Si je ne suis pas casual gamer ni core gamer alors qu’est ce que je suis ?

Publié le 25 Septembre 2012

vido-game.jpgJe crois que je ne suis pas un harcore gamer, j’ai bien regardé, j’ai réfléchi à ma condition de joueur et l’évidence me semble évidente - c’est ce qui me fait dire que c’est une évidence justement - je ne suis pas un hardcore gamer. Pourquoi ? La question est bonne mais la réponse n’est pas simple à formuler, d’autant plus difficile que malgré mes réflexions une part de sensation et de ressenti rentrent en ligne de compte dans ma conviction de ne pas être un hardcore gamer. Je ne sais peut être pas trop pourquoi je ne suis pas core gamer mais je le ressens dans au-dedans de moi, comme l’effet d’un yaourt Activia.

 

Plus sérieusement - et plus prosaïquement aussi - c’est avant tout pour une raison très simple, je ne me reconnais pas dans l’actuel figure du hardcore gamer. Bien sûr je suis un vieux joueur, un de ces joueurs qui peuvent prétendre être de la première heure parce que j’ai commencé le jeu vidéo avec une console d’avant la NES et que depuis cette époque j’ai joué à toutes les générations de consoles. Ce passé de primo joueur, mon goût pour la culture et une lecture assidue de la presse vidéo ludique pendant quelques années m’a permit de me forger une petite culture sur le sujet.

 

En même temps ce passif de primo joueur biberonné à PlayerOne et consorts m’a forgé un terrain qui me rends prompt à être nostalgique et même réactionnaire de temps en temps parce que les jeux vidéo c’était mieux avant … avant quoi je ne sais pas, mieux comment ça non plus je ne le sais pas ; la seule chose censée que je puisse dire sur cet avant c’est que le joueur que j’étais avant était plus naïf et donc plus émerveillé et puis ce joueur là a eu la chance de jouer à quelques légendes du jeu vidéo. Malheureusement sans savoir toujours que c’était le cas ; je ne me doutais pas une seconde en jouant à Simon’s Quest que je jouais à un jeu culte. Bref j’ai donc un passé et un passif de gamer que je partage je crois avec le hardcore gamer moyen. J’ai aussi un PS3 et une PSP et je pense que je partage au moins ma PS3 avec le dit hardcore gamer ; j’ai même un blog dans lequel je dis comme tout bon hardcore gamer qu’est ce qu’un bon jeu, qu’est-ce qu’un mauvais jeu, quelle est la bonne façon de jouer, quelle est la mauvaise façon de penser, oui à n’en pas douter je partage ma la déviance égocentrée de ma plume avec une grande majorité des hardcore gamer.

 

Mais voilà, quand je regarde à quoi je joue aujourd’hui, que je vois de quelle manière est-ce que je joue ou encore quand je lis ce que écrivent et pensent une majeur partie des hardcore gamers je ne me reconnais pas dans leur propos ni dans leur ludothèque alors je me dis que je n’ai pas l’âme de ce joueur hardcore. D’ailleurs je me faisais la remarque tout à l’heure en sortant les poubelles ; dans cette génération de console à quel hit AAA ai-je réellement joué ? Quel titre AAA ai-je fini avec plaisir et l’envie d’y retourner ?

 

