En chemin vers la gloire ! C'est bien gentil de rester nombriliste et rester dans les petits espaces clos qui me sont alloués, le mieux reste encore de venir s'incruster dans ceux des autres. Me voici donc encore une fois représentée dans le petit bac à sable de Rémy, non content de me faire régulièrement de la pub - n'allez pas croire qu'il apprécie mes écrits, je le paye pour ça - doux préliminaires langoureux, on passe aux choses sérieuses puisque j'ai cette fois le droit de m'exprimer directement. Merci à toi pour m'avoir donné la chance de participer à ce projet plutôt intéressant même s'il ne paraît pas forcément profond dans ses grandes lignes. Qui suis-je ? Margoth, blogueuse terrée au fond de son antre et comme je ne suis toutefois pas aussi associable que cela, j'écris aussi pour Archaic à mes heures perdues. J'ai donc accepté de me prêter à ce petit jeu et dévoiler quelques objets - voire chimères, vous comprendrez en temps voulu - ainsi que l'histoire plus ou moins personnelle qui me lie à eux, les liens que j'ai pu tissé avec. Et comme je suis quelqu'un dont les formes de cultures sont divers et variés, je n'ai pas hésité à prendre le parti-pris de sortir du carcan du jeu vidéo. Parce qu'il n'y a pas que le jeu vidéo dans le vaste monde la culture et de l'art. Si, si, vraiment ! La preuve...

 

1 - Je commence par un objet qui me vient à cœur, qui est beau mais surtout vecteur de beaucoup de souvenirs, même si ce n'est pas spécialement l'objet en lui-même qui est directement responsable. My Own Private Alaska est un groupe assez atypique dans le sens où il pratique pratique une musique s'inscrivant dans la mouvance post-hardcore. Sauf qu'il a l'étrange particularité de n'inclure aucune guitare et basse, éléments semblants pourtant fondamentaux. Et pourtant, juste avec un piano, une batterie et un chanteur, ils réussissent des prouesses, que ce soit en qualité ou en intensité exacerbée. Plus que la musique en elle-même, voir l'objet dans ma collection me rappelle les circonstances de ma découverte de MOPA (pour les intimes). C'était lors d'un festival en Bretagne qui en était alors à ses premiers balbutiements, le Motocultor Fest. Comme je n'avais pas pu me rendre au Hellfest cette année-là, non sans animosité d'ailleurs, j'ai décidé de me prendre ma petite dose de concerts concentrés sur trois jours de camping aux conditions inconfortables (strict minimum implique pas de matelas pneumatique, ni même de douche pendant 3 ou 4 jours, les vrais savent) et de bière à toutes les sauces du côté de Vannes dans ce nouveau festival au nom bien étrange. C'était également le tout premier événement (festival/concert) que je couvrais en tant que « journaliste musical » avec la place gratuite, l'accès au coin VIP, au pit des photographes et le droit de porter un joli badge faisant foi de mon statut privilégié. Alors, autant dire que je n'étais pas peu fière, quand bien même l'affluence du public n'avait pas été au rendez-vous cette année-là - et a bien failli tuer le Motocultor prématurément - d'autant plus que l'affiche était fort alléchante à mon goût avec des groupes ayant fortement marqué mon parcours de métalleuse. Et c'est dans ce festival où je me suis pris mes deux plus grosses claques scéniques, en terme d'expérience et d'intensité fortement déroutantes. L'une des deux était justement MOPA, groupe que je ne connaissais de base que de nom (et de particularité). Leur musique m'a transporté loin, leur interprétation et jeu de scène m'a bluffé et laissé une marque indélébile. Si durant le premier titre, je m'affairais à mon travail devant la scène à enchaîner les photos, je n'oublierai jamais Tristan Mocquet aux claviers, épileptique, les yeux révulsés, se convulsionnant sur son siège. Le contact avec son instrument était assurément contradictoire, une violence apparente quasi bestiale de la personne en transe qu'il était à ce moment-là avec un toucher de velours. Il donnait l'impression de maltraiter son clavier tout en continuant à tisser avec lui des liens affectifs profonds. Ses deux compères suivaient le même chemin dans le sens où ils ne se contentaient pas simplement de jouer leur musique, ils la vivaient de même qu'elle les habitait. Je m'en étais même demandé à leur comportement si les trois hommes n'étaient pas simplement de vulgaires instruments, des outils d'exprimer une musique ayant une volonté et une existence propre. Puis, j'ai quitté mon rôle privilégié et ai rejoint le public. Rapidement, l'écoute de leur musique me piquait les yeux, m'engourdissait les jambes. Il fallait que je m'assois et que je ferme les yeux afin qu'elle m'habite aussi. J'ai été transporté avec une incroyable intensité fantasmagorique digne d'un bad trip(es). La mélancolie se mêlait à une sorte de folie chimique, intervenant pourtant sans aucune prise de substance préalable. Ce concert était une expérience tellement saisissante, douloureuse, malsaine, entre psychose et pur désespoir que je suis littéralement tombée amoureuse de ce groupe. Et du coup, j'ai acheté la plus belle édition de leur album, vendue en plus de cela à un prix pas spécialement excessif vu son contenu généreux. Malgré tout, j'écoute cet album assez rarement quoique je l'adore tant il se révèle éprouvant, même après s'y être psychologiquement préparé.

