C’est l’histoire d’un gentil méchant garçon bourru, bourrin, mais avec du cœur au-dedans et d’une fille nunuche et niaise, nantis bien sûr mais au fond avec un grand cœur aussi dedans. C’est un duo de cinéma, duo de comédie, presque comique ; le bon et la belle mais le bon est aussi la brute, et tous les deux sont dans l’espace, pris au piège d’une prison orbitale remplie comme il se doit de prisonniers preneurs d’otages en pleine mutinerie ; la fille est la fille du président et le gentil méchant garçon envoyé pour la sauvé est accusé à tord. C’est un film dont le scénario pourrait avoir été inspiré / adapté / plagié depuis n’importe quel FPS spatial qui se serait lui inspiré du cinéma de série B de science fiction.

Ce film se déroule comme un FPS en manque de munitions, couloirs, conduits, portes, plan, couloirs, conduits, portes et la mise en scène qui va de paire, c'est-à-dire pas vraiment de mise en scène, le niveau -1 du cinéma, tout juste le minimum, pas vraiment de spectacle, pas vraiment de l’action, pas exactement des dialogues non plus, plutôt des sentiments ou des impressions, comme une impression de déjà vu ; du vieux cinéma, de celui que l’on regardait quand on était ado et qui fait que l’on éprouve une sorte de plaisir d’être en terrain connu, comme une madeleine de l’espace, une madeleine sous vide sûrement très peu digeste mais qui fonctionne pourtant. Les méchants sont méchants, ils  tuent, ils bavent, ils ont des têtes d’archétype de méchant et les gentils se révèlent gentil, le héros moins bourru et la fille mon niaise et le film se déroule ; on se déplace, on avance, comme dans les jeux vidéo le déplacement du héros semble être le principal intérêt, aller d’un point A à un point B en passant par le C, le D, le Z pourquoi pas.

Le film de prison spatiale / futuriste est un sous-genre à part entière et moi j’y suis à mon aise, même si le film est moyen, même si les acteurs sont moyens, même si les enjeux sont faméliques, même si la mis en scène est réduite à sa portion congru je m’y sens bien. C’est comme jouer à un style de jeu que l’on aime, pour moi le TPS par exemple, même si ce n’est pas la référence du genre, même si c’est modeste, on est suffisamment esthète pour en apprécier les qualités de films / jeux de genre, de sous-genre. Et Lock Out est de ces films-là, à la limite de la désinvolture, comme son héros, un film qui ne se trompe pas sur ce qu’il est, une série B, une version modeste mais honnête du genre film de prison spatiale. Pas de faux-semblant, pas d’esbrouffe, juste un héros et une femme à sauver dans une prison pleine de psychopathes et des effets spéciaux au minimum.

C’est un film d’un autre temps, et à ce titre le film se termine par un tout petit dernier twist, mais surtout la réplique très éclairante d’un des protagonistes qui balance au héros « vous êtes des reliques, de la chair à canon », voilà ce qu’est ce film, une relique, de la chair à canon de série B. Le dernier plan du film où héros et potiche devenue sexuellement attractive s’en vont vers une ville dans le lointain où se couche ou se lève le soleil qui n’est autre qu’un décor peint est d’une poésie étonnante qui dit tout, à la fois où va le film et à la fois d’où il vient. Superficiel et artificiel mais beau à la fois comme une chose désuète.

Lock Out
Lock Out

Note : Une critique à la hauteur du film qu’elle critique, c'est-à-dire une critique de genre, médiocre dans la forme mais sincère dans le fond, une critique écrite avec des petits moyens, mes petits doigts sur le clavier et un visionnage du film sur la télévision ; en fait étant friand de cinéma de SF et série B j’ai vu ce film à l’époque de sa sortie en salle, j’avais déjà pensé à sa critique mais ma légendaire flemme - qui à elle seule justifie ce 2/5 - a fait que je ne l’ai pas écrite à l’époque. Revoir le film à la télévision m’a confirmé que c’est un bon film de télévision, ça aurait fais un très bon direct to dvd.

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