Le culte des jeux cultes

Publié le 3 Avril 2013

Cela fait longtemps que j'ai envie de parler des jeux cultes et de ce rapport curieux / malsain / obèse que les joueurs, une part des blogueurs et l’ensemble des acteurs journalistiques du milieu semblent entretenir avec ce concept sulfureux de jeu culte.  En vérité, cet article est sur le feu depuis des mois - ce qui assez ironiquement rend le concept de « cela fait longtemps » très véridique - et ma capacité à remettre toujours à plus tard la rédaction de certains articles a laissé un surplus de temps à mes réflexions pour infuser et, je l’espère, se bonifier. Cela fait tellement de temps que cet article est programmé qu’il s’est même retrouvé par deux fois mis en ligne de façon accidentelle et il a déjà été commenté alors qu’il était loin, très loin, d’être terminé ; je suis donc entrain de rédiger un article qui a déjà été lu, reconnu par commentaire, je trouve cela fascinant et en tout cas merci à celles qui ont commenté mon brouillon ça m’a motivé à terminer l’article.

Alors, pourquoi parler des jeux cultes ? Tout simplement parce que l’on peut lire, entendre, et même dire soi-même trop de fois, qu'un jeu est culte. Culte, le mot est lâché, et il revient régulièrement dans le vocable des joueurs pour qualifier un jeu ; soit un titre qui vient de sortir, soit un jeu ancien ou vieux, soit un jeu qui possède une bonne réputation, mais ces raisons sont-elles suffisantes pour justifier l’emploi de ce mot ? Aujourd’hui, le terme revient avec une telle récurrence qu’il est devenu comme une sorte de gimmick. Je me demande pourquoi les contemporains du jeu vidéo semblent avoir un tel besoin de vouer culte aux jeux cultes. Pourquoi prétendent-ils à tort et à travers que tel jeu est un jeu culte ? À force de l’utiliser à toutes les sauces le mot a fini par se galvauder, perdre sa saveur, son sens, sa valeur et se diluer dans le grand brouhaha virtuel du monde. C’est pourquoi l’on est en droit de se demander, ce qu'est réellement un jeu culte. Il n’y a qu’ainsi que l’on pourra comprendre pourquoi les gens veulent voir des jeux cultes partout. Il va de soi que tout ce qui va suivre est parfaitement subjectif et n'est sous-tendu que par ma prose qui prend plaisir aux digressions et aux explorations de pensées parfois bancales, je compte donc sur vos réactions pour étayer ou pour détruire ce que je pense.

D'abord qu'est-ce que cela veut dire un jeu culte ? Il y a deux façons de voir la chose : la façon intime et personnelle, donc subjective, et l’autre, la façon générale visant à l’objectivité. La première façon d’envisager le jeu culte, par le biais du subjectif et en réalité très restreinte et prête très peu à discussion. Chaque joueur possède dans son histoire un ou plusieurs jeux cultes, des jeux qui ont marqué de manière accidentelle sa vie. Il n’y a pas de logique, pas de raisons valables à ce que tel ou tel jeu prenne soudainement une si grande place dans notre histoire vidéoludique ; c’est le fruit du hasard et - ironie du sort parce que dans l’autre façon d’appréhender le jeu culte, on verra qu’il faut au contraire se laisser persuader par la réputation du jeu et donc perdre de sa naïveté et de son innocence - d’une forme de naïveté, d’innocence qui permet à un jeu de nous cueillir et nous bouleverser, nous imprégner et changer notre façon d’appréhender les jeux futurs. Souvent la dose de culte d’un jeu est proportionnelle à l’affect que le joueur a construit autour de ce titre. Cette approche subjective est une source de discussions sans fin entre gamers parce que chaque joueur a ses jeux cultes et même si plusieurs joueurs partagent les mêmes références les jeux ne les ont pas nécessairement touchés de la même façon. C’est donc une mine inépuisable d’anecdotes, parfaite pour alimenter les discussions qui parlent de soi et au second plan du jeu vidéo. Cette approche subjective ne pouvant être remise en question ou mise en perspective, elle ne permet pas de nous éclairer sur l’obsession du jeu culte de manière plus générale dans la sphère des jeux vidéo.  

