Resident Evil 5 une approche politique ?

Publié le par Mémoire de joueur

Hier soir je rentre chez moi un peu tard avec l’envie de me faire une petite partie de jeu vidéo tranquille avant d’aller dormir. Un truc simple qui n’engage à rien, je n’allais donc pas reprendre ma partie de Dishonored ; c’est là que je vois que je viens de télécharger Resident Evil 5. Bah pourquoi pas, de toute façon je n’avais pas envie d’y jouer à ce jeu c’est donc parfait pour une envie de jeu vidéo qui ne tiendrait pas plus de 10 minutes.

 

C’est con mais je me suis pris une claque ; je me retrouve en Afrique à tuer des zombis noirs qui selon Chris Redfield lui-même ne se déplacent pas comme des zombis normaux. Pour moi juste à présent Resident Evil c’était totalement désincarné Raccon City pour moi c’était une ville en carton pate, un décor de cinéma grotesque qui n’avait aucun ancrage dans le réel mais plutôt dans l’imaginaire un peu à la façon de Silent Hill. Mais là je me retrouve en Afrique, dans une ambiance africaine qui s’ancre dans un folklore très contemporain et réaliste ; soleil, saleté, instabilité politique, misère, violence et hommes noirs. Réduire l’idée africaine à cela est aussi grotesque que de dire que Raccoon City serai représentative de la ville moderne occidental mais fort est de reconnaître que cette image d’Epinal post coloniale de l’Afrique est celle la plus largement relayée par les médiats - les mêmes qui disent que le jeu vidéo rend violent -. Du coup dès les premiers instants j’ai eu une sensation étrange et nouvelle devant un Resident Evil, celle d’un jeu ancré dans une réalité.

 

Dans ce contexte là le virus-T me semble dangereusement métaphorique et le moment où je me suis retrouvé attaqué / poursuivis par une bande de zombis noirs dont les caractéristique zombiesques ne sont pas apparus très clairement - avant de m’attaquer ils étaient entrain d’écouter et de réagir à la harangue passionnée d’un orateur mettant en scène l’exécution d’un personnage allier ; c’est une attitude de zombis ça ? - m’a semblé très « politique ». Trop peut-être, oui je l’avoue j’ai été choqué. Dans ces temps où dans notre société la parole d’un nationalisme radical se libère et se propage trop facilement à mon goût me retrouver en prise avec un jeu où l’on tue des africains parce qu’ils sont infectés par un virus sans pouvoir clairement identifier leur contamination m’a dérangé. Je dois dire qu’avant d’allumer me console je suis tombé sur Geoffroy Didier porte parole d’une Droite Forte dans On N’est Pas Couché ; passer de son discourt à Resident Evil 5 n’était peut être pas judicieux.

 

Quoi qu’il en soit j’ai adoré cette sensation d’être dérangé et déstabilisé de mon confort habituel. A coup sûr je vais aller voir plus en avant dans le jeu pour voir combien de temps cette sensation va durer. Mais pour le moment je n’ai joué qu’une vingtaine de minutes avant de me faire attaquer par une horde de zombis dans un chaos me rappelant un peu La chute du faucon noir puis être tuer par un bourreau avec une hache énorme. Je ne sais pas ce qu’il adviendra de la suite du jeu ; est-ce qu’il va s’enfoncer dans le grotesque et quitter cette ligne qui permet une lecture métaphorique un peu nauséeuse ou s’il va persévérer dans cette vision possiblement politique.

 

resident_evil_5_ps3.jpg

Publié dans Chronique de joueur

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baudalex 14/10/2012 17:45


Normalement ce sentiment devrait disparaitre au fil du jeu à force de voir les ennemis noirs devenir des zombis mutant armé jusqu'au dent et accompagné par gentils monstre armés de tronconneuse
et de haches...


 


Même si graphiquement les premiers volets de RE étaient pas ce que l'on connait à l'heure actuelle mais ils imposaient une ambiance et pression qui me manque quand je vois ce que sont devenu les
épisodes 5 et 6...

Mémoire de joueur 14/10/2012 23:43



c'est sûr que les premiers Resident Evil ne pouvaient pas se reposer sur leur graphismes et donc composaient une ambiance avec d'autres éléments, principalement la mise en scène et ça leur
donnait une cachet particulier. C'est pareil pour Silent Hill et son fameux brouillard qui relève autant de la direction artistique et que de la contrainte technique. Mais dans ces jeux même s'il
m'arrivait d'avoir peur parfois, d'être stressé, angoissé, je n'ai jamais été dérangé. Alors que mes premières minutes dans Resident Evil 5 m'ont vraiment misent mal alaise. Je ne sais pas si je
vais m'habituer à être l'auteur de ce génocide, l'avenir me le dira mais je pense que je vais d'abord essayer de finir Dishonored