Articles avec #portrait culturel tag

Publié le 20 Octobre 2014

Salut à tous, je suis LCS, créateur du site Le Toaster. Du haut de mes 27 ans, et bien qu'étant né dans les années 80, je me considère davantage comme un enfant des 90s, parce que niveau souvenirs qui datent d'avant mes 3 ans, c'est un peu léger. Je suis arrivé aux jeux vidéo autour de mes 9 ans, ce qui m'a toujours paru assez tard par rapport aux autres personnes de mon âge, mais ce fut bien assez tôt pour en profiter. N'ayant pas de console chez moi mais uniquement chez mon paternel, chez qui je me rendais tous les 2 weekends, je n'ai joué pendant des années que 3 à 4 jours par mois, m'abreuvant le reste du temps de magazines spécialisés, dont je connaissais à force tous les articles par coeur, et de discussions à la récré et à la cantine. Choisir 5 objets culturels n'est pas chose aisée, et ceux qui sont déjà passés à la moulinette du Portrait Culturel de joueur en conviendront. Mais c'est au final un excellent exercice, qui pousse à se plonger dans l'adolescence, période en général fortement liée aux jeux vidéo. 

1/ Twin Peaks 

Je ne suis pas spécialement branché séries (trop chronophage), et j'avoue avoir découvert Twin Peaks un peu à contre-coeur. On m'avait donné les deux premiers épisodes sur mon disque dur : je savais que c'était de David Lynch, et j'appréhendais un peu, car je connaissais mal le réalisateur, mais je le savais assez difficile d'accès. Et contre toute attente, j'ai été complètement fasciné, comme je l'ai rarement été. Une des forces de cette série est de combiner une intrigue policière avec tout ce qu'elle implique de plus classique et concret (meurtre, suspects, enquête, etc) avec des éléments surnaturels inexplicables (et en grande partie inexpliqués, ce qui contribue au mythe), le tout ponctué de séquences cocasses, dans une ambiance teintée de 50s. Une des autres forces est d'exploiter la quasi-totalité des personnages secondaires. Bien qu'il y ait clairement un personnage principal, l'agent Dale Cooper, interprété par Kyle Mc Lachlan, tous les personnages secondaires finissent par se dévoiler, apporter leur pièce à l'édifice. De plus, chaque personnage traversera à un moment donné une phase d'altération du comportement (voire physique). J'avais découvert Twin Peaks à la même époque que Silent Hill, et les deux oeuvres se font clairement écho : on y parle du subconscient, des démons qui nous hantent, de lieux mystérieux, de notion de la réalité, tout en suivant le fil d'une intrigue classique. Passionnant. 

Portrait culturel d’un joueur - LCS

2/ Bob Marley 

Oui, je suis gamer et fan de Bob Marley, ce n'est pas incompatible ! J'ai écouté du reggae assez tôt, et de nombreuses sessions de jeu (et de moments de ma vie) furent accompagnées d'un fond de Bob Marley. Évidemment, ça dépendait des jeux, je doute de l'effet d'un One Love sur Silent Hill. Mais sur un Gran Turismo, en remplacement des musiques que j'ai toujours trouvées horrible, c'est nickel. Mais au-delà de ça, j'ai toujours trouvé que Bob Marley avait un sens des paroles et de la mélodie assez dingues : quand tu te penches vraiment dessus, tu te rends compte que tout te semble évident, et les mélodies qui peuvent paraître douces cachent souvent de sérieux appels à la révolte. C'est ce qui fait que c'est une des figures que tu trouves encore le plus sur des T-Shirts et à peu près tous les supports de merchandising possibles. Je ne peux que comprendre ceux qui n'apprécient pas le reggae parce qu'ils trouvent ça trop répétitif et que le genre est devenu une caricature de lui-même. C'est effectivement ce que c'est devenu en partie, mais comme beaucoup de styles musicaux au final. 

Portrait culturel d’un joueur - LCS

3/ Le porte CD en forme de Memory Card

C'est toute une histoire, et bien que n'étant pas fétichiste des objets, j'ai une affection particulière pour cette chose. En 2000, on m'offrait ma première PlayStation. C'était la grande époque de FF8, Gran Turismo 2, Resident Evil 3…(larmichette). C'était aussi l'époque où le CD de démo n'était pas livré avec la console. Non, il fallait envoyer un courrier pour recevoir une sorte de pack de bienvenue. Je m'exécutai, et recevai donc un courrier avec un super CD de démo…et une montre, que j'avais ensuite réussi à échanger contre ce super porte-cd à quelqu'un qui n'en voyait pas l'utilité. Pour moi, c'était le Graal : une belle boîte en forme de Memory Card géante, des feuilles sur lesquelles on peut ranger 2 CD sans les rayer parce que la matière est super douce, des poches pour mettre les cartes mémoires et une poche pour mettre des livrets de jeu. Autant dire que cette petite merveille m'a accompagné durant une grande partie de ma vie de gamer, de mes débuts sur 32 bits jusqu'à mon acquisition d'une console HD…il y a un an. 

PS : par curiosité, est ce que l'un des lecteurs de ce formidable blog connait cet objet ? Je n'ai pas trouvé de photo sur internet, il semblerait que ce porte CD soit un objet qui ne courre pas les rues.

PS : par curiosité, est ce que l'un des lecteurs de ce formidable blog connait cet objet ? Je n'ai pas trouvé de photo sur internet, il semblerait que ce porte CD soit un objet qui ne courre pas les rues.

4/ Resident Evil 4 

Je crois que c'est un des softs que j'ai terminé le plus de fois, et dans tous les modes. J'ai toujours été fan de la série, et j'avais retourné la première trilogie et le Code Veronica dans tous les sens, ainsi que les Onimusha et les Devil May Cry. Durant des années, j'avais bien pris soin de ne pas jouer à Resident Evil 4, parce que tous ces changements étaient à mes yeux une trahison par rapport au reste de la saga. J'avais suivi l'évolution du développement du soft, et quand j'ai vu les premières images d'un Leon en vue à la troisième personne qui shoote des mecs qui ne sont même plus des zombies, et qui peut upgrader ses armes, je me suis dit : "on n'est plus dans Resident Evil". En 2009 pourtant, j'insérai pour la première fois le mini DVD dans un Cube fraîchement acquis, et ce fut le début d'une grande histoire d'amour. Le jeu était magnifique, certainement dans le top 5 de la génération 128 bits, la maniabilité incroyable, l'ambiance travaillée, et contre toute attente j'ai trouvé tous ces changements vraiment rafraîchissants. Plus que cela : Resident Evil 4 m'a provoqué quelques frayeurs, que je n'avais jusqu'alors que peu éprouvées dans la série. La scène ou Léon est enfermé dans une maison, que 50 ennemis débarquent ainsi que le type à la tronçonneuse, et qu'en plus tu ne manies pas encore bien les commandes provoque un sentiment d'oppression, dans la lignée de certaines scènes avec le Nemesis, mais avec l'intensité et l'immersion en plus. Au final, nos petits nippons ont vraiment bien bossé : le jeu est très bien rythmé et on retrouve l'esprit Resident Evil : les herbes pour se soigner, les ennemis qui ne ressemblent plus à rien après plusieurs mutations, le scénario WTF dont on se fout royalement, les énigmes qui n'en sont pas vraiment. Pour un jeu que j'aurai fini une bonne demi-douzaine de fois, avec un plaisir constamment renouvelé. 

Portrait culturel d’un joueur - LCS

5/ Les Deux Minutes du Peuple 

Les deux minutes du Peuple, c'est un peu un amour de jeunesse. Découvertes sur la défunte Europe 2 à l'époque d'Arthur, ce fut un véritable coup de foudre. Il est vrai qu'avec du recul, je trouve les blagues un peu lourdes parfois, mais au fond c'est comme un vieux copain : on peut ne pas s'être vus depuis des années, ça repart dès la première seconde. Et puis, il y a tous ces délires autour des langues étrangères que je trouve géniaux. Il y avait par exemple un épisode qui mettait en scène un couple en voyage dans les pays de l'Est, et qui se rendait compte que tous les objets et sons avaient l'accent Yougoslave, même quand le mec part uriner. Il y avait quelques épisodes sur les jeux vidéo, notamment un qui m'avait fait mourir de rire : celui sur la sortie de la PS2 (oui ça date) : passé les complications pour s'en procurer une, un mec jouent à un jeu de baston sur leur nouvelle console. Puis ils décident de mec un CD de Patrick Bruel, et se rendent compte que la console est tellement puissante qu'ils peuvent prendre les contrôles sur le CD et castagner ce pauvre Patrick. C'est le genre de délire technologique que je trouve incroyable. Et non, par contre je ne suis pas du tout fan du Donjon de Naheulbeuk, même si certains y voient une sorte d'alter ego moyenâgeux ! 

Portrait culturel d’un joueur - LCS

Et pour finir, ici quelques mots de l'auteur, dieu et maître de ce blog :

Il est certain que j’ai mis du temps à mettre en ligne le portrait culturel de Léo, alias LCS, maître du Toster, cinq bons mois avant de publier son portrait. Je m’en excuse auprès de lui. A ma décharge le blog était depuis l’été en stase, et ce n’est que là avec les inondations automnales que j’ai remis ce blog à flot. Publier un portrait culturel - sans confiture - c’est le jalon idéal pour signifier à tout le monde : je suis de retour et avec moi les mots des passionnés comme moi. Vous devriez savoir que les projets participatifs sont de ceux que j’aime le plus, et celui-ci est bon.  

Si tu es lecteur, si tu es curieux, si tu veux toi aussi étaler tes possessions culturelles, participe toi aussi à ce projet et viens jeter un oeil ici - portrait culturel -

Voir les commentaires

Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #Projet participatif, #portrait de joueur, #Portrait culturel, #à la une

Repost 0

Publié le 3 Avril 2014

Voici cinq objets pour ce joli projet, cinq objets qui m’appartiennent, qui n’en sont parfois pas qu’un, et qui sont tous hors sujet ou presque… m’en voudras-tu s’il n’y a ici aucun jeu vidéo ? Je suis une sorte d’ombre dans cet univers, celui qui va chercher les bières quand le réseau s’installe, joueur, pourtant, et, si je revendique mon désintérêt des choses matérielles, ces objets – et d’autres – sont bien là, entre mes mains, chez moi, et il faut bien dire qu’ils me dévoilent...