Il faut donc s’atteler à délimiter, définir et distinguer ce qu’est un jeu vidéo culte de façon plus objective même si l’exercice est périlleux et qu’il rencontrera je suppose et je l’espère vos propres définitions du jeu culte qui viendront me contre dire. Pour moi il faut qu’un jeu réponde à plusieurs critères pour mériter cette appellation. On peut dire d’un jeu qu’il est culte s’il a marqué l'histoire du jeu vidéo. C’est-à-dire si le jeu a laissé une empreinte durable dans la culture vidéoludique et dans l'imaginaire collectif des gamers, c’est important que l’empreinte soit connue et reconnue par la majorité des joueurs pour qu’elle puisse se transmettre et donc dépasser la sphère du jeu en question. Cette première qualité de jeu culte se mesure à l'influence, l'impact, la rémanence, la transversalité avec laquelle la trace laissée traverse les jeux vidéo et les générations de joueurs. Un jeu culte est donc un jeu marquant, que ce soit parce qu’il a été très bon, très mauvais, très novateur, très vendu, très apprécier, cela semble évident, mais il fallait le dire.

Shadow of the Colossus est l'archétype du jeu culte, peu vendu donc peu joué, précédé d'une réputation grandiose mais à jouer austère et répétitif et finalement déroute
Shadow of the Colossus est l'archétype du jeu culte, peu vendu donc peu joué, précédé d'une réputation grandiose mais à jouer austère et répétitif et finalement déroute
Shadow of the Colossus est l'archétype du jeu culte, peu vendu donc peu joué, précédé d'une réputation grandiose mais à jouer austère et répétitif et finalement déroute
Shadow of the Colossus est l'archétype du jeu culte, peu vendu donc peu joué, précédé d'une réputation grandiose mais à jouer austère et répétitif et finalement déroute

Shadow of the Colossus est l'archétype du jeu culte, peu vendu donc peu joué, précédé d'une réputation grandiose mais à jouer austère et répétitif et finalement déroute

Bien entendu ce n’est pas suffisant, il y a dans la notion de culte une indéniable part de mysticisme avec ce que cela suppose de prophètes, d’apôtre, de « bonnes paroles » et de prosélytisme pour propager la réputation culte d’un jeu. Je crois que cette dimension relève pour une part de la croyance nécessaire pour alimenter un culte - il faut que des personnes croient une chose sans nécessairement pouvoir témoigner l’avoir vu elles-mêmes, ici des joueurs doivent pouvoir dire que tel ou tel jeu est culte sans avoir par eux-mêmes fait l’expérience de la dimension culte du jeu ; par exemple Shenmu cité tellement de fois dans les discussions alors que je suis convaincu que la moitié des personnes qui en parlent comme d’un jeu culte n’y ont pas joué parce qu’elles sont trop jeunes ou que le jeu est trop « rare » - mais aussi d’une part d’avant-garde parce que les jeux cultes induisent / reposent sur un principe de hiérarchie avec en haut les découvreurs qui opèrent comme des prophètes et en dessous des groupes auxquels il faut vouloir adhérer comme l’on pourrait vouloir entrer en religion. Un jeu est culte parce qu’il existe des personnes qui disent que ce jeu est culte et parce qu’il y a des personnes qui acceptent que ce jeu soit culte parce que d’autres le leur ont dit. En haut il y a les découvreurs, les précurseurs, les messies, les témoins directes, ceux qui peuvent dire sans mentir « j’y étais », « j’y ai joué » sous-entendu à l’époque où le jeu est sorti j’y ai joué, il y a ceux qui ont découvert que tel jeu avait le potentiel d’un jeu culte et qui par leurs bouches l’ont propagés aux oreilles des ignorants. Cette étape-là est à mon sens primordial pour l’émergence d’un jeu culte. Le culte d’un jeu vidéo repose sur cette dimension mystique / mythique / mythologique qui elle-même repose sur une forme de rareté, de mouvement de découverte puis de propagation. Aucun jeu n’est créé ou développé avec la dimension « culte » directement incluse dans l’ADN de ses programmations ; cette dimension est induite nécessairement après,non pas par les développeurs, mais par la communauté. Il n’y a peut-être que Shenmu qui dès sa sortie s’est posé comme jeu culte mais c’est parce que son développement avait été si chaotique et alléchant qu’il avait laissé aux joueurs le temps de construire sa mythologie avant qu’il ne sorte.

