Shank 2 connait le syndrome du jeu distribué sur le PSN aux abonnés Plus auquel on est content de jouer tout comme le mec qui va faire ses courses à Carrefour est content de pouvoir déguster du surimi au fromage servi par un travailleuses précaires venue ici nous faire la retape pour son super produit. Soyons franc, une fois que l’on est sorti de son rayon on a vite fait d’oublier la vendeuse et d’oublier le surimi au fromage, surtout que l’on n’aime pas le fromage. Et bien Shank 2 c’est exactement la même chose, le jeu nous est servi gratuitement à nous autre abonnés + et on est content de pouvoir y jouer au moment où l’on y joue. Mais une fois que l’on a fini le jeu - ou que l’on a éteint la console mais ce jeu est très court et en plus pas vraiment difficile dans son mode de base, il est probable que vous le finissiez d’une traite sauf si vous êtes un putain de pacifiste qui ne se résigne pas à massacrer de pauvres latinos qui sont certainement terroristes, kidnappeurs et vendeur de drogue - on oubli rapidement le plaisir que l’on a pu avoir à un jouer et on réalise qu’en vrai on s’est un peu fait chier. Enfin en même temps c’est justement parce que je me faisais chier que je me suis lancé dans Shank 2, oui ma connexion internet étant capricieuse - c'est ça les joies de la vie à la campagne et d’internet par le réseau hertzien … - j’ai du mettre un terme prématuré à mes saisons de NBA 2K12 en ligne et d’ailleurs si mes concurrents passent par là je m’excuse encore de ne pas pouvoir faire mes matchs, il me fallait donc retrouver un jeu chronophage. Mais si pour certain d’entre vous ça semble facile de passer d’un jeu à l’autre moi il me faut passer par un jeu tampon, un jeu bouche trou, un jeu de transition sans réelle implication avant de me lancer de une nouvelle longue aventure avec ma console. Shank 2 était le candidat idéal pour cela.

 

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Je raconte mais vie mais ma vie ne vous raconte pas ce qu’est Shank 2 et on ne sait jamais il y a peut être des lecteurs qui ne savent pas de quoi je parle, il y a peut être même des lecteurs qui ne savent pas ce qu’est un jeu vidéo …. Brrr ça fait froid dans le dos toute cette inculture potentielle, merci internet de me mettre en relation avec des gros cons. Je ne parle pas de vous tous amis et fidèles lecteurs éclairé rassurez vous, vous je vous aime et je pense que vous savez de quoi je parle quand je parle de jeu vidéo, vous savez même sûrement quel jeu est Shank 2 et je pourrais vous laissez le loisir de l’expliquer aux idiots dans vos commentaires mais bon ça m’empêcherai de finir l’article. Je vais donc en parler moi-même. Shank 2 est donc la suite de Shank et Shank premier du nom est un beat’em all à l’ancienne, en 2D, dans lequel on incarne Shank mercenaire très en colère parti dans une vendetta sanguinaire au far-west. Et bien Shank 2 en bonne suite reprend exactement les mêmes éléments, remplace le far-west par un environnement façon jungle d’Amérique du sud peuplé de guérilleros, de membres d’une secte et de guérilleros et le bon vieux Shank va devoir massacrer tout le monde pour étancher sa soif de vengeance. J’ose espérer que vous ne jouez pas à un beat’em all pour son scénario … Shank fait parti d’une longue lignée de héros voulant rendre la justice eux-mêmes dans un bain de sang, une tradition un peu perdue aujourd’hui mais dont des figures comme Charles Bronson dans Le Justicier de New York, l’inspecteur Harry que je n’aurai pas la désobligeance de présenter et bien entendu Chuck Norris dans nombreux films de jungle se sont fait les plus illustres - et discutables - ambassadeur. Shank est donc surarmé, couteau, tronçonneuse, arme à feu et grenade font parti de son équipement de base sachant qu’il pourra ramasser un peu tout et n’importe quoi pour assouvir ce qui semble être sa passion : massacrer des gens. Shank va ainsi tuer avec la même application sanguinaire des guérilleros, des animaux sauvages, des gens en surpoids, des femmes et des sorcières. Il faut dire qu’avec autant d’armes disponibles, la possibilité de sauter, celle d’agripper un ennemi et celle de sauter sur un ennemi pour l’agripper et ensuite le tabasser ou l’achever le game play peut sembler plutôt sympa, sans être totalement exhaustif il offre quand même plusieurs façon de tuer les gens et de les achever dans des gerbe de sang. Mais dans la réalité du jeu l’exhaustivité du game play est un peu vaine parce que l’action est brouillonne. La faute à des sprites plutôt petits et plutôt nombreux. Quand on pense au genre beat’em all plutôt bourrin on pense inévitablement à la Néo Géo qui savait offrir des beat’em all de qualité, bien bourrins mais surtout avec des sprites énormes qu’il était jouissif de tabasser. Shank 2 ressemble plutôt à une forme version gore de Polly Pocket. Du coup entre les vagues d’ennemi et les monceaux de cadavres qui s’accumule le jeu devient brouillon et répétitif et ce n’est que lorsqu’il reste un petit nombre d’ennemi à l’écran que l’on va pouvoir s’amuser avec toutes la panoplie du coup offerte par le jeu. A noter aussi que malgré deux armes blanches et une arme à feu les possibilités de combo sont curieusement foutuement réduite. Bref tout ça pour vous dire que Shank 2 c’est juste un beat’em all bien bourrin, à l’ancienne avec scrolling horizontal qui va parfois s’arrêter et qui vous laissera donc le loisir de tabasser des mecs en dehors de l’écran mais qui vous emmènera quand même jusqu’à la fin du niveau où il faudra dessouder un boss. Du classique, très classique, trop classique.