 

Un goban, cadeau superbe, pour un jeu que je maîtrise mal, mais qui me fascine précisément par la beauté de l’objet : noir, blanc, et l’immensité des possibles. Le go me rappelle aussi que je suis un grand joueur (grand par l’intérêt que je porte au jeu, c’est tout !) et que mes amitiés les plus intimes se sont construites autour du jeu – j’y reviendrai avec Cyberpunk, plus bas, mais maintenant il faut aussi dire que le Go me fait penser à un roman de Kawabata (Le Maître ou le tournoi de Go), puis à un autre, Pays de Neige et l’homme qui passe un doigt sur la buée dans le train, pour observer le profil d’une jeune femme, et se demande s’il est indiscret …

J'ai envie de paraphraser ces images avec une formule telle que - arts manuels J'ai envie de paraphraser ces images avec une formule telle que - arts manuels

J'ai envie de paraphraser ces images avec une formule telle que - arts manuels

Deux flûtes, une traversière et une flûte à bec alto en bois, très belle, dont je ne sors plus aucun son maintenant, mais qui est sans doute l’objet le plus précieux chez moi, un prolongement oublié de mon corps. Des tentatives diverses, toutes avortées ou mort-nées, et un signe de solitude, de la musique baroque au rock psyché, des moments électroniques bristoliens aux accents moites et bronzés des ventres rebondis de bière frappée do brazil.

 

Cyberpunk 2020, le jeu de rôle sur table, un parmi quelques autres, qui m’ont lancé dans l’écriture – mais celui-ci, Cyberpunk, fait des échos biomécaniques aux univers post-apocalyptiques, divers ou semblables, ceux des romans de Gibson, ceux de tas de jeux, surtout Car Wars et tous les jeux de Croc (ou presque), les combats de nains et de trolls dans les campagnes de Warhammer, le sérieux de Caylus (qui, du haut de son Moyen-âge, n’a rien à voir) et sa mécanique huilée au millimètre ou l’illustration de l’art de la fourberie manipulatrice de Diplomacy, sans doute LE jeu, ZE game, pour l’économie de moyens et sa résonance intime, la violence bien plus sournoise dans les phases de discussion hors plateau sur le plateau lui-même.

Dans le jeu, la place que je donne aux jeux vidéo est petite, toute petite, j’aime cet univers sans le connaître et sans y passer du temps, sauf pour les jeux cathartiques à la Left 4 Dead qui me permettent de flinguer (des zombies et) toute une semaine en terminant à 4 ou 5 heures du matin, un lundi, avant d’aller bosser, à refaire avec un pote, en parlottes, le dernier scénario, une bière et une clope à la main, face au gazouillement des oiseaux. Ça délégitime un peu toutes ces lignes, mais alors ? J’ai découvert, tard, mais j’aime, Farbrausch et leurs démos, donc, même si ce n’est pas du jeu, tout va bien, non ?

Portrait culturel d’un joueur - Naphta  Portrait culturel d’un joueur - Naphta

Lorna (Brüno), qui ouvre une porte sur la BD / les comics / les mangas, où le graphisme jaune et noir et l’histoire à-la Rubber (Quentin Dupieux) me rappelle que, de temps en temps, je parviens à rester connecté à la création contemporaine, et que, quand je travaille avec la conviction d’une certaine radicalité, je suis heureux de la retrouver, vierge et fraîche, dans mes goûts – à Lorna s’ajoutent tous ceux qui dessinent de jolis motifs poussiéreux sur mes étagères : Blast (Manu Larcenet) ou L’entrevue (Manuele Fior) ou … et qui me rappelle aussi que, de trains en bus en tram, j’ai souvent eu le temps de lire matin et soir, et que, maintenant, ce temps m’échappe – comment lire A la recherche du temps perdu quand on veut faire mille choses ? Je suis un dilettante velléitaire, mais j’aime lire, de la BD, des romans – et les romans, il faut que je les tienne, les possède, les range : le bouquin de poche comme objet culturel par excellence (numéro 1).

 

Un ordinateur portable, où j’écris, où je range mes photos, où je me suis refusé très longtemps à mettre de la musique, précisément par fétichisme pour mon objet culturel par excellence numéro 2, qui garnit des bacs dans mes salons successifs : le CD, pour lequel je traine de médiathèque en médiathèque, de ville en ville, dans lesquelles je glane, par simple délit de faciès, des sons, que je copie et grave (ô honte – mais je ne crois pas à l’art professionnel, bordel ! alors il ne reste de ce ô honte que le plaisir d’écrire « ô »), et que, pendant très longtemps – et même jusqu’à aujourd’hui : je n’ai pas abandonné mes jaquettes comme j’ai abandonné mes flûtes ! – j’ai illustré savamment de photos recadrées, coupées ici où là dans des magazines, sur des flyers, dans mes propres prises de vues… Alors, pour incarner cet objet, je choisirai Throw down your arms, de Sinead O’Connor, et ma jaquette au crayon – la carte de la Jamaïque.

J'admets que cette illustration de "l'ordinateur portable est un petit peu outrancière et un petit peu hors sujet, mais je trouve ça frais comme illustration. Et puis sur mon blog je suis Dieu !

J'admets que cette illustration de "l'ordinateur portable est un petit peu outrancière et un petit peu hors sujet, mais je trouve ça frais comme illustration. Et puis sur mon blog je suis Dieu !

Merci grand à Naphta pour sa plume généreuse et cet amour passion pour les jeux, les objets, la culture et la valeur symbolique des choses. Je ne connais pas vraiment Naphta pourtant je peux vous dire que son portrait lui ressemble ; il ressemble à sa plume et à sa prose débridée - que dis-je, parfois dévergondé -. En plus une personne qui comprend sans que je n’ai à réexpliquer le principe des portraits culturels et une personne qui offre un tel article ne peut être qu’une bonne personne ; un humain dans ce qu’il y a de meilleur et un humain numérique généreux - merci à lui - merci à vous pour votre temps de lecture.

 

Tu aimes les portraits culturels mais tu es trop paresseux pour en écrire un ? Alors tu peux toujours lire les autres ici : Portrait culturel de joueur & joueuse

Voir les commentaires

Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #Projet participatif, #portrait de joueur, #Portrait culturel

Repost 0

Publié le 3 Septembre 2013

Salutations à tous ! Je suis M_Facto, alias Clément dans le civil. En regardant les autres portraits, j’ai bien l’impression d’être le plus jeune d’entre tous ! Et de fait, cela me fait une bonne entrée en matière puisqu’en effet, j’ai actuellement 22 ans, et si tu es bon en calcul, tu auras compris que je suis né en 1991. De fait, je me considère comme un pur produit des 90s, décennie que j’adore car c’est bien évidemment durant celle-ci que j’ai grandi… Toute ma jeunesse durant, je pense avoir été littéralement baigné dans les images, et ce sont ces dernières qui ont façonnés mes goûts d’aujourd’hui : les films, la télé, les clips, les séries et, le sujet qui nous rassemble tous : le jeu-vidéo.

Paradoxalement d’ailleurs, les jeux vidéo m’ont toujours attiré mais ne sont entrés dans ma vie qu’assez tardivement. En effet, point de consoles à la maison (trop chères), seulement un vieil ordinateur tout crachotant et les consoles des copains pour seul accès a ce monde marvellous (oui je fais de l’anglais aussi :3 ) qu’est celui des jeux vidéos. Plutôt que de te raconter ma vie de long en large et en travers, je t’invite à jeter un œil à mon blog 512k qui parle principalement de jeu-vidéo sur PC, mais aussi d’autres choses comme les comics voir de cinéma quand l’inspiration et le temps me le permettent… Si l’envie te prend, tu peux aussi me suivre sur Twitter (@512kleblog), pour me voir raconter des bêtises à base de jeu de mots pourris notamment… Avant de me lancer, je remercie vraiment sieur Rémy pour me donner l’occasion de me livrer à un tel exercice qui fait remonter pas mal de bons souvenirs :’) .

Portrait culturel d'un joueur @512kleblog

1 - WarCraft III

Je commence quand même très fort en parlant de mon jeu préféré… Enfin l’un de mes jeux préférés ! Comme le disait Highlander, s’il ne devait en rester qu’un, je crois bien que ce serait celui là ! J’ai un rapport très émotionnel avec mes jeux (et tous les objets composant mon univers d’ailleurs), j’ai presque envie de dire fusionnel… Il s’agit en fait de vraiment mon tout premier jeu (L’affaire Zak le Chien ne compte pas !). On me l’a offert pour un anniversaire (12/13 ans je crois bien) et je me souviens encore avoir bavé toute la soirée devant la jaquette tellement elle transpirait la classe ! J’écris ce portrait, et à l’instant plein de souvenirs me reviennent : une épuration de Stratholme par 40 de fièvre, les cinématiques qui me donnaient (c’est encore vrai aujourd’hui) des frissons… De manière plus objective, on a vraiment affaire ici à un très bon jeu qui continuait à faire évoluer les bases d’un univers brillant (et qui m’amènera plus tard à écumer Azeroth dans World of Warcraft  …). Malheureusement, je ne me suis jamais penché sur le multijoueur (car oui, à l’époque, on n’avait pas tous internet à la maison !) mais les longues parties d’escarmouche et le mode histoire ont largement suffit à me combler ! Rien que d’y penser, ça me donne envie d’y rejouer !

Portrait culturel d'un joueur @512kleblog

2 - La Game Boy Color

Car oui, même si je n’avais pas de consoles à proprement parler, mes parents avaient eu l’extrême gentillesse de m’offrir cette petite merveille (faut dire que quand celle de ma sœur est morte, je crois que j’ai fait une dépression pendant une semaine…). Combien d’heures j’ai pu passer à jouer dessus ! Les coups de colère car tel boss était trop dur, les crises cardiaques quand la diode indiquant le niveau des piles commençait à faiblir en pleine partie, les moments d’angoisse où je l’emmenais discrètement à l’école… D’autant plus qu’elle était jaune, et mine de rien, quand tu te ramènes avec la seule Gameboy jaune de l’école, tu deviens le roi de la cour de récré (oui je fais avec le peu de fierté qu’il me reste…). N’empêche que j’étais sacrément bien équipé : lampe torche pour jouer dans le noir, pochette officielle Nintendo, écouteurs qui se rembobinaient… La classe à Carpentras… Je l’ai toujours aujourd’hui et il m’arrive de me refaire une partie de Zelda ou de Pokémon… Et mine de rien, c’est toujours aussi bon !

