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Publié le 20 Octobre 2014

Salut à tous, je suis LCS, créateur du site Le Toaster. Du haut de mes 27 ans, et bien qu'étant né dans les années 80, je me considère davantage comme un enfant des 90s, parce que niveau souvenirs qui datent d'avant mes 3 ans, c'est un peu léger. Je suis arrivé aux jeux vidéo autour de mes 9 ans, ce qui m'a toujours paru assez tard par rapport aux autres personnes de mon âge, mais ce fut bien assez tôt pour en profiter. N'ayant pas de console chez moi mais uniquement chez mon paternel, chez qui je me rendais tous les 2 weekends, je n'ai joué pendant des années que 3 à 4 jours par mois, m'abreuvant le reste du temps de magazines spécialisés, dont je connaissais à force tous les articles par coeur, et de discussions à la récré et à la cantine. Choisir 5 objets culturels n'est pas chose aisée, et ceux qui sont déjà passés à la moulinette du Portrait Culturel de joueur en conviendront. Mais c'est au final un excellent exercice, qui pousse à se plonger dans l'adolescence, période en général fortement liée aux jeux vidéo. 

1/ Twin Peaks 

Je ne suis pas spécialement branché séries (trop chronophage), et j'avoue avoir découvert Twin Peaks un peu à contre-coeur. On m'avait donné les deux premiers épisodes sur mon disque dur : je savais que c'était de David Lynch, et j'appréhendais un peu, car je connaissais mal le réalisateur, mais je le savais assez difficile d'accès. Et contre toute attente, j'ai été complètement fasciné, comme je l'ai rarement été. Une des forces de cette série est de combiner une intrigue policière avec tout ce qu'elle implique de plus classique et concret (meurtre, suspects, enquête, etc) avec des éléments surnaturels inexplicables (et en grande partie inexpliqués, ce qui contribue au mythe), le tout ponctué de séquences cocasses, dans une ambiance teintée de 50s. Une des autres forces est d'exploiter la quasi-totalité des personnages secondaires. Bien qu'il y ait clairement un personnage principal, l'agent Dale Cooper, interprété par Kyle Mc Lachlan, tous les personnages secondaires finissent par se dévoiler, apporter leur pièce à l'édifice. De plus, chaque personnage traversera à un moment donné une phase d'altération du comportement (voire physique). J'avais découvert Twin Peaks à la même époque que Silent Hill, et les deux oeuvres se font clairement écho : on y parle du subconscient, des démons qui nous hantent, de lieux mystérieux, de notion de la réalité, tout en suivant le fil d'une intrigue classique. Passionnant. 

Portrait culturel d’un joueur - LCS

2/ Bob Marley 

Oui, je suis gamer et fan de Bob Marley, ce n'est pas incompatible ! J'ai écouté du reggae assez tôt, et de nombreuses sessions de jeu (et de moments de ma vie) furent accompagnées d'un fond de Bob Marley. Évidemment, ça dépendait des jeux, je doute de l'effet d'un One Love sur Silent Hill. Mais sur un Gran Turismo, en remplacement des musiques que j'ai toujours trouvées horrible, c'est nickel. Mais au-delà de ça, j'ai toujours trouvé que Bob Marley avait un sens des paroles et de la mélodie assez dingues : quand tu te penches vraiment dessus, tu te rends compte que tout te semble évident, et les mélodies qui peuvent paraître douces cachent souvent de sérieux appels à la révolte. C'est ce qui fait que c'est une des figures que tu trouves encore le plus sur des T-Shirts et à peu près tous les supports de merchandising possibles. Je ne peux que comprendre ceux qui n'apprécient pas le reggae parce qu'ils trouvent ça trop répétitif et que le genre est devenu une caricature de lui-même. C'est effectivement ce que c'est devenu en partie, mais comme beaucoup de styles musicaux au final. 

Portrait culturel d’un joueur - LCS

3/ Le porte CD en forme de Memory Card

C'est toute une histoire, et bien que n'étant pas fétichiste des objets, j'ai une affection particulière pour cette chose. En 2000, on m'offrait ma première PlayStation. C'était la grande époque de FF8, Gran Turismo 2, Resident Evil 3…(larmichette). C'était aussi l'époque où le CD de démo n'était pas livré avec la console. Non, il fallait envoyer un courrier pour recevoir une sorte de pack de bienvenue. Je m'exécutai, et recevai donc un courrier avec un super CD de démo…et une montre, que j'avais ensuite réussi à échanger contre ce super porte-cd à quelqu'un qui n'en voyait pas l'utilité. Pour moi, c'était le Graal : une belle boîte en forme de Memory Card géante, des feuilles sur lesquelles on peut ranger 2 CD sans les rayer parce que la matière est super douce, des poches pour mettre les cartes mémoires et une poche pour mettre des livrets de jeu. Autant dire que cette petite merveille m'a accompagné durant une grande partie de ma vie de gamer, de mes débuts sur 32 bits jusqu'à mon acquisition d'une console HD…il y a un an. 

PS : par curiosité, est ce que l'un des lecteurs de ce formidable blog connait cet objet ? Je n'ai pas trouvé de photo sur internet, il semblerait que ce porte CD soit un objet qui ne courre pas les rues.

PS : par curiosité, est ce que l'un des lecteurs de ce formidable blog connait cet objet ? Je n'ai pas trouvé de photo sur internet, il semblerait que ce porte CD soit un objet qui ne courre pas les rues.

4/ Resident Evil 4 

Je crois que c'est un des softs que j'ai terminé le plus de fois, et dans tous les modes. J'ai toujours été fan de la série, et j'avais retourné la première trilogie et le Code Veronica dans tous les sens, ainsi que les Onimusha et les Devil May Cry. Durant des années, j'avais bien pris soin de ne pas jouer à Resident Evil 4, parce que tous ces changements étaient à mes yeux une trahison par rapport au reste de la saga. J'avais suivi l'évolution du développement du soft, et quand j'ai vu les premières images d'un Leon en vue à la troisième personne qui shoote des mecs qui ne sont même plus des zombies, et qui peut upgrader ses armes, je me suis dit : "on n'est plus dans Resident Evil". En 2009 pourtant, j'insérai pour la première fois le mini DVD dans un Cube fraîchement acquis, et ce fut le début d'une grande histoire d'amour. Le jeu était magnifique, certainement dans le top 5 de la génération 128 bits, la maniabilité incroyable, l'ambiance travaillée, et contre toute attente j'ai trouvé tous ces changements vraiment rafraîchissants. Plus que cela : Resident Evil 4 m'a provoqué quelques frayeurs, que je n'avais jusqu'alors que peu éprouvées dans la série. La scène ou Léon est enfermé dans une maison, que 50 ennemis débarquent ainsi que le type à la tronçonneuse, et qu'en plus tu ne manies pas encore bien les commandes provoque un sentiment d'oppression, dans la lignée de certaines scènes avec le Nemesis, mais avec l'intensité et l'immersion en plus. Au final, nos petits nippons ont vraiment bien bossé : le jeu est très bien rythmé et on retrouve l'esprit Resident Evil : les herbes pour se soigner, les ennemis qui ne ressemblent plus à rien après plusieurs mutations, le scénario WTF dont on se fout royalement, les énigmes qui n'en sont pas vraiment. Pour un jeu que j'aurai fini une bonne demi-douzaine de fois, avec un plaisir constamment renouvelé. 

Portrait culturel d’un joueur - LCS

5/ Les Deux Minutes du Peuple 

Les deux minutes du Peuple, c'est un peu un amour de jeunesse. Découvertes sur la défunte Europe 2 à l'époque d'Arthur, ce fut un véritable coup de foudre. Il est vrai qu'avec du recul, je trouve les blagues un peu lourdes parfois, mais au fond c'est comme un vieux copain : on peut ne pas s'être vus depuis des années, ça repart dès la première seconde. Et puis, il y a tous ces délires autour des langues étrangères que je trouve géniaux. Il y avait par exemple un épisode qui mettait en scène un couple en voyage dans les pays de l'Est, et qui se rendait compte que tous les objets et sons avaient l'accent Yougoslave, même quand le mec part uriner. Il y avait quelques épisodes sur les jeux vidéo, notamment un qui m'avait fait mourir de rire : celui sur la sortie de la PS2 (oui ça date) : passé les complications pour s'en procurer une, un mec jouent à un jeu de baston sur leur nouvelle console. Puis ils décident de mec un CD de Patrick Bruel, et se rendent compte que la console est tellement puissante qu'ils peuvent prendre les contrôles sur le CD et castagner ce pauvre Patrick. C'est le genre de délire technologique que je trouve incroyable. Et non, par contre je ne suis pas du tout fan du Donjon de Naheulbeuk, même si certains y voient une sorte d'alter ego moyenâgeux ! 

Portrait culturel d’un joueur - LCS

Et pour finir, ici quelques mots de l'auteur, dieu et maître de ce blog :

Il est certain que j’ai mis du temps à mettre en ligne le portrait culturel de Léo, alias LCS, maître du Toster, cinq bons mois avant de publier son portrait. Je m’en excuse auprès de lui. A ma décharge le blog était depuis l’été en stase, et ce n’est que là avec les inondations automnales que j’ai remis ce blog à flot. Publier un portrait culturel - sans confiture - c’est le jalon idéal pour signifier à tout le monde : je suis de retour et avec moi les mots des passionnés comme moi. Vous devriez savoir que les projets participatifs sont de ceux que j’aime le plus, et celui-ci est bon.  

