Articles avec #3-5 tag

Publié le 1 Octobre 2013

Dragon Dogma s’ouvre sur une scène qui nous immerge immédiatement dans l’ambiance jeux de rôle papier de ce jeu vidéo. Excellente introduction, tout en rythme, avec un personnage de haut niveau ; j’aime les jeux qui donne un aperçus de leur potentiel dès les premières secondes. Un dragon rôde, des orcs et des gobelins attaquent, la prise en main arcade à la troisième personne est bonne. On tombe sur un boss, un lion avec queue de serpent et une tête de chèvre : c’est épique. Style graphique sombre et réaliste qui rappel Dark Souls, la difficulté en moins. Quel paradoxe de retrouver une ambiance de JDR occidental dans un RPG japonais, jeu Capcom.

Agréable découverte, je suis sous le charme. Des boss très bien taillés, des combats corsés ; souffle héroïque. Pendant que certains se perdent dans le bac à sable GTA V, je jubile du porte, monstre, trésor, avec un level design respectueux de l’esprit jeux de rôle vieille école. La création de personnage post introduction sent aussi le JDR ; guerrier, mage, rôdeur. J’aime déjà le jeu malgré une caméra récalcitrante. De très beaux effets de lumière lors des pouvoir magique. Un titre meilleur que Les Royaumes d’Amalur.

 

La vignette : Dragon Dogma Dark Arisen
La vignette : Dragon Dogma Dark Arisen

Cela faisait longtemps que j’avais envie de lancer une rubirque avec des articles qui ne dépassent pas un certain nombre de mots. C'est décidé, la vignette se limitera toujours à 200 mots ! Je lance donc Les Vignettes qui devraient correspondent grosso modo à mes premières impressions sur un jeu, ou sur une scène dans un jeu, ou un passage, ou une reflexion, bref on verra un peu pour le contenu, l'essentiel sera de ne jamais dépasser 200 mots et si possible être toujours à 200 mots exactement - note non comprise, d’ailleurs les prochaines vignettes n’auront pas de notes -. Et j'ai vraiment adoré mes débuts sur Dragon Dogma Dark Arisen, ça fait donc un parfait prétexte pour lancer cette rubrique.

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Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #La vignette, #3-5

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Publié le 23 Septembre 2013

C'est quand on termine Killer is Dead que l'on réalise que l’on vient de jouer à un des jeux les plus mélancoliques et désabusés de ces dernières années. Finir ce jeu m’a rendu triste.

Ce sentiment de tristesse vient de la sensation qu’à mesure du développement de Killer Is Dead, Suda51 a finie par ne plus croire en lui et qu'il s’est permis de bâcler le jeu. Je sais que mes premières impressions étaient enthousiastes, et, sachez-le, je maintiens l’euphorie que provoque le début du jeu. Par curiosité, après l’avoir terminé, j’ai recommencé Killer is Dead pour me comprendre comment l’enthousiasme avait pu devenir tristesse. Je crois que cette mélancolie résulte du fossé qui se creuse progressivement entre ce que le jeu promet et ce que le jeu offre réellement.

Le tutoriel qui fait office d’introduction est vraiment superbe visuellement. Il pose une ambiance de polar noir très prometteuse et il laisse augurer d’un scénario sombre et vénéneux.

Le premier épisode tourne autour d’une variation d’Alice au pays des merveilles vraiment intéressante. Il confirme les impressions laissées par l’introduction. Le jeu conserve l’aspect de polar noir surnaturel et explore une réalité tourmentée traversée par des tensions souterraines. Le jeu poursuit l’exploration d’un parti pris esthétique présent dès le départ et qui fait le choix de la radicalité plutôt que celui de la prouesse technique.

On est dans un jeu hyper graphique, qui repose sur un cell shading très intense, saturé de noir avec des couleurs presque en aplat. Ce style donne un ton résolument engagé à Killer is Dead, un ton mature proche du roman graphique.

Le troisième épisode - il est possible que j’en oublie un peu en route, mon découpage est juste chronologiquement même s’il n’est peut-être pas précis - marque déjà un recul, une reculade, une dérobade du jeu. C’est un épisode uniquement narratif, on s’y déplace, mais on ne s’y bat pas, où très peu. Seulement contre le boss qui va être un des personnages récurrents de l’histoire. Mais ce combat est intéressant pour une action ; la capacité du boss à faire voir la scène à travers ses yeux. Le boss est constitué de trois clones qui attaquent Mondo Zappa en même temps. Quand on est victime de son pouvoir la vue du jeu change, on se retrouve à voir la scène à travers le regard d’un des trois clones, en vue subjective façon FPS. On contrôle toujours Mondo ; fondamentalement l’attaque de ce boss affecte onc directement le joueur et non le personnage. Je trouve cela fascinant, on est obligé de venir nous attaquer nous-même pour nous libérer de ce pouvoir. C’est une scène qui finalement en dit beaucoup, peut-être pas sur le jeu directement, mais sur l’esprit de Suda51. On dit de lui que c’est un développeur avec l’esprit punk. Je vois surtout dans cette façon de mettre en scène le rapport au quatrième mur, une percée presque nihiliste et désenchantée du créateur. On attaque le personnage qui regarde la scène, donc Mondo attaque en direction de l’écran comme s’il voulait briser ce mur invisible qui sépare le jeu et le joueur. Mais aussi comme s’il voulait s’attaquer au joueur directement. En dehors de cette scène particulièrement intéressante ce troisième épisode n’a aucun intérêt ; le parti pris esthétique recule, il devient moins radical et plus épuré. Quant au duo level design et gameplay, il approche du néant.

L’épisode suivant s’ouvre, il me semble, sur Mondo Zappa toujours impeccable dans son costume entrain de courir au ralenti sur la lune. Plan large, Mondo porte un casque de scaphandre et court de cratère en cratère. Un what the fuck discret s’échappe mollement de nos lèvres qui sourient. On admire l’absurde de la scène pour l’irrévérence au réalisme qu’elle déploie. Et puis le personnage rejoint une grande bâtisse bourgeoise et l’épisode commence vraiment. Couloirs, salles, monstres se répètent. Le front radical du parti pris esthétique recule. C’est toujours en cell shading mais c’est moins encré, moins noir, moins osé. L’histoire fait intervenir un ersatz du roi David et le scénario nous fait comprendre qu’il sera l’ennemi principal du jeu : le boss. On peine à comprendre ce que cette référence au biblique roi David vient faire dans ce jeu, sur la lune, comme ennemi final. Et d’ailleurs si quelqu’un l’a compris qu’il n’hésite pas à me l’expliquer. Outre la pauvreté des enjeux de gameplay, ce que l’on retient de cet épisode, c’est une nouvelle fois le face-à-face avec le boss. Pas pour son combat cette fois, mais pour le discours qui le précède. C’est à ce moment-là que David propose à Mondo Zappa de ne pas combattre et de s’allier pour régner sur le monde. C’est une figure de style très classique de la confrontation entre le gentil et le méchant. Ce qui est moins classique, c’est la réponse du héros. Je n’ai plus les mots exacts, mais c’est l’idée qui est intéressante. Après un instant d’hésitation, comme si dire oui était possible, le héros répond deux choses :

  • Que conquérir le monde c’est surfait et ringard.
  • Que s’il venait à faire ce choix ça ferai gueuler les gamers parce qu’on est dans un jeu d’action.

 

Il utilise bien les mots gamers et jeu d’action. Et encore une fois la frontière censée délimiter l’espace du jeu et l’espace hors jeu vacille. Le héros agit comme s’il avait conscience de sa condition de héros de jeu vidéo, mais aussi  comme s’il avait conscience d’être dans un jeu d’action et de devoir se comporter selon le schéma attendu dans ce type de jeu. Mondo Zappa parle des gamers mais pas de celui qui est entrain de jouer. On peut voir ce passage comme purement anecdotique ou comme une ruade idiote de Suda51 pour amuser la galerie. Mais on peut aussi y voir un manifeste. Si on accepte que Mondo Zappa est Suda51, il y a dans cette déclaration comme une proclamation de guerre. Sous-entendu je ne ferai pas de jeu AAA c’est trop ringard. Si on prend en compte la dimension tragi-comique et mélancolique de Mondo Zappa, on peut aussi considérer que dans cette scène, il y a une forme de renoncement. L’idée que ; ok je vais faire des jeux d’action, sous-entendu des jeux de genre, mais à regret parce que je n’ai pas les moyens de faire d’autres jeux. C’est dans le silence qui précède la réponse, dans le temps d’hésitation que se trouve peut-être ce renoncement. Et c’est peut-être ce renoncement qui contamine tout le reste du jeu.

Parfois le jeu nous emporte dans un grand n'importe quoi où interviennent des licrones. Et on se demande vraiment si le jeu se moque de nous ou s'il est génial ou si c'est autre chose

Parfois le jeu nous emporte dans un grand n'importe quoi où interviennent des licrones. Et on se demande vraiment si le jeu se moque de nous ou s'il est génial ou si c'est autre chose

Jusqu’à ce moment Killer is Dead, le jeu est plein de promesse. On sent très fort la présence de l’auteur, comme je l’évoquais dans mes premières impressions. On découvre des personnages énigmatiques que je trouve attachants. Un scénario qui lance des pistes symboliques dont on suppose que les ramifications seront mystiques. Un style graphique racé et un gameplay qui, bien que minimaliste, est agréablement nerveux. À ce stade-là, on a défloré un peu moins d’un tiers du jeu et on se dit que le meilleur reste à venir. C’est en tout cas ce que je pensais. Malheureusement, c’est là que le bât blesse, le jeu ne décolle jamais. Pire, il ne cesse de s’éloigner des promesses radicales qu’il fait miroiter au départ.

Esthétiquement le jeu stagne, régresse, se perd. Plus précisément il donne la sensation de se diluer. Je parlais au départ d’un cell shading très noir avec des couleurs en aplat. À mesure que l’on progresse dans le jeu les noirs sont de moins en moins denses. On a la sensation d’être devant des images délavées, on a l’impression que l’on a augmenté au maximum la luminosité de l’écran et que le jeu baigne dans un brouillard laiteux. À cette dilution du style, s’ajoute la désillusion des niveaux qui sont sans imagination, sans audace, on traverse des lieux génériques comme un immeuble, une usine, un train, etc. On est loin de la réinterprétation d’Alice du premier épisode qui possède style fort.