Portrait culturel d'un joueur @512kleblog

3 - Starship Troopers

Etant un grand fan de science-fiction (et tout ce qui touche au fantastique), je pense que mon film monument est bel et bien Starship Troopers premier du nom (les suites n’existent pas pour moi). Pour résumer rapidement l’intrigue, on se situe dans un futur pas très lointain où l’humanité, sous le joug d’une Fédération ultra-totalitaire, doit combattre une race « d’arachnides » (« bugs » en V.O). Ce film est pour moi ce à quoi devrait ressembler tout bon film de SF. D’un côté un très bon divertissement (le film date de 1997 mais les effets spéciaux vieillissent incroyablement bien !) avec, d’un autre côté, un message politico-social très fort. Ici, il s’agit d’une critique très violente à l’encontre du militarisme (principalement américain) et des régimes totalitaires. A la base, j’apprécie beaucoup Paul Verhoeven (Total Recall, Robocop…), chacun de ses films contient un message plus ou moins explicite toujours très pertinent et ont toujours une identité très marquée. Mais ce qui me frappe le plus dans ce film, c’est l’extrême pragmatisme du réalisateur vis-à-vis, notamment, des évènements du 11 septembre: si on compare les faits relatés dans le film (catastrophe à la suite de la chute d’un astéroïde envoyé par les arachnides) à ceux qui se sont vraiment produits, on a exactement la même situation -> intervention armée, débâcle et enlisement… C’est juste hallucinant (je rappelle que le film est sorti 5 ans avant !). J’apprécie d’autant plus ce film pour deux choses : la présence de Michael « Badass » Ironside (ce mec est vraiment trop classe !) et aussi par le fait qu’il a été largement incompris par une grande partie du public à sa sortie (et encore aujourd’hui). Les acteurs ressemblent à Ken et Barbie ? Mais c’est fait exprès crénom ! Et puis merde, la bataille de fin est géniale non ?!

4 - Bukowski - Hazardous Creatures

De tous les groupes que je peux écouter, ça a été très difficile de choisir un morceau ou un album en particulier. Néanmoins, si je réfléchis un peu au but de cette série de portraits, il me semble que pour moi, choisir Bukowski me paraît tout à fait pertinent. C’est un groupe de stoner français que j’ai vraiment découvert au tout début de leur carrière (il y a de ça maintenant 4/5 ans). J’ai acheté leur premier album (Amazing Grace) qui m’a vraiment plu. Puis, je les ai vus en concert (un de mes tout premiers d’ailleurs !) et c’est avec joie que j’ai fait l’acquisition de leur deuxième album (The Midnight Sons) en 2011. Et en cette année 2013, c’est leur troisième opus qui a vu le jour (Hazardous Creatures). Alors pourquoi ce groupe en particulier ? Tout simplement parce que je trouve cela hyper gratifiant de voir un groupe émerger, évoluer et s’améliorer au fil des années grâce au soutien de leurs fans. Car à l’heure où on parle de téléchargement illégal de masse, il faut savoir que Buko est resté deuxième des ventes sur Amazon derrière Stone Sour pendant plusieurs semaines ! Et autant être franc, le groupe tabasse littéralement ! Pour les avoir revu en mai sur Caen, je peux dire qu’ils sont de plus en plus brutaux et tellement excellents ! Des riffs qui bourrinent, des paroles qui tabassent, une identité bien à eux. Bref, pour tous les fans de musiques qui font gueuler les voisins, je recommande !

Portrait culturel d'un joueur @512kleblog

5- Huis Clos-Jean Paul Sartre

Pour finir cette sélection, il m’a paru évident de choisir un livre… Mais lequel. Entre les mangas, les comics et les romans, difficile de faire un choix. J’aurais pu prendre de la poésie anglaise (D.H Lawrence par exemple) ou française (Baudelaire) ou bien un roman (Camus, Orwell…). Assez bizarrement, j’ai envie de choisir une pièce de théâtre : Huis Clos de J.P Sartre. Non pas que cette pièce soit un véritable monument pour moi, c’est juste qu’elle résume tout le génie qui peut se dégager de la littérature. En somme, on fait la connaissance de Garcin, Inès et Estelle, trois personnes qui se retrouvent en Enfer et qui vont s’y torturer du simple fait de leur présence… Car comme le dit la morale de la pièce à la fois cruelle mais en même temps très réaliste : l’Enfer, c’est les autres. C’est là qu’on se rend compte que tout est soigneusement pensé, calculé et présenté pour nous présenter un huis clos à la fois infernal (littéralement) et en même temps parfait… C’est assez jubilatoire. Pour tous les curieux, je ne peux que vous le conseiller !

Et voilà un autre portrait culturel de joueur et pour moi c’est toujours une fête. Une nouvelle fois une personne nous démontre que l’on peut aimer les jeux vidéo et être ouvert à d’autres choses. J’aime beaucoup par exemple que ce portrait passe d’un groupe de rock stoner - que je ne connaissais pas - à Jean-Paul Sartre, c’est ça le sel de la Pop culture. Encore merci à Clément du 512k blog

Voir les commentaires

Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #portrait de joueur, #Projet participatif, #Portrait culturel

Repost 0

Publié le 20 Août 2013

Bonjour, je suis Liryc-Sama de mon vrai nom Cyril Fibleuil (ben ouais, j’ai pas peur de mettre mon état civil, donc né le 24 Juin 1985 dans le 9-Cube comme on disait à une certaine époque) et parisien depuis quelques années maintenant. Parisien mais pas encore condescendant… prions pour que ça n’arrive pas. Qui je suis ? Que fais-je ? Qu’ouies-je ? Je m’égare. Je suis donc le fondateur de http://gameinferno.fr petit site, sympa je crois, que j’ai ouvert en avril dernier et une personne très active sur twitter, réseau qui m’a permit de rencontrer des gens formidables mais qui serait presque une drogue sans mon garde-fou préférée, ma compagne. D’ailleurs si vous me cherchez, c’est @LirycSama. Original n’est-ce pas ?

Cela fait maintenant un moment que j’ai été séduit par ce projet de portrait culturel d’un joueur qui permet de se présenter à travers cinq objets culturels que nous possédons et qui nous correspondent. J’ai eu beaucoup de mal à faire ma sélection et je m’en veux un peu… bref, passons au vif du sujet, si vous êtes toujours là.

1 - Le Démon dans ma Peau / The Killer Inside Me

La littérature, une histoire personnelle très compliquée. J’adore lire, mais j’ai toujours du mal quand il n’y a pas d’images. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai énormément de mangas à la maison. Le fait est que cette « particularité » ne m’empêche pas de lire des romans de temps en temps. The Killer Inside Me de Jim Thompson est de ceux-là. Sans aucun doute mon livre préféré, je l’ai acquis après avoir eu des retours positifs sur l’adaptation cinématographique. Étrange n’est-ce pas ? Résultat j’ai lu le livre d’une traite le jour de son achat, au prix d’une nuit blanche à couper le souffle. Oui ce livre n’est pas à mettre entre toutes les mains. J’aimerais vous faire un rapide résumé, mais la peur du spoil me l’interdit (même s’il n’y a plus spoil passé un an et un jour après la date sortie de l’œuvre concernée). The Killer Inside Me est le genre de livre qui vous possède. Il explore le pire de l’homme. La locution latine « Homo homini lupus est » prend d’ailleurs tout son sens dans ce livre tellement Lou Ford, le personnage principal du récit, est mauvais, misogyne et misanthrope intérieurement alors qu’en façade c’est une homme formidable et serviable. Le suspens haletant du récit ainsi que les descriptions quasi insoutenables de certains événements m’ont complètement fasciné… pas au point de devenir moi même Lou Ford, je vous rassure. J’ai tellement apprécié cette histoire sombre que je me suis lancé dans le livre de Truman Capote par la suite : De Sang Froid. Les romanciers américains de cette époque étaient vraiment dérangés et je crois que ça n’a pas tellement changé.

The Killer Inside Me

The Killer Inside Me

2 - Picross DS

Vous savez ce qu’est une méprise ? Tout commence en décembre 1995. Ma mère me demande ce que je voudrais comme cadeaux à Noël. Je lui dis que j’aimerais deux jeux que j’ai repérés sur Game Boy récemment : Donkey Kong et Mario’s Picross. Elle le note dans sa tête et c’est réglé. Quelques jours avant le fatidique 25 décembre 1995, elle me dit que je n’aurais qu’un seul des deux jeux demandés à Noël, car elle a dû commander Mario’s Picross vu qu’il n’était plus disponible. Elle ajoute à cela que le vendeur qui a pris la commande a trouvé bizarre qu’un enfant de 10 ans ait envie de jouer à un tel jeu, remarque que je ne compris que bien plus tard, à réception du jeu à la maison. Le jeu arrive enfin. Je l’insère avec impatience dans ma/mon Game Boy, je lance la partie et là l’horreur ! Qu’est-ce que c’est que ce jeu ? Où est Mario ? Pourquoi dois-je tailler des pierres pour découvrir je ne sais quoi ? Et mon dieu que veulent dire tous ces chiffres autour de l’écran de jeu ? Ce n’est pas ce jeu que je voulais. J’avais lu Mario’s Bicross donc je m’attendais à Mario faisant du vélo façon X-Games. Quand j’y repense d’ailleurs, en plus d’être drôle, cette histoire est étrange, car je n’ai jamais aimé le vélo et puis Mario sur un vélo quoi… Malgré tout, j’ai fini par apprécier le jeu et à même le prêter pour faire découvrir ma nouvelle passion qu’était devenu le Pïcross. Un prêt que j’ai longtemps regretté vu que je n’ai jamais revu mon jeu. Imaginez donc ma joie quand j’ai appris la sortie de Picross DS sur une console que je n’avais pas encore : La Nintendo DS. Console que je finirai par acheter le jour de la sortie de ce fameux Picross DS qui rythme régulièrement ma vie depuis mi-2007. Sans doute le seul jeu qui peut me relaxer tout en mettant à l’épreuve ma tête, le tout avec des couleurs chatoyantes et des musiques vraiment sympa. Je fais toujours partager ma passion, plus toute nouvelle, du Picross autour de moi, enfin surtout à moitié, comme cela je n’ai pas de risque de voir mon jeu disparaître comme son illustre aîné. Tetris, Columns, Catherine, j’aime les puzzle games, mais aucun d’eux n’arrivent à la cheville de mon Picross DS.