Portrait culturel d’une joueuse - Margoth

2 - Même si je voue d'énormes liens avec Final Fantasy VII en terme de jeu, je préfère amplement parler de Final Fantasy IX en terme d'objet. D'ailleurs, en parler peut-être clairement perçu comme une provocation à tous ces petits adolescents n'arrêtant pas de hurler au scandale que les jeux coûtent excessivement chers aujourd'hui... alors qu'ils arrivent à se procurer deux ou trois nouveautés par mois, parfois en allant même jusqu'à une version collector encore plus chère, le tout simplement en piochant dans le portefeuille de leurs parents. Alors, le débat sur le prix des jeux, ça fait bien longtemps qu'il est devenu stérile et inutile dans le sens où il faut arrêter d'être un con de mauvaise foi : lorsqu'on convertit les prix actuels en francs, on retrouve le même prix affiché il y a quinze ans. Par contre, ce que j'ai du mal à admettre, c'est que les gens viennent la ramener alors qu'ils sont bien mieux lotis que les jeunes joueurs de l'époque en terme de mode de vie/budget familial alloué pour ce genre de loisirs. Car Final Fantasy IX, si je me souviens tant que ça de son achat, c'est qu'il s'agissait du tout premier jeu que j'ai acheté dès sa sortie au tarif plein qui était de 450F (environ 68€, voyez comme on s'y retrouve pas mal encore aujourd'hui). Sauf qu'à la différence de beaucoup, l'argumentation auprès des parents n'a pas été du genre « Allez, s'il vous plaît, j'ai même pas acheté un seul jeu ce mois-ci. Et à la limite ce sera bien le seul jusqu'au mois prochain ». Non, puisque premièrement, avoir un jeu par mois, même pour des softs datant d'il y a trois ou quatre ans que l’on trouvait facilement à 10€ dans n'importe quelle crémerie vendant de l'occasion (voire neuf, en promotion ponctuelle en grande surface, ça se faisait aussi beaucoup à l'époque), c'était déjà du luxe. Et ce n'était pas par manque de moyen, juste parce que c'était le genre de plaisirs qui ne rentraient pas dans les priorités des budgets familiaux, on devait donc se contenter de peu, deux, trois, voire quatre jeux par ans tout au plus. Alors, comment j'avais fait pour me permettre ce luxe d'acheter une nouveauté au prix fort me direz-vous ? Eh bien, j'ai fait profil bas et me suis métamorphosée en écureuil pendant six mois, à mettre de côté mon argent de poche (non, je ne plaisante pas). Et en bonus, je devais ramener un bon bulletin sinon, je n'avais pas le droit de toucher à la console. Ça, c'était la punition qu'avaient trouvé mes parents à l'époque. Elle était rudement efficace d'ailleurs, d'autant plus dans ce cas précis où je l'aurais eue mauvaise d'avoir mis tant de temps à économiser, tout ça pour admirer les cd-rom d'un œil triste pendant un mois supplémentaire, à ressasser ma frustration de ne pas pouvoir les engouffrer dans ma console. Par chance, j'avais bien travaillé ce trimestre-là, j'ai pu profiter de ce tout premier luxe vidéoludique que j'ai payé de « ma propre poche ».