Si tu es lecteur, si tu es curieux, si tu veux toi aussi étaler tes possessions culturelles, participe toi aussi à ce projet et viens jeter un oeil ici - portrait culturel -

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Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #Projet participatif, #portrait de joueur, #Portrait culturel, #à la une

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Publié le 23 Mai 2014

Dans les 10 dernières années, on a cherché de nouvelles manières de créer, d'inventer et de travailler ensemble sur le web. Dans les 10 prochaines années, on appliquera ces leçons au monde réel

Chris Anderson - Makers

Do It Yourself

Do It Yourself

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Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #Chris Anderson, #Makers, #Citation, #DIY, #Créer, #Slogan, #à la une

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Publié le 3 Mai 2014

La génération précédente de console - Playsation 3, Xbox 360, Wii et consorts portables - a permis à l’industrie du jeu vidéo de faire émerger et de vendre deux nouveaux concepts auprès du public : le jeu indépendant et le rétrogaming. Soit deux concepts avec lesquels je me sens en désaccord et que j’ai du mal à intégrer à ma conception des jeux vidéo. Pourtant, ces deux pratiques semblent être uniformément répandues au sein de la communauté et conquérir constamment de nouveaux territoires / joueurs. Mais que ces concepts soient en expansion au cœur du continent vidéoludique ne valide pas nécessairement leur opérabilité. Que de plus en plus de joueurs se revendiquent de l’une et parlent de l’autre signifie simplement que ces notions trouvent un écho chez les joueurs et pas qu’elles sont justes. Mais je ne vais pas me limiter à avancer cette idée-là sans essayer d’argumenter.

J’hésite encore par où commencer cet argumentaire ? Je pourrais commencer par essayer d’expliciter pourquoi je ne crois pas à l’existence du jeu indépendant ou par éclairer mes fidèles lecteurs sur la dissolution du principe du rétrogaming par les productions modernes ? En même temps, quelles que soient les étapes de ma pensée, je sais où je veux en venir. Je veux affirmer que l’émergence d’une culture propre aux jeux vidéo n’est pas possible tant que l’on va continuer à limiter la compréhension ou la perception du jeu vidéo à ces deux ou trois concepts que sont le rétrogaming - que j’écris à la française avec l’accent -, le jeu indépendant et les productions triple ou quadruple A. Et cela parce que rétrogaming et jeu indépendant sont devenues des valeurs marketings et marchandes qui ne sont plus efficientes comme notions permettant de penser une construction culturelle.

En réalité je ne peux pas commencer autrement que par pencher mon nez et ma plume sur le jeu indépendant, parce que c’est lui qui nous conduira à l’inopérabilité du rétrogaming. Justement, qu’est-ce que le jeu indépendant ? De quoi le jeu vidéo indépendant est-il indépendant ? C’est en ce point que se loge la termitière qui sape de l’intérieur le concept du jeu indépendant. On utilise à tort et à travers ce concept pour désigner quoi ?

… un jeu vidéo … qui est [réalisé] … [conçu] … [produit] … par des gens … qui sont … [seuls] ?… [libre] - mais de quoi ? - ? … [pauvres] ? … en marge des studios de développements institutionnels ? … Ces créateurs sont … [créatifs] ? … [audacieux] ? … désintéressés par le … [public] ? … [succès] ? … [l’argent] ? … [la gloire] ? … [les putes] ? … [la drogue] ? … Leurs jeux sont … [bons] ? … [swag] ? … [hype] ? … et souvent  disponibles sous une forme dématérialisée …

Parfois le jeu indé n'est qu'une resucée de succès passés

Parfois le jeu indé n'est qu'une resucée de succès passés

Bref, le jeu vidéo indépendant est un no man’s land qui ne sait pas de quoi il est indépendant et qui ne sait pas qui il abrite. Dans cette zone de non-identification des sources et des enjeux, on trouve la plupart du temps quelques jeux qui sont les démos techniques / les vitrines / les CV de quelques développeurs aux talents variables, des tonnes de jeux qui recyclent un ou plusieurs concepts empruntés aux jeux vidéo d’antan faisant preuve d’une créativité quasi nulle mais qui peuvent faire illusion devant un public de consommateurs trop jeunes, trop incultes ou trop dociles pour reconnaître la supercherie de l’indépendance et bien sûr quantités de jeux qui plagient les jeux indépendants qui ont du succès dans l’espoir de grignoter les miettes du succès des autres. Dans ce fatras de jeux indépendants on rencontre parfois un jeu qui réellement peut revendiquer son indépendance en justifiant d’une créativité ou d’une audace qui aurait été impossible si le jeu ou son concepteur avait été dépendant. Mais dans la majeure partie de la production dite indépendante, il n’y a que des créations opportunistes visant non pas à profiter de l’indépendance pour oser, tenter, construire des jeux qui seraient impossibles dans le circuit classique de production mais plutôt à prouver qu’eux aussi peuvent entrer dans le cercle des productions dépendantes, consensuelles et consuméristes.

Mais vous allez me dire, c’est bien beau ce que tu dis, mais il n’est écrit nul par que le jeu indépendant doit être créatif, audacieux ou libéré des contraintes du jeu vidéo non indépendant. Donc, nous [tes lecteurs] on s’en fout que le jeu indépendant soit comme il est, une usine à recycler de vieux concepts et à mieux les vendre sous le label jeu indé tant que l’on nous vend ces jeux indés pas cher. Et c’est alors à mon tour d’être critique de vos supposées remarques parce que si le jeu indépendant poursuit les mêmes enjeux que le jeu dépendant alors à quoi bon faire émerger ce concept dans la culture vidéoludique ? Si vous avez raison, alors j’ai moi aussi raison, le jeu vidéo indépendant n’existe pas ou alors en quantité bien moindre que ce que l’on veut nous le faire entendre. Et le label jeu indé est avant tout un label commercial, une mode aussi neuve et navrante que celle des hipsters. Je réserve aux commentaires toutes formes de débats visant à savoir si avec sa moustache et sa salopette Mario Bros était un hipster avant l’heure ; d’ailleurs peut-on être un hispter avant l’heure ?

Bref, le jeu indépendant est un joli terme valise que l’on peut remplir avec beaucoup de choses mais au final peut de ces choses dans la valises sont vraiment opérantes et intéressantes pour forger une grille de lecture culturellement crédible du jeu vidéo. Je crois que la meilleure métaphore possible pour illustrer l’échec du jeu indépendant - sous entendu une indépendance qui conduit à une libération des contraintes créatives - c’est de comparer le jeu indé à la blogosphère. Pour reprendre l’idée un peu désenchantée d’un de mes derniers articles les blogs nous offrent des outils indépendants partager nos idées ; nous sommes tous libres et indépendant sur la ligne de départ. Pourtant, nous sommes nombreux à ne rien faire de notre indépendance et à reproduire peu ou prou les schémas de la presse déclinante ou des sites institutionnels, que ce soit dans la forme ou dans le fond. Le jeu indépendant est comme nous, à moins que nous ne soyons comme lui, il est libre, mais n’est pas capable de faire autre chose que de reproduire le jeu dépendant.

Le jeu vidéo, ses concepteurs et ses consommateurs ne sont pas en quête de marginalité, de différence, d’indépendance et d’auteurs. Ils continuent de rechercher du divertissement et de la consommation ; ce sont là les deux mamelles du système.

Moi-même, dieu et maître de la pensée et dictateur de ligne éditoriale de ce blog

Il y a quelquefois où, sous la bannière jeu indé, on trouve de véritables jeux innovants et ambitieux, mais combien sont-ils ? Et l'ambition et l'innovation sont-elles seulement réservées aux jeux indépendants, ou alors formulé autrement ; l'innovation et l'ambition doivent-elles être les marqueurs du jeu indépendant ?

Il y a quelquefois où, sous la bannière jeu indé, on trouve de véritables jeux innovants et ambitieux, mais combien sont-ils ? Et l'ambition et l'innovation sont-elles seulement réservées aux jeux indépendants, ou alors formulé autrement ; l'innovation et l'ambition doivent-elles être les marqueurs du jeu indépendant ?

Comme je le disais un peu plus haut, le jeu indé tellement apprécié du public actuel est une grosse machine à recycler les concepts vidéoludique de l’époque 8 bits, 16 bites et même des époques antérieures. Et ne croyais pas que je critique cela, je suis le premier à aimer cela et à avoir ma tablette remplie de jeux qui me distraient tout autant qu’ils caressent ma nostalgie de joueur. C’est une bonne chose de pouvoir rejouer à des jeux qui fondent leur intérêt et parfois leur succès dans le non-conscient des joueurs. Ma critique ne porte pas sur la qualité du divertissement ou du plaisir de jeu, mais sur le discours qui gravite autour de ces productions, sur toute cette glose qui met en valeur le jeu indépendant comme un laboratoire de la créativité.

Les stores Apple, Android, Steam, regorgent de ces jeux indépendants qui sont des productions actuelles, contemporaines et modernes qui singent et reproduisent les jeux d’époques révolues. Pourquoi parler de cela ? Parce que c’est a mon sens ce qui dissout la possibilité du rétrogaming - et je m’en réjoui -. Le rétrogmaing survalorise le fait de jouer à des jeux anciens dans une logique encore assez trouble qui trouve son fondement entre le phénomène de mode et une approche réactionnaire du « c’était mieux avant » autour de laquelle ce sont greffées des dérives économiques liés l’effet de mode et de collection. Surtout le rétrogaming délimitait une frontière - arbitraire mais intéressante - entre les jeux contemporains et les jeux rétros ; une frontière chronologique bien sûr mais pas seulement. Il y avait aussi dans le rétrogaming une frontière de qualité, de vision du jeu vidéo, pas seulement de la nostalgie mais une forme iconoclaste de rapport aux jeux d’avant qui le sacralisait.