De son côté le scénario s’enlise. On ne sait pas où il veut en venir. Chaque épisode est bouclé sur lui-même, et peine à s’inclure dans la métahistoire que l’on essaie de comprendre. J’ai lu dans un test - malheureusement je ne sais plus où sinon j’aurais adoré les balancer - que le scénario était prévisible. Si elle est prévisible, c’est qu’elle est compréhensible, mais ce n’est pas le cas, on peine à déterminer le style d’univers, l’époque, le métier des héros, les liens entre eux, etc. L’histoire est sans queue ni tête. Toutes les choses qui pourraient être intéressantes sont à peine évoquées, et aussi vite oubliées. Il en va de même des personnages. On explore jamais la nature des personnages, on reste en surface, on effleure, on zappe, on oublie, ils rentrent dans l’histoire, en sortent comme ils y sont arrivés. C’est d’autant plus frustrant que j’aime les personnages. Il y a une forme d’irrévérence à maltraiter ses esquisses, d’accord, mais à on ne peut pas tout le temps sauver les choses par l’irrévérence.

Le level design est rigide, rectiligne, pauvre et dirigiste. Et je ne l’invente pas, c’est encore une fois Monda Zappa lui-même qui le fait remarquer à David lors de leur rencontre finale. J’ai déjà joué à des jeux moyens techniquement. J’ai déjà aimé des jeux de série Z ; si par miracle John Carpenter lisait mon blog il pourrait vous dire que la frontière entre œuvre de genre fauchée mais géniale et une grosses bouse de série Z grotesque est très mince. Ce qui est particulier dans Killer is Dead c’est que l’on est devant un jeu moyen mais qui a conscience de l’être. Le héros en personne le rappelle, le revendique, le reconnaît. C’est ce qui rend le jeu si triste à mes yeux.

On a sous les yeux un jeu qui a une grande ambition, qui fait un pari risqué et qui a échoué. Et surtout on est en présence d’un jeu qui est conscient de son échec. C’est cette conscience qui donne toute la mélancolie à Killer is Dead, il nous met presque mal à l’aise.

A vouloir faire le choix de l'esthétique à tout prix, Killer is Dead perd souvent en lisibilité aux moments où l'action devient frénétique

A vouloir faire le choix de l'esthétique à tout prix, Killer is Dead perd souvent en lisibilité aux moments où l'action devient frénétique

Pour le reste à vous de juger. Le jeu est court. Il est découpé en épisodes qui se bouclent en une demi-heure environ. Mais sur cette demi-heure, on passe un quart, un tiers, parfois plus, du temps en mode cinématique à ne pas jouer. Entre deux épisodes le jeu propose des miettes ; des miettes de gameplay, des miettes d’idées, parfois des miettes de génie. Ce sont des séquence courte qui reprennent le level design de l’épisode que l’on a bouclé et dans lequel on joue, ou on mini-joue. C’est décousu, disparate, d’un intérêt parfois limité, mais c’est là.

Je voudrais avant de partir reparler du gameplay. Très minimaliste, on joue à trois boutons ; attaque, esquive et brise garde. Sans atteindre la virtuosité d’un Bayonetta il est très efficace. Il ne souffre que d’une chose, la confusion provoquée par une caméra comme souvent paresseuse et des partis pris esthétiques changeants. Mais c’est bien foutu, le jeu compense la maigre palette de coups avec un système de combo qui valorise l’enchaînement. Plus on enchaîne de coup - sans se faire frapper - plus on devient puissant et à partir d’un certain point on débloque les coups d’achèvement qui permettent de looter plus. C’est simple mais efficace. Et en dehors des soucis de lisibilité, la seconde chose qui vient ternir cette mécanique jouissive, c’est le faible nombre d’ennemis. On voudrait d’un mode horde, d’assauts continus, dantesques qui nous pousseraient dans nos retranchement, mais ce n’est jamais le cas. Sauf dans le défi de l’acenseur et dans les missions de Scarlett l’infirmière cochonne.

Je vous assure que j’ai voulu aimer ce jeu jusqu’au bout. D’ailleurs c’est le cas. Mais je ne l’aime pas pour ses qualités ou ses défauts de jeu, je l’aime pour ce qu’il est. Un ovni raté, un jeu dans lequel Suda51 semble se désintéresser du jeu vidéo pour compter fleurer à des références cinématographiques grotesques tartarinesques. On ne sait plus si ce jeu est une grande imposture hypster - le radicalisme graphique du cell shading étant l’équivalent de la barbe chez le bobo -, si c’est un coup de cutter nihiliste planté dans le ventre mou de l’establishment, si c’est une blague, une parodie, une récréation. On s’y perd et on en perd de son intérêt de joueur. Pourtant le jeu est là, ses promesses, son héros stylé récurent chez Suda51, son gameplay nerveux, et son infirmière sexy.

  • J’en profite pour le dire haut et fort : Scarlett, l’infirmière sexy de Killer is Dead est la plus grande salope du jeu vidéo ! C’est de très loin le personnage le plus bandant de cette génération de console. Et je dis salope dans le sens le plus érotique possible. Oui je suis tombé érotiquement amoureux de c’est putain blonde à forte poitrine, mini blouse et porte jarretelle blanc.

 

Le jeu est là avec son style inimitable, entre romans graphiques noirs et estompe estompées. C’est peut-être un jeu à regarder et non pas un jeu à jouer. C’est peut-être ça son secret. Avant de clore cette critique sur une note qui ne sera pas celle du jeu mais celle de l’article je voudrais vous parler d’une dernière chose. La derrière preuve que ce jeu est un titre crépusculaire dans la carrière et l’œuvre de Suda51. À chaque début d’épisode Mondo Zappa se lance dans l’action en prononce Killer is Dead. Plus précisément, avec son accent japonais, il l’écorche, il le massacre, il le mange, il y a même un épisode où il n’a pas le temps de finir sa phrase. C’est là la preuve que ce jeu est un grand jeu inachevé, un jeu que son créateur a laissé s’échouer dans la médiocrité. Killer is Dead c’est le Titanic qui aurait été décoré par Valérie Damidot. C’est un jeu que beaucoup oublieront rapidement, que quelques-uns décriront longtemps comme le sommet de l’imposture et qu’une minorité aimera avec cette tendresse que l’on a pour les choses fêlées.

Killer is Dead is dead

Note : Oui, seulement trois sur cinq parce que j’ai fait plus long que ce je voulais. Parce qu’il me semble que j’ai été lourd dans la rédaction. Parce que la critique manque d’idées neuves et percutantes. Tout simplement parce que je me suis un peu forcé à écrire cet article, je voulais le faire avant de passer à autre chose et avant de rendre le jeu à @aquab0n, cette fois je ne vais pas le garder 12 ans. Peut-être aussi que je suis un peu déçu par cet article parce que j’attendais plus de lui. Je ne sais pas, c’est comme ça. De toute façon en ce moment je ne sens pas trop mes articles. J’écris pas mal à côté, dans un genre qui n’est pas de la critique et j’ai peut-être perdu un peu d’acide dans mon encre. Ou tout simplement en mettant un peu plus d’exigence dans mes écrits littéraire j’ai fini par importé mon exigence dans mes récits moins littéraire. Sinon j'ai essayé d'avoir une utilisation de l'italique un peu différente qu'à l'habitude. Je conserve le - italique - pour mes interventions perso, mais cette fois l'utilise l'italique de façon presque logique, pas simplement pour mettre en avant des mots clefs mais pour remplacer le guillemet. Bref je crois que ça ne sert à rien d’épiloguer plus. Killer is Dead !

Tu croyais sérieusement que j'allais boucler cet article sans illustrer celle à qui je viens de décerner le titre de plus grosse salope des jeux vidéo ? Scarlett je t'aime !!!
Tu croyais sérieusement que j'allais boucler cet article sans illustrer celle à qui je viens de décerner le titre de plus grosse salope des jeux vidéo ? Scarlett je t'aime !!!
Tu croyais sérieusement que j'allais boucler cet article sans illustrer celle à qui je viens de décerner le titre de plus grosse salope des jeux vidéo ? Scarlett je t'aime !!!

Tu croyais sérieusement que j'allais boucler cet article sans illustrer celle à qui je viens de décerner le titre de plus grosse salope des jeux vidéo ? Scarlett je t'aime !!!

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Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #Critiques - jeux vidéo, #3-5

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Publié le 11 Juin 2013

Aujourd’hui, un petit article en guise de coup de gueule. Parce que, j’en ai marre d’entendre les joueurs se plaindre de la possible et plausible disparition des jeux d’occasion. Les annonces respectives de la Playstation 4 et de la XBox One ont constitué un prétexte idéal pour relancer une énième fois les rumeurs, les débats, les prises de paroles libres sur la fin de l’occasion. Parler de la possible mort du jeu d’occasion comme si c’était vraiment important, comme si c’était une question de premier ordre, alors qu’il me semble que cette question est encore plus morte que l’est le marché en question.

Les amis soyons honnêtes avec nous-mêmes ainsi qu’avec les autres : le marché du jeu vidéo d’occasion est déjà mort !

Et ce n’est pas la faute des odieux éditeurs aigris de ne pouvoir toucher une seconde fois de l’argent sur des jeux qu’ils ont déjà vendu qui a tué ce marché. Ce sont les boutiques elles-mêmes qui ont sabordé le système. Alors s’il vous plait arrêtez de défendre l’occasion, nous ne pouvons pas être crédibles si d’un côté nous passons notre temps à fustiger les revendeurs de jeux vidéo, Mircomania en tête - vu que c’est presque la dernière franchise physique à perdurer - ses prix abusifs et ses vendeurs incompétents et dans le même temps, défendre le jeu d’occasion comme si c’était la panacée alors que c’est le marasme absolue.

