L’actualité de ces derniers jours nous donne une bonne raison de scander un poncif éculé : le piratage c’est mal - sauf si c’est Johnny Depp le pirate - et cela même si le prix des jeux vidéo sont toujours aussi excessifs. Bien sûr il y a piratage et piratage ; il y a la piratage de proximité qu’on connaît depuis la nuit du jeu vidéo, l’ami d’un ami qui sait poser les puces pour faire tourner les jeux gravés, l’ami d’un ami qui a trafiqué sa PS3 et qui nous explique comment en faire autant, un mec qui connaît un mec qui peut t’avoir l'accessoire permettant de faire tourner les jeux pirates, etc. Pour moi c’est un piratage à taille humaine ; il est désordonné et innocent parce qu’il n’est pas motivé par une idéologie. Et puis il y a le piratage de grand standing façon guerre virtuelle avec des hackers de haut vol qui mènent des attaques massives et précises sur une cible identifiée avec un but identifié : l’argent, le pouvoir ou la revendication politique et parfois tout en même temps. C’est ce type de piratage que vient de subir le PSN de Sony, une attaque en règle organisées comme une attaque de fourgon blindé avec à la clef quelques millions de victimes.

 

Bien sûr en jouant avec des jeux copiés nous provoquons quelques millions d’euros de perte à une poignée d’éditeurs mais bon, nous on est pauvre, et on trouve dans cette prétendue misère le moyen de justifier que l’on transgresse la loi tout gardant notre morale sauve. Rassurez vous je ne suis pas venu vous faire cette morale Le piratage c’est le mal mais tu fais ce que tu veux, ce n’est pas moi qui vais juger, en mon temps j’ai joué avec des jeux pirates, en mon temps dans ma boutique je faisais payer les clients / joueurs pour poser des puces sur leur PS One alors vous voyez la morale et moi on ne marche pas forcément main dans la main. Mais avec l’attaque de cette semaine des hackers sur le PSN il est clair que nous sommes tous - nous les joueurs - concernés par cette question. Surtout que nos consoles Next-Gen toujours plus connectées aux réseaux mondiaux et aux autres machines sont de plus en plus vulnérables.

 

Quelque soient nos avis de joueur les constructeurs eux savent ce qu’ils veulent : lutter contre le piratage. On a vu Sony faire condamner GeoHot le pirate de la PS3 et ensuite traquer les utilisateurs frauduleux de la PS3. On a pu lire aussi que pour lutter contre le piratage Nintendo va aussi surveiller et enregistrer l’activité des utilisateurs de 3DS. Je ne sais pas vous mais moi être traqué, suivi, surveillé ça me dérange. Que Nintendo et Sony cherchent à lutter contre le piratage je trouve ça normal mais qu’ils n’aient rien trouvé de mieux que d’espionner et d'enregistrer mes faits et gestes ça me mets un peu mal-alaise. Rajoutez à cela l’i-phone qui nous trace en permanence et Facebook qui reconnaît et tag automatiquement les personnes sur les photos que vous téléchargez et vous retrouverez en plein Big Brother.

 

04063802-photo-sony-playstation-network-psn.jpg

 

Le flicage automatique des utilisateurs je trouve ça plus que limite comme méthode de lutte. Je n’ai rien à cacher mais je conçois la protection de ma vie privée comme un principe de base de notre société démocratique. Et ce qui m’inquiète le plus c’est la docilité avec laquelle les joueurs acceptent cet état de fait. Il y a peut être millions de français s’exhibent volontaire sur facebook, foursquare et sur autres réseaux sociaux mais rien ne les y obligent. La soumission volontaire, peut être inconsciente mais elle relève d’un choix que chacun est libre de faire et que je n’ai pas à la juger. Mais sur le PSN ou de la 3DS je n’ai pas le choix ; si je veux me connecter pour jouer avec mes amis - parce que les mode multi en local sont de moins en moins présent dans les jeux - si je veux récupérer un contenu dédié je me connecte et dès lors je suis suivi, traqué, tracé, surveillé, enregistré, soupçonné. Je suis pris en otage entre les pirates de tous bords et la logique sécuritaires des constructeurs de jeux vidéo.

 

Et puis vous allez me dire aussi que les informations transmises ne sont pas bien importantes, mais c’est une question de principe. Je trouve que c’est une brèche dans l’éthique qui se dessine là. Mais moi je n’ai pas envie que ma console de jeu soit un moyen de me pister. Comment être sûr que les constructeur vont simplement surveiller les vilains pirates pour les punir ? Je sais très bien qu’elle va surveiller tous le monde, tous les joueurs, les gentils comme les méchants et les tonnes d’information qu’elle enregistrera moi je n’ai pas envie qu’elle les ai. Oui l'hyper-connectivité c'est beau, c'est bien, c'est amusant et moi je vais passer pour un rabat joie ou un vieux réac' parano mais je ne veux pas que l’on m'espionne, même pour la bonne cause. C’est pour le principe, je ne veux pas que l’on sache à quoi je joue, avec qui je joue, où est-ce que je joue, combien de temps je joue, quelle est ma connexion internet, la couleur de mes sous vêtements et si je suis doué ou pas à Pokemon. Une console portable devrait nous permettre de jouer en liberté, à l'abri du regard des autres si on le souhaite.

 

Je rêve d'un monde où les jeux vidéo seraient une démocratie ; pas une dictature !

Retour à l'accueil