Mais voilà, les jeux passés, les jeux du passé, renaissent et reviennent en force ; pas eux-mêmes - bien que quelques uns renaissent en remake HD - mais leurs concepts, leurs formes, leurs principes renaissent dans de nouveaux jeux. Il n’est plus nécessaire de se tourner vers le rétrogaming pour retrouver ce qui se faisait de l’autre côté de la frontière définie par le rétrogaming. Jouer à The Binding of Isaac sur Steam, à Bit Dungeon ou Pixel Dungeon sur sa tablette, à 3D Got Game Heroes sur PS3 ou à The legend of Zelda sur NES relève de la même expérience de joueur. Ce sont les mêmes concepts qui sont à l’œuvre dans ces jeux, sauf que certains de ces jeux sont des jeux contemporains et mais pas moderne. S’il n’est plus nécessaire de se tourner vers le vieux pour provoquer en soi l’expérience de ce que les jeux d’avant nous offraient il n’est plus utile de se soumettre à cette mode.

L’avènement des jeux sur supports mobiles et sur les plateformes dématérialisées est entrain de saper je l’espère la force du mouvement rétrogaming. Bientôt, si dieu m’écoute et me lit, le rétrogaming ne sera plus que la passion déclinante des brocanteurs et des collectionneurs adeptes de la dépense démesurée. Et cela serai une bonne chose parce qu’avec ce concept de rétrogaming il n’est pas facile de construire une pensée.

On a trop de fois limité le jeu vidéo actuel à ces deux mamelles, rétrogaming et jeu indé, mais ce sont là deux petits buissons qui cachent le désert de concepts opérants pouvant nous aider à définir le jeu vidéo. Ne faudrait-il pas envisager de faire émerger de nouveaux concepts. Ne faudrait-il pas aspirer nous aussi à de nouvelles catégories, de nouvelles productions, de nouveaux enjeux pour nos attentes en matière de jeux vidéo ? Pouvons-nous nous expliquer que le jeu indépendant ne soit pas tant que cela le terreau d’un jeu vidéo underground ? Faudrait-il faire le deuil d’une avant-garde du jeu vidéo ? La question du genre - je parle de genre dans la culture et non dans la définition des sexes - ne devrait-elle pas supplanter la question du rétrogaming qui semble penser que seul le temps peut faire office de frontière ?

Les beaux-arts et la figuration classique ont connu une rupture avec l’avènement de l’art moderne, le cinéma a eu un avant et un après nouvelle vague, la littérature elle aussi a connu un changement de perspective avec le nouveau roman ; dans tous ces cas l’après, la production post révolution, ne signifie pas la disparition du passé mais la naissance de nouvelles branches qui incarnent la modernité. Mais le jeu vidéo est encore incapable de franchir ce cap, de passer à la modernité. Qu’il soit rétro ou indépendant il ne parvient pas à envisager son propre futur comme une modernité. La seule modernité qu’il semble capable d’envisager c’est le renouvellement de sa technologie, mais on ne voit pas encore émerger une modernité des productions.

Et si on considère l'innovation et l'ambition comme des marqueurs du jeu indé alors ils existent depuis très longtemps et sont parfois nés en dehors d'un cadre définie par le terme "jeu indépendant" ; REZ avant son heure incarne l'esprit de ce que devrait ou pourrait être un jeu indépendant. Mais était-il indépendant ?

Et si on considère l'innovation et l'ambition comme des marqueurs du jeu indé alors ils existent depuis très longtemps et sont parfois nés en dehors d'un cadre définie par le terme "jeu indépendant" ; REZ avant son heure incarne l'esprit de ce que devrait ou pourrait être un jeu indépendant. Mais était-il indépendant ?

Je conviens que cet article est confus et pas nécessairement constructif. Mais j’ai régulièrement besoin d’affirmer mon point de vue sur le jeu indé et le rétrogaming pur affiner ma pensée. Je ne sais pas si cela fait sens pour vous comme ça fait sens pour moi. Je trouve cela vraiment critique comme pensée, je veux dire urgent, il est urgent de penser des notions nouvelles pour aborder la production vidéoludique. Nos deux ou trois étiquettes s’écroulent et meurent d’être trop utilisées. Il faut rapidement penser le jeu vidéo avec de nouvelles idées ne croyez-vous pas ? C'est drôle, c'est toujours quand je termine un article que je vois clairement ce que je voulais dire et ce que je n'ai pas écris. Je pourrais réécrire mon article mais non, je vous le laisse ainsi et la frustration de ce que je n'ai pas écris me servira pour de prochains articles.

N'oublions pas que le jeu indé c'est presque toujours un concept ancien rhabillé avec du vrai faux vieux vêtement de pixel ... imposture ? génie ? logique ? naturel ?
N'oublions pas que le jeu indé c'est presque toujours un concept ancien rhabillé avec du vrai faux vieux vêtement de pixel ... imposture ? génie ? logique ? naturel ?

N'oublions pas que le jeu indé c'est presque toujours un concept ancien rhabillé avec du vrai faux vieux vêtement de pixel ... imposture ? génie ? logique ? naturel ?

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Publié le 16 Avril 2014

Sans lecteurs, amis et blogueurs, ce projet n'a aucun sens. En effet, pour le moment la boîte de Pandore n'est qu'une liste de 36 jaquettes de jeux vidéo issues d'époques et de machines différentes.

À quoi bon cette liste ?

Je voudrais que les personnes intéressées par participer au projet boîte de Pandore choisissent un jeu dans cette liste et qu'elles écrivent un texte sur ce jeu. Libre d'écrire n'importe quoi, une anecdote de joueur ou de jeunesse, une digression sur l'esthétique de la jaquette, quelques mots sur la réputation du jeu, un test, une critique, une remarque historique, une prose sur la mythologie du titre, qu'importe tant que les mots concernent le jeu.

Il ne s'agit pas d'écrire des textes longs et interminables - je suis doué pour faire ça tout seul -, j'imagine plutôt des textes courts, idéalement entre 200 et 500 signes, même si les propositions plus longues seront acceptées si certaines personnent sont plus inspirés que d’autres.

La seconde étape de ce projet c'est de proposer un nouveau jeu pour remplacer celui dont le participant aura parlé.

Ce projet c'est piocher dans le non-conscient culturel du jeu vidéo et de le faire exister par l'écriture. Il n'est pas nécessaire d'être un joueur passionné ou confirmé pour ouvrir la boîte de Pandore et parler de ce qui s'y  trouve. L'important c'est que la parole soit libre et libérée ; chacun étant libre d'aborder le jeu sur le ton qu'elle souhaite, du badinage léger à la polémique violente.

N'oubliez pas de cliquer sur les jaquettes pour les ouvrir et les voir dans la forme de splendeur qui colle encore à leur image. Et pour les personnes curieuses de découvrir mon autre projet participatif - dans l'espoir où certains auraient envie d'y participer aussi - je vous invite à découvrir le Portrait Culturel de Joueur.

 

  • Pour retrouver le premier article issu de la Boîte de Pandore : 
  1. Bully - Canis Canem Edit
  2. XCOM DECLASSIFIED
  3. Flashback
  4. Assassin's Creed II
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J'ai essayé de créer un panel de jeux suffisamment variés pour que chacun puisse s'y retrouver et qui permette différentes approches ; et vu le nom de mon projet, je crois que Pandemonium méritait d’office une place dans la liste. Vous avez entre les mains un de mes projets les plus ambitieux alors ayez du cœur et acceptez d'ouvrir la boîte de Pandore du jeu vidéo et de partager avec nous votre impression.J'ai essayé de créer un panel de jeux suffisamment variés pour que chacun puisse s'y retrouver et qui permette différentes approches ; et vu le nom de mon projet, je crois que Pandemonium méritait d’office une place dans la liste. Vous avez entre les mains un de mes projets les plus ambitieux alors ayez du cœur et acceptez d'ouvrir la boîte de Pandore du jeu vidéo et de partager avec nous votre impression.J'ai essayé de créer un panel de jeux suffisamment variés pour que chacun puisse s'y retrouver et qui permette différentes approches ; et vu le nom de mon projet, je crois que Pandemonium méritait d’office une place dans la liste. Vous avez entre les mains un de mes projets les plus ambitieux alors ayez du cœur et acceptez d'ouvrir la boîte de Pandore du jeu vidéo et de partager avec nous votre impression.
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J'ai essayé de créer un panel de jeux suffisamment variés pour que chacun puisse s'y retrouver et qui permette différentes approches ; et vu le nom de mon projet, je crois que Pandemonium méritait d’office une place dans la liste. Vous avez entre les mains un de mes projets les plus ambitieux alors ayez du cœur et acceptez d'ouvrir la boîte de Pandore du jeu vidéo et de partager avec nous votre impression.

Ce projet c'est une tribune pour la parole vidéoludique. Je ne sais pas si le projet va fonctionner, mais je sais que j'ai besoin de vous donner vie au projet.

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Publié le 16 Février 2014

L - Lightning

Déclarer mon amour à Lightning ne sera pas difficile parce que Lightning je l’aime. Oui, je t'aime mon amour, my love, ma poupée de pixel aux cheveux roses. Il y a chez toi l'expression d’une mélancolie froide qui te donne un charme distant, ce même charme que possèdent les belles femmes qui sont belles comme peuvent l'être les femmes russes. Lightning, tu réunis tout en toi, la beauté et le syndrome des tragédies ; excellente tragédienne, tu es une poupée qui comme Pinocchio prend vie sous mes yeux et entre mes mains, comme la femme qui s'éveille à l'amour sous les caresses d'un homme. Tu es aussi cette marionnette un peu rebelle qui coupe les fils qui entravaient ta liberté et, gagnant ta liberté, Lightning, tu te perds et disparaît pour revenir comme le fruit servile d'un nouveau destin. C'est beau comme un personnage antique, c'est beau comme une femme, femelle désemparée par le monde qui l’oblige à porter la croix de sa sœur qui en plus d'être morte, est une conne détestable. Je suis sûr que dans ta froide mélancolie Lightning, tu exprimes ta culpabilité de ne pas être triste de la mort de sa sœur, pas triste comme Snow et un peu jalouse sûrement aussi d'être l'objet d'un jeu qui te prive d'enjeux bien à toi. Enfin jusque-là ... Lightning, tu es le danger, c'est pour cela que je t'aime, tu es ma tragédienne de pixels favorite, tu es ma favorite préférée, ma putain obligée de tapiner pour te payer de quoi racheter à ton mac le prix de ton aliénation, mon adorée. Lightning, l'éternelle aliénée, Sisyphe aux cheveux roses qui joue avec le destin de toujours recommencer la course nécessaire pour échapper à son destin pour s'en offrir un autre auquel échapper encore pour s'en offrir un autre auquel échapper et moi, oui moi, j'ai hâte de remettre les mains sur elle, enfin sur toi chérie et d’assister à ta dernière danse, j'ai goûté à l'amère écume de ta démo et j'ai hâte et j'attends de me lancer avec toi dans un dernier run, comme une dernière danse. Lightning la frigide, Lightning ma mort, Lightning amor, j’attends ta mort amère pour une dernière fantaisie finale.