Picross DS

Picross DS

3 - ΛΛLIYΛH d’Aaliyah

We need a resolution, we need a resolution we need a resolution, we have so much confusion. Le refrain que j’ai le plus entendu de l’histoire. Jamais je n’étais tombé autant sous le charme d’une chanson. Dès sa première écoute en 2001, je l’enregistrais en boucle sur une cassette audio de 60minutes. 60 minutes aller et 60 minutes retour de la même chanson, pendant 2 mois dans mes oreilles. Ce qui aurait du finir en dégoût se transforma en amour fou pour cette voix un peu grave parfois un peu douce d’autres fois de cette talentueuse artiste, Aaliyah. J’étais déjà un fan de la première heure, je parle bien de ses précédents travaux. Pourtant, celui fait sur son dernier album, à jamais, m’a complètement désarçonné. Pendant plus d’un an, je n’ai écouté que cet album, que ce soit le groovy Loose Rap, le sublime Rock the Boat, le nerveux I Can Be et même l’énervant I Refuse (chanson reprise par toutes les radios du Monde pour annoncer la mort de l’artiste R’n’B la plus talentueuse de sa génération qui nous a quitté le 25 Août 2001). Mon avis que sans ce tragique accident, Beyoncé ne serait que la numéro deux… mais en fait je m’en fous car à jamais j’aimerai cet artiste comme un fou et puis ce CD reste le premier album que j’ai acheté. Un album que je conseille à tous les fans de r’nb ne le connaissant pas et même aux autres qui ne jurent plus que par Justin Bieber et les One Direction… Il n’y a pas que l’entertainment dans la vie, même si les américains en ont fait un divertissement, ça reste de l’art avant tout et Aaliyah est à son summum pour l’éternité avec ce dernier opus.

Pour une fois qu'il y a un peu de groove et de glamour sur ce blog, merci Liryc-Sama ;)

4 - Happiness Therapy / Silver Linings Playbook

On dit souvent que tous les hommes ont une part de féminité. C’est sans doute vrai, surtout dans mon cas. Longtemps, mon film préféré a été Eternal Sunshine of the Spotless Mind… jusqu’à la sortie d’un autre film avec une histoire d’amour extraordinaire : Happiness Therapy. Rarement j’ai été autant pris dans une histoire et je me rappelle être sorti de la salle tout joyeux avec une petite larme à l’œil. Une première d’ailleurs car jusqu’à maintenant je n’avais jamais versé une larme pour ou pendant un film. J’ai tellement été subjugué par le jeu de la magnifique Jennifer Lawrence que j’avais dit après avoir vu le film qu’elle remporterait l’Oscar de la Meilleure Actrice. Vous connaissez la suite n’est-ce pas. J’ai donc sauté sur ce film dès qu’il est sorti en DVD pour pouvoir le regarder encore et encore, car je ne me lasse pas de cette histoire dans laquelle Bradley Cooper et Jennifer Lawrence jouent parfaitement la folie et la névrose et où Robert De Niro est plus drôle que jamais. Oui, dans mon top film, il n’y a que des films d’amour, ce n’est pas un privilège réservé aux femmes. Je sais, c’est l’adaptation d’un bouquin, mais je l’ai dit plus haut… pas d’images, pas de lecture !

Portrait culturel d’un joueur - @LirycSama

5 - Remember Me

On finit avec mon coup de cœur de l’année 2013. Le jeu de Dontnod Remember Me. Un jeu vraiment sympa d’anticipation se passant à… Paris. Du moins dans une ville libre appelée Néo-Paris sur les fondations de l’ancienne capitale de la France. Au menu ? Chasse à la mémoire, combat, recherche de soi et remix mémoriel. Un cocktail détonant et original qui ne souffre en aucun cas de la linéarité du jeu et puis l’héroïne, Nilin est tellement attachante. Sans compter que voir la Tour Eiffel, la Basilique du Sacré Cœur ou encore Notre Dame de Paris dans un jeu vidéo, c’est quand même la classe et ça nous change des traditionnelles villes américaines. Depuis quelque temps déjà je suis devenu un gros consommateur de jeux vidéo, ce qui m’a obligé à passer par la case revente pour pouvoir acquérir de nouveaux titres, mais ce jeu là échappera à ce triste sort tellement il est passionnant. Un jeu à posséder absolument pour tous les amoureux de Paris, de K. Dick, d’anticipation, de métisse, de mémoire, etc…

Remember Me

Remember Me

Fat come-back comme disait Alliance Ethnik, enfin le fat c'est moi et non Liryc-Sama ; quoi qu'il faut bien avouer que le bonhomme du 93 envoie du lourd avec son portrait culturel. Le come-back, c'est moi aussi c'est le blog qui sort de sa retraite estivale et bouge son gros cul de sa serviette de plage numérique - comprendra qui pourra -. Et je reviens avec un article que je n'ai pas écrit, ce n’est pas la classe ça ? En même temps pourquoi écrire des articles ou faire des portraits quand les joueurs ont autant de talent pour le faire eux-mêmes. En plus, je n'aurai jamais pu inventer l'anecdote du Mario Bicross - j'adore ! - comme quoi une passion peut toujours naître sur un malentendu.

Encore une fois Liryc-Sama Il faut peut être du temps prouve à ceux qui pourraient encore en douter que derrière un joueur de jeux vidéo il y a un véritable être humain traversé par la culture de son temps - ou de temps précédant - ; les joueurs sont les agents actifs de la pop culture et plus le temps passera et plus les joueurs seront riches de ces strates culturelles et plus les jeux vidéo pourront venir piocher dans ce bien commun culturel partagé par les joueurs pour produire des oeuvres vidéoludique toujours plus denses.

Si toi le lecteur tu as aimé ce portrait culturel, et si toi le joueur tu as envie de te prêter à l'exercice alors vient trouver ici les autres portraits et les maigres modalités.

Voir les commentaires

Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #portrait de joueur, #Projet participatif, #Portrait culturel

Repost 0

Publié le 16 Juin 2013

Bonjour, je suis Tempetedigitale, @tempetedigitale sur twitter, Soizic de mon vrai prénom et j’ai 34 ans. Je tiens les sites www.tempetedigitale.com - où je poste mes dessins - mais également www.plaisirderougir.fr où je tente d’aborder par le podcast, des articles ou des interviews tout ce qui touche de près ou de loin l’érotisme. Passionnée et gourmande, j’essaye de laisser ma curiosité guider mes pas et voir ou elle m’amène.

Je trouve rigolo de faire un portrait à travers de cinq objets en ma possession.

 

1 - Ella Fitzgerald : la musique, et surtout les grandes divas du jazz, font une grande partie de ma vie. Mais Ella Fitzgerald reste quand même une de mes chanteuses préférées. Il ne se passe quasi pas un instant de ma journée sans musique. Elle m’a permis de gagner un peu d’argent lors de mes études, car j’ai été chanteuse de jazz dans un pub anglais durant trois ans, même si ma voix est loin d’être à la hauteur de cette grande dame. J’ai toujours ad minima un album dans mon smartphone et un cd à coté (voir sur) mon installation audio. Mon morceau préféré de cet album reste : cheek to cheek (même si j’adore également Mac the Knife!)

2 - Une de mes autres grandes passions est le cinéma et surtout le cinéma asiatique. Un de mes films préférés est sans aucun doute Tale of two sisters. Un film d’horreur coréen qui allie une maîtrise parfaite de la photo avec un jeu d’acteur époustouflant et une musique juste géniale ! (Malheureusement une marque de luxe a jeté son dévolu sur cette musique pour sa pub de parfum mais voici l’original http://www.youtube.com/watch?v=-2wfD10MT7E ). Tale of two sisters parle, comme son titre l’indique, de deux soeurs qui reviennent vivre avec leur père après un événement qui n’est pas très clair au départ.  Entre tensions familiales et non-dits, ce film est d’une richesse absolue et mérite d’être plus connu ! Mes autres films préférés sont Shining, Old Boy, Le labyrinthe de Pan, etc.

Portrait culturel d'une joueuse @tempetedigitale

3 - Baudelaire.  J’ai découvert que très récemment l’œuvre de Baudelaire, le français n’étant pas ma langue maternelle. Je suis quasi immédiatement tombée amoureuse de son oeuvre, la délicatesse de ses mots, la force de ses propos.  J’ai chiné ce livre lors d’une de mes escapades dans le vieux Lyon et j’ai adoré cette couverture rouge et or et il n’est jamais bien loin, toujours à portée de main.

Portrait culturel d'une joueuse @tempetedigitale

4 - Sandman : l’œuvre exceptionnelle pensée par Neil Gaiman et une ribambelle de dessinateurs de génie dont entre autres Manara. Le concept est simple et génial : une série d’histoires, de contes relatant les aventures de sept protagonistes anthropomorphiques du destin, de la Mort, du Rêve, de la Destruction, du Désespoir, du Désir et du Délire. Dans cet univers se côtoient d’autres protagonistes de séries Vertigo : John Constantine, Lucifer, etc. À lire, impérativement!

Portrait culturel d'une joueuse @tempetedigitale

5 - Si si, je suis une gameuse, je vous promet ! La preuve, un des objets auquel je tiens énormément est un exemplaire du superbe jeu PS1 : Valkyrie Profile : Lenneth.  Vous incarnez Lenneth, une des Valkyries au service du seigneur Odin qui vous demande de recruter des Einherjar (des guerriers), que vous allez donc cueillir au moment de leur mort pour leur demander de rejoindre votre armée afin d’être prêts pour le RAGNAROK. Jeu très soigné, réelles tranches de vie dramatiques, mais surtout système de combat hyper dynamique, ce jeu pour moi a atteint la perfection. De plus, c’est à ma connaissance le premier jeu où l’on a réellement le choix entre faire ce que nous demande le jeu, quitte à louper une bonne partie de l’intrigue, ou de réfléchir par soi-même et découvrir un scénario absolument superbe. Motoi SAKURABA nous donne des thèmes mélancoliques qui accompagnent parfaitement les rebondissements de l’histoire.  Même si je ne suis pas fan des rajouts des cinématiques lors du portage sur la PSP, cela reste une bonne occasion de se réessayer à ce petit bijou !

