Il y a quelques jours sur le blog de Like A Mohter Fuckin' Gamer - ce qui est pour moi le meilleur titre de blog de jeux vidéo de la blogosphère - j'ai lu un très bon article intitulé : le jeu de la honte. J'avais justement en tête l'ébauche d'un article sur ces jeux qui ne sont pas bons mais auxquels on aime honteusement jouer alors je ne pouvais pas faire autrement que lui voler son titre ; merci l'ami.

 

Le jeu de la honte c'est ce jeu qui est formellement mauvais et auquel on a joué, peut être même que l'on y joue toujours, en y prenant du plaisir. Un plaisir coupable presque refoulé que l'on dissimule aux yeux de tous parce dans le petit monde des passionnés il vaut mieux se dire fan de Zelda : Ocarina of Time que de Pit Fighter - je ne dis pas que j'ai été fan de Pit Fighter soyons bien clair -. Toutes les consoles ont connus des mauvais jeux et chaque génération de gamers a eu ses jeux de la honte. Mais si les hits s'écrivent de façon quasi unanime dans l’histoire du jeu vidéo la relation que l'on a avec son jeu de la honte est plus personnelle, bien plus intime. Parce qu'un jeu de la honte ce n'est pas juste un mauvais jeu ; c'est un mauvais jeu auquel on a aimé jouer et ça c'est ce qui fait toute la différence. Il est facile de dézinguer une bouse, presque autant que d'aimer un hit, mais aimer une bouse c'est autre chose, c'est tout un art, une preuve d'amour et de passion. Et puis il faut l’aimer sincèrement pour des qualités qu’on lui trouve ou pour le plaisir qu’on y prend, ça serait trop facile de l’aimer parce qu’il est mauvais histoire de prendre une pose décalée et amusant pour épater la galerie. Aimer Ultraman ça demande de l’abnégation ou de la folie dans les deux cas ça nécessite quelque chose de rare ; oui avec son jeu de la honte on a une relation rare.

 

Je n’échappe pas à cette loi immuable de la nature vidéo ludique, moi aussi j'ai eu mes jeux de la honte. Pas un mais plusieurs parce que mon cœur et grand et mon âme folle. Tout à commencé quand je jouais sur Megadrive - ne me faites pas dire ce que je n'ai pas pensé ; il n'y a pas que des mauvais jeux Megadrive -, je venais de passer de la NES à la Megadrive et un jour sans explications rationnelles j'ai voulu avoir Wrestle War. Wrestle War c’est un jeu de catch avec sur la jaquette un mec hyper bodybuildé à faire peur à n’importe quel homme censé. Pourquoi vouloir un jeu de catch sur Megadrive, je n’ai malheureusement aucunes raisons à vous donner, je ne m'en rappel pas ou j’ai voulu l’oublier, la seule chose dont je me souviens c’est que j'ai acheté ce jeu sans attendre de lire son test dans Console +. C'était donc le premier jeu que j'achetais sur un coup de tête ... Je me suis mis à y jouer et aussi curieusement que cela puisse être j’ai aimé ce jeu ; taper sur la tête de mes adversaires suffisait à mon extase numérique en plus je trouvais les graphismes plutôt beaux. Cessité de passage sous l’effet aveuglant de la nouveauté ou volonté inconsciente de se cacher la vérité je me suis attaché à Wrestle War. Au fond de moi la vérité se battait pour exister et une part saine de mon âme savait que le jeu était lassant, que la maniabilité était douteuse et l'intérêt proche du néant mais ce n’était qu’une vague sensation au fond de moi.

 

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 Un jour un ami à à déchiré le mensonge et m’a fait remarquer que ce jeu était nul - les amis sont là pour ça non ? -. Humblement j’ai acquiescé devant la morsure froide du réel mais en secret je m'accrochais toujours à Wrestle War parce que je m'éclatais. Le jour où son test est sorti dans Console + j'ai pris une claque parce que même si j’avais reconnu à demi mot la médiocrité de mon jeu je crois que je nourrissais en secret l’espoir que le jeu soit bien noté prouvant au monde que je n’avais pas eu tord mais il n'a eu droit qu'à un pauvre quart de page et une modeste note autour des 20 %. Je devais me rendre à l'évidence je jouais à mon jeu de la honte. Et même à double titre parce que j'aimais jouer à un jeu de catch à la jaquette ridicule et aux gameplay mais en plus ce jeu c'était la preuve tangible de mon échec en tant qu'acheteur, amateur, passionné de jeu vidéo : comment est-ce que j’avais pu m’éprendre d’un tel jeu et me prétendre connaisseur ? Ce jeu de la honte me suivra des années encore, pas physiquement parce que j’ai revendu ma Megadrive pour une Super Nintendo mais Wrestle War à nourrit des moqueries à mon égare pendant quelques années.