Les raisons de ce sabordement sont nombreuses, le prix bien sûr, mais j’y reviendrais plus tard, avant cela, il y a une chose très simple qui plombe ce marché c’est la trop faible diversité des titres que l’on peut trouver en occasion par rapport à ce qui sort réellement. Une fois que l’on a retiré les cinq ou six saisons de FIFA, de jeux de catch et de Call Of Duty toutes rendues caduques par l’avènement d’une nouvelle version saisonnière, il ne reste plus qu’une trentaine de titres dont certains semblent sédimenter dans les rayons depuis des années. Si on ne devait se fier à cet instantané, on n’imaginerait pas la vigueur et la fougue de la production vidéoludique. En plus, parmi les jeux que l’on retrouve toujours en occasion fidèle comme l’est le pilier de bar qui lève le coude dès le matin il y a peu de titres phares, de jeux cultes et autres perles qui mériteraient d’être découvertes et jouées. Je pense par exemple à Catherine que l’on voit très rarement. Mais ce n’est pas le seul jeu, par exemple cela fait longtemps que je cherche un Tales of Grace f d’occasion à un bon prix. Il y a aussi Ni No Kuni que je ne vois quasi jamais en occasion depuis qu’il est sorti alors que jeu est un des tous meilleurs RPG de la console, et je me rappel aussi du mal que j’ai eu pour trouver un Assassin’s Creed II en occasion. Je suis sûr que la liste des exemples de jeux difficilement trouvables pourrait être très longue si chacun y allait de son exemple.

Passons rapidement sur l’esthétique douteuse des boutiques de jeux vidéo, sur l’absence d’un quelconque classement qu’il soit alphabétique ou par genre, une absence qui est rarement palliée par la compétence relative et arbitraire des vendeurs. Et comme pompon sur le gâteau, je rappellerai que l’état des jeux d’occasion c’est la loterie ; si les boutiques s’assurent que les jeux ne soient pas - trop - rayés et qu’ils fonctionnent bien, du côté des boîtes et des notices c’est souvent limite, parfois en dessous de la limite et quelques fois c’est indigent - je me suis retrouvé un jour avec un jeu PSP dont la jaquette avait trempée dans l’huile … -, en tout cas nous sommes très loin d’avoir des standards de qualité raisonnables comme on peut en trouver au Japon il me semble.   

Il y a des gens qui n'ont aucun respect pour l'objet jeux vidéo ... bon ok je mais cette photo pour racoler un peu

Il y a des gens qui n'ont aucun respect pour l'objet jeux vidéo ... bon ok je mais cette photo pour racoler un peu

Toutes ces raisons ont déjà à elles seules largement contribuées, selon moi, à éroder le marché de l’occasion. Mais c’est avec les problèmes de prix que l’on touche le fond. Il y a plusieurs choses ; déjà les prix prohibitifs pratiqués sur le neuf et qui se répercutent sur l’occasion. Dans les trois mois - et parfois plus - qui suivent sa sortie d’un jeu il sera vendu d’occasion à peine moins cher qu’en neuf, la différence est si minime que l’on aura vite fait de le trouver moins cher et neuf en fouinant un peu sur la toile - et sans même être obligé de passé par l’étranger -. Passé le laps de temps durant lequel jeu est bankable intervient le second problème lié au prix de l’occasion, c’est l’évolution arbitraire, semble-t-il liée au hasard, de la côte d’un jeu. Pour certains jeux les prix chuteront rapidement passant vite sous la barre des 20 €, puis de 15 €, d’autres mettront des mois, des années à descendre si bas. Et d’autres encore semblent indéfiniment stagner autour des 30 €. Quand on achète une voiture d’occasion, il y a une forme de logique, l’argus, le kilométrage, l’année, l’état, on est en mesure de comprendre un prix. Avec un jeu vidéo ça ne semble pas être le cas. On a du mal à cerner ce qui fait la côte d’un jeu ; ce n’est pas l’état du jeu et ce n’est pas la qualité intrinsèque du jeu, ni même sa durée de vie. On pourrait supposer que c’est la date de sa sortie, mais ce n’est pas vraiment le cas, on trouve de vieux jeux d’occasion plus cher que des jeux récent. C’est mystérieux, en tant que joueur, on ne peut pas faire de protectives parce qu’on ne sait jamais quel prix va atteindre tel jeu. D’autant plus que les prix du neuf varient, eux aussi, assez vite, ce qui fait que l’on se retrouve parfois en boutique avec des jeux neufs moins chers que des jeux d’occasions ce qui amène à douter de l’intérêt de l’occasion. Bref, les prix du jeu vidéo, c’est comme les prix des voyages en train, cela semble aléatoire, ça incite au doute et à la méfiance plus qu’à l’achat de confiance.  

Tout cela pour dire que la défendre le marché du jeu d’occasion me semble idiot. Je ne comprends pas ces joueurs outrés quand une rumeur laisse entendre que tel constructeur, tel éditeur, veut brider ou interdire l’occasion. Je comprends que l’on ait envie de payer ses jeux moins chers, mais je doute de plus en plus que le jeu d’occasion soit la bonne réponse à ce désir. Pourquoi s’offusquer qu’un marché moribond depuis des années meurt enfin et qu’un nouveau modèle le remplace ? Parce que la vraie question ce n’est pas celle de l’occasion, c’est celle du prix des jeux vidéo ! Les jeux d’occasion sont une « nécessité » qu’une conséquence des prix du neuf que les joueurs trouvent trop prohibitifs. Bien sûr j’entends déjà #lesgens qui vont me dire « oui mais le prix des jeux vidéo n’a pas augmenté depuis la NES ou la Super Nintendo », d’accord sauf qu’à l’époque nous jouions moins, nous consommions beaucoup moins de jeux et surtout nos parents trouvaient déjà que c’était trop cher pour ce que c’était. Si vous voulez garder les jeux à ce prix d’accord, gardons les jeux vidéo à 60 €, mais ne demandons plus alors aux joueurs d’acheter une ou deux nouveautés par mois. En même temps moi je m’en fous je n’y joue pas aux nouveautés.

C’est cela la vraie question : en tant que joueur quel prix estimons-nous juste pour un jeu vidéo. Et accessoirement combien de temps ce prix est crédible ? Je n’entends jamais personne se plaindre que l’on ne trouve pas de jeux d’occasion pour mobile ou pour tablette, ni même personne qui souhaiterai revendre ses applications - à part quelques troll pour de purs débats de rhétorique de la mauvaise foi - tout simplement parce qu’à priori ils estiment avoir payé les jeux à leur juste prix. Et c’est pareil avec Steam, j’entends plus de personnes se plaindre d’avoir trop de jeu dans leur bibliothèque que de personnes se plaignant de ne pas pouvoir les revendre. Cessons de pleurnicher sur la disparition d’un marché qui est devenu sans intérêt et essayons plutôt de faire entendre aux constructeurs que nous sommes prêts à payer pour jouer, mais payer un prix plus juste pour un produit plus juste ; par exemple, je veux bien payer les développeurs, les graphistes, les programmateurs, mais je n’ai pas envie de payer les publicitaires et gens du service marketing qui me pondent une campagne de propagande à la con pour un jeu que l’on aura oublié deux semaines après sa sortie. Je suis d’accord pour payer plein tarif un jeu qui lance une licence, un moteur, un univers, mais je trouve abusif de payer le même prix pour un jeu qui n’a eu qu’à poursuivre le scénario de l’épisode précédent sans renouveler son moteur, son univers, etc. - parfait exemple Assassin’s Creed -. Est-il logique de payer en boutique le même prix qu’en dématérialisé quand on sait que pour le jeu en boutique il y a fallu imprimer le jeu, le transporter, le revendre, que chacun à prit sa part et payé ses taxes alors que le dématérialisé est exempt de cela ?

Sony avec son abonnement premium au PSN m’a habitué à payer moins pour jouer plus et dans ce « contrat », je suis d’accord pour accepter le dématérialisé et même accepter une date de péremption sur le titre que je télécharge si pour un prix raisonnable - 5O euros pour un an - et que j’ai accès à deux ou trois titres par mois auquel je peux jouer plusieurs mois. Et les pisse-froid ce n’est pas la peine venir jouer les rabat-joie en disant que c’est inadmissible l’on ne puisse pas garder son jeu ; je vous rappelle que c’est vous-même qui défendez le marché de l’occasion qui ne fonctionne que parce que des joueurs se séparent de leurs jeux. Si les jeux sont à un prix plus juste alors on se moquera de ne pouvoir les acheter d’occasion parce que dans le fond le joueur lui ce qu’il veut c’est jouer sans avoir à hypothéquer sa maison.

Laissons donc mourir le marché de l’occasion et ne le pleurons pas, il a une fin de vie minable et pathétique. Au lieu de s’acharner à essayer de croire qu’il est beau, qu’il va bien, qu’il est utile laissons le partir. Les seuls à qui cela fera du mal c’est aux boutiques mais ça les amènera peut-être à réfléchir sur leur avenir. Je n’ai pas les clefs de cet avenir, je doute que le tout dématérialisé puisse prendre la place tout bêtement parce que nous n’avons pas une couverture internet suffisamment homogène pour cela. Il n’empêche que l’on est en droit d’aspirer à consommer les jeux vidéo différemment ; ce que j’ai envie de dire aux constructeurs au lieu de pleurnicher c’est « trouvez moi un nouveau mode de consommation du jeu vidéo, profiter de cette nouvelle génération pour mettre en place de nouveaux modèles ». En même temps je doute qu’un constructeur de console ou un éditeur de jeux vidéo lise mon blog …

Coups de gueule ; laissons mourir le jeu d'occasion

Petite mise à jour de l’article au sujet du marché de l’occasion sur internet.

J’avais pensé à le traiter dès le départ mais étant plus porté par l’idée d’un coup de gueule que de l’article objectif, je l’avais laissé de côté. Je prends donc ce que j’ai mis en commentaire ici.

