J’avais complètement oublié que je l’avais commandé et pourtant le mook Autopsie du Survival Horror est arrivé chez moi dans son enveloppe kraft paraphée à la main et à mon nom. Mook, voilà un terme que j’ai en horreur justement ; un mot barbare qui mix le mot book et le mot magazine comme si de créer un néologisme pouvait donner un crédit supplémentaire à un objet préexistant. L’horreur prendrait elle racine dans le fait de mutiler aveuglément deux mots innocents pour en faire naître un troisième mot mutant hybride et boursoufflé comme la créature de Frankenstein ? Vu que j’ai l’esprit porté à la critique, toujours avide d’un nouvel objet culturel à décortiquer, je ferai prochainement sur ce blog un article sur ce mook ; sur son contenu bien évidement et peut être aussi de son appellation que je trouve affreuse.

 

En lisant cette autopsie du genre - ce qui présuppose que le genre est mort et je crois que là-dessus ils se trompent mais c’est un autre sujet - je me suis mis à me fouiller dans mes souvenirs pour exhumer de ma mémoire les véritables morceaux de peur qui parsèment mes expériences vidéo-ludique. J’ai voulu me rappeler quand est-ce que j’avais eu réellement peur devant un jeu vidéo, me souvenir des jeux à m’avoir fait connaitre une véritable peur, viscérale et primale, une de ces peurs terrifiante qui vous colle une trouille terrible qui vous met en émoi quand votre cœur s’emballe, que vos mains moites glissent sur le pads et que vous tremblez comme une pucelle le jour de sa première fois.

 

Autant le dire tout de suite : je n’ai pas connu souvent la peur dans les jeux vidéo. Joueur sans peur et sans reproche ou joueur sans cœur ni âme je ne sais pas ce que je suis, pourtant j’ai eu la chance de jouer à la grande époque du Survival Horror. Je vu naitre le genre puis je l’ai vu grandir comme un enfant fougueux. J’ai flirté avec lui quand il était dans son adolescence glorieuse quand il se croyait immortel et puis il est mort comme un chien sur les roues d’un camion et je l’ai même vu renaitre. J’ai donc eu des hits, des daubes et des légendes dans mes consoles mais je n’ai que trop rarement sursauté et tressailli d’une vraie et belle peur. J’ai beau chercher dans mes souvenirs de cette période je n’en trouve pas dans lesquels les longs doigts décharnés de la peur on enroulés leurs articulations noueuses autour de mon cou. Il a donc fallu que je remonte un peu plus loin dans ma légendaire vie de joueur pour trouver deux souvenir teintés d’effroi et surtout teintés d’une émotion pure, sincère, intacte ; j’ai donc déterré ces deux souvenirs de jeu.

 

Dans mon souvenir le plus lointain, je suis seul dans un environnement étrange, étranger et hostile. La peur naissant de ce décor austère, vide et sombre. Ce vide là était oppressant, il se remplissait de monstres, de l’infinité monstrueuse des possibles que l’esprit bâtit pour combler et peupler le vide. J’étais enfant et j’explorais le monde de Metroid sur NES sans tout à fait comprendre ce qu’il se passait dans le jeu. L’excitation donnait une ampleur complémentaire à ce sentiment ténu de peur qui grandissait à mesure que j’explorais ce monde me perdant dans ses entrailles ; roulant en boule le long de tunnel, ouvrant des portes maintenues closes par des hymens qui vous mènent vers des niveaux où vous aviez la sensation d’être là où vous n’auriez pas du être. Et quand je tombais nez à nez avec une des méchantes méduses maléfiques j’étais pour de bon pris par la peur. C’était inattendu et l’affrontement aussi soudain que stressant. C’est là ma première peur vidéo ludique.

 

Des années plus tard me voilà devenu marines échoué dans une base spatiale peuplée d’Alien et de Prédators. Je suis devant une porte fermée avec l’accréditation nécessaire pour l’ouvrir mais il ne me reste plus qu’un demi-chargeur et sur le radar je vois clignoter une douzaine de points lumineux qui sont autant d’ennemis à m’attendent de l’autre coté de la porte. La sauvegarde est loin et ma vie au plus mal. A coté de moi assit dans le noir un ami se met à met à crier quelque chose du genre « bordel on va crever ! » et moi je me prends au jeu et moi non plus je ne veux pas mourir, pas ici, pas maintenant mais j’ai déjà fait dix fois le tour du niveau et je dois passer cette porte pour avancer. Je me rappel le film Alien II, non je ne me le rappel pas mais je suis dedans, une porte close, un radar rien de plus et la peur qui vous prend, pour de vrai, pour de bon. C’était dans Alien vs Prédator sur Jaguar est c’est un de mes plus grand souvenir de joueur.

 

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Il y a aussi eu une scène dans Flashback où il fallait s’enfuir d’un complexe industriel avant qu’il n’explose qui m’avait mi une vraie pression et un vrai stress aussi mais pas exactement une peur. Voilà donc mes premières peurs vidéo ludiques, presque les seules, les seules à être vierges, pures, intense et instinctive. Toutes les autres peurs n’étaient qu’une forme d’automatisme culturel en réponse à des choses connues et maîtrisés. Mais ces peurs dont je viens de vous parler étaient bien réelles parce qu’elles étaient nouvelles et inattendues. C’est en cela qu’elles m’ont réellement saisi. Quand on se met devant Résident Evil ou Dead Space on vient pour se faire peur, la peur peut être là mais elle ne nous saisi pas de façon inopinée, on joue à se faire peur et je trouve ça différent. J’aime mes premières peurs.

 

Et vous en avez-vous gardé souvenir de vos peurs de jeux vidéo ?

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