 

 A la même période j'avais aussi sur Megadrive un autre jeu qui pourrait être classifié comme jeu de la honte je parle de World Cup Italia 90 jeu de foot archaïque en vue de dessus. Les critiques des magazines n’avaient pas été tendre avec ce jeu et mes amis encore trouvaient le jeu mauvais et ne s’en cachaient pas pour me le dire mais comme un amour transit fidèle à la blonde qui le délaisse pour un autre je n'ai jamais réussi à voir ce jeu comme un mauvais jeu. Pour moi c’était bien simple si les autres n'aimaient pas ce jeu c'est qu'ils n'aimaient pas le foot et qu'ils ne comprenaient rien alors que moi j'étais un supporter, j'avais le porte clef de la mascotte de la coupe du monde et l’album panini ; j'étais une sorte de fanboy suffisament initié pour savoir apprécier World Cup Italien 90. Pourtant avec sa vue de dessus, ses joueurs frénétiques et ses frappes aléatoire - mention spéciale pour les passe en cloche qui donnaient l'occasion d'un zoom sur le ballon - ce jeu était franchement nul mais je l'ai aimé, peut être encore plus que Werstle War parce que c'était le jeu de la coupe du monde 90, un vrai je de foot, mon premier jeu de foot. Je n'ai jamais eu le courage de reconnaitre l’imperfection flagrante de World Cup Italia 90, aujourd'hui encore je pense sincèrement que c'était un bon jeu ; preuve définitive que ce jeu pour moi et bien un jeu de la honte.

 

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 Au delà cette époque je n'ai plus vraiment connu de jeu de la honte ou alors ce n’était pas pareil ; c'était pour se donner genre parce que j’avais appris à me donner un genre en aimant tel ou tel jeu comme par exemple paraitre érudit en aimant Bahamut Lagoon sur Super Nes même si on ne capte rien à l’histoire. Alors j’ai aimé Bushido Blade sur Playstation avec son gameplay - exigeant - parce que c'est LE jeu de combat ultime réaliste et gore même si en vérité j'avais le jeu je n'y jouais jamais sauf pour la frime. C'est comme l'autre jeu de combat ultime sur Playstation : Fighter Maker le jeu où tu pouvais créer ton propre jeu de combat c'était énorme, un potentiel infini et une créativité à faire pâlir Little Big Planet 2 sauf que le jeu était nul, injouable et hypothétique et si je le faisais trôner en évidence avec Bushido Blade sur mon étagère je n'y jouais jamais. A l'époque de la première Playstation le seul jeu que j'aimais et qui pourrait être un jeu de la honte c'est Twisted Metal 2. J'étais en quête du jeu qui me donnerai les mêmes frissons que Crash'n Burn sur 3DO et je me suis convaincu que Twisted Metal 2 était celui là. Mais je ne sais pas si le jeu était réellement si mauvais, je sais juste que j'y ai beaucoup beaucoup joué.

 

 Plus tard encore à l'air de la PS3 les jeux de la honte sont comme une quête amusante pour moi et ma quête c'était Dynasty Warrior : Gundam et ses décors vide et son gameplay à deux coups pour un crossover absurde mais jubilatoire si le soir tu es énervé et que tu veux te défouler. Nos vie de gamer sont toutes les mêmes et je ne doutes pas un instant que toi aussi tu traine dans tes souvenirs des jeux de la hontes ; tu y joue peut être encore maintenant, peut être même que Call Of Duty devrait être classifié jeu de la honte absolue et Final Fantasy XIII le jeu de la honte maudit ; il n'y a pas de honte à avoir un jeu de la honte - et il n'y a pas de paradoxe d'écrire cela - c'est comme aller manger au Mc Do on sait très bien que c'est de la merde mais on aime cela ; il y a peut être des joueurs qui lisent cet article et pour qui Global Gladiator a été un jeu de la honte. Tu sais lecteur ce blog n'a pas une grande audience alors tu peux te confier à moi ça restera entre nous ; c'est quoi ton jeu de la honte ?

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