Il reste bien entendu la vente d'occasion en ligne. Son plus gros avantage, c’est qu’elle permet de trouver les jeux que l'on ne trouve pas en boutique. Quoi que l’on cherche, internet est là pour nous le dégoter, surtout si on sait ce que l’on cherche ; sous-entendu on ne peut pas exactement flâner sur un site, ni même se laisser guider par un vendeur - mais en boutique non plus bien généralement -. Mais je trouve à ce marché deux petits noirs. Le premier, c'est que l'on est soumis à la bonne fois du vendeur sur l'état du jeu vu qu’on ne peut pas vérifier. Je viens d'acheter Grand Theft Auto IV & Episodes From Liberty City, il était annoncé en état « comme neuf », mais est arrivé un jeu dans un état qui mériterait juste un label "bon état". En soi ce n’est pas très grave, je l'aurais sûrement pris en l’état si je l'avais vu en boutique, mais là je reste sur la sensation d'avoir été dupé. Il y a quelques mois, c'était un God of War III qui refusait carrément de passer sur ma console, mais ma tête de lecture était en fin de vie, je dois être indulgent avec cette mésaventure puisque par la suite même les jeux neufs ne passaient plus. L’autre souci avec les vendeurs d'occasions en ligne qu’ils soient pros ou particuliers c'est que dès qu'un titre se fait un peu rare il y a une inflation qui simplement provoquée par la crédulité de certains "collectionneurs". Bien sûr ce marché existe, il est utile et souvent fiable, mais ce n’est pas la panacée parce qu’il n’est pas toujours très clair et il s’adresse surtout aux connaisseurs qui savent où trouver les jeux aux bons prix.

Du coup si l’on peut être critique au sujet des vendeurs spécialisés et des boutiques dédiées il reste et à priori il restera toujours le marché "informel" du particulier à particulier, des brocantes, des sites de petites annonces, les Cash Converters, etc. Cela existe et existera tant que l'on pourra avoir des jeux sur un support physique. On y trouve de tout, à tous les prix, on y fait de bonnes affaires mais l’on peut s’y faire avoir, on a n’y trouve pas nécessairement de conseils mais on y trouve des gens à des prix parfois bien plus intéressant qu’ailleurs - si on est prêts à passer un peu de temps ensuite à batailler avec la colle ben collantes des étiquettes -. Je n’hésite jamais a commander des livres, des BD, des DVD par ce biais mais je suis toujours un peu hésitant quand j'y achète des jeux. Faut-il faire confiance aux prix ? Dois-je prendre l’offre la moins chère ou cache-t-elle quelque chose ? Les offres plus onéreuses sont elles plus sérieuses ? Là encore avec ce marché « informel » il faut à la base être un peu connaisseur pour pouvoir s’en sortir a faire les meilleurs affaires.

Merci à Trulsrohk, Margoth et Léo pour leurs commentaires qui m’ont conduits à mettre à jour cet article.

Coups de gueule ; laissons mourir le jeu d'occasion

Note : un petit 3/5 parce que le coup de gueule ça fait du bien à celui qui le pousse mais en réalité ce n’est jamais ce qu’il y a de plus constructif ; et qui dit moins de construction dit note plus basse. En même temps ça fait plaisir de se laisser aller à la digression sur un sujet qui me tarabiscotait depuis quelques temps. Qui sait, je vais peut-être avec cet article lancer une série de coups de gueule sur les jeux vidéo, sur les joueurs et sur les blogueurs. Ou peut-être pas. Comme dans tous les articles coups de gueule on laisse un peu plus de place à la provocation qu'à l'argumentaire sérieux mais c'est cela qui est doux. Suite aux commentaires j'ai mis à jour cet article en essayant d'être un poile plus objectif mais toujours critique vis à vis de l'occasion. J'aime quand un article grandi suite à la lecture des lecteurs, continuez comme ça les amis

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Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #3-5, #Chronique de joueur

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Publié le 15 Avril 2013

Oblivion commence par un dispositif fragile dans lequel Tom Cruise alias Jack Harper se promène seul dans des paysages dévastée comme si la Terre avait subit une guerre spatiale avec supplément nucléaire. Jack Harper est là pour retrouver puis réparer les drones de surveillance qui couvrent ce territoire abandonné. Ce tout petit Jack Harper perdu au milieu d’une terre désertée et dévastée faire penser à Wall-E. Il travaille en binôme avec Vika, une rousse façon beauté lisse, glacée et un peu vide. Depuis ses écrans de contrôle bien à l'abri dans son nid au-dessus de la surface de la terre, elle guide Jack Harper. Elle l’aide à éviter les Chacals, nom donné aux extraterrestres dont des poches de résistances subsistent sur Terre. Donc le film commence sur ce dispositif, Tom Cruise seul dans des décors dévastés, une planète Terre couverte de sable et de cendres et çà et là l’émergence des ruines de New York. Le spectateur oscille entre l’ennui et une forme émerveillement cynique parce que cette Terre dévastée est magnifique.

 

Petit à petit, à force de lenteur, le spectateur s'habitue à ce dispositif, on y rentre doucement. On apprécie la tension érotique qu'il y a entre les deux seuls humains habitant la Terre quand ils se retrouvent dans le nid high-tech où ils logent. Perchés entre terre et ciel ce logement place l'homme dans une allégorie du purgatoire. Pour le scénario ils se trouvent là - sur Terre et dans ce nid / purgatoire - pour terminer leur mission d'entretien et surveillance des drones pendant que d'énormes machines puisent les ressources de la Terre pour plus tard les rapporter aux hommes ayant quitté la Terre. Jack et Vika eux-aussi pourront rejoindre le reste de l’humanité partie immigrer sur Titan, satellite de Saturne, quand tout cela sera fini. Jusque-là le film à des allures de Je suis une légende, ou pour les plus cinéphiles des allures de Le Survivant. Oblivion travaille ce rapport entre l’homme, sa solitude et la nostalgique qui naît. Nous sommes devant un film presque contemplatif. Cette impression est accentuée par le rôle de Vika qui ne quitte jamais le nid et qui observe avec son regard froid et son respect des lois les agissements de Jack Harper motivés par ses émotions. D'ailleurs, difficile de ne pas voir dans ce duo formé d’une rousse froide et un brun téméraire un clin d’œil à X-Files.

 

Le dispositif est fragile parce que l’on peine à y croire et à s’y laisser prendre. Ce qui a pour effert de transformer les plans contemplatifs, en plans habités par un ennui rampant. Tout simplement parce que le spectateur, s’il est féru de science-fiction, ne se laisse pas berner. Il sait, sent, suppose que tout ce dispositif n’est qu’une mascarade prête à voler en éclats pour dévoiler le cœur du film. Alors quand un vaisseau s’écrase, qu’une survivante rejoint le duo, on est rassuré. On s’imagine que le film va enfin prendre de l’épaisseur, de la hauteur et dévoiler son jeu. La scène qui suit ce crash a des allures de Solaris, creusant le sillon de l’étrangeté et du huis clos psychologique / métaphysique. On se dit que Oblivion prend un tour différent de ce qu’il prétendait au départ et que c'est une bonne chose.

 

À ce moment-là du film, j’étais prêt à pardonner les errements du début et a adhérer à la narration qui s’amorçait enfin en prenant le goût d’une nouvelle de K-Dick sauce Total Recall. Mais là le film dérape, en deux scènes et deux dialogues expédiés à la va-vite le réalisateur dévoile et dénoue ce qui aurait pu être le cœur de l’intrigue avortant ainsi un développement psychologique prometteur. Le film change encore d'allures, il lorgne du côté de Terminator, de WaterWorld, il aligne des scènes qui sentent bon la SF désuète des années soixante, façon Chapeau melon et bottes de cuir ou Le Prisonnier, et cela ne s’arrête pas. Oblivion aligne les références, les hommages, les clins d’œil, les citations. On a la sensation que Joseph Kosinski, jeune réalisateur qui a accouché d’un très moyen Tron : l’Héritage, cherche à s’acheter une crédibilité SF en montrant l’étendue de ses connaissances.

 

Cela donne un résultat déroutant prêtant parfois à rire mais pouvant passer pour une sorte de pacte conceptuel. Je n’ai pas vraiment été étonné en regardant le générique de voir qu’Oblivion est l’adaptation par Joseph Kosinski de la bande dessinée Oblivion dont l’auteur est Joseph Kosinski. Je trouve qu’il y a quelque chose de très enfantin dans cette volonté de cité et de faire référence à ce que l’on a aimé et ce qui a construit notre imaginaire. Mais ce que pouvait, peut-être passer en BD - je ne sais pas, je ne l’ai jamais lu - donne un résultat très maigre au cinéma. On retrouvait déjà cette même impression d'esbroufe dans le Cinquième élément de Luc Besson, un film lui aussi construit autour d'un scénario écrit par Besson quand il avait 15 ans.

 

Devant une personne qui aligne de façon exhaustive et récurrente ses connaissances et ses références, on a enclin à penser au vieil adage qui dit que la culture, c’est comme la confiture, moins on en a plus on l’étale. C'est impression est d’autant plus vraie quand on regarde Oblivion parce qu’il manque quelque chose de très important à ce film : ce sont des intentions de cinéma. Vouloir remixer la pop culture SF peut être un projet de film intéressant s’il était porté par un cinéma virtuose comme peut le faire Tarantino quand il recycle le cinéma de série B. Mais Oblivion est totalement dépourvu de cela, de cinéma, de bon cinéma. On se retrouve avec une suite de références aux œuvres de science-fiction, quelques beaux paysages et une mise en scène éculée, abyssale de vide. Du coup l’empilement de citation au lieu de donner du corps au film opère comme un effet comique au point que je me suis parfois cru devant un épisode de Futurama. Et je ne vous parle pas de la fin du film qui est navrante de platitude ni même de la post-fin qui place la barre de la navrance un cran au dessus alors que l’on croyais l’avoir atteinte avec la scène finale.

