Sleeping Dogs ce jeu qui manque de chien

Publié le 22 Mars 2013

S - Sleeping Dogs

Plus j’avance, plus je joue et plus je me force à explorer Sleeping Dogs et plus je regrette que ce jeu ne soit pas une autre chose, un autre jeu. Plus j’avance et plus je déplore les creux de ce scénario qui avance par toutes petites touches, de toutes petites séquences avec cet anglais parfait, sans accent, des cinématiques courtes avant de scènes d’action, elles aussi trop courtes. Alors, joueur, je prends mes libertés, je vole une voiture et je roule comme un chauffeur ivre jusqu’à ce que les policiers me prennent en chasse ; j’attends, je provoque, j’en tue suffisamment pour que l’on me prenne au sérieux et qu’une course-poursuite digne de ce nom puisse avoir lieu. Et enfin sous le feu croisé des policiers, j’accélère et alors là le jeu donne dans le savoir-faire, la course-poursuite de cinéma, de cinéphile, de cascadeur, avec cette possibilité que je trouve délicieuse de se défaire de ces poursuivants en les envoyant dans le décor, coup de frein, de volant, un ralenti et explosion dans le décor. C’est joli, efficace, c’est jouissif et c’est presque parfois trop facile, plus facile en tout cas que de sauter de son véhicule en marche pour en voler un autre.

Mais on se lasse aussi de cela, on se lasse de tout, même si sous la pluie et dans la nuit, Hong Kong est une belle ville, douce et capiteuse comme une belle fille. On se lasse des courses-poursuites et des cascades chronométrées, pourtant c’est là certainement une des qualités assurées de Sleeping Dogs. Il reste alors ce que le jeu a de mieux, de meilleur, il reste le cœur de l’univers asiatique quand il est question de cinéma d’action, il reste le combat. Mais si l’on peut voler une voiture n’importe quand et provoquer la poursuite, trouver matière à enchaîner des combats conséquents est une chose rare et ce qui est rare est précieux, mais frustrant aussi. Bien sûr, on croise des petits groupes dans la ville, des apéritifs que l’on corrige rapidement, des formalités, ce qui est bon, vraiment bon ce sont les grosses bastons, les combats de masse, dix, vingt, trente assaillants et là ça devient bon, violent, rugueux, abrupte aussi parce que les combats sont mortels si on n’y prend pas attention. Les combats sont faciles mais mortels, c’est ce paradoxe qui fait le plaisir.

Un seul bouton pour frapper, un seul bouton pour contrer, un seul bouton pour choper et rien de plus. Et c’est bon. Les combats sont lents et s’en trouvent chorégraphiés autour d’une sorte d’inertie de masse ; j’aime ces moments où l’on évolue parmi les ennemis sans savoir lequel va attaquer, sans savoir lequel attaquer, frapper ou contrer, attendre ou prendre l’initiative, les combats ont alors quelque chose qui relève du jeu de rythme, une danse, une saccade, une secousse, une valse, il y a une routine presque hypnotique, sortir tel ou tel combo est une question de rythme et si l’on n’est pas précis, si l’on n’est pas attentif alors on peut rapidement se faire punir, passage à tabac jusqu’à la mort et un réveil à l’hosto. Les combats, tout est là et pour rompre le rythme, l’accélérer ou ralentir, il y a les chopes, les prises qui peuvent se finir en action contextuelle d’une violence urbaine sèche et sanglante ; la tête dans le ventilateur, le rideau de fer que l’on ferme sur le buste de son adversaire, les têtes que l’on explose sur le mur.

Les combats, c’est tout ce qui est bon, c’est l’essentiel. Le reste n’est qu’un emballage glosé par la presse, le glaçage joli mais indigeste qui enrobe tout comme il cache le reste, les lacunes. Sleeping Dogs n’aurait jamais dû être un GTA like, parce que dans ce genre ce n’est qu’une version générique et apatride mais si Sleeping Dogs avait été un pur beat’em all ce jeu aurai été une pépite d’un or pur ; j’aurai aimé que Sleeping Dogs soit un de ces jeux d’action dans un monde ouvert où l’action prévaut sur le scénario, je pense à un jeu comme Les Royaumes d’Amalur : Reckoning un jeu qui sous un habillage de RPG propose un vrai jeu d’action, hack’n slash pur souche. Sleeping Dogs avec plus de combats, plus de projecteurs braqués sur cette dimension archaïque aurait été pour moi un bijou au lieu d’être ce jeu en demi-teinte.

Le combat, toujours le combat ; du début à la fin avec le finish him contextuel, les coups de pied dans la tête, les combats pieds & points et surtout par le reste qui est bien plus négligeable en terme d’intérêt
Le combat, toujours le combat ; du début à la fin avec le finish him contextuel, les coups de pied dans la tête, les combats pieds & points et surtout par le reste qui est bien plus négligeable en terme d’intérêtLe combat, toujours le combat ; du début à la fin avec le finish him contextuel, les coups de pied dans la tête, les combats pieds & points et surtout par le reste qui est bien plus négligeable en terme d’intérêt
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Le combat, toujours le combat ; du début à la fin avec le finish him contextuel, les coups de pied dans la tête, les combats pieds & points et surtout par le reste qui est bien plus négligeable en terme d’intérêt

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Commenter cet article

ninja 27/10/2014 12:44

Ce que j'ai apprécié le plus dans ce jeu, c'est de me retrouver à Hong Kong, après j'ai quand même été assez vite lassé, un GTA like de plus et graphiquement très moyen en prime...

Mémoire de joueur 27/10/2014 15:30

C'est je pense toujours mieux qu'un jeu de lapin ouvrier, ou un jeu de chat politicien, voir même mieux qu'un jeu de chien ninja ; le jeu est beau je trouve, luisant, coloré, collant, son défaut n'est pas d'être moche, mais d'être vide de vie.