J’ai essayé de faire un tour d’horizon des triples A ; Uncharted, je n’ai fais que le 2 que j’ai fini par acquis de conscience mais sans y prendre un plaisir mémorable. Assassin’s Creed, j’ai essayé le premier mais je n’ai pas accroché au principe et encore moins au scénario. Red Dead Redemption j’ai une partie en cours mais ça fait des mois que je n’y suis pas retourné, le jeu est magnifique, l’ambiance sublime mais c’est le genre de jeu pour lequel j’attends d’avoir du « bon temps » pour y jouer c'est-à-dire une totale disponibilité d’esprit et de temps pour me plonger entièrement dans le jeu. N’arrivant pas à me ménager ce « bon temps » je laisse le jeu en suspend. D’autres jeux d’ailleurs attentent chez moi frappés du syndrome du « bon temps », des jeux comme les deux Bioshock - et bientôt les trois -, les deux Mass Effect de la PS3, Heavy Rain que je suis sûr d’aimer et je rajoute même Shadow of the Colossus même si ce n’est pas un jeu triple A. Et GTA alors ? Je n’y ai jamais joué en tout cas sur cette génération de console. Pour Call of Duty, Battelfield et tous ces FPS solo et mode multi ce n’est pas un genre que j’aime donc je n’y joue jamais ou alors par hasard, c’est par hasard que j’ai bouclé un jour le solo de Moderne Warfare 2 et en arrivant au bout je me suis « c’est quoi bordel ? » puis juste après « cool c’est fini ». Et les RPG à réputation ? J’ai fais les deux Final Fantasy XIII avec un coup de foudre pour le premier et un coup de gueule pour le second mais après ça rien, je n’ai pas mis les pieds sur Skyrim, pas plus que sur Dragon Dogma ou que sur Tale of je ne sais pas quoi, ni sur aucun autre RPG un peu connu, un peu triple AAA voir bien moins connus. Deus EX Human Revolution ? Victime du syndrome du « bon temps » et les autres ? Je ne sais pas, je veux dire que je ne sais pas quels sont les autres jeux AAA, n’y jouant pas je suppose que certains m’échappent ? Je me doute bien qu’il a Fifa mais Fifa je n’y joue qu’avec des pincettes, ni souvent ni très bien et quand une envie subite d’une partie de sport virtuel me prend c’est sur NBA2K que je ne vais. 

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Bref si je ne sais pas quels sont tous les jeux AAA je sais lorsque je regarde les jeux auxquels je joue que ce sont majoritairement des « petites » productions ; je ne parle pas de jeux indépendants, juste des jeux mineurs qui n’ont pas forcément trouvé leur public, des jeux imparfaits mais auxquels je trouve un charme fou. Mais bon je ne suis pas là pour me justifier juste faire un état des lieux qui est donc sans appel : mon gout en termes de jeu vidéo n’est pas nécessairement partagé par le hardcore gamer. Au passage je trouve normal et rassurant que chaque joueur puisse développer un gout qui lui soit propre, c’est signe que l’offre des jeux vidéo actuellement est suffisamment riche pour que chacun puisse y trouver son chemin, en tout cas ça serait bien que ça se passe ainsi … 

 

Ca ne s’arrête pas là ; je l’avoue, je l’assume et je le revendique presque, je joue sur Facebook à des jeux chronophages. Sur ma console j’ai des périodes où je joue de façon intensive, je suis capable de faire nuit blanche sur nuit blanche pour traverser un jeu sans rompre sa magie. Mais je suis aussi capable de ne pas jouer pendant des jours ou des semaines. Mais sur Facebook c’est différent, jouer c’est là, c’est ici, c’est maintenant, c’est toujours et c’est sans conséquence ; les jeux sur Facebook ne nécessitent pas d’avoir du « bon temps », on peut y jouer n’importe comment, en faisant autre chose, en écoutant la radio, la télé, la musique, en discutant avec son voisin ou en téléphonant à sa maitresse. Et si aujourd’hui j’ai réussi à modérer ma pratique du jeu Facebook parce que c’était devenu bien trop chronophage - et non parce que je n’assumais pas cette pratique de casual gaming - je peux dire que j’ai eu une période ou je passais en cumulé plusieurs heures par jours à jouer sur mon navigateur. Je jouais principalement à City Ville jeu de gestion d’une ville et certainement le plus indigent des jeux sur lesquels j’ai passé du temps, les jeux Goobox surtout ElmentZ que je trouve toujours terriblement efficace et Urban Rival un jeu de carte à collection que je compte dans le lot même si j’y joue directement sur le site et pas via l’appli Facebook. Ce passé de casual gaming qui fait encore de temps en temps résurgence dans mon présent est couronné par le fait que je possède un PS Move et qu’il m’arrive quelque fois de le dépoussiérer pour y jouer seul, surtout pour jouer à No More Heros, ou à plusieurs. Je pense que je peux même rajouter à ce tableau le fait que je joue à la PSP dans un élan de néo rétrogaming qui développe une habitude de collectionneur et une complaisance gourmande dans la nostalgie parce que la PSP semble posséder une ludothèque à la confluence d’une forme de modernité, de petits jeux et de jeux rétros.