J'attends avec une impatience et un optimisme sincère la venue, le retour de Lightning. Mais bientôt, très vite je vais pouvoir jouer à Lightning Returns

J'attends avec une impatience et un optimisme sincère la venue, le retour de Lightning. Mais bientôt, très vite je vais pouvoir jouer à Lightning Returns

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Publié le 7 Janvier 2014

Des jeux j’en achète, comme tout le monde, et j’y joue, c’est logique. Des jeux, j’en télécharge et j’y joue, j’y joue et puis j’oublie, c’est la vie, c’est la vie. Il y a les jeux aussi auxquels je ne joue pas et puis il y a les jeux auxquels je joue et que je ne termine pas, et ceux-là sont les plus nombreux je crois. Et souvent, au grand souvent, les jeux que je ne termine pas sont ceux dont je ne parle pas parce que j’ai cette idée idiote que certains appellent l’éthique qui est de ne pas parler des jeux que je n’ai pas fini.

Mais les jeux que je n’ai pas finis ils sont nombreux, se sont accumulés et aujourd’hui j’ai envie de leur dédier quelques mots en guise d’incantation en espérant que ces mots écrits aux yeux de tous m’aident à trouver le temps / l’envie / la motivation pour les terminer parce qu’un jeu que l’on ne termine pas c’est un jeu à qui l’on manque de respect #formuleidiote

 

Deus Ex Human Revolution

Je me suis lancé durant quelques heures, je dirais de six à huit heures de jeu. J’y ai joué, j’y suis revenu, c’était bien, j’ai aimé la densité de l’univers très écrit, très riche. C’est aussi ce qui m’a refroidi parce qu’une fois que l’on est sorti du jeu, y revenir ce n’est pas simple parce qu’il faut tout se remémorer et se replonger dedans. Et puis moi l’infiltration ça m’angoisse et ça me fait chier. Je ne perds pas espoir de finir ce jeu un jour pour connaître et goûter à son univers et à son intrigue. Mais j’ai du mal a entrer dans le gameplay, il y a quelque chose qui me bloque, peut-être la vue façon FPS ou le passage FPS vue à troisième personne dans les combats ou les mises à couverts.

3D Dot Game Heros

Ce jeu est un OVNI, le parfait plagiat de Zelda en 3D rétro. Ce jeu est un plagiat d’accord, mais en y jouant j’y ai assez logiquement retrouvé le plaisir que j’avais sur un Zelda. Si je me suis arrêté d’y jouer c’est parce que je suis bloqué, je ne trouve pas l’entrée d’un donjon que je dois visiter, c’est con. Après deux ou trois fois à chercher ce foutu donjon j’ai arrêté ; ça doit être après cinq heure de jeu plus une sixième à chercher ce donjon. Mais j’aime sincèrement ce titre et je voudrais en faire une vraie critique même si j’en ai déjà parlé sur le blog, il faut donc que je trouve le courage de le terminer un jour.

Nier

Encore un jeu plutôt unique, action, RPG, action-RPG, j’aime ce jeu pour sa vue à la troisième personne et parce qu’il développe un univers plutôt sombre. Et puis la jouabilité est plutôt jouissive. Je ne sais pas pourquoi j’ai laissé ce jeu de côté ; je me rappelle avoir adoré l’introduction dans le monde réel en mode post-apo avant de passer dans le monde du jeu, j’ai joué six ou sept heures et puis plus rien. Nier me laisse comme un goût d’inachevé et comme pour Deus Ex c’est un jeu que j’aimerai finir pour son scénario.

En voilà une Chun Li qui n'a pas fini ce qu'elle a commencé

En voilà une Chun Li qui n'a pas fini ce qu'elle a commencé

Sega Superstars Tennis

Un jeu acheté pendant les soldes pour une poignée de nèfles. Un jeu que j’ai gardé parce que j’aime les jeux de sports non réalistes, ça me rappelle le bon vieux temps Soccer Brawl, Speed Ball, Windjammers, etc. J’ai joué plusieurs fois à Sega Superstars Tennis mais jamais très longtemps, pourtant le jeu est bon, il assure les bases, propose des choses sympathiques, mais j’ai trouvé certains stages trop durs et j’ai laissé tombé.

Afro Samurai

Celui-là, je l’aime beaucoup, un game design à l’esthétique épurée et stylée sans indications de contrôles à l’écran, un univers musical inspiré de morceaux de RZA, bref c’est un jeu classe, un précurseur, un titre sous-estimé à qui je trouve même des liens de parenté avec Okami. J’ai joué une douzaine d’heures sur ce jeu - d’autant plus que j’ai recommencé le début deux fois - et si je ne l’ai pas terminé c’est que, là aussi, comme pour 3D Dot Game Heroes je suis bloqué. Cette fois je ne suis pas bloqué parce que je ne trouve pas la route mais juste par des ennemis que je n’arrive pas à vaincre comme il le faut. C’est frustrant.

Heavy Rain

Le Heavy Rain, mythique Heavy Rain, le jeu qu’il faut avoir fait, le jeu sur lequel il faut avoir un avis. J’ai commencé Heavy Rain et j’ai adoré ce jeu. Mais c’est un jeu auquel il faut se donner, corps et âme et temps aussi. Et c’est ce temps que je n’arrive pas à lui trouver pour le terminer ; au moins une fois. Je suis fasciné par la capacité de ce titre à faire jouer du banal, du quotidien, à chaque chapitre j’étais là à me demander « quel geste anodin le jeu va me laisser la liberté de faire » et cette question entêtante me poussait à avancer. Et puis un jour tu n’as pas le temps, deux jours tu n’as pas le temps, trois jours, une semaine et tu es sorti de l’esprit du jeu et tu cherches le bon moment pour y revenir mais tu ne le trouves pas. Mais celui-là, je vous le promets, je le terminerai rapidement pour pouvoir me lancer dans Beyond Two Souls.

Resonance of Fate

J’ai lu une fois un article qui disait que ce jeu était un des meilleurs RPG de la PS3, alors je l’ai acheté et je me suis lancé. J’ai tout de suite adhéré à l’univers. Le gameplay hybride est déroutant au départ et assez difficile à prendre en main je trouve. Il mêle tactique RPG, RPG classique, jeu d’action, TPS, puzzle game mais plus on progresse et plus on réalise la profondeur de ce que je jeu offre justement en terme de gameplay. Malheureusement, après une douzaine d’heures, je me suis retrouvé bloqué par la difficulté du jeu et pour avancer j’aurai dû faire du leveling, mais même si j’aime un jeu ce n’est pas le genre de chose que j’aime faire. C’est dommage parce que j’aimais vraiment bien ce jeu.  

Vanquish

Un de mes premiers jeux et donc un des jeux que je n’ai pas fini depuis le plus longtemps. Classique du jeu d’action, nerveux, radical et rapide. Ce jeu avait tout pour me plaire. Et d’ailleurs il me plaisait beaucoup. Je l’ai dévoré assez rapidement et après quelques heures de jeu j’ai échoué sur le boss final. Une fois, deux fois, trois fois, cinq ou six fois et puis j’ai laissé tomber en me disant que j’y reviendrais plus tard. J’ai essayé de m’y remettre il y a quelques semaines mais là le jeu avait mal vieilli esthétiquement et surtout j’étais complètement sorti du gameplay ; et attaquer un boss de fin sans maîtriser le gameplay c’est vraiment pas facile.

Star Wars The force Unleashed

Aucune idée de pourquoi je n’ai pas fini ce jeu. C’est un bon jeu, un bon petit jeu d’action, un univers familier, un point de vue intéressant ; jouer le côté sombre de la force, un gameplay plutôt bien pensé et assez diversifié pour que l’on ne s’ennui pas. Non, vraiment je ne sais pas pourquoi je ne l’ai pas fini. Parfois, quand le soir je ne sais pas à quoi jouer je le relance, j’avance un peu, je me dis que ce jeu est cool et le lendemain je le sors de la console.

Voilà ce que j'appelle aller au bout des choses ! Aller au fond des choses du jeu vidéo.

Voilà ce que j'appelle aller au bout des choses ! Aller au fond des choses du jeu vidéo.

Mafia II

Le mal aimé, le bien nommé, lui aussi le sous-estimé. Je n’aime pas les mondes ouverts et les jeux bac à sable, mais celui-là à quelque chose de plus : une âme. Je crois que je n’ai joué que deux sessions sur ce jeu, et pourtant ces deux sessions m’ont laissé de très bon souvenirs, j’ai aimé la façon de traiter l’époque, la façon d’amener l’univers et traiter de la mafia. Si je n’y suis pas revenu c’est que je crois que c’est un jeu qui demande trop d’attention, d’implication, d’application et je n’en avais pas. Qui sait, un jour où je serai malade, qu’internet sera en panne, que j’aurai du temps à concentrer sur un jeu, ça sera peut-être celui là.

