Just Cause 2 et la mort de Hugo Chávez

Publié le par Mémoire de joueur

Nouveau roman, nouvelle vague, mais toujours pas de nouvelle scène vidéoludique dans le jeu vidéo parce que la scène indépendante ne fait que ressasser de vieilles recettes plus ou moins éculées. Mais ce n’est pas le sujet, pas plus que de questionner qui sont les grands critiques du jeu vidéo capables de faire et défaire un jeu ou en tout cas sa réputation même si la question m'intéresse vraiment. Ce ne sont que des questions hors sujet que je pose là juste pour trousser une pure introduction formelle comme si j’avais perdu l’habitude d’écrire des articles. Le vrai sujet de cette chronique c’est Hugo Chávez qui est mort.

“Hugo Rafael Chávez Frías (né le 28 juillet 1954 à Sabaneta, dans les llanos, au sud du Venezuela, et mort le 5 mars 2013 à Caracas) est un militaire et homme d'État vénézuélien. Il est le 52e président de la République bolivarienne du Venezuela du 2 février 1999 à sa mort, des suites d'un cancer. Il était auparavant le chef du parti politique du Mouvement Cinquième République depuis sa fondation en 1997 jusqu'en 2007, quand il devint le chef du Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV). Se revendiquant du bolivarisme et d'un « socialisme du XXIe siècle », il a mis en place un ensemble de réformes, désigné sous le nom de « Révolution bolivarienne », et comprenant la promulgation d'une nouvelle constitution, une politique de « démocratie participative », et la nationalisation des industries clés.” dixit la parole consensuelle de l’ami Wikipédia.

En d’autres termes, s’est éteint un des derniers grands dictateur de gauche du paysage politique contemporain ; il avait un pays, il avait du pouvoir, il avait du pétrole, il avait une dent contre l’impérialisme américain, il avait le sens de la formule et il jouissait de ce coté de l’océan d’une sympathie gauchiste et bobo bon enfant. Et je vois dans la mort d’Hugo Chávez l’opportunité idéale pour parler de Just Cause 2, le fer de lance démocratique du GTA-like.

Si on excepte la mort de Chávez intervenue de façon impromptue dans la réalité je dois pouvoir affirmer que cet article est un des plus vieux projets d’articles avortés que j’avais en tête puisque Just Cause 2 a été un de mes deux premiers jeux sur PS3 - à une époque où je ne songeais pas encore à bloguer JV mais ça on s’en fout un peu, vous n’allez pas tuer pas mes effets juste pour vous montrer à cheval sur la véracité quand même ? -.

On va passer rapidement sur le principe du jeu parce que c’est un GTA-like et que tout le monde connais le principe. Un monde ouvert, des missions principales qui font avancer le scénario, des missions secondaires pour progresser dans le jeu et missions encore plus secondaires pour récupérer des bonus ou des améliorations. L’intérêt de Just Cause 2 c’était l’immensité de sa carte, 1000 km² proposant des décors variés depuis le bord de mer tropical aux sommets enneigés et la très grande liberté laissée au joueur d’explorer ou de missionner au rythme qu’il désir. La liberté étant soutenu par une centaine de véhicules roulant, volant ou naviguant qu’il est facile de voler, de piloter et de détruire. Je ne connais pas beaucoup de jeux qui permettent de prendre le contrôle d’un avion de ligne pour traverser toute la map quasiment dès le début et Just Cause 2 fait parti de ces jeux là et rien que pour cela - la facilité pour voler un avion et pour voler en avion - Just Cause 2 mérite que l’on s’attarde sur lui.

Côté prise en main on a à faire à un GTA-like très arcade mais je ne suis pas sûr que cette dénomination ai du sens, je veux dire par là que le jeu donne la part belle au spectaculaire, à la cascade et à l’action super héroïque. La particularité du héros étant de réhabiliter l’action à base de grappin façon Bionic Commando, idéal pour combattre, pour prendre la fuite ou pour voler des véhicules ou pour torturer ses ennemis. Il est essentiel de garder à l’esprit que Rico Rodriguez est le parfait héros du siècle dernier, l’archétype même du héros films d’action des années 80. En d’autres termes Rico Rodriguez est un survivant, une légende qui sent la naphtaline, une anomalie en plein XXIe siècle dont je doute que les jeunes joueurs perçoivent le caractère troublant.

