujours là dans NBA2K11 et j'ose espérer qu'ils seront là dans la prochaine édition du jeu. J'aime ce jeu pour son basket bien sûr mais ces supporter qui incarnent à mon sens le mythe de Sisyphe et posent un jalon étonnant du jeu vidéo : celui de la dimension symbolique là où rien ne prédispose qu'elle soit présente. Ce qui fait la richesse d'une œuvre c'est justement sa capacité à véhiculer un sens au delà de sa trame principale, un sens souterrain, secondaire, sens auxiliaire, additionnel ou accessoire. C’est ce que je ressens devant NBA2K mais suis-je le seul ?

 

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