  • La construction de la valeur culte d’un jeu relève de la construction d’un mythe, il y a au départ des personnes supposées éclairées qui, par leurs discours, donnent à un jeu ses lettres de noblesse cultes. Ces joueurs-là jouent au jeu non pas parce qu’il est culte, mais parce que le jeu leur plaît, qu’il vient de sortir ou simplement par hasard. Ce sont eux qui vont forger le berceau du culte et commencer à répandre l’idée / la rumeur selon laquelle le jeu est culte. À partir de là, de nouveaux joueurs viendront jouer parce qu’ils ont entendu que le jeu est culte et eux-mêmes relayeront l’information, jusqu’à la réputation culte du jeu supplante totalement le jeu et que de nouveaux joueurs y jouent parce qu’il faut y avoir jouer parce que le jeu et culte. Quand on en arrive à ce stade où il n’est plus nécessaire de jouer à un jeu pour savoir qu’il est culte parce que sa réputation le précède, on a faire à un véritable jeu culte.

 

La dimension culte est donc purement artificielle au sens où elle ne repose sur rien de concret, simplement du discours qui est relayé et amplifié par la caisse de résonance des fans avec cette nécessaire dichotomie entre ceux qui ont tenu le discours et ceux qui l’on suivit. Il faut que les deux coexistent pour qu’un jeu devienne culte. Selon moi cette dimension culte d’un jeu se mesure à la place qu’occupe le discours et la mythologie autour d’un jeu par rapport à ses qualités intrinsèques.

La qualité que je viens d’aborder suppose qu’un jeu vidéo culte scinde l’ensemble des joueurs qui ont joué à ce jeu en deux ; ceux qui y ont joué avant que le jeu vidéo devienne culte et ceux qui y ont joué parce que le jeu était culte. Et cette différence est, je crois, au cœur de l’utilisation abusive du terme culte. Être un jeu marquant, repéré par un groupe de joueurs qui amène d’autres joueurs à y jouer ne suffit pas pour devenir culte, il faut qu’un jeu tombe au bon moment de l’histoire ; à sa manière le jeu culte doit écrire l’histoire ou être le fruit de celle-ci. Il a donc une notion de timing sociologique, chronologique et culturel. Ce qui fera la différence entre deux jeux aux qualités vidéoludiques identiques, c’est cette dimension-là ; c’est le jeu qui sera en phase avec l’histoire qui entrera dans la légende. Les autres jeux seront ou en avance sur leur temps ou en retard - ce qui n’affecte pas leurs qualités intrinsèques, mais les empêchera d’entrer dans la légende -. Et cette dimension-là est, semble-t-il, la plus importante parce qu’elle est se raréfie avec le temps ; il est plus simple de marquer l’histoire, de faire l’histoire, d’accoucher l’histoire, de naître de l’enfantement de l’histoire quand une histoire en est à ses prémices ou à ses débuts.

Il me semble logique que la plupart des jeux cultes soient issus du passé du jeu vidéo ; je placerai la période la plus faste et prolifique en jeux cultes grosso modo dans la période allant Super Nintendo à la Playstation. C’est un âge d’or, riche en jeux culte et c’est là le problème, cet âge d’or est révolu, le jeu vidéo est passé dans son age de raison, il y a toujours de très bons jeux qui sortent, mais finalement parmi les grands titres assez peu sont devenus cultes. Il y en a bien sûr, il y en aura toujours, mais ils se font rares, sous-entendu la production vidéoludique contemporaine est moins « historique » que la précédente. J’ai la sensation que #lesjoueurs, sont nostalgiques de cette époque parce que certains d’entre eux n’ont pas pu ou pas su « profiter » de cet âge d’or du jeu vidéo. Ils sont des joueurs modernes qui jouent à une époque où les jeux vidéo sont devenus plus normés, plus industriels, plus rentables, plus efficaces, plus spectaculaires, mais aussi moins historiques, ou si peu. Alors, je suppose / pense / imagine / envisage que ces joueurs sont nostalgiques un peu mais frustrés surtout de ne pas avoir connu cet âge d’or - souvent parce qu’ils sont trop jeunes pour avoir pu le vivre ou l’apprécier à sa juste valeur - et qu’ils collent le terme culte sur tous les hits qui sortent dans l’espoir de pouvoir vivre cette histoire du jeu vidéo, cette page tournée. Afin d’anticiper l’histoire, de ne pas manquer le prochain jeu culte, comme s’ils ignoraient que ce qui fait le culte, c’est le temps et pas une décision arbitraire. Cela me donne la même impression que ces jeunes qui vont dans les festivals musicaux actuels et qui prétendent refaire Woodstock …