C’est le parfait héros des années Reagan, le mercenaire à qui l’on donne carte blanche pour renverser un régime politique que l’on estime douteux et dangereux, prétextant rétablir la démocratie pour mieux taxer les richesses stratégiques du pays en question. Et c’est là que Just Cause 2 rejoint le destin d’Hugo Chávez. Bien sûr, le jeu se déroule dans un pays imaginaire dans une asie imaginaire, mais l’île de Panao - où il aurai été probable que Koh Lanta aille tourner une saison si l’île avait été réelle - avec son climat équatorial, ses plages, ses montagnes, ses infrastructures hyper-modernes, ses aéroports dernier cri mais surtout avec ses très nombreuses raffineries de pétrole pourrait faire penser à un pays comme le Venezuela par exemple … Et c’est là tout le trouble de Just Cause 2 et un peu de son génie aussi.

Un vrai jeu réac’ qui ne dit pas son nom. Nous jouons un agent solitaire apôtre musclé de la démocratie. Et pour la sauver, l’installer, la chérir, il est capable de tout, de voler, de détruire, de tuer, de mener une guerre qui n’en est pas une. Et c’est important de le souligner ; nous sommes loin des scénarios belliqueux qui glorifient la guerre, la vraie, celle des armées. Nous sommes en présence d’une guerre sale, larvée, menée par un homme seul, téléguidé par une agence gouvernementale, venu déstabiliser un pays bourré de richesses et de militaires.

Un des attraits du jeu est l’île de Panao que l’on la visite, que l’on la parcoure, que l’on l’explore, que l’on quadrille et dans cette exploration aléatoire, cette errance barbouzarde, badinerie de mercenaire en quête d’argent sale, on réalise que bien avant Far Cry et ses paysages aux allure de cartes postales idylliques Panao offre la parfaite image de l’île paradisiaque. On a beau écumer les routes parfaites de Panao on ne rencontre pas de bidons villes crasseux, même en survolant le pays on n’est jamais frappé par la misère ou par les signes d’une instabilité sociale menaçant d’exploser. Les petits villages sont certes, d’architectures sommaires, mais ils fleurent bon le folklore des pays émergents.

Difficile de sentir l’émoi de la population dans un jeu qui brille plus par sa géographie luxuriante généreuse et variée que par sa vie et ses interactions. Mais nous devons bien admettre que nous sommes là pour sauver un pays de maux que l’on ne voit pas. Et si Panao était vraiment le Venezuela ? Jouer à Just Caue 2 c’est un peu faire la guerre au défunt Hugo Chávez. Qui nous dit qu’à la tête de Panao il n’y a pas un dictateur populaire auprès de son peuple - les nombreuses statues et autres signes de dévotion / propagande populaire envers son dirigeant ne sont-ils pas les signes d’une véritable acceptation dans le couple peuple / dirigeant ? - ? Et la présence militaire très importante n’est-elle pas là simplement pour protéger les intérêts pétroliers de la nation qui alimentent la convoitise de ses voisins. Sommes-nous témoins d’exactions de l’armée envers des civiles ? Jamais ! La principale occupation de l’armée, c’est la défense des intérêts stratégiques et accessoirement la lutte contre Rico Rodriguez.