La dimension esthétique du désastre terrien et l'aspect contemplatif auraient pu faire un bon film s'ils avaient été tenus jusqu'au bout
La dimension esthétique du désastre terrien et l'aspect contemplatif auraient pu faire un bon film s'ils avaient été tenus jusqu'au boutLa dimension esthétique du désastre terrien et l'aspect contemplatif auraient pu faire un bon film s'ils avaient été tenus jusqu'au bout

La dimension esthétique du désastre terrien et l'aspect contemplatif auraient pu faire un bon film s'ils avaient été tenus jusqu'au bout

La seule chose réellement intéressante dans ce film c’est la manière dont les décors réels interviennent comme un élément essentiel de l’impression de science-fiction. J’ai la sensation que le retour aux décors naturels magnifiés par le numérique dans la science-fiction est un mouvement assez intéressant. On retrouve cela dans Oblivion mais aussi des certaines strates de Cloud Atlas, dans Prometheus, dans John Carter, dans le Hobbit, à sa façon Inception et sûrement dans d’autres films qui ne me viennent pas en tête. Dans ces films-là le décor réel intervient comme un pur élément de science-fiction et je trouve ce paradoxe intéressant. Ce ne sont pas les premiers films de SF à être tournés en décor naturel bien entendu mais jusqu’à présent, les décors restaient à leur place de décor, le spectateur pouvait identifier le décor et par dessus les effets spéciaux qui gardaient un aspect factice, artificiel, visible. Dans les films que je viens de citer le décor naturel par l’entremise de la virtuosité technologique apparaît avec une intense étrangeté. La qualité des effets spéciaux permet de rendre méconnaissable la frontière entre réel et virtuel. Je me rappelle qu’à la sortie de Gladiator j’avais eu une discussion animée avec un ami au sujet des plans dans lesquels ont voient une Rome antique en image de synthèse. Même si les images étaient très belles on voyait que ce n’était pas vrai. On se déchirait pour savoir si l’aspect artificiel était une volonté et un élément voulu et intégré par le réalisateur ou si c’était la limite de l’imagerie numérique. C’était l’époque de la nouvelle trilogie Star Wars, de cette opposition entre une imagerie numérique lisse mais sans âme contre le décorum artificiel mais palpable des films de « reconstitution ». La veine Gladiator finalement à abouti à des films comme Avatar ou le Magicien d’Oz qui se passent très bien du réel et offre une expérience du paysage remarquable de virtualité. Mais de l’autre côté se trouvent les films comme Prometheus et donc Oblivion qui s’applique à faire rentrer le réel dans la science-fiction.

 

Quand je regarde les paysages d’introduction de Prometheus, quand je regarde Tom Cruise traverser les vestiges ensablés de New York j’y vois du réel ; je sais très bien que ce n’est pas vrai parce que je me tiens informer des nouvelles du monde et que je sais bien que la Terre n’a pas été dévaster mais dans l’image même du film rien ne me laisse penser que c’est faux. J’aime cette façon de remettre une dimension palpable et organique dans la SF ; mais c’est bien là la seule qualité du film.

 

Je regrette que le film échoue par manque d’ambition, il reste quelques scènes que j’ai énormément aimées, en tout est pour tout cela doit constituer quatre ou cinq minutes sur les deux heures du film, c’est bien peu pour le sauver. On ne peut rien reprocher aux acteurs qui font le job, j’ai plutôt aimé la rousse et Tom Cruise fait du Tom Cruise, mais il le fait bien. Et si je voulais vous sauver je vous dirais d’éviter de perdre de l’argent pour ce film et d’attendre de le pirater ou de le regarder par un biais légal plus ou moins gratuit. J’aurai bien parlé un peu plus des choses qui m’ont atterrée ou énervée, mais je ne veux pas spoiler le film à ceux qui auraient le courage ou l’inconscience d’aller le voir.

Les illustrations de Oblivion le roman graphique de Joseph Kosinski avait un aspect plus sombre que le filmLes illustrations de Oblivion le roman graphique de Joseph Kosinski avait un aspect plus sombre que le filmLes illustrations de Oblivion le roman graphique de Joseph Kosinski avait un aspect plus sombre que le film

Les illustrations de Oblivion le roman graphique de Joseph Kosinski avait un aspect plus sombre que le film

Oblivion ; si Tom Cruise sauve le monde il ne sauve pas le film

Note : le film mériterait bien un 1/5 mais n’oubliez pas que je ne note pas les objets critiqués mais les articles. Or justement je viens d’écrire cet article alors que j’ai de la fièvre et un état d’épuisement avancé ; je suis donc assez fier d’être arrivé au bout. En plus je crois ne pas avoir dit trop de connerie, j’étais parti dans l’idée de glisser encore plus de référence aux films que cite Oblivion mais j’ai un peu arrêter en chemin de peur que ça ne soit pas comprit comme un procédé et puis aussi parce que je commence à être si fatiguer que mes idées s’évapore dans les limbes.

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Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #Critiques - Film, #3-5

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Publié le 13 Avril 2013

Dans le monde de la console de jeux vidéo, nous sommes entrains d’assister doucement mais sûrement au déclin de ce qui a été la  Next Gen ; XBox360 et PS3 arrivent doucement mais inéluctablement en bout de course et on peut gagner du temps en commençant déjà à faire le bilan de cette génération. Je ne doute pas que dans les mois à venir, il fleurira sur la toile des tonnes d’articles faisant le bilan de cette génération. On cherchera à faire des listes des meilleurs titres, des plus importantes innovations, des débats pour savoir si le jeu vidéo à subit une casualisation, etc. Alors je prends un peu d’avance et je voudrais explorer avec vous une idée qui me trotte dans la tête ; la Next Gen a-t-elle était la génération de l’hybridation des genres ?

On pourra débattre sur ce que cette génération de consoles a apporté aux jeux vidéo, à cette question, j’apporte ma modeste réponse : l’hybridation des genres.

La Next Gen génération de l’hybridation ?
  • Mirror’s Edge - hybridation entre la vue FPS appliquée à une logique de plate-forme et le parkour
  • The Eder Scrolls IV & V  - hybridation entre les mécaniques du RPG et la vue FPS
  • Borderlands - hybridation entre la logique et la vue FPS, les mécaniques du RPG et l’esprit arcade des hack’n slash
  • Dead Space - hybridation des émotions et de la mise en scène du survival horror avec la vue FPS
  • The Walking Dead - qui est à lui seul quelque chose d’indéfinissable entre le point’n click, le survival horror et le jeu à empathie
  • Dishonored - qui hybride le FPS avec le jeu d’action, le jeu d’infiltration et le jeu d’ambiance
  • Final Fantasy XIII - hybridation entre un jeu de déplacement ou de plate-forme archaïque et l’essence narrative du RPG
  • Limbo - dont on peut dire qu’il hybride les principes du jeu de plate-forme à l’esprit du survival horror
  • Raisonance of Fate - dont la résolution des combats offre une hybridation entre la mécanique précise du tactical RPG et la fouge nerveuse du jeu d’action à la troisième personne
  • Les Royaumes d'Amalur : Reckoning - hybridation entre l’univers RPG, l’action RPG et le beat’em all arcade à l’ancienne
  • Mass Effect - hybridation entre le TPS nerveux et rôdé et l’esprit et les mécaniques du RPG
  • Catherine - mélange absurde et unique de jeux de drague et de puzzle game de plate-forme
  • Flower - qui est l’unique hybridation entre un économiseur d’écran et un jeu vidéo
  • Portal 2 - lui aussi unique mélange de FPS dans l’esprit du puzzle game et d’un humour pince sans rire
  • Might & Magic : Clash of Heroes - hybridation réussie et géniale - oui j’adore ce jeu plus que les autres de cette liste - entre un univers RPG et une mécanique qui elle-même mélange une part de jeu de stratégie, de casse brique et de puzzle game.
  • Fallout - un classique de l’hybridation entre le RPG et le FPS
  • Saint Row 2 - qui hybride les principes du GTA-like et du jeu de gestion

 

Ce n’est sûrement pas une liste exhaustive, il doit y en avoir d’autres que j’oublie ou auxquels je n’ai pas joué ou qui sont carrément mauvais, libre à vous de combler mes lacunes. Mais je n’étais pas parti pour faire une liste, bien que j’adore cela, je voulais seulement établir une base suffisante de titres reconnus et réussis pour appuyer mon idée selon laquelle la Next Gen aura été la génération de l’hybridation des gens.

Mais ce n’est pas tout de le dire, la vraie question reste en sous-texte. Si la Next Gen a été la génération de l’hybridation des genres pourquoi cela a été le cas ? Pourquoi maintenant ? Est-ce le signe d’un épuisement de la créativité qui a poussé les développeurs a recycler et a mélanger les genre pour donner l’impression de créer quelque chose alors qu’ils sont dans une logique de recyclage pour camoufler l’absence de réel renouvellement créatif ? Est-ce le signe d’une époque en quête du jeu total qui mélange les genres dans l’espoir de donner naissance à une créature comme celle de Frankenstein dont chaque parcelle serait le morceau d’un genre vidéoludique ? Est-ce comme laisse entendre Spring Breakers d’Harmony Korine une façon de célébrer la génération Y comme la génération du remix et de la vacuité ?  Où est-ce simplement que cette Next Gen a offert aux développeurs assez de puissance pour qu’ils puissent réaliser ce qu’ils voulez faire depuis le début et que cette hybridation des genre est l’état naturel du jeu vidéo, sous entendu la séparation des genres que l’on avait connu jusqu’à cette Next Gen était un état contre nature ? Doit-on déduire de cette génération de l’hybridation que les jeux vidéo ne sont plus capables de créer des formes nouvelles et que l’avenir se fera sur le même principe de mélange des genres anciens ?

À vrai dire, ce soir, en ce jour, je ne me sens pas capable de répondre, le constat est criant, mais ses causes sont encore obscures. Faut-il y voir une qualité ou un défaut ? Et vous, qu’y voyez-vous ? Qu’en concluez-vous ?

La Next Gen génération de l’hybridation ?

Note : je ne sais pas comment noter cet article ; à vrai dire je n’avais pas prévu de l’écrire ce soir, si tôt, après si peu de réflexion, mais parfois l’impulsivité reprend le dessus sur la procrastination. Pour ce côté impulsif et impromptu, je pourrais noter cet article 4/5. En même temps je pensais que partir sur ce sujet pouvait conduire à une réflexion intéressante, mais au final, je ne fais que soulever quelques questions sans réussir à les développer. Et pour ça, cet article mérite 2/5. Je me demande sincèrement quel intérêt pourront trouver les lecteurs à cette lecture alors dans le doute je vais couper la poire en deux 3/5.