Metal Gear Solid une saga culte qui ne connaît pas la peur, pas la mort, mais qui possède autant de fans de son culte que de détracteurs

Metal Gear Solid une saga culte qui ne connaît pas la peur, pas la mort, mais qui possède autant de fans de son culte que de détracteurs

Je suis sûr que c’est la même quête du culte, la même envie de revivre l’histoire à défaut de la faire, qui anime une partie des rétrogamers cette caste que je trouve énigmatique et névrosée - à par les pauvres et les purs collectionneurs d’objets que je respecte -. Malheureusement pour eux je crois qu’ils sont dans l’erreur et leur quête est vouée à l’échec parce qu’ils oublient une chose : on ne peut pas revivre l’histoire. On peut la rejouer, comme ces amateurs de reconstitution historique, mais si la forme est là, l’esprit, l’air du temps n’y est plus et ne peut plus y être. Prenons l’exemple de Final Fantasy VII qui je fais un bon cas de jeu culte ; en 1997 Final Fantsy VII est une claque énorme pour tous les joueurs qui le rencontre. Pour le petit joueur occidental sans grand vécu RPG FF VII c’est une claque esthétique, claque visuelle, narrative, scénaristique, même en terme de game play c’est une claque, le jeu prend le joueur et le marque à vie. Mais, en 2013, impossible de prendre la même claque tout simplement parce qu’il y a eu 16 ans de jeux vidéo entre ces deux moments. Le joueur a joué à d’autres jeux, souvent plus beaux, parfois mieux racontés et mieux scénarisés et il a connu d’autres game play, il a joué à des jeux qui se sont inspirés de FF VII, il a joué à des jeux qui ont voulu dépasser FF VII et alors que le joueur de 1997 était quasiment vierge du RPG, celui de 2013 ne l’est pas et cette différence est fondamentale autant qu’elle est impossible à combler. Cela ne nous empêche pas d’apprécier FF VII pour ses qualités - et Dieu sait qu’il en a - mais ce n’est pas pareil, on ne peut pas éprouver en 2013 l’expérience que les joueurs de 1997 on pu connaître. On peut apprécier le jeu, le faire, le refaire, l’aimer mais on ne peut plus approcher ce qui a fait que FF VII est devenu culte, ou ce qui a rendu Alone in the Dark culte. La seule manière d’approcher cette expérience du culte ce n’est pas en jouant mais peut-être avec une approche intellectuelle, historique et culturelle.

D’une certaine façon, c’est comme regarder le Quadrangle de Malevitch. Si vous le montrer à une personne qui n’a pas une culture de l’art particulière elle voit un carré noir sur fond blanc et elle fait une remarque du genre « quoi ? ça c’est de l’art ? mais c’est n’importe quoi, je peux le faire - ou la variante : mon fils de 4 ans peut le faire - » et ces réactions sont compréhensible parce que justement nous ne sommes plus en 1915 et aujourd’hui le concept de l’art abstrait est entré dans les mœurs. Pour apprécier cette œuvre, il faut imaginer l’audace, le courage et le génie qu’il a fallu pour la première fois penser l’art de cette façon et le sortir des normes classique. Ce qui semble évident cent ans plus tard ne l’était pas cent ans auparavant. Pour moi c’est la même chose avec les jeux culte, y rejouer, y jouer en dehors de leur époque ne permettra jamais d’éprouver le sentiment qui a rendu ce jeu culte parce que l’air du temps à changé, elle s’est elle-même nourrie de tous les jeux cultes et a ensuite nourri / enrichi l’imaginaire et la culture des joueurs les vaccinants aux éléments cultes des jeux cultes. Aujourd’hui on peut simplement en acter la présence, reconnaître la valeur culte des jeux cultes de façon factuelle mais on ne peut plus la vivre ou la ressentir. Je crois que d’une certaine manière les joueurs ne sont pas dupes, ils savent qu’il y a une hiérarchie implicite dans l’expérience des jeux vidéo et particulièrement des jeux cultes. Ce n’est pas pour rien que dans une discussion un joueur glissera qu’il a fait le jeu « à l’époque »...