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3 - Il n'y aurait pas eu la limite des cinq objets, vous ne vous imaginez même pas le nombre de produits musicaux que j'aurais pu vous présenter. Je ne le cache pas, au-delà de ma passion pour le jeu vidéo, c'est bel et bien la musique qui remporte le gros lot. Malgré le fait que le sujet est moins représenté sur le blog, surtout par manque de temps car écrire là-dessus est un exercice bien plus complexe qu'on ne peut l'imaginer, la musique est le centre d'intérêt auquel je voue le plus de temps (et d'argent très certainement d'ailleurs). C'est simple, j'en bouffe par trente-six tonnes et, étonnamment, j'ai souvent tendance à en redemander car mes oreilles sont clairement des organes insatiables. Malgré tout, il arrive parfois que les conséquences d'un tel caractère boulimique se fassent ressentir. Un trop-plein et c'est la gerbe d’écœurement. C'est justement durant ces rares périodes auditivement moribondes qu'est intervenu Bad Tripes. À ce moment-là, j'étais chez Radio Métal et je m'étais vu acquérir les commandes d'une de leurs émissions de radio, High Hopes dont la programmation tournait autour de jeunes groupes débutants ou vieux briscards fortement méconnus. Ce qui signifiait que d'une semaine sur l'autre, je me bouffais des cartons de démos oscillant entre moisissures purulentes (oh, j'ai vu quelques cas objectivement insupportables croyez-moi), bonne facture insipide, du sympa et du vrai coup de cœur. Malheureusement, il y a eu un moment où cela faisait quelque temps que je n'avais pas eu cette dernière catégorie. C'est là qu'est intervenu un verdict cruel : j'écoutais ce que l’on me filait, je jaugeais et analysais en temps et en heure, mais dans un état de blasitude morne. Une sorte de routine qui s'installait en sorte. Il manquait ce qui m'avait motivée à la tâche à la base, ces putains d'artistes qui te filent un putain de frisson tellement fort que tu te sentirais capable de porter des montagnes pour eux, pour qu'ils réussissent à percer, quand bien même les moyens que tu as en main sont assurément modestes. Et au détour d'une fournée d'une semaine de démos, j'ai fini par tomber successivement sur deux Saint-Graal : Last Bärons et ces fameux doux dingues de Bad Tripes. Je ne m'étendrai pas forcément plus sur le cas des premiers quand bien même je leur voue une affection certaine - je suis actuellement en chantier d'écriture sur la chronique de leur dernier album pour le blog de toute manière - préférant m'étaler sur le caractère plus excentrique des seconds. Même si leur premier album n'est pas dénué de défauts, on ne peut que saluer l'effort proposant une identité on ne peut plus affirmée et un talent certain. Leur musique est un pur vice pour quiconque n'aime pas l'anti-conformisme et c'est bien là tout l'intérêt. Ces Marseillais osent sans honte aucune, et assument leur étrange mixture à mi-chemin entre métal, punk, électronique et musette (oui, oui) avec une certaine virulence. Mais ce que je retiens le plus de Bad Tripes reste leur capacité effarante à livrer une forte dimension visuelle et surtout des textes géniaux. La plume (dans la langue de Molière) est touchante mais surtout dérangeante, traitant de thèmes souvent peu relatés (la femme d'Hitler, les hommes battus, les hospices...) ou bien carrément abjects (la pédophilie) ou se rattachant à notre vécu à tous (le mal-être de l'adolescence), le tout de façon aigre-douce entre humour piquant et exagération peut être dégoûtante mais réaliste. Avoir eu dans les mains Phase Terminale m'a remis une certaine patate, a rafraîchi ma motivation et j'étais repartie comme en quatorze dans ma passion et mes délires, en n'oubliant pas pour autant d'acheter mon propre exemplaire de l'album et en poussant mon aide modeste encore plus loin en leur donnant un créneau d'interview en direct à l'antenne de Radio Métal. Et je l'avoue sans honte, cette « entrevue » téléphonique avec Hikiko Mori, la voix de rossignol castré de Bad Tripes, a certainement été la plus intéressante que j'ai pu mener. Tellement que j'en aurais bien repris une lichette en me faisant une escapade jusqu'à Avignon pour jouer les figurantes dans leur tout premier clip tourné au mois de mars dernier. Malheureusement, mon travail en a décidé autrement et la seule façon que j'ai trouvée pour me donner bonne conscience était de faire don de quelques deniers pour financer ce projet en échange de quoi je recevrai leur prochain disque - qui ne saurait tarder je l'espère - en avant-première avec mon nom dans les crédits de remerciement. Bwarf, c'est vrai, ce dernier détail n'était pas forcément le but de mon don en soi tant j'aurais préféré me retrouver avec une déclaration épistolaire salace écrit de la main et du sang d'Hikiko Mori mais bon, on fait avec ce qu'on a.