Portrait culturel d'une joueuse @tempetedigitale

J'espère vous avoir fait découvrir un peu de mon monde.  Choisir seulement cinq sujets fut le plus dur car j’aurais aimé parler de mon amour pour SILENT HILL les jeux (le film - signe de Jedi - n'existe pas ^^ ), pour les anciens films d’horreur américains (Poltergeist, The Exorcist, les Freddy, les Hellraiser), pour les animés GHIBLI (quasi tous, sauf les Miyazaki fils qui pour le moment a peux être la technique mais pas encore la magie du récit amha), pour l’histoire du comte de Monte-Cristo, pour la mythologie en général (et égyptienne, indienne et japonaise en particulier) etc. etc.

À bientôt

Soizic

 J’ai découvert Tempête Digitale via son Twitter et ses dessins. Elle faisait parti des personnes qui m’impressionnaient suffisamment pour que je n’ose pas les tweeter. Eh oui, je suis un ancien timide et la timidité c’est un truc qui ne se perd jamais tout à fait. À la faveur d’un tweet évoquant un des meilleurs jeux de la PS3 - Ni No Kuni pour ne pas le citer - j’ai pris mon audace virtuelle à deux mains pour la contacter et voici le portrait culturel d’une joueuse que je trouve réussi. Cet article, c’est donc pour moi une petite victoire sur ma timidité numérique - si si je vous assure que je le suis - puisqu’il permet d’aller à la rencontre d’une personne que j’admirais sans oser savoir ce qu’elle aimait. J’espère qu’il vous aura aussi donné envie de suivre et de s’intéresser à ses productions.

Voir les commentaires

Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #portrait de joueur, #Projet participatif, #Portrait culturel

Repost 0

Publié le 24 Mai 2013

En chemin vers la gloire ! C'est bien gentil de rester nombriliste et rester dans les petits espaces clos qui me sont alloués, le mieux reste encore de venir s'incruster dans ceux des autres. Me voici donc encore une fois représentée dans le petit bac à sable de Rémy, non content de me faire régulièrement de la pub - n'allez pas croire qu'il apprécie mes écrits, je le paye pour ça - doux préliminaires langoureux, on passe aux choses sérieuses puisque j'ai cette fois le droit de m'exprimer directement. Merci à toi pour m'avoir donné la chance de participer à ce projet plutôt intéressant même s'il ne paraît pas forcément profond dans ses grandes lignes. Qui suis-je ? Margoth, blogueuse terrée au fond de son antre et comme je ne suis toutefois pas aussi associable que cela, j'écris aussi pour Archaic à mes heures perdues. J'ai donc accepté de me prêter à ce petit jeu et dévoiler quelques objets - voire chimères, vous comprendrez en temps voulu - ainsi que l'histoire plus ou moins personnelle qui me lie à eux, les liens que j'ai pu tissé avec. Et comme je suis quelqu'un dont les formes de cultures sont divers et variés, je n'ai pas hésité à prendre le parti-pris de sortir du carcan du jeu vidéo. Parce qu'il n'y a pas que le jeu vidéo dans le vaste monde la culture et de l'art. Si, si, vraiment ! La preuve...

 

1 - Je commence par un objet qui me vient à cœur, qui est beau mais surtout vecteur de beaucoup de souvenirs, même si ce n'est pas spécialement l'objet en lui-même qui est directement responsable. My Own Private Alaska est un groupe assez atypique dans le sens où il pratique pratique une musique s'inscrivant dans la mouvance post-hardcore. Sauf qu'il a l'étrange particularité de n'inclure aucune guitare et basse, éléments semblants pourtant fondamentaux. Et pourtant, juste avec un piano, une batterie et un chanteur, ils réussissent des prouesses, que ce soit en qualité ou en intensité exacerbée. Plus que la musique en elle-même, voir l'objet dans ma collection me rappelle les circonstances de ma découverte de MOPA (pour les intimes). C'était lors d'un festival en Bretagne qui en était alors à ses premiers balbutiements, le Motocultor Fest. Comme je n'avais pas pu me rendre au Hellfest cette année-là, non sans animosité d'ailleurs, j'ai décidé de me prendre ma petite dose de concerts concentrés sur trois jours de camping aux conditions inconfortables (strict minimum implique pas de matelas pneumatique, ni même de douche pendant 3 ou 4 jours, les vrais savent) et de bière à toutes les sauces du côté de Vannes dans ce nouveau festival au nom bien étrange. C'était également le tout premier événement (festival/concert) que je couvrais en tant que « journaliste musical » avec la place gratuite, l'accès au coin VIP, au pit des photographes et le droit de porter un joli badge faisant foi de mon statut privilégié. Alors, autant dire que je n'étais pas peu fière, quand bien même l'affluence du public n'avait pas été au rendez-vous cette année-là - et a bien failli tuer le Motocultor prématurément - d'autant plus que l'affiche était fort alléchante à mon goût avec des groupes ayant fortement marqué mon parcours de métalleuse. Et c'est dans ce festival où je me suis pris mes deux plus grosses claques scéniques, en terme d'expérience et d'intensité fortement déroutantes. L'une des deux était justement MOPA, groupe que je ne connaissais de base que de nom (et de particularité). Leur musique m'a transporté loin, leur interprétation et jeu de scène m'a bluffé et laissé une marque indélébile. Si durant le premier titre, je m'affairais à mon travail devant la scène à enchaîner les photos, je n'oublierai jamais Tristan Mocquet aux claviers, épileptique, les yeux révulsés, se convulsionnant sur son siège. Le contact avec son instrument était assurément contradictoire, une violence apparente quasi bestiale de la personne en transe qu'il était à ce moment-là avec un toucher de velours. Il donnait l'impression de maltraiter son clavier tout en continuant à tisser avec lui des liens affectifs profonds. Ses deux compères suivaient le même chemin dans le sens où ils ne se contentaient pas simplement de jouer leur musique, ils la vivaient de même qu'elle les habitait. Je m'en étais même demandé à leur comportement si les trois hommes n'étaient pas simplement de vulgaires instruments, des outils d'exprimer une musique ayant une volonté et une existence propre. Puis, j'ai quitté mon rôle privilégié et ai rejoint le public. Rapidement, l'écoute de leur musique me piquait les yeux, m'engourdissait les jambes. Il fallait que je m'assois et que je ferme les yeux afin qu'elle m'habite aussi. J'ai été transporté avec une incroyable intensité fantasmagorique digne d'un bad trip(es). La mélancolie se mêlait à une sorte de folie chimique, intervenant pourtant sans aucune prise de substance préalable. Ce concert était une expérience tellement saisissante, douloureuse, malsaine, entre psychose et pur désespoir que je suis littéralement tombée amoureuse de ce groupe. Et du coup, j'ai acheté la plus belle édition de leur album, vendue en plus de cela à un prix pas spécialement excessif vu son contenu généreux. Malgré tout, j'écoute cet album assez rarement quoique je l'adore tant il se révèle éprouvant, même après s'y être psychologiquement préparé.

Portrait culturel d’une joueuse - Margoth

2 - Même si je voue d'énormes liens avec Final Fantasy VII en terme de jeu, je préfère amplement parler de Final Fantasy IX en terme d'objet. D'ailleurs, en parler peut-être clairement perçu comme une provocation à tous ces petits adolescents n'arrêtant pas de hurler au scandale que les jeux coûtent excessivement chers aujourd'hui... alors qu'ils arrivent à se procurer deux ou trois nouveautés par mois, parfois en allant même jusqu'à une version collector encore plus chère, le tout simplement en piochant dans le portefeuille de leurs parents. Alors, le débat sur le prix des jeux, ça fait bien longtemps qu'il est devenu stérile et inutile dans le sens où il faut arrêter d'être un con de mauvaise foi : lorsqu'on convertit les prix actuels en francs, on retrouve le même prix affiché il y a quinze ans. Par contre, ce que j'ai du mal à admettre, c'est que les gens viennent la ramener alors qu'ils sont bien mieux lotis que les jeunes joueurs de l'époque en terme de mode de vie/budget familial alloué pour ce genre de loisirs. Car Final Fantasy IX, si je me souviens tant que ça de son achat, c'est qu'il s'agissait du tout premier jeu que j'ai acheté dès sa sortie au tarif plein qui était de 450F (environ 68€, voyez comme on s'y retrouve pas mal encore aujourd'hui). Sauf qu'à la différence de beaucoup, l'argumentation auprès des parents n'a pas été du genre « Allez, s'il vous plaît, j'ai même pas acheté un seul jeu ce mois-ci. Et à la limite ce sera bien le seul jusqu'au mois prochain ». Non, puisque premièrement, avoir un jeu par mois, même pour des softs datant d'il y a trois ou quatre ans que l’on trouvait facilement à 10€ dans n'importe quelle crémerie vendant de l'occasion (voire neuf, en promotion ponctuelle en grande surface, ça se faisait aussi beaucoup à l'époque), c'était déjà du luxe. Et ce n'était pas par manque de moyen, juste parce que c'était le genre de plaisirs qui ne rentraient pas dans les priorités des budgets familiaux, on devait donc se contenter de peu, deux, trois, voire quatre jeux par ans tout au plus. Alors, comment j'avais fait pour me permettre ce luxe d'acheter une nouveauté au prix fort me direz-vous ? Eh bien, j'ai fait profil bas et me suis métamorphosée en écureuil pendant six mois, à mettre de côté mon argent de poche (non, je ne plaisante pas). Et en bonus, je devais ramener un bon bulletin sinon, je n'avais pas le droit de toucher à la console. Ça, c'était la punition qu'avaient trouvé mes parents à l'époque. Elle était rudement efficace d'ailleurs, d'autant plus dans ce cas précis où je l'aurais eue mauvaise d'avoir mis tant de temps à économiser, tout ça pour admirer les cd-rom d'un œil triste pendant un mois supplémentaire, à ressasser ma frustration de ne pas pouvoir les engouffrer dans ma console. Par chance, j'avais bien travaillé ce trimestre-là, j'ai pu profiter de ce tout premier luxe vidéoludique que j'ai payé de « ma propre poche ».