  • Il aurait donc dans la hiérarchie des joueurs, le joueur qui a joué au jeu culte avant tout le monde, en japonais sur la console japonaise > le joueur qui a joué à la version française sortie quelques mois /années après dans une traduction approximative > le joueur qui a fait le jeu sur émulateur parce que l’on était passé à une autre génération de console > le rétrogameur qui refait le jeu après tout le monde sur un support désuet mais d’origine > le joueur qui fait le jeu dans une adaptation pour un support bâtard genre DS ou PSN > le joueurs qui a joué à un épisode récent de la série mais pas à l’épisode culte > le joueur qui n’ont pas joué à ce culte.

 

Alors quelque part un jeu culte est un jeu perdu. Et les joueurs qui jouent à des jeux parce qu’on leur a dit qu’ils étaient cultes sont obligés de croire ce que l’on dit parce que l’impression qu’ils pourront se faire du jeu pourra être trompeuse ; et elle le sera toujours, trompeuse.

C’est en cela tout de la qualité et du défaut que l’adjectif culte peut apporter à un jeu. C’est une qualité parce que l’adjectif culte supplante tous les autres qualificatifs ; si les joueurs décident de croire que tel jeu est culte alors ils ne verront plus que le culte, ils oublieront les défauts et zapperont les qualités. Pas étonnant alors que les gens du marketing et une partie des journalistes abusent de ce terme culte, tout simplement parce que c’est vendeur. Si le subterfuge consistant à faire croire aux clients / joueurs que les distributeurs sont légitimes pour adouber un jeu au rang de culte fonctionne alors les joueurs viendront à ce jeu pour ne pas manquer l’histoire, ils prendront le jeu tel quel sans remettre en question défaut ou qualité et en plus il sera heureux. Les journalistes eux abusent de ce terme parce que c’est devenu un terme fourre tout, il évite de développer les qualités ou les défauts, il permet de dire une chose vague et générique parce que le terme a perdu de sa valeur, en même temps cela permet aussi d’écrire l’histoire à sa façon. Mais le culte peut aussi être un défaut, principalement quand dans une lignée de jeux vidéo, on compte un parent culte. Le jeu culte pèse sur tous ses descendants de la grandeur de sa valeur culte. On n’a de cesse de comparer les jeux suivants au père culte et s’ils ne sont pas au niveau de l’illustre ancêtre, on lapide le jeu sans prendre en compte ses qualités intrinsèques ; les grands exemples de cela sont à mon sens les séries Final Fantasy, Resident Evil et Metal Gear Solid. Parce que les épisodes récents ne sont pas au niveau ni dans la même veine que leurs ancêtres cultes ont dénigre les titres récents pourtant il y de vrais qualités dans les jeux qui sont venus par la suite.

je n'allais pas me priver d'illustrer cet article avec le Quadrangle de Malevtich

je n'allais pas me priver d'illustrer cet article avec le Quadrangle de Malevtich

Au final, je ne sais pas trop quoi penser des jeux cultes, si ce n’est qu’il n’y a pas de recette pour donner naissance à ces jeux-là. Je crois que l’utilisation abusive du terme en a amoindri et l’intérêt et l’impact ; en même temps c’est le prix à payer pour avoir un outil comme internet qui permet à tout le monde de tout dire et son contraire et sa nuance. Pourtant il est indéniable qu’il existe des jeux cultes qui sont pour moi comme des jeux-charnières dans l’histoire du jeu vidéo ou comme des jeux-piliers selon comment vous envisagez la culture vidéoludique. J’ai essayé de citer le moins de jeux possible pour ne pas entrer dans des querelles de chapelle stériles et puis surtout je me garde ce sujet pour une prochaine liste participative. Ce qui est assez extraordinaire sur ce sujet c’est que, finalement, je n’ai pas abordé un point qui me semblait primordial à l’époque où j’ai eu envie / idée de cet article, c’est la réception des jeux cultes. Il y a donc jeu culte quand il y a un discours qui annonce que le jeu est culte et on a tous été victimes / artisans / partisan de ce système, on a tous joué un jour à un jeu parce qu’on avait dit qu’il était culte et on souvent ressenti une petite déception. C’est justement parce qu’un jeu culte est un jeu perdu et que les attentes cultissimes ne peuvent être que déçues. C’est pourquoi il ne faudrait jamais jouer à un jeu culte parce qu’il est culte, la seule bonne raison d’y jouer devrait être une volonté scientifique afin d’observer, essayer d’analyser ou de comprendre les mécanismes qui ont rendus culte un jeu ; y jouer parce qu’il est culte est une posture d’arrière garde. Décréter qu’un jeu est culte c’est une façon de le faire rentrer au hall of fame du jeu vidéo et il faudrait comme dans le sport où lorsqu’un sportif rentre au hall of fame on retire son maillot que dans le jeu vidéo quand un titre devient culte il sorte de la liste des jeux auxquels jouer.