Mirror’s Edge

Un classique, le grand classique, l’hybride FPS / plate-forme. Un de mes premiers jeux aussi, acheté, joué, revendu, re-acheté plus tard, re-joué aussi ; quand j’y joue j’aime ce jeu. J’adore ce jeu. J’adore y jouer. Mais je n’arrive pas à le finir, pourtant le jeu n’est pas réputé pour sa durée de vie ou sa difficulté. J’y joue quelques heures et puis je retire ce jeu en attendant une nouvelle envie d’y rejouer. Curieux rapport n’est-ce pas avec ce jeu qui est un mythe non ?

LittleBigPlanet 2

Je n’avais pas prévu de jouer à ce jeu, je l’ai acheté simplement parce que le steelbox n’était pas cher. Et tant qu’à avoir un jeu, je l’ai essayé et j’ai tout de suite accroché. Univers mignon et postmoderne, plutôt drôle, bien dosé et terriblement créatif - surtout par la communauté des fans qui continue de donner corps à des choses curieuses et intéressantes -. J’ai joué à ce jour six ou sept heures, j’y joue régulièrement quelques minutes, c’est facile, rapide, cela se déguste comme un apéro sympa, seul ou à deux. Je finirai par le finir mais disons que je prends mon temps.

John Woo présents Stranglehold

Encore un jeu ancien, encore un jeu sous-estimé, encore un jeu qui possède quelques qualités vraiment intéressantes qui ont très certainement influencé les développeurs de Max Payne 3. J’ai passé sur ce jeu une bonne dizaine d’heures et sur lequel je bloque sur un boss. J’ai recommencé une bonne douzaine de fois ce boss depuis que je suis bloqué, à chaque fois je perds, à chaque fois je me lasse, c’est dommage il me reste au moins un tiers du jeu à visiter avant de pouvoir en écrire une critique qui lui rende hommage.

Bioshock

Un coup de foudre, comment résister à l’ambiance de ce jeu ? Mais justement cette ambiance-là, glauque, oppressante, pesante, surtout quand on joue le jeu à fond, dans le noir, casque sur les oreilles. Mais c’est cette ambiance-là aussi qui fait que je n’ai pas terminé le jeu. Je n’ai même pas beaucoup avancé dans le jeu, quatre ou cinq heures maximum, trois ou quatre sessions de jeu. Et pourtant je l’aime et pourtant j’ai envie de le finir … Mais bon je dois être une chochotte.

Dead Space

Exactement le même problème et les mêmes qualités que pour Bioshock, je l’aime, j’ai envie de le faire, mais je n’ai pas envie de me sentir en stress ou mal à l’aise quand je joue. Ce n’est pas tout à fait ça, j’aime bien avoir peur, au cinéma par exemple, ou quand je joue, mais quand je le choisi. Mais souvent quand j’allume ma console c’est pour me divertir, pour éviter de penser, pour mettre mon esprit sur pause. Et dans ces moments-là, le stress, l’immersion ce n’est pas ce que je recherche. Je crois que je n’ai joué que deux fois à Dead Space.

Shadow of the Damned

Je sortais d’un jeu de Suda51, Lollipops Chainsaw, je voulais retrouver son esprit et me montrer fidèle à son œuvre. J’ai acheté ce jeu, j’ai lancé le jeu, j’ai tenu une heure ou deux et je suis allé me coucher. Le lendemain j’ai lancé un autre jeu et depuis je n’ai jamais retesté Shadow of the Damned.

Un délicieux retour en arrière sur des jeux que je n'ai pas fini - Bioshock - que je n'ai pas commencé LA Noire - et ces jeux qui font rêverUn délicieux retour en arrière sur des jeux que je n'ai pas fini - Bioshock - que je n'ai pas commencé LA Noire - et ces jeux qui font rêverUn délicieux retour en arrière sur des jeux que je n'ai pas fini - Bioshock - que je n'ai pas commencé LA Noire - et ces jeux qui font rêver
Un délicieux retour en arrière sur des jeux que je n'ai pas fini - Bioshock - que je n'ai pas commencé LA Noire - et ces jeux qui font rêverUn délicieux retour en arrière sur des jeux que je n'ai pas fini - Bioshock - que je n'ai pas commencé LA Noire - et ces jeux qui font rêver

Un délicieux retour en arrière sur des jeux que je n'ai pas fini - Bioshock - que je n'ai pas commencé LA Noire - et ces jeux qui font rêver

Def Jam : Icon

Finir ou ne pas finir un jeu de combat c’est une curieuse question j’en conviens, mais Def Jam est un jeu à part, jeu de combat et jeu de gestion aussi et jeu hip hop bien sûr. Généralement tous les jeux de combat reposent sur une ou deux mécaniques de gameplay qui se ressemblent mais ici c’est un peu différent et cela m’oblige de reprendre le jeu au début quand je m’y remet. Du coup je n’ai jamais fini le jeu, à chaque fois que je le relance je crée un nouveau perso, je réapprend les finesses du gameplay et je ne progresse pas.

The Chronicles of Riddick : Assault on Dark Athena

Je suis un fan des Chroniques de Riddick le film et même de la trilogie qu’il forme avec Pitch Black et Riddick ; le jeu s’inscrit dans la chronologie de la trilogie et j’ai toujours voulu y jouer. Je me suis donc lancé dans ce FPS sombre et intense et habilement scénarisé. Vraiment j’ai aimé ce jeu moi qui n’aime pas les FPS, j’aimais la manière d’adapter l’esprit du film comme pour Stranglehold. Et puis j’ai été surpris par l’inventivité et la qualité du jeu pourtant très ancien. Mais un jour après onze heures de jeu ma sauvegarde a planté et je n’ai pas eu envie de recommencer tout de suite le jeu.

Anarchy Reigns

Ce jeu mérite que j’en parle un jour. J’ai attendu ce jeu, j’ai acheté ce jeu un jour de déprime, j’ai lancé ce jeu neuf aux graphismes éculés et aux principes datés. J’ai vraiment aimé les quelques heures que j’ai passées sur ce jeu. Mais après deux ou trois heures j’ai lancé Ni No Kuni qui m’a occupé pendant 125 heures et qui m’ont faites oublier de jouer à Anarchy Reigns.

Split/Second Velocity

Des jeux de course à la sauce arcade j’en ai essayé plus d’un, les Motorstorm, les need for speed, mais je n’en ai aimé qu’un seul : Split/Second Velocity ! Toujours beau, toujours rapide, spectaculaire, fun, jouissif, seul ou à plusieurs, quand j’ai besoin de me défouler c’est ce jeu que je lance, ce sont ces courses que je parcours. Je ne peux pas vous dire combien d’heures j’ai joué sur ce titre, je ne sais pas si je suis loin de le terminer, mais c’est un fait, je n’ai pas fini ce jeu.

Grand Theft Auto IV dit GTA IV

Là encore un classique auquel je me suis senti obligé de me confronter. Je n’aime pas les GTA, je sais que les GTA sont extra, je sais qu’ils sont mythiques, je sais qu’ils sont cultes mais j’ai beau essayer je n’arrive pas à les apprécier. Mais bon je me suis dit que cela serait idiot de ne pas passer par GTA IV tant qu’il était bon marché. Je me suis lancé dans Liberty City et au bout de six ou sept heures je me suis lassé, ennuyé et j’ai arrêté de me forcer.

Darksiders

À une époque, on disait que Darksiders était un bon jeu, un action RPG qui s’inspirait de Zelda par certains aspects. Alors invariablement en me lançant j’avais des espoirs. Mais le jeu est vide, il sonne creux, j’ai quand même joué une dizaine d’heures avant de réaliser que finalement ce jeu post apo est plutôt chiant comme un dimanche soir sous la pluie et j’ai arrêté de jouer sans regret.

Flower

Ne pas finir Flower il faut le faire, mais je l’ai fait. J’aime bien ce jeu, c’est le seul jeu auquel je peux jouer tout en téléphonant. Mais il faut le dire, ce jeu est chiant lui aussi, plutôt plat et répétitif quand on passe l’émerveillement des premiers instants. Je n’ai donc jamais fini Flower, mais si j’ai encore de longs coups de téléphone il est possible que j’envoie la fin.

Mass Effect Trilogy

Est-ce que Mass Effect Trilogy est la plus grande fresque de science-fiction du jeu vidéo ? Oui ! Est-ce que c’est que les deux premiers épisodes auxquels j’ai joué sont extraordinaires ? Oui, évidemment. Mais les Mass Effect font partie de ces jeux qui demandent une réelle implication du joueur, une immersion totale et entière ; et cette implication-là je ne l’ai pas toujours, comme je le disais je joue souvent au jeux vidéo pour me vider la tête et Mass Effect est du genre de jeu qui vous remplissent la tête. Je dis cela après avoir passé vingt à vingt-cinq heures sur les deux premiers épisodes et j’espère très fort terminer cette trilogie.

Les Royaumes d'Amalur : Reckoning

Si on devait faire classer les jeux que je n’ai pas terminés en commençant par celui auquel j’ai joué le plus  longtemps Les Royaumes d'Amalur sortirait largement en tête. Trente ou trente-cinq heures au moins de jeu dans cet univers, dans ce jeu que je considère comme le meilleur des jeux ratés.

 

Voilà donc la liste non exhaustive des jeux auxquels j’ai joué et que je n’ai pas terminé, la liste des jeux que j’ai aimé beaucoup pour certains, très peu pour d’autres, et que je n’ai pas joué jusqu’à la fin de leur terme. Bien sûr, on peut se demander ce qu’est finir un jeu - oh mais quel hasard j’ai déjà écrit sur cela - en tout cas ce sont là des jeux dont je n’ai pas vu la fin officielle. Et encore je n’ai parlé ici que des jeux que je possède en format physique, si je devais traiter des jeux dématérialisés la liste serait encore plus longue et qui sait, je la ferai peut-être plus tard. Voilà donc un article bien inutile qui tire à sa fin.