Portrait culturel d’une joueuse - Margoth

3 - Il n'y aurait pas eu la limite des cinq objets, vous ne vous imaginez même pas le nombre de produits musicaux que j'aurais pu vous présenter. Je ne le cache pas, au-delà de ma passion pour le jeu vidéo, c'est bel et bien la musique qui remporte le gros lot. Malgré le fait que le sujet est moins représenté sur le blog, surtout par manque de temps car écrire là-dessus est un exercice bien plus complexe qu'on ne peut l'imaginer, la musique est le centre d'intérêt auquel je voue le plus de temps (et d'argent très certainement d'ailleurs). C'est simple, j'en bouffe par trente-six tonnes et, étonnamment, j'ai souvent tendance à en redemander car mes oreilles sont clairement des organes insatiables. Malgré tout, il arrive parfois que les conséquences d'un tel caractère boulimique se fassent ressentir. Un trop-plein et c'est la gerbe d’écœurement. C'est justement durant ces rares périodes auditivement moribondes qu'est intervenu Bad Tripes. À ce moment-là, j'étais chez Radio Métal et je m'étais vu acquérir les commandes d'une de leurs émissions de radio, High Hopes dont la programmation tournait autour de jeunes groupes débutants ou vieux briscards fortement méconnus. Ce qui signifiait que d'une semaine sur l'autre, je me bouffais des cartons de démos oscillant entre moisissures purulentes (oh, j'ai vu quelques cas objectivement insupportables croyez-moi), bonne facture insipide, du sympa et du vrai coup de cœur. Malheureusement, il y a eu un moment où cela faisait quelque temps que je n'avais pas eu cette dernière catégorie. C'est là qu'est intervenu un verdict cruel : j'écoutais ce que l’on me filait, je jaugeais et analysais en temps et en heure, mais dans un état de blasitude morne. Une sorte de routine qui s'installait en sorte. Il manquait ce qui m'avait motivée à la tâche à la base, ces putains d'artistes qui te filent un putain de frisson tellement fort que tu te sentirais capable de porter des montagnes pour eux, pour qu'ils réussissent à percer, quand bien même les moyens que tu as en main sont assurément modestes. Et au détour d'une fournée d'une semaine de démos, j'ai fini par tomber successivement sur deux Saint-Graal : Last Bärons et ces fameux doux dingues de Bad Tripes. Je ne m'étendrai pas forcément plus sur le cas des premiers quand bien même je leur voue une affection certaine - je suis actuellement en chantier d'écriture sur la chronique de leur dernier album pour le blog de toute manière - préférant m'étaler sur le caractère plus excentrique des seconds. Même si leur premier album n'est pas dénué de défauts, on ne peut que saluer l'effort proposant une identité on ne peut plus affirmée et un talent certain. Leur musique est un pur vice pour quiconque n'aime pas l'anti-conformisme et c'est bien là tout l'intérêt. Ces Marseillais osent sans honte aucune, et assument leur étrange mixture à mi-chemin entre métal, punk, électronique et musette (oui, oui) avec une certaine virulence. Mais ce que je retiens le plus de Bad Tripes reste leur capacité effarante à livrer une forte dimension visuelle et surtout des textes géniaux. La plume (dans la langue de Molière) est touchante mais surtout dérangeante, traitant de thèmes souvent peu relatés (la femme d'Hitler, les hommes battus, les hospices...) ou bien carrément abjects (la pédophilie) ou se rattachant à notre vécu à tous (le mal-être de l'adolescence), le tout de façon aigre-douce entre humour piquant et exagération peut être dégoûtante mais réaliste. Avoir eu dans les mains Phase Terminale m'a remis une certaine patate, a rafraîchi ma motivation et j'étais repartie comme en quatorze dans ma passion et mes délires, en n'oubliant pas pour autant d'acheter mon propre exemplaire de l'album et en poussant mon aide modeste encore plus loin en leur donnant un créneau d'interview en direct à l'antenne de Radio Métal. Et je l'avoue sans honte, cette « entrevue » téléphonique avec Hikiko Mori, la voix de rossignol castré de Bad Tripes, a certainement été la plus intéressante que j'ai pu mener. Tellement que j'en aurais bien repris une lichette en me faisant une escapade jusqu'à Avignon pour jouer les figurantes dans leur tout premier clip tourné au mois de mars dernier. Malheureusement, mon travail en a décidé autrement et la seule façon que j'ai trouvée pour me donner bonne conscience était de faire don de quelques deniers pour financer ce projet en échange de quoi je recevrai leur prochain disque - qui ne saurait tarder je l'espère - en avant-première avec mon nom dans les crédits de remerciement. Bwarf, c'est vrai, ce dernier détail n'était pas forcément le but de mon don en soi tant j'aurais préféré me retrouver avec une déclaration épistolaire salace écrit de la main et du sang d'Hikiko Mori mais bon, on fait avec ce qu'on a.

Portrait culturel d’une joueuse - Margoth

4 - Voilà un objet qui, à la base, ne m'appartient pas. Orange Mécanique est un film que j'ai découvert durant mon adolescence. Mes parents avaient acheté le DVD au fond des bacs en vrac bradé. Eux non plus n'avaient jamais vu ce film. Mais, contrairement à moi, ils en avaient entendu parler, ce qui les a confortés dans leur acquisition. Malheureusement pour eux, je ne sais pas trop quels échos ils avaient eus de ce film, mais il semblerait qu'ils aient interprété la composante de l'ultra-violence d'Orange Mécanique de la mauvaise manière. Je pense qu'ils devaient prendre le film de Kubrick comme un Mad Max-like (film qu'ils connaissent et apprécient). Alors, je vous laisse imaginer la surprise qu'ils ont pu avoir en le visionnant. Et peut-être de cette sensation d'être dupés et trahis par leurs propres catégorisations hâtives qu'ils en ont émis un lourd verdict plutôt expéditif : ils ont clairement détesté Orange Mécanique. Pensant qu'il était vraiment dommage de laisser ce malheureux DVD prendre la poussière, j'ai décidé à mon tour de laisser une chance à Orange Mécanique, d'autant plus que ces échos d'ultra-violence que mon père m'avait chantonné lors de l'achat dudit film me séduisaient fortement. Que voulez-vous, mon adolescence a forgé ce que je suis actuellement, et mon goût pour flirter avec les limites a certainement eu raison de ma phase adulte : la maturité m'apporte un côté d'autant plus décomplexé à propos de l'art, quelle que soit sa forme, arrivant même à trouver de la beauté dans l'horreur et l'insalubre. Que dis-je, à trouver plus de beauté et d'inspiration dans les représentations impies et décadentes que leurs homologues prêchant la Beauté comme le temps, l'Histoire et les conventions l'ont imposé. C'est ainsi que j'ai trouvé depuis mes seize ans au lycée et trouverai toujours les œuvres de Francis Bacon plus belles et fascinantes que celles de Renoir pour vous donner une idée de la chose à titre d'exemple. Mais là, je m'égare, revenons donc à nos moutons. Orange Mécanique, quelle grande idée ai-je eu de faire main basse sur ce film injustement abandonné dans la maisonnée familiale afin de meubler la grisaille d'un dimanche pluvieux - et croyez-moi qu'en Normandie, il n'y en a pas qu'un ! - car j'y ai découvert là mon film de chevet, celui qui m'émoustille le plus, le seul également auquel j'arrive encore à m'étonner de trouver de nouveaux éléments et interprétations à chaque nouveau visionnage. Et de séances, il n'y en a pas eu qu'une, croyez-moi, elles se comptent plutôt par dizaines. Et j'ai même poussé le vice plus loin encore : profiter de périodes de rétrospectives de Kubrick d'un obscur petit cinéma lorsque j'étais encore terrée en territoire breton l'année dernière pour aller le voir dans l'intimité d'une salle obscure. Une vision de plus. Encore des subtilités relevées mais surtout la chance de profiter d'un son du tonnerre afin de se délecter du duo gagnant violence gratuite/Beethoven. Il n'y a pas à dire, Orange Mécanique est un film extraordinaire et intemporel. Et le DVD parental dans tout ça ? Il en va sans dire que j'en ai hérité afin d'éviter qu'il se morfonde tristement dans un placard.

Portrait culturel d’une joueuse - Margoth

5 - Comme je suis quelqu'un ne voyant pas d'un très bon œil les conventions, tout comme j'ai certainement conservé mon sale esprit d'adolescente rebelle, je me permets de prendre quelques libertés pour le dernier sujet de ce portrait culturel, même si je doute que le maître des lieux m'en tienne rigueur. Auquel cas, il ne m'aurait jamais demandé d'apporter ma participation dans ces colonnes, à croire qu'il s'attendait pertinemment que je vienne transgresser les règles. Bref, si la porte n'est ouverte, je me charge de la défoncer violemment et je m'en vais parler de peinture dont je ne possède absolument rien chez moi. Il s'agit en réalité de la dernière exposition que j'ai été voir... Enfin, plutôt de quelque chose dont on m'a parlé et que la bonne âme en question m'a chaperonné jusqu'à la galerie d'art où se passait l'événement afin que moi aussi, je puisse en prendre connaissance et en profiter. En même temps, le sujet était bien alléchant et plutôt révélateur de ma personne, ce qui fait que parler de cela ici n'a rien d’inopportun. J'avoue clairement que la peinture ou les arts picturaux en général sont loin d'être ma spécialité. J'avoue également que même s'il m'arrive de m'y pencher pour X raisons de façon on ne peut plus ponctuelle, c'est un pendant artistique que je laisse souvent au second plan car cela me parle moins d'autant plus que l'ignorance de toute considérations techniques n'arrange certainement pas les choses. Et pourtant, pour ce cas précis, j'ai été marqué de même que l'exposition de Zhen Shan Ren s'inscrivait totalement dans mon profil. Certainement pas par sa forme, surtout pour son fond, sa thématique. Zhen Shan Ren tourne en effet autour de la persécution des pratiquants de Falun Gong en Chine, mouvement spirituel chinois réprimé dans ses terres natales depuis 1999. Le sujet de la persécution et du génocide a toujours été quelque chose qui me titille, m'intéresse et me fascine, autant que j'ai ces pratiques en horreur. Cela a commencé très tôt dans mon enfance avec l'Inquisition médiévale, cela s'est poursuivi et pleinement révélé plus tard lors de mes années lycée avec le génocide des Juifs de la Seconde Guerre Mondiale. Avant cette exposition, je n'avais aucune connaissance de ce massacre et cette exposition m'a montré le cas le plus rebutant qu'il m'ait été donné de voir. L'exposition se passe en plusieurs parties, commençant du spiritisme de la foi de Falun Gong afin d'introduire le sujet avant de partir peu à peu vers la persécution en elle-même avant de continuer vers toutes les conséquences (la résistance, les contestations de certaines associations de l'étranger, de même que la morale qui découle de la chose). Les tableaux se présentent sous une forme extrêmement réaliste, lorgnant presque vers le photoréalisme peint pour la représentation du monde, de même que l’on voit un côté très religieux à tous les tableaux tournant autour du spiritisme (des figures angéliques, la représentation des cieux, les couleurs...). De mon côté, j'admets avoir été plus touchée par la partie représentant le massacre en lui-même, les tortures opérées (le gavage, les lacérations, les brûlures, les abus sexuels, les prélèvements d'organes...) et les conséquences qui en découlent (un père qui pleure son fils, la tristesse d'un enfant d'avoir perdu ses parents...). Mais ce qui m'a le plus marqué et le plus titillé dans tout cela reste une différence fondamentale par rapport à tous les autres génocides existants : le statut de victimisation. À vrai dire, à la vu de certaines œuvres, on se rend pleinement compte que la spiritualité des fidèles fait qu'ils arrivent à tout enduré sans broncher, accepté l'inacceptable. C'est leur foi qui leur inculque cet état d'esprit, la méditation, ce voyage vers ce monde spirituel et zen fait que l’on en arrive parfois à se demander quel camp est vraiment la victime. Les persécutés car ils subissent de véritables horreurs inhumaines ? Ou les persécuteurs par leur frustration quand ils se rendent compte que leurs sévices n'ont qu'une emprise on ne peut plus limitée par rapport à ce qu'ils pouvaient s'attendre en théorie ? De même que l’on est en droit de se demander qui en ressort le plus diminué au final, car il en va sans dire que les persécutés envisagent la mort avec une certaine philosophie, alors que les forces de l'ordre chinoises devront assumer une image ternie jusqu'à la mort, toute leur existence, les descendants héritant de ce boulet au passage. Bon, je m'arrête là car je pourrais disserter là-dessus encore longtemps mais vraiment, avoir assisté à cette exposition a été une très grande surprise même si j'en suis ressortie avec un dégoût encore plus affirmé envers l'espèce humaine.