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4 - Voilà un objet qui, à la base, ne m'appartient pas. Orange Mécanique est un film que j'ai découvert durant mon adolescence. Mes parents avaient acheté le DVD au fond des bacs en vrac bradé. Eux non plus n'avaient jamais vu ce film. Mais, contrairement à moi, ils en avaient entendu parler, ce qui les a confortés dans leur acquisition. Malheureusement pour eux, je ne sais pas trop quels échos ils avaient eus de ce film, mais il semblerait qu'ils aient interprété la composante de l'ultra-violence d'Orange Mécanique de la mauvaise manière. Je pense qu'ils devaient prendre le film de Kubrick comme un Mad Max-like (film qu'ils connaissent et apprécient). Alors, je vous laisse imaginer la surprise qu'ils ont pu avoir en le visionnant. Et peut-être de cette sensation d'être dupés et trahis par leurs propres catégorisations hâtives qu'ils en ont émis un lourd verdict plutôt expéditif : ils ont clairement détesté Orange Mécanique. Pensant qu'il était vraiment dommage de laisser ce malheureux DVD prendre la poussière, j'ai décidé à mon tour de laisser une chance à Orange Mécanique, d'autant plus que ces échos d'ultra-violence que mon père m'avait chantonné lors de l'achat dudit film me séduisaient fortement. Que voulez-vous, mon adolescence a forgé ce que je suis actuellement, et mon goût pour flirter avec les limites a certainement eu raison de ma phase adulte : la maturité m'apporte un côté d'autant plus décomplexé à propos de l'art, quelle que soit sa forme, arrivant même à trouver de la beauté dans l'horreur et l'insalubre. Que dis-je, à trouver plus de beauté et d'inspiration dans les représentations impies et décadentes que leurs homologues prêchant la Beauté comme le temps, l'Histoire et les conventions l'ont imposé. C'est ainsi que j'ai trouvé depuis mes seize ans au lycée et trouverai toujours les œuvres de Francis Bacon plus belles et fascinantes que celles de Renoir pour vous donner une idée de la chose à titre d'exemple. Mais là, je m'égare, revenons donc à nos moutons. Orange Mécanique, quelle grande idée ai-je eu de faire main basse sur ce film injustement abandonné dans la maisonnée familiale afin de meubler la grisaille d'un dimanche pluvieux - et croyez-moi qu'en Normandie, il n'y en a pas qu'un ! - car j'y ai découvert là mon film de chevet, celui qui m'émoustille le plus, le seul également auquel j'arrive encore à m'étonner de trouver de nouveaux éléments et interprétations à chaque nouveau visionnage. Et de séances, il n'y en a pas eu qu'une, croyez-moi, elles se comptent plutôt par dizaines. Et j'ai même poussé le vice plus loin encore : profiter de périodes de rétrospectives de Kubrick d'un obscur petit cinéma lorsque j'étais encore terrée en territoire breton l'année dernière pour aller le voir dans l'intimité d'une salle obscure. Une vision de plus. Encore des subtilités relevées mais surtout la chance de profiter d'un son du tonnerre afin de se délecter du duo gagnant violence gratuite/Beethoven. Il n'y a pas à dire, Orange Mécanique est un film extraordinaire et intemporel. Et le DVD parental dans tout ça ? Il en va sans dire que j'en ai hérité afin d'éviter qu'il se morfonde tristement dans un placard.