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Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #Chronique de joueur, #liste, #jeux vidéo, #à la une

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Publié le 2 Décembre 2013

Hier encore j’étais à la pointe. À la pointe de la technologie, enfin en tout cas à la pointe de la technologie vidéoludique ; j’avais une console de dernière génération, une manette pour détecter le mouvement, une connexion aux réseaux et le sentiment d’appartenir au présent et au futur ; Mais depuis peu tout cela est fini. Terminé. Le futur tourne la page. Le présent aussi. Et moi voilà, je reste sur le recto, sur le revers de cette page tournée et je me sens comme un con.

Oh, pourtant j’étais là cet été devant la conférence Sony qui annonçait pour l’hiver sa nouvelle console, j’étais là sur la toile à écouter avec une certaine incrédulité bien que le terme ne soit pas juste, disons que j’étais là, j’écoutais, mais cela restait abstrait. C’était hier, et aujourd’hui elles sont là les consoles de la nouvelle nouvelle génération, consoles superstars qui passent dans ma télévision, dans les journaux, dans les médias mainstream. Il n’y a pas de doute à avoir, je suis devenu old school. Comme ça, d’un coup, hier encore j’étais à la page et aujourd’hui je me retrouve de fait amateur de rétrogaming. Et je déteste le rétrogaming ; enfin je détestait ça avant que d’en faire parti de fait, de force, par la force des choses.

Ce matin je regarde ma PS3, ça fait des semaines que je n’y ai pas joué, elle arbore fièrement un couleur grise dû à la couche de poussière sur le dessus de sa coque noire et il y a quelques toiles d’araignée sur les coins ; c’est un signe, un message. Bien sûr, j’exagère, en tout cas un peu - mais pas sur mon aversion du rétrogaming, j’ai réellement eu toujours du mal avec le concept de rétrogaming est un de mes tout premier article parlait de cela d’ailleurs, En finir avec le rétrogaming !  ni sur la poussière je n’ai pas fait le ménage récemment - et je sais que je ne suis pas devenu du jour au lendemain un joueur has-been rétrogradé à la case de rétro-joueur ou pire de joueur du grenier. La vérité nue c’est que je suis devenu un joueur qui pratique le entre-deux-eaux-gaming ou le jeux-vidéo-de-déclin : un joueur-de-crépuscule. Ma console n’est plus un fleuron de l’industrie du divertissement vidéoludique de pointe, la vedette a été prise par des consoles plus jeunes, plus puissantes, plus connectées, plus je ne sais quoi encore, plus chers surtout, plus vendeuses, plus racoleuses aussi, plus hypes, plus tendances et je suis sûr qu’elles sont même plus swag. Mais ma console et l’autre de sa génération vont connaître un entre-deux vidéoludique parce que des jeux sont encore programmés pour leur ventre fatigué, des sorties vont avoir lieu encore, quelques-unes, sûrement un grand hit encore, peut-être deux, on va continuer de jouer avec, de trouver du monde sur les serveurs pour faire semblant que l’on possède encore quelques amis joueurs virtuels. Mais le crépuscule n’a qu’un temps, il est beau, flamboyant et puis c’est la nuit.

Remember Me offert le PSN, comment ne pas y voir un message ?

Remember Me offert le PSN, comment ne pas y voir un message ?

La page se tourne, le monde change et moi, c’est con, mais je me sens seul. Je me demande pourquoi tu as cédé si vite aux sirènes de la nouveauté. Il est vrai que le joueur de jeux vidéo, le geek, le gamer, c’est ce que l’on fait de mieux en niche sociale de consommateur ; influençable, avide, versatile, consumériste et ostentatoire. En écrivant cela - j’écris cela avec une pointe d’ironie moqueuse, je dirais 27 % et donc 73 % de sincérité sérieuse - je me demande si le geek n’est pas à ce titre l’archétype social le plus postmoderne et donc le plus adapté à la pensée contemporaine … Bref, c’est une piste à explorer ultérieurement. Le joueur est donc presque conditionné à être attiré par la nouveauté comme le moustique par la lumière, même s’il sait le geek que cette premier fournée de console possède infiniment moins de jeu que la génération précédente et que cette fournée technologique va essuyer les plâtres du tâtonnement dû à une sortie presque prématurée. D’ailleurs, je ne saurais que trop peu vous remercier de cela. Parce que c’est sûr, à mon tour j’y viendrai à la next-gen, je veux dire la next-next-gen, j’y viendrais plus tard quand la machine ronronnera, Quand ces consoles offriront une expérience de jeu réellement nouvelle. Pour le moment, je vis très bien de me passer d’un gap esthétique. C’est quand les jeux vidéo seront enfin différents sur les nouvelles consoles que je ressentirai le besoin impérieux d’y venir. À moins que le sentiment de solitude du joueur de jeux-vidéo-de-déclin m’y pousse avant …

Pour le moment j’ai une tonne de jeux auxquels jouer, des jeux à découvrir, des jeux à finir sur ma PS3. D’ailleurs le dernier jeu offert sur le PSN premium que j’ai téléchargé c’est Remember Me. Je ne sais pas vous, mais j’y vois comme un message. Soit en certaine Playstation 3 je ne t’oublie pas.

C’est un article de retour, un article de reprise, on sent que j’ai la plume un peu grippée encore bien que j’aime beaucoup cette idée qu’entre le retrogaming et le gaming actuel il puisse y avoir un jeux-vidéo-de-déclin, formule que je trouve aussi belle que juste - et je ne dis pas ça parce que c’est moi qui vient de l’écrire. Joueur-de-crépuscule c’est joli aussi mais ça fait trop penser à une classe de personne en jeux de rôle. J’espère que personne ne pensera que si j’ai écrit cet article c’est parce que je suis aigri ou trop pauvre pour être passé à la nouvelle génération. Ni que je fais un reproche aux joueurs qui y sont passés. Certes j’écris à un moment que le geek est influençable, avide, versatile, consumériste et ostentatoire mais ce n’est pas méchant et en plus je suis sûr qu’une partie d’entre vous est d’accord avec moi. Bref, un article à 3/5 pour un retour je trouve ça plutôt cool. Et puis ça me donne envie d’écrire encore. Merci de votre lecture et de votre fidélité - sous-entendu votre capacité à ne pas m’oublier même quand je n’écris plus d’article -.

J'avais envie de finir cet article sur une jolie note visuelle, joyeuse et positive

J'avais envie de finir cet article sur une jolie note visuelle, joyeuse et positive

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Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #Réflexions d'un joueur, #à la une

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Publié le 11 Septembre 2013

1999, année de l’arrivée de la Dreamcast en Europe, une autre époque, un autre siècle, on payait les jeux vidéo en francs et moi, jeune homme désœuvré ayant laissé tomber la fac de sciences, j’ouvrais ma boutique de jeu vidéo.

J’étais un passionné de jeux vidéo, terme fourre-tout pour dire que j’y jouais beaucoup. J’avais laissé tomber la fac où je m’étais égaré ce qui me donnait beaucoup de temps à tuer - et du temps pour jouer à la Playstation cela va de soi -. Un jour j’ai eu l’opportunité de lancer ce projet fou d’ouvrir une boutique de jeux vidéo. « L’opportunité » c’était surtout l’aval de ma famille qui acceptait de me soutenir dans ce projet, moralement et financièrement.

Entre le jour où la décision a été prise et le jour où ma boutique a ouvert il s’est passé une dizaine de mois. Cela m’a semblé très rapide, presque vertigineux. Il faut savoir que je ne n’avais aucune compétence en la matière, je ne savais rien à la vente, au commerce, à la comptabilité, je n’étais pas du tout préparé et pour couronner le tout j’étais terriblement timide, le genre de timide qui se paralyse quand il doit décrocher le téléphone ou parler à des inconnus. Mais bon le projet était lancé, je n’allais pas reculer au dernier moment. Je partais donc de zéro. Il me fallait tout improviser, découvrir, apprendre et gérer.

J’étais peut-être timide et introverti, mais je savais ce que je voulais, enfin je savais ce que je ne voulais pas. Je ne voulais pas d’une boutique franchisée sans âme. Je voulais une boutique avec de la moelle, du cœur, de l’âme et pleine de bonnes intentions. Au départ, j’avais l’idée de vendre des jeux vidéo, mais je voulais aussi vendre des livres de science-fiction. Si socialement le geek n’existait pas encore, j’avais en tête l’idée que le joueur / acheteur de jeux vidéo était porté sur d’autres domaines comme la SF. Malheureusement, la dimension libraire de SF ne se fera pas. Mais j’avais d’autres idées. À cette époque j’étais déjà « habité » par l’idée de valoriser la culture du jeu vidéo. Je voulais profiter de ma boutique pour faire un mini musée de la console où j’aurais fait tourner des vieux jeux. C’est une chose que j’ai faite durant quelque temps, mais j’ai fini par renoncer pour deux raisons. D’une part par manque de place et d’autre part parce que dès qu’on laisse un jeu à disposition les gens abusent - pour les plus civilisés -, vole ou détériore pour les moins civilisés qui ne sont pas les moins nombreux. Je voulais aussi que la boutique ait de la gueule. On a donc réalisé un décor de SF façon décor de théâtre, c’est difficile à décrire. Le plus simple serait que je vous montre les photos, mais je ne sais plus où sont ces photos. Mais promis, dès que je les retrouve, je les scanne et je les mets en ligne. Et je crois que ça, ça a été réussi.