De tout les GTA like Just Cause 2 est sûrement le plus exotique pas nécessairement pour son dépaysement géographique mais plutôt pour son approche presque géopolitique de la chose ; de tout les héros de GTA like Rico Rodriguez est sûrement le plus dépassé, le plus suranné, le plus réac’ et dans le fond le plus odieux parce que dans les GTA et cie les héros font toujours preuve d’une certaines forme de respect que ce soit envers son histoire personnelle, les valeurs du milieu, voir même un respect de la forme jeux vidéo que j’entends comme un respect du genre - je pense à Red Dead Redemption qui est fidèle et respectueux de son ambition et sa forme de Western ou à Retro City Rampage qui est respectueux de son parti prit vidéo ludique de départ par exemple -. Mais Just Cause 2 semble être sans foi ni loi, il serre une cause tacite - le rétablissement de la démocratie - mais il camoufle à peine ses enjeux officieux ; Just Cause 2 où l’art de l’officine barbouze téléguidée par la CIA pour déstabiliser un état et préparer son annexion économico culturelle.

Dans toutes les familles il y a un cousin que l’on voit très rarement, seulement lors des grandes réunions familiale, il est sympa, il est expatrié dans un pays plus pauvre que le notre et il a toujours plein d’histoire à raconter. On se dit que c’est dommage de ne pas le voir plus souvent, on boit un coup, on rigole, mais dès que l’on commence à parler un peu plus sérieusement avec lui on commence à prendre peur parce que l’on découvre qu’il est quand même bien à droite de l’échiquier de la pensée, qu’il a le cœur d’un colonisateur et que pour lui imposer notre modèle de société à tout prix est une bonne chose et d’ailleurs il affirme que notre gouvernant est un gouvernant de tapette qui n’a pas les couilles de faire ce qu’il faut. Généralement il termine sa tirade en riant et en rappelant qu’en plus là-bas les putes sont moins onéreuses et qu’en plus elles sont mineures. Alors là on rigole avec lui parce que l’on se dit que si on ne rit pas cela pourrait mal tourner et dans notre fort intérieur on se dit que c’est bien qu’on ne le voit qu’une fois par an. Et bien Just Cause 2 c’est ce cousin là ; il est beau, il est sympa, il sent l’exotisme, il donne envie de voyager mais à y prêter un peu plus attention il commence à être troublant, voir inquiétant et on pourrait finir par trouver ça flippant. Sauf que cette grille de lecture me semble tellement ancrée dans les années 80 que je suppose que la génération plus jeune ne remarquera pas cela et trouvera dans Just Cause 2 un des plus grands bacs à sable du GTA like sur console, sûrement aussi le plus vide.

Mais en dehors de mes considérations éthiques, morales et géopolitique Just Cause 2 est un excellent jeu d’action à la troisième personne qui repose sur du dépaysement, de l’action, un sens du combat spectaculaire, de l’action et de l’action ; Just Cause 2 c’est le jeu qui synthétise à merveille l’esprit parfois nauséabond des films d’actions des années 80 mais c’est aussi le jeu qui synthétise à merveille le sens de l’action, du spectacle et de la fusillade des films d’action des années 80 ! Si tu aimes monter sur le toit d’un camion, tirer à la mitraillette sur ses poursuivants, lancer son grappin sur l’hélico qui nous poursuit pour grimper à bord, se servir des missiles pour détruire une base secrète puis lancer l’hélicoptère droit dans une montagne pendant que l’on saute dans le vie et que l’on descend en chute libre jusqu’à ouvrir son parachute au dessus d’une plage de rêve pour y atterrir puis voler un scooter et partir vers d’autres affrontements alors ce jeu est pour toi. En tout cas c’est un putain de kiff de voir cette liberté mise au service du spectacle pyrotechnique à l’ancienne. On a tous un Stallone qui sommeille en soit et que Just Cause 2 aime réveiller.

Just Cause 2 c'est de l'action à outrance, du dépaysement et de la mise en scène viril de l'action et du dépaysement - mais aussi des armes, des véhicules, des gens à tuer, des choses à faire exploser etc. -
Just Cause 2 c'est de l'action à outrance, du dépaysement et de la mise en scène viril de l'action et du dépaysement - mais aussi des armes, des véhicules, des gens à tuer, des choses à faire exploser etc. -
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