 

Des jeux en 2D à l’ancienne, des beat’em all en 2D à l’ancienne il y en a de plus en plus sur les plateformes dématérialisées et chacun cherche à se démarquer en essayant d’apporter sa patte. L’esprit rétro ultra référencé de Scott Pilgrim contre le reste du monde, la guimauve fantasy, les trois personnages interchangeables et les énigmes de Trine 2, l’esprit décalé et parodique de Rocketbirds : Hardboiled Chicken mais Shank 2 lui n’arrive pas à apporter autre chose qu’un peu de violence visuelle, visible et gratuite. Shank 2 c’est un peu comme un film de Robert Rodriguez mais sans les hommages et les références aux films d’exploitations, c’est un peu comme un Machete avait était vidé de toute sa substance pop culture rendant ainsi le film bien plus chiant. Il faut dire que la narration ce n’est pas le fort de Shank 2, la maigre trame narrative est dévoilée durant d’horribles cut-scènes qui semblent avoir été réalisé en flash par un mauvais programmeur moldave. Bien sûr il y a parfois dans le jeu quelques passages amusant mais trop peur pour créer un second niveau de lecture suffisamment référencé pour qui puisse insuffler une âme au jeu et au final on joue le jeu sans déplaisir et on l’oubli presque instantanément. Il reste une chose dont je ne vous ai pas parlé : ce sont les graphismes. J’ai lu un peu partout un tas de louanges sur les qualités graphique du jeu et là j’avoue que je reste sans voix. J’ai beau regarder ce jeu encore et encore j’ai du mal à comprendre l’enthousiasme de ceux qui voient dans ce jeu parmi les plus beaux graphismes du genre. Ok le jeu à un parti pris esthétique intéressant ; un décor qui tend vers le monochrome et des personnages dans un style comic book très coloré. Je ne suis pas entrain de dire que le jeu est moche, ok c’est sympa, peut être même mignon parfois mais sur le long terme - même si parler de long terme pour un jeu aussi court est une hérésie - ce parti pris est monotone. Et puis la petitesse des sprites et le fait qu’ils débarquent souvent en nombre ne permet pas d’apprécier le character design des personnages. Ce qui m’amène à me demander si les blogueurs qui font l’éloge des graphismes de ce jeu ont réellement prit la peine d’y jouer. Parce que c’est vrai que sur le screenshot avec un ou deux ennemis on peut trouver le jeu très beau mais dans le feu de l’action on ne jouie jamais ainsi des graphismes et il reste qu’une impression brouillonne et fade. Il n’y a que les trop rares passages en contre jour / ombres chinoises qui mérite réellement une exclamation enjouée. 

 

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On traverse Shank 2 rapidement, facilement malgré l’agressivité des ennemis et on arrive au bout sans déplaisir. On y revient avec le même non plaisir sans déplaisir si on a du temps à tuer. On peut se mettre dans le mode online pour faire non pas le jeu en mode coopératif ce qui aurait été trop beau, mais juste pour survivre à des vagues infinies d’ennemis et petit à petit débloquer des personnages différents. Enfin différent c’est un grand mot … L’avantage des jeux courts et sans scénario c’est que l’on peut les faire et les refaire pour rien, juste comme ça parce qu’on s’ennuie et qu’on ne veut pas se casser la tête et s’impliquer dans un vrai jeu. Shank 2 est un jeu ni bon ni mauvais bien au contraire. Avant Shank 2 l’abonnement + au PSN m’avait permis de jouer à Trine 2 et si vous êtes des habitués vous vous souvenez que je n’ai pas du tout aimé Trine 2 mais au moins ce jeu possède des particularismes qui le démarque et provoque des réactions ; l’adhésion ou le rejet dans les deux cas le jeu ne laisse pas indifférent. Mais Shank 2 est le jeu idéal de l’indifférence, le jeu générique, vide, vidé des enjeux trop secondaires qui habitent de plus en plus les jeux contemporain, c’est un jeu presque brut et en même temps un jeu de brut. Est-ce que j’aime Shank 2 ? Je ne sais pas mais j’y ai assez joué pour pouvoir dire que je le connais presque par cœur ; preuve que parfois on passe énormément plus de temps sur des jeux que l’on n’aime pas que sur des jeux que l’on adore, ou alors c’est juste moi qui suis bizarre. Je crois que je suis bizarre oui … où alors à force de jouer à un jeu on en descelle mieux les défauts … c’est comme les points de suspension, j’en ai plein le paragraphe mais je n’aime pas ça, vous voyez quand je dis que je suis bizarre …

 

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