Non, bien sûr, ce dernier paragraphe était radical, exagéré et excessif même s’il se nourrissait d’une part vraie de ma pensée. Parce qu’il y a une chose paradoxale avec les jeux vidéo cultes c’est que lorsqu’on y joue à l’époque on ne réalise pas toujours qu’ils sont cultes, on peut en avoir l’intuition mais c’est rare, on est prit par le jeu, par l’instantané, l’instant présent et même si par la suite on va propager la parole selon laquelle tel jeu est génial on ne mesure pas que l’on a joué à un jeu culte. Et par la suite les joueurs qui viennent dans un second temps ne peuvent que très difficilement éprouver ce que l’on a éprouvé en y jouant pour la première fois. Comme si le jeu culte échappé nécessairement aux joueurs et c’est d’ailleurs peut-être juste pour cela qu’il est culte …

Finalement c'est un peu après cela que courent les joueurs, un âge d'or, un temps béni, mais s'ils ouvraient les yeux sur leur présent ils verraient que les jeux vidéo connaissent un âge fleurissant mais ça c'est une autre histoire ...

Finalement c'est un peu après cela que courent les joueurs, un âge d'or, un temps béni, mais s'ils ouvraient les yeux sur leur présent ils verraient que les jeux vidéo connaissent un âge fleurissant mais ça c'est une autre histoire ...

Le culte des jeux cultes

Note : 5/5 la note maximale pour cet article qui me tenait à cœur et à tête depuis bien longtemps. C’est autant un plaisir de l’écrire qu’un soulagement d’enfin le terminer cet article qui me hantait depuis si longtemps. Au final, vous trouvez peut-être son contenu un peu maigre, pas assez exhaustif, je ne cite pas beaucoup de jeux cultes, je prends parfois trop de pincette dans mes formulations, mais c’est parce que j’envisage cet article comme une porte d’entrée pour d’autres digressions sur le sujet plus tard. J’avais comme ambition pour cet article de poser les bases d’une réflexion que vos commentaires alimenteraient. Les commentaires tardent à venir comme c’est souvent le cas pour un article qui dépasse les 2000 mots, mais je ne perds pas espoir.

Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #Réflexions d'un joueur, #5-5

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my crm system 01/10/2014 13:29

I loved to pay the archetypal cult game from my childhood. This is because I loved adventures and twists. This gives you all the horror feeling that you require having while facing a monster. Even though this one is less sold and less played, this is wonderful.

wolverine 04/02/2014 09:28

Je pense qu'on a chacun notre opinion sur ce qu'est un jeu culte et pour moi le jeu culte c est celui qui nous a marqué qui nous a scotché sur la console ce n est pas une question d'époque et il ne faut pas tenir compte de l'avis de tout le monde mais de son propre avis moi je di que les jeux cultes c est chacun les siens :)

Margoth 31/03/2013 15:01

Tu vois, je vois le terme "culte" d'une manière un brin différente. Certes, il s'agit bien d'un jeu qui a marqué l'histoire vidéo-ludique par ses qualités mais à mon sens, un jeu culte est aussi un jeu qui, de base, ne s'est fait connaître que pour un auditoire restreint. C'est un peu le jeu de l'ombre adulé par une certaine chapelle (et non un cathédrale) à son époque, puis qui s'est retrouvé par la suite, des années plus tard remis sous la lumière des projecteurs auprès d'un public bien plus vaste. A mon sens, un jeu ayant simplement marqué tout court avec un large succès se doit de répondre sous un autre nom que "culte" (une référence, un jeu d'anthologie, un jeu légendaire, etc, etc). Pour illustrer un peu la subtilité, je ne considère pas un Super Mario Bros comme "un jeu culte", là où un Monkey Island est un parfait candidat à mériter son adjectif "culte".

TheGeeketteInside 23/11/2012 09:18


D'accord avec ton point de vue ! Pour moi, un jeu culte, est un jeu qui a laissé une grosse trace dans le monde des jv et dans les esprits des joueurs de la communauté. Même le jeu n'est pas
forcément un chef d'oeuvre graphique...