Portrait culturel d’une joueuse - Margoth

En proposant ce projet à Margoth, j’étais sûr que cela donnerait lieu à un bel article, je connais un peu virtuellement la demoiselle, son ouverture, son goût pour la musique et sa plume que j’apprécie. Je ne suis pas déçu, Margoth nous livre un portrait remarquable dans lequel elle entrouvre une porte sur son univers et son histoire ; j’aime cela et j’espère que vous aussi, lecteurs, vous avez apprécié. Pour la petite anecdote c’est elle qui m’a fait découvrir Bad Tripes, ce groupe, enfin cet ovni musical est une petite merveille. Avant de vous laisser, je vous rappel que vous êtes gamer et que vous souhaitez partager avec nous votre portrait culturel n’hésitez pas à me contacter.

 

Et bien sûr n'hésitez pas à visiter l'Antre de Margoth

Voir les commentaires

Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #portrait de joueur, #Projet participatif, #Portrait culturel

Repost 0

Publié le 7 Mai 2013

Salutations, je suis Luddovik ou bien Majin suivant où je me trouve sur les internets. Je tiens le petit blog www.majin.net qui est tout récent même si j'erre sur la blogosphère depuis 5-6 ans (sans réelle réussite, je le concède). J'ai presque 26 ans, je vis dans la Drôme et je suis dresseur de fauves dans un collège (je suis pion quoi). J'ai un rapport très sexuel avec le jeu vidéo si bien que parfois je le considère comme mon amant tant je passe des heures dessus. Évidemment ceci est une image, ne vous faites pas des idées. J'ai trouvé le projet de Rémy fortement intéressant et je me livre donc à ce jeu de l'autoportrait avec des objets que je possède.

 

1 - Je pense que je vais commencer par ce qui me représente le plus : le jeu vidéo. Un de mes jeux favoris n'est autre que Fear Effect sorti sur Playstation en 2000. Édité par Eidos (depuis racheté par Square Enix) et développé par Kronos, ce jeu suit les aventures d’Hana, Glas et Deke des mercenaires à la recherche de la fille d'un homme d’affaires chinois. Ce jeu est assez beau pour son époque, il est haut en couleur et est très influencé par l'univers manga. Pourquoi m'a-t-il marqué ? Pour son cheminement totalement beau, violent et surprenant. Pour faire court, on débute le jeu dans une grande ville chinoise (Hong Kong ?) et si au début tout ressemble à un simple jeu d'action, on dévie tranquillement dans un mélange de science-fiction saupoudré d'horreur reprenant des références à l'histoire de la Chine. Je ne peux pas en dire plus, mais il faut y jouer pour comprendre. Au niveau de la jouabilité, le jeu est très rigide et ressemble aisément à un Resident Evil premier du nom avec des caméras fixes et joue sur le contrechamp. Très bon pour l'immersion. De plus les personnages sont assez charismatiques et l’on suit leur évolution en les incarnant chacun leur tour. La fin est alternative si jamais on a besoin encore d'argument pour le refaire.

 

J'ai découvert ce jeu par hasard grâce au petit ami de ma sœur (de l'époque) qui me savait amateur de jeux vidéo. J'avais treize ans, ce jeu est un des amours de ma vie. Je l'avais acheté puis revendu et là je viens de passer par Ebay pour me le refaire avec une bonne vieille PS One que je vais me prendre. Si je me souviens bien, le jeu comporte plusieurs cd ce qui à l'époque me faisait rêver et me faisait penser : « ouahou il doit être très long ce jeu » et puis j'ai joué au jeu X-Files le jeu avec ces 4-5 cd et là je me suis dis : « ouahou il est trop long ce jeu ». Le contenu >> le contenant (parfois, souvent).

Portrait culturel d’un joueur - Majin

2 - Parlons un peu cinéma. Je suis un petit amateur des œuvres de Stanley Kubrick et de David Lynch. Pour ce dernier, je l'ai découvert grâce à Marilyn Manson que j'aime énormément et qui fait une petite apparition dans Lost Highway. Bref abordons M. Kubrick. À 13 ans, je découvre en cachette Orange Mécanique qui m'a bouleversé, remué, traumatisé. Dans le même temps, sous la couette, je pique les Stephen King de mon frère. Je découvre Ça et l'adaptation télé « Il est revenu » qui depuis m'a rendu Coulrophobe (phobie des clowns). J'arpente aussi Jessie, Carrie (puis le film), Misery et enfin Shining qui me mettra une frousse monumentale. Je ne m'en suis toujours pas remis, je crois bien. Ce livre est une merveille de tension, de stress. Shining raconte la vie d'une famille surveillant un hôtel durant l'hiver, le père écrivain tombe dans la paranoïa puis la folie. Le fils lui est doté d'un pouvoir surnaturel. Une histoire prenante, terrifiante. Après avoir lu le livre, je découvre que Stanley Kubrick a adapté le film au cinéma avec Jack Nicholson dans le rôle de Jack Torrence le père dépressif. Ce film divise et à même obligé Stephen King a proposer un téléfilm en 1997. Pour ma part, je l'ai adoré. Kubrick a orienté son film sur la folie du père et ses pulsions meurtrières et à pris le risque de négliger des thèmes important dans le livre. Si on fait abstraction de tout ça, le film est une merveille. Une montée en puissance vers le suspens et la violence. Un trio d’acteurs plutôt impressionnants et surtout une réalisation parfaite. Les plans de Kubrick sont uniques.

 

J'ai vu ce film plusieurs fois, chez des amis et il y a 5 ans je me suis décidé à me payer le dvd. Parfois quand je déprime ou que le moral frôle le néant, je me le mets histoire de me dire que ça pourrait être pire. En plus la jaquette est dingue avec un Jack Nicholson totalement barré.

Portrait culturel d’un joueur - Majin

3 - Jeux vidéo, cinéma et musique. Trois loisirs qui prennent pas mal de mon temps. Avant d'aller plus loin je tiens à dire que Remy n'y est pour rien vis-à-vis du contenu de ce point numéro trois. En effet, je vais vous parler d'un groupe de rock français que j'aime énormément ! Indochine. En ce moment on parle d'eux pour un clip mais j'ai pas envie de m'étendre la dessus. Parlons plutôt musique. Ils sont français, ils utilisent la langue française, les références sont grandes, les influences sont nombreuses, la poésie est présente. On trouve souvent que ce groupe écrit pour plaire aux ados. Ce groupe plait parce que sa musique parle à tout le monde, tout les jeunes comme les plus vieux. Les thèmes sont souvent les mêmes à la base mais très bien mis en prose. Ce qui fait la nouveauté, c'est l'univers développé autour de ces fameux thèmes. Je suis amateur du groupe depuis 1997 (depuis que j'ai 10 ans) et j'ai toujours répondu présent. Pour moi l'évolution d'Indochine est normale. Je possède une discographie plutôt sympa d'eux. Si j'aime énormément l'album Dancetaria (1999) je voue un culte à l'album Alice et June (2005) pour sa pochette magnifique dessinée par Ana Bagayan qui m'a permis de découvrir une sphère de la peinture totalement dingue : « le surréalisme moderne ». Des univers sombres, enchantés peuplés de créatures à la tête difforme et d'enfants aux allures parfois perverses. Pour certains ça impose le mal aise, pour moi c'est une évasion parfaite. Indochine est un groupe avec un univers propre qui se nourrit de tout ce qui l'entoure. Grâce à ce groupe j'ai découvert Marilyn Manson, Nine Inch Nails, Sigur Ros, Antony & The Johnsons etc. mais aussi les films Punishment Park, Ken Park et des artistes comme Ana Bagayan ou Mark Ryden. Indochine a défini ma tolérance au monde mais aussi mon ouverture d'esprit. Pour en revenir à l'album, il est bouleversant et traite de l'amitié de deux filles inspirée par des faits réels. Il contient pour moi un des plus beaux titres du groupe : Crash Me (avec un très beau clip).