Non mais Halo quoi ? tu fais un article et tu parle pas de Nabilla

Non mais Halo quoi ? tu fais un article et tu parle pas de Nabilla

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Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #Réflexions d'un joueur, #3-5

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Publié le 12 Avril 2013

je trouve que même leur design est frais et leger et donne envie de lire. Il faut dire que je suis plutôt partisan de la lourdeur et du mauvais goût donc je n'ai pas un jugement design très sûr

je trouve que même leur design est frais et leger et donne envie de lire. Il faut dire que je suis plutôt partisan de la lourdeur et du mauvais goût donc je n'ai pas un jugement design très sûr

Ils m’ont fait le bonheur impromptu et imprévu d’un article que je trouve délicieusement élogieux à mon égare. Alors même si vous allez penser que si je fais la même chose c’est par pure politesse - ce qui est un peu vrai, mais que voulez-vous on m’a apprit à dire merci et ce n’est pas facile de se défaire de ses mauvaises habitudes - et puis en vrai je m’en fouts un peu de ce que vous allez penser alors je le fais malgré tout. En plus je n’ai pas à me forcer parce que plus je lis Else et Esse et plus je trouve l’intérêt de ce blog aux allures de webzine - à moins que ce ne soit l’inverse ou le contraire - grandissant.

J’ai découverts Else et Esse par l’entremise de l’un de ses rédacteurs qui par l’entremise de la page Facebook du blog - preuve qu’elle utile malgré le faible nombre de fans - m’a contacté parce qu’il avait envie de répondre au Tag de la Patate chaude - preuve que c’est un homme éclairé sur les priorités du monde -. A partir de là les choses se sont enchaînées très vite et tout naturellement ; je lis quelques articles qui m’inspirent quelques commentaires, je me mets le blog dans mes favoris, je lis d’autres articles, je publie les réponses de Léo au Tag de la patate chaude, Else et Esse écrit un article sur moi, la loi sur le mariage pour tous est adoptée au sénat, je demande Léo en mariage et ensuite n’ayant pas de quoi lui payer un bague en diamant je rédige cet article.

Else et Esse c’est un peu le projet que dont je n’ai jamais réussi à accoucher mais dont j’ai toujours eu envie de connaître l’existence. C’est un regard frais, critique, judicieux et ouvert - au sens où au lieu de poser des certitudes les articles amènent à se questionner et réfléchir - sur la culture, la communication, l’actualité, les réseaux, bref tout ce qui me parle et occupe une part grandissante de notre temps de cerveau. D’une certaine façon je vois un peu ce blog comme une version 2013 numérique 2.0 des Mythologies de Barthes. Et toi le désenchanté qui maugère en lisant mon article en disant que y’en a marre du personal branling entre blogueurs sache que le blog a pour sous-titre les mot-dièses #joie #bonheur #réenchantement alors va donc apprendre / prendre une part de réenchantement ça ne te fera pas de mal.

La seule chose que je reproche à Else et Esse c’est que parfois leurs articles se terminent trop vite et me laissent comme une femme frustrée le soir de sa nuit de noce ; on voudrait en lire plus parce que les articles sont bons, les articles ils ouvrent des pistes de réflexions dont j’ai envie en tant que lecteur de lire les développement. Mais Else et Esse sont malins, ils gardent ces pistes pour en faire de futurs article, je devrais peut-être apprendre à faire pareil plutôt que de pondre de trop longs articles en essayant d’y faire rentrer trop de choses …

Toi le lecteur curieux de tout, qui a envie de comprendre le monde qui t’entour va donc t’abreuver chez Else et Esse, c’est un conseil qu’il ne serait pas aviser de ne pas suivre, enfin je dis ça, je dis rien.

Else et Esse, le blog que j'aurai aimé tenir

 Note : Ce n’est jamais facile de faire un article pour mettre en avant un concurrent, un confrère ou un congénère blogueur ; peur que ça passe pour de l’autocongratulation réciproque - l’expression peut-être un peu redondante … -, peur que ça fasse des jaloux, peur que l’article ne soit pas intéressant pour ou pire mal écrit, je veux dire plus mal écrit qu’à l’habitude. En même temps au risque de radoter pour moi c’est le fondement de la culture numérique du blogging : échanger, disserter, confronter, s’éclairer, etc. Et pour une fois que je peux mettre en avant un blog qui sort un peu de la sphère radicalement vidéoludique ça fait plaisir. Je trouve donc que cet article ne m’en sort pas trop mal. Je ne sais pas si à la lecture de l’article c’est très évidement, mais j’ai longtemps rêvé de pouvoir tenir un blog comme le leur qui puisse parler du monde 2.0 - oui je sais l’expression 2.0 est déjà désuète - avec un regard critique. Mais je n’ai jamais su m’y coller parce que je trouvais le projet trop vaste, j’ai donc une réelle admiration pour Else et Esse.

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Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #la vie du blog, #3-5

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Publié le 22 Mars 2013

Voilà  deux semaines aujourd’hui que je suis passé à la nouvelle version d’Overblog. Parfois on me demande pourquoi je ne prends pas mon nom de domaine pour lancer mon blog avec Wordpress comme si payer ou non son nom de domaine faisait de vous un vrai ou un faux blogueur ; à cette interrogation la réponse est simple : je suis fidèle, paresseux et exigent. Fidèle, je le suis à Overblog depuis au moins six ans, Over-blogueur depuis des années ma relation avec cette plate-forme est donc évidemment d’ordre affectif. Mais pas seulement, c’est aussi fonctionnel parce que j’ai pris mes habitudes, de mises en pages, de référencement, de publications et tout cela m’allait très bien. J’avais donc, à l’idée de passer à la nouvelle version, autant de craintes que d’impatience. La peur de perdre ce que j’avais construit, la peur de devoir revoir mes repères - oui, j’ai précisé que j’étais paresseux, mais je suis aussi de plus en plus vieux jeu, du genre de ceux qui disent que c’était mieux avant - mais dans le même temps j’étais impatient de passer à cette nouvelle version, c’était une bonne façon de marquer un cap, de franchir un palier de façon symbolique. Maintenant que mon blog est enfin passé à la version kiwi d’Overblog je suis rassuré et séduit.

La migration s’est faite sans problème, sans rien perdre ; aucun article bien sûr, aucune image non plus, les catégories sont devenues des tags, et surtout je n’ai perdu aucun de mes précieux commentaires - je n’ai pas honte de le dire, je blog pour être lu et pour le partage et les commentaires sont les fuit de cet échange, c’est pour ça que je tiens à mes commentaires auxquels je réponds presque toujours -. L’essentiel était là, toute la substance et la moelle de mon blog, même le design avait été conservé. Mais justement j’attendais le passage à cette nouvelle version pour donner un coup de neuf à mon design. J’aime beaucoup les nouveaux designs, beaucoup plus que les anciens, surtout ceux tournés vers l’intégration des réseaux sociaux, couplés aux nouvelles possibilités, notamment le fait de pouvoir multi taguer les articles, ils permettent de mettre en avant d’anciens articles. Et puis même si j’avais souvent mis les mains dans le code CSS pour modifier mes designs dans l’ancienne version d’Overblog je n’ai jamais été inspiré. La contrepartie de ces designs plus riches que les anciens, c’est que les feuilles de style sont plus complexes elles aussi. Cela demande pour un débutant comme moi plus d’attention et de minutie pour les modifier, mais Overblog a fait un bel effort de mise en page des feuilles de style pour que l’on s’y retrouve - j’apprécie l’utilisation de couleurs différentes selon la nature de l’élément codé -. Qui plus est, la FAQ dédiée à la modification des thèmes même si elle n’est pas exhaustive donne de bonnes bases pour décrypter et modifier le code de nos pages.

j'hésite déjà a rechanger de design pour passer à celui qui présente les choses ainsi, censé être idéal pour les photos je le trouve intéressant aussi pour mon blog, j'hésite, je doute, vous en pensez quoi ?

j'hésite déjà a rechanger de design pour passer à celui qui présente les choses ainsi, censé être idéal pour les photos je le trouve intéressant aussi pour mon blog, j'hésite, je doute, vous en pensez quoi ?

En attendant que mes blogs passent à cette nouvelle version j’avais créé un blog test pour appréhender cette nouvelle version mais je dois avouer que j’étais dubitatif quand à son utilité. Je trouvais ça confus mais surtout différent de ce que je connaissais. Mais après quelques semaines d’utilisation intensive avec un blog qui me tient à cœur mon jugement à changé. Bien sûr il faut prendre le temps de perdre ses habitudes - toujours mauvaises - et d’en prendre des nouvelles - qui deviendront un jour de mauvaises habitudes - et maintenant je suis totalement convaincu. Les possibilités sont nombreuses et la facilité d’utilisation a été optimisée. Si je blogue chez Overblog c’est pour cela, pour écrire & partager, je m’occupe des mots et du sens et Overblog s’occupe du reste. La construction des articles a été totalement repensé ; au début on s’y perd un peu, on a l’impression qu’il y a moins de possibilité, mais quand on comprend comment se compose l’architecture des billets on réalise le potentiel. Finalement la publication d’article est très ludique, on compose nos articles avec des blocs d’éléments ; texte, image, vidéo, HTML, etc. que l’on met en page individuellement et que l’on peut ensuite organiser à loisir sur le page.

En revanche on perd dans son administration la possibilité de répondre aux commentaires. Il est possible de les modérer depuis l’administration mais pas d’y répondre, pour cela il faut passer par l’affichage du blog, ce n’est pas un problème en soi, juste une habitude à prendre. La seule chose qui pourrait se révéler être une ombre au tableau, c’est qu’en passant à la nouvelle version mon blog a accusé une baisse de visite d’environ 20%. Mais je ne suis pas certain que ce soit significatif, d’une part parce que mon blog a connu d’autres baisses de visites dans son histoire généralement suite à une baisse de l’activité sur le blog ce qui était le cas avant ce passage, ensuite parce qu’Overblog a certainement changé sa façon de comptabiliser les visites - l’écart avec les données de Google Analytics est plus grand d’auparavant - et puis depuis trois jours les visites remontent et retrouvent les moyennes auxquelles j’étais habitué. Donc seul l’avenir et le long terme pourra me donner de plus amples informations - à moins qu’Overblog réponde directement à mon interrogation -.