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5 - Comme je suis quelqu'un ne voyant pas d'un très bon œil les conventions, tout comme j'ai certainement conservé mon sale esprit d'adolescente rebelle, je me permets de prendre quelques libertés pour le dernier sujet de ce portrait culturel, même si je doute que le maître des lieux m'en tienne rigueur. Auquel cas, il ne m'aurait jamais demandé d'apporter ma participation dans ces colonnes, à croire qu'il s'attendait pertinemment que je vienne transgresser les règles. Bref, si la porte n'est ouverte, je me charge de la défoncer violemment et je m'en vais parler de peinture dont je ne possède absolument rien chez moi. Il s'agit en réalité de la dernière exposition que j'ai été voir... Enfin, plutôt de quelque chose dont on m'a parlé et que la bonne âme en question m'a chaperonné jusqu'à la galerie d'art où se passait l'événement afin que moi aussi, je puisse en prendre connaissance et en profiter. En même temps, le sujet était bien alléchant et plutôt révélateur de ma personne, ce qui fait que parler de cela ici n'a rien d’inopportun. J'avoue clairement que la peinture ou les arts picturaux en général sont loin d'être ma spécialité. J'avoue également que même s'il m'arrive de m'y pencher pour X raisons de façon on ne peut plus ponctuelle, c'est un pendant artistique que je laisse souvent au second plan car cela me parle moins d'autant plus que l'ignorance de toute considérations techniques n'arrange certainement pas les choses. Et pourtant, pour ce cas précis, j'ai été marqué de même que l'exposition de Zhen Shan Ren s'inscrivait totalement dans mon profil. Certainement pas par sa forme, surtout pour son fond, sa thématique. Zhen Shan Ren tourne en effet autour de la persécution des pratiquants de Falun Gong en Chine, mouvement spirituel chinois réprimé dans ses terres natales depuis 1999. Le sujet de la persécution et du génocide a toujours été quelque chose qui me titille, m'intéresse et me fascine, autant que j'ai ces pratiques en horreur. Cela a commencé très tôt dans mon enfance avec l'Inquisition médiévale, cela s'est poursuivi et pleinement révélé plus tard lors de mes années lycée avec le génocide des Juifs de la Seconde Guerre Mondiale. Avant cette exposition, je n'avais aucune connaissance de ce massacre et cette exposition m'a montré le cas le plus rebutant qu'il m'ait été donné de voir. L'exposition se passe en plusieurs parties, commençant du spiritisme de la foi de Falun Gong afin d'introduire le sujet avant de partir peu à peu vers la persécution en elle-même avant de continuer vers toutes les conséquences (la résistance, les contestations de certaines associations de l'étranger, de même que la morale qui découle de la chose). Les tableaux se présentent sous une forme extrêmement réaliste, lorgnant presque vers le photoréalisme peint pour la représentation du monde, de même que l’on voit un côté très religieux à tous les tableaux tournant autour du spiritisme (des figures angéliques, la représentation des cieux, les couleurs...). De mon côté, j'admets avoir été plus touchée par la partie représentant le massacre en lui-même, les tortures opérées (le gavage, les lacérations, les brûlures, les abus sexuels, les prélèvements d'organes...) et les conséquences qui en découlent (un père qui pleure son fils, la tristesse d'un enfant d'avoir perdu ses parents...). Mais ce qui m'a le plus marqué et le plus titillé dans tout cela reste une différence fondamentale par rapport à tous les autres génocides existants : le statut de victimisation. À vrai dire, à la vu de certaines œuvres, on se rend pleinement compte que la spiritualité des fidèles fait qu'ils arrivent à tout enduré sans broncher, accepté l'inacceptable. C'est leur foi qui leur inculque cet état d'esprit, la méditation, ce voyage vers ce monde spirituel et zen fait que l’on en arrive parfois à se demander quel camp est vraiment la victime. Les persécutés car ils subissent de véritables horreurs inhumaines ? Ou les persécuteurs par leur frustration quand ils se rendent compte que leurs sévices n'ont qu'une emprise on ne peut plus limitée par rapport à ce qu'ils pouvaient s'attendre en théorie ? De même que l’on est en droit de se demander qui en ressort le plus diminué au final, car il en va sans dire que les persécutés envisagent la mort avec une certaine philosophie, alors que les forces de l'ordre chinoises devront assumer une image ternie jusqu'à la mort, toute leur existence, les descendants héritant de ce boulet au passage. Bon, je m'arrête là car je pourrais disserter là-dessus encore longtemps mais vraiment, avoir assisté à cette exposition a été une très grande surprise même si j'en suis ressortie avec un dégoût encore plus affirmé envers l'espèce humaine.

Portrait culturel d’une joueuse - Margoth

En proposant ce projet à Margoth, j’étais sûr que cela donnerait lieu à un bel article, je connais un peu virtuellement la demoiselle, son ouverture, son goût pour la musique et sa plume que j’apprécie. Je ne suis pas déçu, Margoth nous livre un portrait remarquable dans lequel elle entrouvre une porte sur son univers et son histoire ; j’aime cela et j’espère que vous aussi, lecteurs, vous avez apprécié. Pour la petite anecdote c’est elle qui m’a fait découvrir Bad Tripes, ce groupe, enfin cet ovni musical est une petite merveille. Avant de vous laisser, je vous rappel que vous êtes gamer et que vous souhaitez partager avec nous votre portrait culturel n’hésitez pas à me contacter.

 

Et bien sûr n'hésitez pas à visiter l'Antre de Margoth

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