Portrait culturel d’un joueur - Majin

4 - Un peu de photo pour la route ? Je vais clôturer ce portrait par un livre que j'ai récemment acheté : Sofa So Sexy de Rankin. Un ouvrage photo très cru et très brute. Rankin est un photographe de mode qui me fait rêver. Tantôt provoc, tantôt chic, il a photographié des stars du showbiz en les mettant souvent dans des situations barrées, il ose aussi la provoc avec des nus très crus et j'en passe. Ce livre met en scène des femmes nues (entièrement) posant sur un sofa. Rien de plus con comme idée sérieusement. Les plans sont très rapprochés et on découvre pas mal de gros plan de l'anatomie féminine. Cela peut ne pas plaire. J'aime la photographie, j'aime la regarder plus que la pratiquer même si je m'y suis déjà essayé. Rankin est un photographe que j'admire au même titre que David LaChapelle ou Dorothy Shoes (son livre Django du voyage est magnifique, je recommande).

Portrait culturel d’un joueur - Majin

Voilà, j'ai abordé que quatre objets que je possède pour évoquer ma personnalité. Je n'en ai pas mis de cinquième non pas par fainéantise mais tout simplement parce que je n’ai pas trouvé. On me voit souvent sur twitter entrain de spammer, râler, critiquer et je suis conscient que je fais fuir les gens alors qu'en fait, je suis toujours en quête de discussion avec d'autres. J'aime papoter de tout et de rien. J'ai pris un vrai plaisir à écrire cet autoportrait pour mettre un peu de relief sur une personnalité que certains trouvent plate. Au plaisir.

 Voici donc le premier portrait de joueur qui ne soit pas moi et c’est à mon sens une première réussite. J’ai lancé ce projet un peu au hasard ne pouvant savoir si les blogueurs allaient jouer le jeu ni comment ils allaient le jouer. Il n’y a pas longtemps que j’ai découvert le blog de Majin mais j’ai tout de suite aimé son sa façon d’écrire et son regard éclectique. Mais je ne le connaissais pas ou si peu ; et à travers les objets culturels qu’il partage avec nous je découvre une personne avec qui j’ai des affinités - le coup de cœur pour Fear Effect, l’admiration de Kubrick et une passion pour la photo - mais aussi des discordances autour d’Indochine, mais le but n’est pas de juger, mais plutôt de porter un regard élargi sur les joueurs. Merci à Majin quant aux futurs portraitisés j’attends vos articles ...

Voir les commentaires

Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #portrait de joueur, #Projet participatif, #Portrait culturel

Repost 0

Publié le 21 Avril 2013

Je suis Rémy aka virtuel_rémy aka Mémoire de joueur aka Le Célibataire Nu aka Ceci est un blog aka Rémy - peut-être photographe - j’ai 34 ans, je suis provincial option campagne, écrivain option chômeur, je suis joueur de jeux vidéo depuis avant l’avènement de la NES et amateur d’allitération et bien sûr je suis l'auteur de ce blog.

1 - Je vais commencer ce portrait en vous parlant de l’édition digipack Tetsuo et Tetsuo II, film radical de science-fiction tourné en noir & blanc et 16 mm avec des moyens très réduits, parabole fulgurante sur l’homme, l’hybridation, la sexualité et la violence avec lequel j’ai une longue histoire. Tout commence il y a une dizaine d’années ; à l’époque je venais d’avoir mon premier lecteur DVD et parallèlement j’étais un amoureux engagé dans une histoire plutôt compliquée - comprendreune histoire merdique -. Comme les histoires d’amour finissent mal, je me fais plaquer, s’en suit une nuit blanche à broyer du noir et dans le petit matin brumeux je décide d’aller noyer mon chagrin dans l’achat compulsif. Direction la FNAC où j’achète Tetsuo et Tetsuo II deux films que je ne connaissais pas et dont je ne savais. Je fais cet achat parce que l’édition est belle et que le pitch du film a l’air barré. Dans la foulée je regarde Tetsuo et je me prends une de mes plus grandes claques cinématographiques devant ce film semi expérimental, torturé et hyper créatif. C’est un vrai coup de foudre. Quelque temps plus tard fier de faire découvrir ce film, je le prête à un ami avec qui je me fâche perdant la trace de cette édition. Voulant racheter le film, je réalise qu’on ne trouve plus l’édition cartonnée mais une bête édition en plastique ; je suis donc obligé de passer par e-bay pour retrouver l’édition que j’avais à l’époque et que je garde en ce moment.

Portrait culturel d’un joueur - de moi même

2 - Ensuite je voudrais convoquer Enslaved Odyssey to the West un jeu pour lequel j’ai une vraie tendresse. C’est un jeu d’action plate-forme dans un univers postapocalyptique qui possède un des plus beaux sens du rythme parmi les jeux de cette génération. À sa sortie le jeu a reçu un accueil très frais, voir froid, de la part du milieu vidéoludique. Je n’accordais donc que très peu d’attention à ce titre - à l’époque j’étais influençable, mais ça n’a pas de lien avec ce qui va suivre -. À la même époque je recevais chaque semaine la visite d’un couple de témoins de Jéhovah pour parler de Dieu. En vérité c’était aussi / surtout parce que la femme du couple était une sublime blonde aux formes parfaites et aux yeux bleus que j’espérais secrète dévoyer de sa vocation divine. Son mari était un mec gentil, pas toujours très malin mais surtout un gamer et un jour il m’a conseillé Enslaved Odyssey to the West. Qu’un témoin de Jéhovah me conseille un jeu est un argument suffisamment absurde pour qu’il me convainque d’acheter le jeu. D’autant plus que Enslaved se déroule dans un univers postapocalyptique, venant d’un témoin de Jéhovah qui prône la restauration du paradis après la fin de la civilisation humaine, je trouvais ça savoureux et intéressant. J’ai découvert une petite merveille, un jeu étonnant de justesse et au sens du rythme parfait. Son ambiance crépusculaire est magnifique et sa BO une merveille ; d’ailleurs c’est le seul jeu dont il m’arrive d’écouter régulièrement la BO en particulier le titre des crédits dont je suis totalement amoureux.

3 - Philip K.Dick Aurore sur un jardin de palmes est une anthologie de Philip K.Dick qui comprend huit de ses romans. C’est un des tout premiers livres que j’ai acheté par moi-même, je devais avoir 16 ans - et oui je n’ai pas acheté de livre avant mes 16 ans, je préférais les CD et bien sûr les jeux vidéo - et des habitudes de lecture réduites au néant en dehors de ce qu’il fallait lire pour les cours de Français. Et puis j’ai découvert les jeux de rôle et au travers d’eux la science-fiction et sur les conseils d’un ami j’ai lu Ubik et j’ai adoré / adhéré à l’esprit de K. Dick. J’ai donc acheté ce recueil de plus de 1400 pages en papier bible ; en faisant cela j’étais sûr que je n’arriverai jamais à tout lire, c’était surtout une façon de se la raconter, de montrer que j’étais un « vrai » passionné. L’été suivant je me suis mis à lire le premier roman, puis le second, puis un autre et à la fin de l’été j’avais tout fini ; c’était une autre époque où il n’y avait pas d’internet pour manger du temps de cerveau et il fallait bien occuper sa solitude. Mais être arrivé au bout de ce qui me semblait être une montagne m’a donné un vrai sentiment de satisfaction ; j’étais désormais capable de lire des gros livres et un jour je serai capable d’en écrire, mais c’est une autre histoire.

Portrait culturel d’un joueur - de moi même

4 - Dictionnaire de l’amour et du plaisir au Japon, je crois que tout est dans le titre, c’est un livre qui ressence / explique / explore 400 mots-clés de la culture érotique japonaise. Je suis fasciné par le fractionnement et la complexité des tendances érotique japonaise. Je ne vais pas dire que ce dictionnaire est mon livre de chevet - même s’il l’a été pendant quelque temps - mais c’est un ouvrage dans lequel j’aime me replonger ; par pur plaisir, pour réveiller / attiser ma curiosité, y puiser de l’inspiration ou simplement pour chercher des pistes de compréhension de cette culture fascinante. Parfois j’ai la conviction ou l’intuition que nous autres occidentaux nous passons en parti à côté du sens de certains titres, surtout des certains RPG, alors je me demande si en essayant de mieux comprendre les codes de l’érotisme je ne trouverais pas certaines clefs de compréhension. On verra si un jour cela donne lieu à certains articles.

Portrait culturel d’un joueur - de moi même

5 - Je vais clore ce portrait avec Dead Rising 2. Avant de passer à la Next Gen et donc à la PS3 j’ai connu un moment d’errance vidéoludique - j’ai eu un Xbox par exemple - accompagné d’un certain désintérêt pour l’actualité jeu vidéo que je suivais de loin et d’un œil. Pourtant le jour où j’ai pu voir tourner le premier Dead Rising j’ai eu un coup de foudre fantasmatique ; vivre / jouer un film de Roméro, qui plus est Zombie, avec un tel degré de liberté et réalisme ça m’a tout de suite fait rêver. J’avais été échaudé / vexé par l’expérience XBox et par esprit de vengeance je ne voulais pas passer à la 360, j’ai donc regardé avec regret Dead Rising. C’est quand j’ai su que Dead Rising 2 serait porté sur PS3 que j’ai commencé à me dire que je pourrais revendre ma vieille PS2 et passer à la suivante. D’ailleurs Dead Rising 2 a été un des premiers jeu que j’ai acheté et que je n’ai jamais fini. Ce n’est pas que je ne l’aime pas, mais je prends un tel pieds à tuer des hordes de zombies dans le centre commercial que j’oublie de finir le jeu. Et de temps à autre je reprends le jeu depuis le début dans l’espoir de le finir. Un jour sûrement j’y arriverai …

Portrait culturel d’un joueur - de moi même

Voilà, le projet est lancé, je donne l’exemple, je ne sais pas si je trouverais des personnes pour participer, mais je l’espère et je suis sûr que des amis blogueurs se prêteront au jeu si je leur demande gentiment. Dans mon idée originale j’envisageais de ne publier qu’un seul objet par jour pour construire progressivement le portrait. Mais pour la première fois et pour donner l’exemple j’ai opté pour un article complet. Je verrai par la suite, comment j’organise la publication. Cela dépendra principalement de la longueur de ce que pourront donner les personnes participant au projet. Il est vrai qu’en véritable blogueur j’aime assez l’impudeur de la confession, de la découverte de l’autre donc ce projet qui permet de parler soi me convient bien, mais je ne sais pas s’il parlera autant aux autres qu’à moi. Nous verrons bien à l’avenir. N’hésitez pas à me dire ce que vous pensez de cet article j’ai besoin de vos retours pour définir la forme de ce projet. Merci

Voir les commentaires

Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #portrait de joueur, #Projet participatif, #Portrait culturel

Repost 0