Cette nouvelle version d’Overblog en est encore à sa version bêta, j’ai bien conscience que je fais parti des blogueurs conviés à essuyer les plâtres de cette bêta, faire remonter les petits soucis comme le fait que les mots au lieu de passer à la ligne sont coupés par un tiret, et assister régulièrement aux petites modifications d’interfaces ou de design en attendant que tout soit près pour la grande migration. Même si c’est imparfait - l’intégration de certains flux rss qui oublient de s’actualiser parfois - je suis séduit à 100 %. J’en suis encore au stade de découvrir des subtilités et de m’en émerveiller comme un enfant qui découvre son nouveau jouet ; et dans cet élan j’ai retrouvé un peu de la fougue de mes débuts de blogueurs, comme si cette version ouvrait à de nouvelles perspectives. Aujourd’hui j’ai encore des blogs sous l’ancienne version et chaque jour je m’impatiente de les voir venir à la nouvelle parce que j’envisage pour eux un bel avenir - et puis si l’on peut réunir tous nos blogs sous une seule et même administration ça va révolutionner la vie des blogueurs qui ont plusieurs vies ! -.

Alors autant sur la migration en elle-même que sur cette nouvelle version d’Overblog je suis enthousiaste, je ne saurais que trop conseiller aux nouveaux blogueurs, à ceux qui hésitent à se lancer de tester, de s’essayer, de s’aventurer avec Overblog. Ne croyez que je fais de la lèche, je n’ai rien à y gagner. Mais Overblog c’est mon outil et les blogs sont mes voix, mes personnalités, mes facettes, mes vies, mes prétentions, donc j’en parle avec passion, rien de plus, rien de moins. J’avais vraiment peur de ce que pourrait donner mon ancien blog avec la nouvelle version, j’imaginais assez mal comment il pourrait s’accommoder des nouveaux designs et deux semaines on suffit pour balayer mes doutes. Ce blog prend un nouvel élan et demain je vous le dis je serai le plus grand blogueur méconnu qu’aura connu la toile !

Deux semaines que je suis passé à la nouvelle version, on fait le bilan

Note : Au départ c’est un article facile que je voulais écrire, parler du blog, du changement d’Overblog, le genre d’article de remplissage, on l’on ne dit rien d’extraordinaire mais qui colle à notre quotidien et qui peut parler à tous le monde. Et puis Overblog m’a demandé de rédiger un témoignage de mon passage à la nouvelle version, cela tombait bien, mais du coup savoir que j’allais être lu par d’autres que mon lecteur habituel m’a mis une certaines pression. Je suis parti de l’article rédigé pour Overblog et je l’ai développé et finalement même si le sujet est assez passe-partout je suis assez content du résultat

  

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Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #la vie du blog, #3-5

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Publié le 19 Mars 2013

Je vais commencer mon voyage au monde du cinéma bon marché - le printemps du cinéma et ses 3€50 la place - par Le Monde Fantastique d’Oz curieusement auréolé de critiques assez bonnes et d’un prétendu plaisir au visionnage ; c’est exactement comme cela que j’étais allé voir le très décevant Hobbit de Peter Jackson, il me fallait bien avoir un peu de méfiance et la promesse d’un prix réduit pour me tirer dans cette salle obscure avec mes lunettes 3D.

 

Le film, que je vais appeler Oz parce que Le Monde Fantastique d’Oz cela fait un peu long et que ça sonne moins intime, est un film que je scinderai volontiers en trois parties ; une introduction merveilleuse, un développement paresseux et une conclusion jubilatoire qui emporte et efface le sentiment d’un ennui sous jacent que le développement mou était sur le point de faire naître en moi avant que pétille la conclusion sous mes yeux chaussés des lunettes disgracieuse.

 

Le film part sur les chapeaux de roues sur une route secondaire, un genre chemin de traverse là où l’on n’attend pas le film, une route de campagne, je veux dire la route d’une campagne américaine au début du XXe siècle qui traverse le Kansas avec un cirque ambulant. Format 4 / 3 et noir & blanc de rigueur pour cette introduction qui pose le personnage d’Oz comme un magicien mité et menteur faisant l’apologie du factice, de l’esbroufe et de l’artificiel. La scène se passe dans les balbutiements du cinéma quand celui-ci se faisait spectacle de foire, un cinéma forain qui fleure bon la magie, cinéma fait d’invention, d’épate et de bric et de broc pour impressionner le public. Durant cette introduction tout est dit, tout est posé là, dès les premières minutes du film dans un endroit bien loin du monde d’Oz Sam Raimi dit ce que sera son film. Et le tour de force, et son plaisir adjacent, tient en partie dans cette promesse qui n’est jamais démentie par le film. Sam Raimi adopte ce parti pris de ne pas cacher ses effets, le faux ou la fausseté du jeu des acteurs, il se fait bonimenteur et nous fait la promesse de nous emporter loin malgré l’aspect factice du dispositif. Il y a de l’audace dans cette posture. Alors dans cette optique, l’utilisation de la 3D est normale, presque naturelle, elle est en tout cas réussie. Techniquement elle n’est pas nécessairement mieux réussie que dans d’autres films usant de ce procédé, mais ici elle est à sa place et cela fait toute la différence.

 

Jusqu’à ce qu’Oz arrive dans la Cité d’Émeraude, le film est un pur ravissement, merveilleux, drôle, léger, coloré et diablement inventif et audacieux. Soyons fous, faisons durer cette première partie jusqu’au moment où Oz rencontre la poupée de porcelaine, c'est-à-dire un peu après son passage à la Cité d’Émeraude, on est encore dans un émerveillement relatif au dévoilement des personnages et à l’exploration modeste - à la dimension et à l’échelle d’Oz, c'est-à-dire à pied -. C’est après ce point de passage que le film s’endort un petit peu, il s’enlise dans sa propre facticité ; toujours plus de couleur, toujours plus d’effet en 3D, d’envole au dessus du pays d’Oz, de magie et de personnages qui glosent leurs propres caricatures. Bien sûr, cela fait partie du contrat implicite que le spectateur signe avec Sam Raimi dès l’introduction du film, mais justement on regrette, je trouve l’inventivité de cette première partie. Le film ronronne comme le ferait une machinerie bien rodée.

 

ce qu'il y a de bien avec cette affiche c'est que tout est dedans, les personnages, les décors, l'aspect artificiel, les ficelles, les personnages secondaire, les sorcières et même James Franco qui a l'art ces derniers temps de bien s'entourer dans ses films

ce qu'il y a de bien avec cette affiche c'est que tout est dedans, les personnages, les décors, l'aspect artificiel, les ficelles, les personnages secondaire, les sorcières et même James Franco qui a l'art ces derniers temps de bien s'entourer dans ses films

Et cela dure jusqu’à la dernière partie, le final, une apothéose habilement ménagée qui explose sous nos yeux avec la même pétillance que l’on avait aimée au début du film. On retrouve d’ailleurs le même thème, celui le cinéma forain et de sa puissance d’esbroufe sur les foules incrédules, et le film, se montre de nouveau ingénieux et inventif. On perçoit là toute la jubilation que Sam Raimi éprouve à pouvoir rendre hommage au cinéma, à pouvoir jouer avec le cinéma, se jouer du cinéma ; et là il n’est pas question du cinéma comme objet de mise en scène ou comme valeur culturelle mais du cinéma comme l’outil, le réalisateur joue avec la nature mécanique du cinéma, cette ingénierie du cinéma presque artisanal et alors l’aspect parfois risible de la 3D colorée d’Oz trouve un écho avec cette aspect maladroit, mal branlé du cinéma des débuts et Sam Raimi donne vraiment la sensation de jubiler de jouer avec cela et cette jubilation est contagieuse, elle se communique à l’écran, aux acteurs et enfin aux spectateurs. Le film se termine donc sur une apothéose dont on ne sait pas vraiment si c’est celle d’Oz ou si c’est celle de Sam Raimi réalisateur venu au cinéma par la série B la plus grandguignolesque et qui se retrouve aujourd’hui au cœur de l’usine à rêve qu’est Disney sans rien n’avoir perdu de son talent et de sa générosité.

 

Quand on ressort du film, et même pendant que l’on est devant, il est difficile de ne pas comparer Le Monde Fantastique d’Oz et le Alice Au Pays Des Merveilles de Tim Burton ; les deux films adaptes un classique de la littérature « pour enfants », les deux usent de la 3D, les deux font cela sous l’égide de Disney, les deux réalisateurs jouissaient d’une certaine réputation avant de se coller à cet exercice. Pour moi Sam Raimi se sort nettement mieux de cet exercice que Tim Burton qui nous a gratifié d’un Alice dont la froideur, la platitude et la pingrerie émotionnelle relève de la radinerie si ce n’est pas du tarissement d la créativité de Tim Burton. Sam Raimi réussi là où Burton a échoué. Si on peut reprocher aux deux films de miser sur une esthétique de l’artifice et de l’artificiel via l’imagerie numérique, il faut saluer Oz pour la réussite de ses personnages. Sans eux le film ne tiendrait pas la distance, mais ils sont là, galerie de personnages attachants, émouvants, vivants et surtout très bien joués ; mention spéciale à Mila Kunis et Rachel Weisz qui campent les deux méchantes sorcières avec une justesse généreuse adorable. Les personnages secondaires sont, eux aussi, adorables. Ils sont un peu freaks, bancals, drôles et touchants. Une vraie bande d’antihéros, difformes, bizarres, énigmatiques qui interviennent avec parcimonie ce qui donne à leur apparition quelque chose de précieux.

 

Il y a quelque chose de plaisant dans Le Monde Fantastique d’Oz, une forme de plaisir régressif et presque coupable, c’est que ce film est une ode à l’imposture. Les ressorts narratifs du film reposent sur ces impostures, les personnages sont des imposteurs, Oz lui-même se présente comme le plus grand des escrocs, le roi de l’illusion, le maître incontesté des imposteurs - ce qui est en soi aussi une imposture parce que le monde d’Oz a été boulversé par une imposture plus grande encore que celle d’Oz -. Et quand Glinda - la si horriblement belle, blonde et gentille Glinda qui dégage malgré son horripilante perfection un charme troublant - glisse à l’oreille d’Oz qu’elle se fout de savoir qu’il est un imposteur et que l’important c’est que l’imposture continue - certes elle ne dit pas cela avec ces mots mais c’est bien son idée - en tant que spectateur on ressent un frisson de plaisir. En plus il y a une grande et belle irrévérence dans ce geste. J’ai aimé cela.