Tout ça c’est pour la forme, la coquille, le contexte, reste la réalité du marché quand on débute, quand on se lance sans franchise, sans expérience et qu’il faut faire tourner la boutique. Les fournisseurs sont gentils, tant que l’on paie, ils fournissent. C’est con à dire, mais c’est très vrai. Bien sûr, quand on est une petite boutique et que l’on commande de petits volumes, on paie le prix fort et on ne peut pas espérer faire de marge sur les jeux neufs. On était prévenu, mais cela reste une réalité qu’il faut gérer. Au départ on se sentait obligé d’avoir toutes les nouveautés en magasin mais il fallait réussir à les écouler. Si on prenait trop d’exemplaire d’un titre qui ne se vendait pas c’était un handicap dans le budget. Il faut ce dire qu’au départ ce n’était pas facile de faire tourner sa boutique sans être jamais dans le rouge. Par contre, sur les consoles et les accessoires à l’époque on margeait un peu plus. Mais bon on ne vendait pas les Dreamcast comme des petits pains non plus.

Là où l’on faisait des marges raisonnables, c’était d’une part sur l’occasion et sur l’import. Rappelez-vous que je vous parle d’une époque où Internet est encore pour beaucoup une chose balbutiante en 56k et l’e-commerce une chose que les gens ont du mal à envisager. Donc pour l’import il fallait passer par les boutiques. Et très sincèrement on n’hésitait pas à abuser sur les prix. Cela pour deux raisons. Chronologiquement la première, c’est que rapidement après notre ouverture, on a été « invité » un soir à boire une bière par les gérants des boutiques concurrentes. On a cru naïvement que c’était pour nous souhaiter la bienvenue au club, en réalité c’était pour nous faire comprendre qu’il fallait que l’on remonte nos prix sur l’import parce qu’on avait vendu Seiken Densetsu 3 alias Secret of Mana 3 moins cher qu’eux. Ensuite c’est aussi parce que l’on a compris que le mec qui veut acheter en import - que ce soit sur des machines anciennes comme la Super Famicom ou sur des machines récentes comme la Dreamcast - c’est un passionné qui est près à dépenser plus que le joueur lambda. Ce sont les mêmes qui aujourd’hui précommandent des versions collectors hors de prix pour se retrouver avec trois merdes et le même jeu que les autres. Ces gens-là ne semblent pas se préoccuper des prix, pourquoi le ferions-nous à leur place ?

Cette illustration n'a aucun rapport direct avec l'article. Mais j'aime mettre de jolies images en couvertures d'article.

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Encore une fois l’import c’est bien en terme de marge mais ça reste un petit volume de vente. Il reste donc l’occasion pour faire son beurre. Et pour vendre de l’occasion, il faut acheter des jeux aux joueurs, il faut donc proposer de bonnes reprises aux joueurs. À cette époque on avait décidé de rendre en cash les jeux d’occasion, comme nos concurrents ne le faisaient pas, cela nous permettait de nous démarquer et de nous constituer un stock sympathique. Quand un client vient revendre ses jeux, sa console, ou l’idéal sa console et son stock de jeu, c’est toujours un peu noël. D’une part parce que plus le lot est gros, plus le chiffre que l’on va annoncer au client sera gros et plus il sera content alors que s’il prenait le temps de rapporter le prix à la pièce, il se rendrait compte que la somme est normale, voire un peu basse. D’autre part quand on voit arriver un lot, on a toujours espoir qu’il y ait à l’intérieur un jeu rare ou bien côté. On sait tout de suite que à lui seul il vaut tout le reste du lot mais on garde son sang froid, on ne s’enflamme pas et on propose un prix normal pour un jeu exceptionnel. Quand le client n’est pas expert, genre la mère de famille ou le noob, on sait que l’on va faire une super affaire, on jubile. Ce genre de moment fait partie des petits plaisirs du vendeur de jeux vidéo.

Et mine de rien les petits plaisirs sont rares. Parce que même si le domaine est ludique le job en lui-même est assez difficile, et pour peu que l’on soit timide il est même stressant. Pas difficile physiquement, mais mentalement. Je parle du point de vue du vendeur qui est aussi le gérant et donc le responsable de sa boutique. On court après l’équilibre de ses comptes. Ce qui sort doit rentrer et si possible rapidement. On se retrouve à jongler en permanence. C’est que l’on est à la merci du bon vouloir des clients, et le client est un animal imprévisible. Le plus difficile à vivre ce ne sont pas les jours où les clients se bouscules mais l’inverse, ces journées de février, mars, parfois avril où il n’y a personne, où les gens ne pensent plus à acheter de jeux vidéo. Il fait froid, il fait nuit tôt, la boutique devient presque lugubre et toi tu es là, debout comme un con et tu attends. C’est un peu la même chose en été, juillet, août et leurs longues journées d’attente, sauf que là tu peux te caler dehors devant ta boutique et regarder les gens qui passent dans ta rue, tu mates les jolies filles en robes, en jupes, sandalettes et peau bronzée et puis les touristes qui quelques fois achètent des jeux vidéo. Mais il y a des jours où le temps est long, lent, long et l’argent ne rentre pas ; les personnes qui entrent et repartent sans acheter. Tu es là et ça t’use, ça te ronge, ça t’obsède. Tu essaies de garder de la tenue, de la contenance, tu évites de bondir sur le moindre client et tu cherches à avoir l’air occupé. Mais ce n’est pas le cas, tu dois vendre, il faut vendre. Tout vendre, écouler ces jeux neufs qui ont coûté un bras et qui ne partent pas, écouler les piles de Fifa qui s’accumulent à chaque fois qu’une nouvelle édition vient la remplacer.

Il te faut de l’argent pour payer le loyer, les fournisseurs, et ton employé. Et toi, pour ton salaire, tu verras après. Tu passes à la fin, après les autres, après tout le reste. Tu te consoles avec les jeux que tu t’autorises à ramener chez toi pour y jouer. Tu dis que c’est pour le boulot, pour la bonne cause, pour pouvoir parler de tous les jeux. Mais en vérité tu t’en fous, tu n’aimes jouer qu’à quelques jeux, les autres, tu les testes puis tu les oublies. Tu connais suffisamment les jeux vidéo pour en parler même sans y avoir joué. Tu lis les magazines de jeux vidéo et tu brodes, tu improvises. Tu essayes de bien sentir le client pour lui vendre ce qu’il veut, tu es prêts à lui dire ce qu’il veut entendre. Il n’est pas là pour l’objectivité et l’expertise du vendeur. Le client, il veut avoir l’impression d’être l’expert. Alors, tu fais en sorte que ce soit le cas, tu écoutes parler les gens et tu donnes l’impression d’être émerveillé par les banalités qu’ils déblatèrent.

Mais là je ne parle que des clients normaux, il y a aussi les geek d’avant l’heure. Les joueurs compulsifs, ceux qui voient une forme de consécration dans le fait d’être amis avec le vendeur de jeux vidéo. Ceux-là sont gentils mais putain qu’est-ce qu’ils sont lourds. Leur activité principale c’est le jeu vidéo. Très bien, je n’ai pas de soucis avec cela. Mais ils n’ont que ça et ils cherchent quelqu’un à qui en parle - rappel nous étions avant l’époque forum / blog / réseau sociaux et geek triomphant  - donc ce genre de client là, il vient dans ta boutique juste pour te parler, pas pour disserter de façon générale sur le jeu vidéo, son avenir ou dieu sait quoi. Non, il vient pour te raconter sa partie. Vous n’imaginez pas le nombre de joueurs qui sont venus me raconter leurs parties de Final Fantasy VII, ou de Sky of Arcadia ou pire de Pokemon comme s’ils me racontaient leur vacances à la plage. Ils ne se rendaient pas compte que toutes les parties se ressembles, que l’on était tous passé par les mêmes endroits dans FF VII. Au début, tu trouve ça mignon mais quand ça devient régulier, les joueurs qui vivent par procuration à travers les jeux vidéo c’est lourd.

Et puis il y a les boulets, je vous parle de l’échelon au-dessus. Ils sont moins nombreux heureusement, mais aux combien détestables. Quand un matin d’hiver, tu arrives pour ouvrir ta boutique et que devant le magasin fermé tu vois qu’il est là tu sais que ta journée sera longue. Il te serre la main avec ses mains moites, il garde son horrible manteau et toi tu essaies de mener ta journée à bien. Tu commences par le ménage parce que c’est important de présenter une boutique clean et lui il est là dans tes pattes. Il te raconte son week-end et tu t’en fous d’une manière phénoménale. Quand tu as un client, il essaie d’intervenir, il t’interrompt pour donner une information idiote. Tu as envie de lui mettre une claque, et même deux, mais cela ne se fait pas. La matinée se passe et il est toujours là, s’il y a un siège, il s’assoie - c’est pour cela que je les ai retirés les sièges - tu apprends qu’il n’a pas cours ou qu’il ne travaille pas. Tu en déduis aussi qu’il n’a aucun ami, aucune vie, sinon il ne serait pas là. Quant à midi, tu fermes pour aller prendre ta pause et manger tu dois le mettre dehors et il promet de revenir. À une époque, on ne fermait pas entre midi et deux et il est arrivé que le boulet envisage de pique niquer dans la boutique.

