Sortons du confort nos habitudes, nous avons un futur à réveiller

Publié le 7 Octobre 2012

Cela fait 25 ans que je joue aux jeux vidéo et ce soir j’ai quelque part en moi ce goût amère qui a envie de dire : je ne veux pas m’être coltiné pendant des années de jouer à des jeux de plateformes antédiluviens au game play répétitif et au level design limité ni à des jeux d’aventures linéaires avec une narration simpliste et caricaturale pour aujourd’hui, continuer encore de jouer aux mêmes archaïsmes pixélisés. Moi je me faisais chier avec les Megaman, j’étais trop mauvais le pad en main pour y prendre du plaisir alors quand aujourd’hui je vois que certains de ces fameux jeux indépendants ne font que recycler des esthétiques et des mécaniques d’un autre temps je me dis merde. C’est vrai bordel, je n’ai pas traversé 25 ans de passion pour aujourd’hui arriver à en revenir au même point. Qui sont les joueurs qui jouent, aiment et vantent les méritent de ce jeu indé dont la vigueur créative n’a d’égale que sa capacité de recyclage ? Quels sont ces développeurs qui sous couvert de leur indépendance nous pondent des jeux qui ne semblent pas porter en eux le fruit de leur époque. Merde ils le portent, c’est le postmodernisme ! Ou comment puiser dans le passé avec un irrespect historique porté au rang de philosophie des formes et des idées pour les plaquer au hasard du réel contemporain. Et aujourd’hui comment se montrer plus ironique qu’en créant des jeux bac à sable ; mais oui c’est cela, donnons aux joueurs les clefs de la maison et si jamais la maison brûle on dira que c’est de leur faute, enfin de leur responsabilité. C’est vrai ça, proposer un level design c’est dépassé, c’est has-been ; la vérité de l’air du temps une part d’un do it yourself plus emprunté à Nike qu’au Punk et une dose du quart d’heure de célébrité Warholien qui n’en finirai plus de s’étendre.

 

 

Ce soir je viens de voir que Terraria qui applique à l’esprit du jeu de plateforme 2D la logique Minecraftienne est annoncé sur nos consoles de salon. On prend un univers en 2D généré aléatoirement et on y balance un personne avec juste sa bite et son couteau - ceci est une métaphore il n’a pas littéralement juste sa bite et un couteau, je précise cela pour les grands naïfs et les petits pervers - et à partir de ce point de départ libre au joueur de faire ce qu’il veut dans un univers 2D dont l’esthétique pixélisée générique dénature ce qui aurai pu faire vibrer une fibre nostalgique. Explorer, combattre, construire, créer, évoluer, inventer, improviser, inviter ses potes, faire un barbecue, chasser des méchants, violer quelques zombies femelles particulièrement bien conservées, construire une ville, un village, un club de vacances, le joueur peut jouer à ce qu’il veut tant qu’il se débrouille par lui-même. C’est peut être très bien comme jeu, à vrai dire je n’en sais rien puisque justement je n’ai pas envie à ce genre de jeu ; je ne suis pas là pour créer le jeu auquel je vais jouer. C’est peut être con mais ma capacité de création je la mets ailleurs dans la photo, l’écriture ou la réflexion et quand je joue à un jeu vidéo j’ai envie d’être confronter à une œuvre, un objet culturel qui soit porté par l’ambition d’un homme ou d’une équipe ; les jeux bac à sable sont les antithèses parfaites des jeux que j’aime. Mais je suis d’accord avec vous, ce que je veux ou ce que j’aime on s’en fout. Il est tard, j’ai quelques bu bières et ce soir je trouve très con que l’on aime autant ces jeux indé qui ne fondent leur appellation « indépendants » que sur une indépendance financière et le fait de se décharger de leur responsabilité en donnant aux joueurs la responsabilité d’exploiter le jeu. Je ne veux pas croire qu’entre le consensus rigoriste des jeux AAA et le recyclage inlassable des jeux indé il n’y a pas de place pour autre chose. Messieurs les développeurs soyez courageux, audacieux, sortez vos couilles du confort de vos habitudes parce que vous avez a un futur à réveiller.

Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #Actualités

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