 

où j’ai la sensation de ne pas être un hardcore gamer c’est peut être simplement que je ne me sens pas sectaire au sujet du support et sur la nature de mon temps de jeu vidéo. Je joue et j’aime ça. Et j’aime aussi beaucoup essayer de réfléchir et essayer de comprendre ma pratique du gaming et un peu plus loin l’univers du jeu vidéo que j’appréhende par le biais de mon expérience. Si je ne suis pas un hardcore gamer c’est que je ne semble pas être contaminé par un style de jeu en particulier, je ne suis pas ému par les annonces et les sorties de jeux AAA, je ne suis pas convaincu non plus par leur pratique et ma prose même si elle se veut parfois prosaïque ne cherche pas à imposer une vision éculée du jeu vidéo, non ma prose se débat avec les jeux vidéo pour essayer de les appréhender dans une vision moderne et contemporaine et surtout pas post-moderne. Dans le fond si je ne mehardecore-gamer.jpg sens pas hardcore gamer c’est peut être simplement parce que je me sens seul avec mes idées, mes visions, mes jeux et mes articles ; enfin seul c’est abusé de dire cela et insultant pour ceux et celles qui me suivent et ceux et celles que j’aime lire parce que je partage avec eux une vision. Plutôt que seul je devrais dire minoritaire, je me sens appartenir pour le moment à une minorité ; d’un certain point de vu ma réelle nostalgie pour une époque passée n’est peut être pas la nostalgie des jeux d’avant mais plutôt la nostalgie du temps où je faisais partie de la majorité. A cette époque on était gamin et gamer, on était gamin et plutôt hardcore gamer ou en tout cas nous le devenions, en tout cas nous étions la majorité, la majorité des joueurs que je connaissais en tout cas. Aujourd’hui c’est différent, je suis différent. Dire que je suis casual est peut être absurde parce que je passe du temps, de l’argent et de l’énergie dans les jeux vidéo, j’essaie de toujours le faire avec du plaisir et le secret espoir d’être constructif. Mais si je ne suis pas casual gamer et pas non plus hardcore gamer qu’est ce que je suis ?

Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #Réflexions d'un joueur

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Remzer 06/11/2012 20:29


Tu es joueur. Voilà tout.


Les étiquettes, c'est pour les animaux et les articles en magasin.

Mémoire de joueur 06/11/2012 21:33



Les étiquettes d'accord c'est pour les animaux mort et la viande des magasins mais les mots eux sont à nous, ils nous permettent de définir notre réalité, la partager et même parfois la propager
auprès de nos contemporains. Alors même s'il est facile de prendre la posture de celui qui réfute le concept même d'étiqueter parce que c'est con la nécessité de nommer le réel existe et pose
cette question ; quel joueur je suis ? Tu dis que je suis joueur, le chat avec la sourie aussi est joueur, le mec qui brûle son RSA au PMU est joueur aussi, l'acteur sur la scène du théâtre est
joueur ; voilà tout ce que peut être un joueur et bien plus encore d'où la nécessité de préciser la chose selon moi



Trulsrohk 25/09/2012 22:30


Très bon article.


Je partage complètement ton point de vue et je me retrouve dans la description que tu fais de ta vie de joueur (Hormis de jouer sur Facebook ce que j'evite comme la peste ) je fonctionne
exactement comme toi vis à vis de ma passion pour les jeux vidéo, et fréquentant plusieurs forum et blog sur le sujet, j'avoue que je me sens souvent différents des autres joueurs à ce sujet vis
à vis de ma facon de consommer du jeu vidéo.


Comme je le dis souvenr je joue pour moi meme et non pour les autres, décidant moi meme du rythme avec lequel je veux jouer sans me préocupper des nouveautés. Le plus important c'est avant tout
de passer du bon temps la manette en main.


En tout cas c'est sympa de voir qu'un autre joueur voient les choses de la meme manière !