 

D’ailleurs, ce n’est pas la seule fois où Sam Raimi fait preuve d’impertinence. Je parlais tout à l’heure de l’inévitable comparaison avec le Alice de Tim Burton, Sam Raimi n’est pas dupe il sait qu’il sera comparé. Et je crois qu’il s’en amuse, dans cette optique-là comment ne pas s’amuser du moment où Glinda présente les munchkins à Oz. Ces derniers se mettent à chanter et à danser dans une scène qui n’est pas sans rappeler les danses / chants des Umpa Lumpa de la chocolaterie de Burton. A ce moment là Oz leur intime l’ordre de s’arrêter, n’est-ce pas un pied de nez à tous ceux qui voudront s’amuser à comparer les deux films ? N’est-ce pas une façon de moquer les scories d’un Tim Burton en manque d’inspiration ? les Munchkines sont doués pour les costumes, n’est-ce une charge contre la vacuité superficielle des personnages de Burton ? Et quand Oz traverse un village de porcelaine saccagé faut-il aussi y voir un rapport avec les buveurs de thé de chez Alice ? En même temps il n’est pas idiot de rapprocher Oz d’un film de Tim Burton, mais pas de son Alice, plutôt de Big Fish qui a sa façon faisait lui aussi l’apologie de l’imposture et de l’importance de l’histoire par rapport à la vérité.

Je ne sais pas si l'on peut parler de jolie foisonnance, mais je trouve que le monde de Oz fait preuve parfois de cette jolie foisonnance hautement numérique mais pas dénué d'un charme un peu désuet en lien avec le film précédent

Je ne sais pas si l'on peut parler de jolie foisonnance, mais je trouve que le monde de Oz fait preuve parfois de cette jolie foisonnance hautement numérique mais pas dénué d'un charme un peu désuet en lien avec le film précédent

Je n’ai jamais lu le magicien d’Oz, je n’ai vu qu’une fois enfant le film le magicien d’Oz dont je garde un vague souvenir grotesque, je suis donc assez mal placé pour jauger du Monde Fantastique d’Oz dans la perspective de son adaptation même si je sais que ce n’est pas une adaptation mais une prequel. Mais je peux vous dire quand même que c’est un bon divertissement, généreux, coloré avec des morceaux de jubilation dedans et de vrais morceaux de cinéma. C’est peut-être cela l’important, ce n’est certainement pas un grand film, il ne bouleverse rien du monde, de la créativité ou du cinéma lui-même, mais c’est un film généreux qui même s’il doit entrer dans le cahier des charges du divertissement normée de l’usine Disney ne se dispense pas d’offrir au spectateur du cinéma, de l’humour, des références, des hommages, des acteurs qui jouent, des effets spéciaux, les ficelles peuvent être grosses parfois mais c’est assumé, c’est l’ambition alors laissez vous prendre par la belle imposture de ce film. Sam Raimi joue les bonimenteurs et il suffit de se laisser prendre par ses promesses de grandeurs, d’ailleurs et d’émerveillement pour être transporté.

Bonjour le boniment du Monde Fantastique d'Oz

Note : dorénavant je donnerai une note à la fin de mes articles, non pas pour exprimer la valeur de l'objet critiqué ou du sujet abordé, mais pour noter mon texte. Ici un 3/5 ; la critique est malheureusement plus informative que divertissante, un peu à l’inverse du film qui est avant tout divertissant et dans un second temps « informatif » et créateur de sens. Mais je pensais vraiment pondre une critique plus médiocre, je crois avoir réussi à sublimer un petit peu mon expérience de spectateur ce qui est toujours une fierté. Dans le même temps que j’écris cette critique de ma critique j’ai en tête les critiques de Spring Breakers à venir demain et celle de Cloud Atlas à venir ensuite et ces deux films ayant plus d’ambitions et de fulgurances que Oz ma prose critique sera très certainement plus loquace, plus inspirée et j’ose le dire même plus brillante - surtout pour parler des demoiselles en bikini - cela donc terni un peu mon jugement sur la présente critique. J’ai quand même réussi à rester en dessous des 2000 mots, je crois donc qu’elle reste cependant agréable à lire. Un article honnête, pas extraordinaire mais sincère et je l’espère pour vous informatif.

Mila Kunis et Rachel Weisz forment un duo de sorcière méchante d'une froideur et d'un trouble érotique presque incestueux assez réussi et remarquable et admirable et oui putain elles sont bonnes

Mila Kunis et Rachel Weisz forment un duo de sorcière méchante d'une froideur et d'un trouble érotique presque incestueux assez réussi et remarquable et admirable et oui putain elles sont bonnes

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Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #Critiques - Film, #Actualités, #3-5

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Publié le 21 Octobre 2012

Il y a quelques semaines que Max Payne 3 ne prenait la poussière dans son blister sur mon étagère ; enfin c’est une façon de parler puisque justement étant sous blister il ne pouvait pas rendre la poussière. J’étais parti chez Game pour dégraisser quelque peu ma collection ; et une fois que j’ai eu posé sur le comptoir un lot relativement sans valeur de jeux à évacuer je suis reparti avec ce Max Payne 3 pour une misère d’euros, l’essentiel pour moi était de repartir avec moins de jeux que je n’en avais en arrivant. Étant amateur de TPC et de gunfights je me suis dis que je ne prenais pas un gros risque en choisissant ce titre plutôt honoré par la presse numérique spécialisée - j’aurai voulu dire par la critique, mais les critiques de jeux vidéo n’existe pas, pas encore en tout cas pour mériter de revêtir cette expression -.  

Aujourd’hui dimanche pluvieux et humide typique de ces jours d’automne qui ne sont bons qu’à la dépression, la boulimie et à porter joggings de mauvais goût je me demandais à quoi j’allais pouvoir jouer. J’ai fini Dishonored, mais je n’ai pas été suffisamment emporté par ce titre pour le relancer immédiatement et espérer le refaire par un chemin laissant moins de place à la violence - je crois que je ne suis pas fais pour prendre plaisir à l’infiltration, trop de contrainte, trop de stress et trop de longueur d’attente -. C’est là que je me suis rappelé Max Payne 3 et sa jaquette chatoyante qui sent bon la fusillade sous les tropiques alcooliques d’une Amérique du Sud pleine de putes, de coke et de footballeurs médiocres ; en un mot l’idéal palliatif à un dimanche d’octobre. Lancer un nouveau jeu sous-entend souvent de se taper une plombe de mises à jour, Max Payne 3 ne déroge pas à cette règle et se paie même le luxe de me faire poireauter le temps d’installer le jeu sur le disque.

Tu l'aimes ma chemise à fleurs ?

Tu l'aimes ma chemise à fleurs ?

C’est parti. Logo Rockstar, je me dis que c’est un gage de qualité, de maturité ; cinématique d’ouverture et premier choc. Personne ne m’avait prévenu que c’est Jean-pierre Jeunet qui est aux manettes de la direction artistique ; filtres jaunes, verts, rouges. Putain merde ça fait chier, je n’aime pas ce style à la Jeunet, la dernière fois que j’ai eu à le subir je l’ai vomi dans Alien 4. Bref, passons, je retourne donc à Max passion alcoolo. Le jeu a pour héro un anti-héro, personnage sombre - et non pas sobre -, noir, dépressif, autodestructeur et affreusement bavard. C’est le dépressif le plus volubile que je connaisse, encore plus que Woody Allen chez son psy. Et ça parle, et ça parle, et ça parle et je regarde mon écran en attendant de pouvoir jouer ; le jeu parle histoire que le joueur qui serait un peu fils à neuneu puisse bien comprendre que Max n’est pas un homme heureux au cas où la mise en scène ivre et vomitive ne soit pas suffisamment loquace.

Enfin je peux jouer. Deuxième choc ; j’ai la sévère impression d’avoir déjà joué à ce jeu en tout cas à ce gameplay ; je plonge et je tir, je « bullet time » et je tir encore, je me planque et je tir, j’avance et je me jettent au ralenti dans les airs pour tirer encore. Il m’aura quand même fallu plus de cinq minutes de game play pour me rappeler où est-ce que j’avais connu ce gamepay : John Woo presents Stranglehold. Le jeu date de 2007 et pourtant il témoigne exactement du même gameplay mais expurger de la lourdeur stylistique qui pèse sur Max Payne 3 le jeu est plus nerveux, plus riche, plus référencé, plus amusant, moins boursouflé. Max Payne 3 en 2012, soit cinq ans plus tard, ressort les mêmes mécaniques de jeu mais avec quelque chose de plus rigide, en plus lent, plus lourd et paradoxalement presque en plus old school, plus prétentieux et moins fun. Merde c’est dingue ! Max Payne 3 peine à dépasser un jeu vieux de 5 ans et les gens l’on trouvé excellent ? C’est quoi ça ? L’effet de licence ? L’effet Rockstar ? L’effet marketing ? L’effet nostalgie ? Max ce antihéros dépressif est plus proche dans l’esprit d’un John McClane que de l’inspecteur Harry ; cela fait de lui un antihéros de pacotille et je suis désolé, mais dans le genre losers magnifiques Kane et Lynche sont mille fois plus crédibles que ce Max là.  

Je suis là entrain de jouer à Max Payne 3, souffrir ses cinématiques interminables et ses cut-scènes à répétition et je n’arrête pas penser à Kane & Lynche Dog Days en me disant que Max Payne ne lui arrive pas à la cheville. Ce jeu n’est pas de son époque, ce jeu est une affreuse boursouflure dans la gameographie de Rockstar. Un jeu affreusement verbeux qui passe son temps à dérouler son argumentaire de vente estampillé jeu adulte sombre et mature alors qu’il ne propose qu’un gameplay aride, rigide dont le pouvoir de séduction n’agit pas sur moi. Du coup je n’ai tenu que 3 chapitres avant d’arrêter le jeu et de vous rédiger ses premières impressions.

Max Payne 3 la grande décéption ; vous auriez pu me prévenir

Note : Critiquer Max Payne 3 n'est pas si simple parce que le jeu à l'art de se rendre détestable et il déstabilise très vite le joueur qui est venu chercher quelque chose de simplement ludique, un simple défouloir. En même temps il n'est jamais aisé de jauger un jeu après un laps de temps très court, certains jeux doivent être domptés, apprivoisés, avant de les apprécier. Et Max Payne 3 fait peut-être parti de ces jeux là

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Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #Chronique de joueur, #3-5

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