Il y a aussi les situations de crise à gérer, c'est-à-dire quand une bande de jeunes gamins - entre 10 et 15 ans - viennent mettre le bordel dans ton magasin. Tu as déjà essayé d’appeler les flics, mais ils arrivent entre 15 et 20 minutes après - alors qu’il y avait un commissariat à cinq minutes à pied - alors tu essaies de gérer ça seul. Mais ce n’est pas simple, même quand on est deux, il faut gérer les clients et gérer les sauvageons. Mais comment ? Tu te dis que tu ne peux pas les frapper, tu menaces, tu invectives mais ça les fait rire. Tu ne sais pas comment gérer, tu stress, tu es en tension et les sauvageons c’est comme les animaux sauvages, ils sentent que tu stress. Mais les situations de crise finissent toujours pas se terminer, soit ils se lassent, soit tu finis par les mettre dehors, soit ils repartent d’eux même, c’est souvent le moment de faire le point sur ce qui a été volé. Il faut être solide pour enchaîner les jours, parce que tu sais que la réussite de ton projet est contingente à ta présence. Tu dois assumer quoi qu’il arrive, que tu déprimes, que tu stress, que tu désespères. Le simple vendeur, il peut venir et mettre sa tête sur off, il peut bosser en pensant à autre chose. Mais toi tu ne peux pas. Quand il faut virer ton unique vendeur que tu avais engagé parce que c’était ton ami ce n’est pas facile, quand tu dois licencier un vendeur parce que tu ne rentres pas assez d’argent ce n’est jamais facile.

Bien sûr, il y a les bons moments, les belles rencontres, la sortie des grands jeux où l’arrivée d’une nouvelle console. J’ai eu la chance d’être en place au lancement de la PS2, même si les attentes des joueurs étaient bien moins grande que ce que l’on peut connaître aujourd’hui avec la sortie de la génération PS4 Xbox One c’était quand même quelque chose. L’effervescence des précommandes, la peur de ne pas être livrée, les clients qui sont là depuis le matin et le livreur qui n’arrive toujours pas et puis la console qui est là, les yeux qui brillent, et même l’émotion des clients du day one ça te touche. Tu es content. Et puis il y a les liens que tu crées avec les bonnes personnes qui deviennent des amis, les petites habitudes. Le mec qui ressemblait à Francis Lalane qui habité à côté de ta boutique et tout les soirs à la fermeture il venait faire quelques parties de Soulcalibur et il te mettait à chaque fois des dérouillées d’un autre monde en sortant des combos que tu n’avais jamais vu. Et après t’avoir humilié deux trois fois il rentrait chez lui aussi énigmatiquement qu’il était venu.

C’est vrai que toi à force d’être dedans, tu joues moins, tu joues toujours, mais avec moins de passions, moins d’acharnement. Tu penses au bilan et à ton comptable qui ne sait toujours pas si tu dois repayer la TVA sur les jeux d’occasions. Tu penses aussi à devenir moins honnête. Ce n’est pas de toi que vient l’idée, mais de ton comptable. Justement il te conseille de seulement déclarer ce qui est nécessaire pour couvrir les frais et les salaires et tout le reste le faire au noir. Tu hésites, mais si c’est lui qui le dit … C’est comme quand le livreur, un bon gars que tu connais un peu parce qu’il t’achètes des jeux de bagnoles sur sa Playstation, est venu te voir pour te proposer « un plan ». Il t’a expliqué que la prochaine fois que tu fais une grosse commande à ton fournisseur, tu le préviens à l’avance et lui il fera en sorte que ta commande se « perde » au dépôt. Bien entendu le livreur aura récupéré le colis et il te le donnera, à condition que tu lui paie à lui et en liquide la moitié de ce que représente la commande. Financièrement ce n’est pas honnête pour deux sous, par contre c’est très rentable. Tu l’as fais une fois pour voir si ça marchait, mais tu hésites à recommencer, tu n’oses pas, tu as peur. Tu manques des occasions de t’enrichir parce que tu as trop d’éthique et pas assez de couille. Pourtant l’éthique elle ne t’étouffe pas quand il s’agit de pucer les Playstation pour qu’elles puissent lire les jeux imports, et les jeux gravés aussi. On avait rencontré un jeu mec sympa, très doué avec un fer à souder. Je fournissais les puces, les clients et lui la main-d’œuvre. Il prenait 30% du prix de la pose, vu que les puces ne coûtaient rien c’était gagnant pour lui, gagnant pour moi. Pendant tout le temps que la boutique a été ouverte, on n’a foiré qu’une seule console. On faisait aussi dans la réparation, changement de bloc optique et nettoyage en tous genres. Là-dessus les marges étaient plus que grasses, on n’hésitait pas à faire payer le prix fort juste pour un petit nettoyage si la console refonctionnait normalement.

Après deux ans d’existence, j’ai compris que vendre du neuf ne servait plus à rien, il était difficile d’être exhaustif et de marger sur les titres neufs. Donc petit à petit j’en suis venu à ne faire plus que de l’occasion et des goodies. Pourtant au départ j’étais très dubitatif sur ce marché-là. Je me disais que jamais personne n’achèterait des figurines de jeux vidéo, ou des produits dérivés. Je ne sais pas pourquoi, mais dans ma culture personnelle le produit dérivé c’est une chose mauvaise, c’est le mal, le diable, c’est un sous-produit. J’avais tord sur toute la largeur de cette idée. La boutique vendait donc de l’occasion, de l’import et des goodies. J’avais fini par trouver un équilibre économique à tendance positive. Mais pour en arriver là il fallait que je sois seul, plus de vendeurs, juste quelques amis pour dépanner quand il y avait besoin. Ce n’est pas tant la charge physique de travail qui était difficile à supporter mais la pression nerveuse que je me mettais. Même si j’étais à l’équilibre, c’était un équilibre précaire, certains mois je ne pouvais pas me payer et il fallait tout gérer seul, du ménage à la gestion du stock en passant par les mises en places de vitrine, de décors, de thème, la gestion de la clientèle alors que j’étais toujours aussi timide et introvertie qu’au début, la gestion des boulets, des cons, des sauvageons, etc.

C’est l’accumulation de cette pression morale mêlée à une forme de lassitude qui m’a conduit à décider d’arrêter. J’avais ouvert la boutique en décembre 1999 pour profiter de Noël, et je l’ai fermée en février 2003 après avoir profité de Noël et des soldes d’hiver pour finir sur une bonne note. Je ne sais si cette expérience est une réussite ou un échec, à l’époque je l’ai vécu comme un échec, mais aujourd’hui je la vois comme une réussite. Elle m’a changé profondément. Aujourd’hui je n’ai aucun regrets, aucun remord, à ce sujet, mais parfois j’ai un peu de nostalgie parce que je me dis qu’avec l’expérience accumulée et les outils qu’offre internet pour communiquer je ne ferais pas les mêmes erreurs et je conduirai ce projet de boutique de jeux vidéo différemment. Mais bon, en voyant la déroute de la franchise Game, la disparition des petites boutiques, la montée du dématérialisé, je doute que se lancer dans la vente de jeu vidéo soit judicieux aujourd’hui. En tout cas si on s’y prend de manière classique. Mais je suis sûr qu’il y a de la place pour quelque chose de différent, pour quelque chose qui ai une âme et une vision si radicale et tranchée qu’elle occuperai un segment unique sur le marché. Malheureusement je n’ai pas encore cette idée.

C’est un article confession. Un #jeudiconfession avec un jour d’avance. Je l’ai écrit suite à un tweet où l’on me demandait quel était mon quotidien quand j’avais ma boutique de jeux vidéo. J’ai essayé de répondre à la question de la manière la plus simple, la plus directe, la plus franche, la plus honnête. Je réalise que tout ça c’était il y a dix ans, c’est impressionnant. C’est un autre monde, c’était aussi un autre moi. Parce que ce que je dis à la fin de mon article est vrai, cette expérience m’a changé, radicalement changé. Entre le Rémy timide, introverti et terrorisé par le monde et le Rémy que je suis aujourd’hui il y a un monde. Et j’ai changé juste après avoir fermé ma boutique. C’est donc qu’il y a bien un lien de cause à effet. Quoique je ne sait pas quelle note donner à cet article, je pense un 3/5 pour être dans la moyenne. Il est trop long pour mériter plus je pense. Et puis la mise en page n'est pas super non plus, ce qui doit rendre la lecture un peu ardue. Donc merci à ceux qui auront lu aussi loin.

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Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #Chronique de joueur, #à la une

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Publié le 21 Avril 2013

Plus j’avance dans mon expérience de blogueur et plus j’ai envie de mettre en place une rubrique qui permette de faire intervenir différentes personnes, blogueurs, lecteurs ou simples visiteurs sur le blog. Cela fait longtemps que je cherche cette "bonne idée", mais longtemps aussi que je ne là trouve pas. On se souviendra d'ailleurs de l'expérience mitigée du Vidéo Game Tag qui était sympa, mais les tags entre blogueur c’est plutôt mal vu. Mais là, je crois que je tiens enfin une bonne idée. En tout cas j’en tiens une qui me plaît suffisamment pour la partager avec vous !

Son principe est dans tient dans le titre de cet article : ébaucher le portrait culturel d'un joueur à travers des oeuvres qu'il aime et qu'il possède.

Certes tout est dans le titre mais à ce stade ça reste encore assez abscond. L’idée est de demander à des joueurs de jeux vidéo de présenter cinq objets culturels qu’ils possèdent et de nous expliquer la nature du lien qu’ils entretiennent avec ces objets culturels. J’utilise l’expression "objet culturel" parce que je ne veux pas réduire ce portrait aux jeux vidéo, au contraire ce qui m’intéresse c’est de laisser la porte ouverte à toutes formes de cultures : la littérature avec des livres allant du roman à l’essai, la bande dessinée et ses variations géographiques du comics au manga, la musique qu'elle soit sur CD, vinyl ou K7, bien sûr les films là aussi qu’importe leurs supports, les jeux vidéo récents ou rétros, les oeuvres d'arts pour les joueurs collectionneurs, les figurines, etc.

Ce qui m’importe dans ce projet, c’est que les personnes présentent des objets qu’elles possèdent. En effet à l’heure où l’on entend de plus en plus de personnes s’offusquer et critiquer la dématérialisation de la culture j’ai envie de mettre en avant ce lien si particulier que l’on peut avoir avec un objet culturel.

Il n'est pas question de parler de jeux, livres, film ou musiques dématérialisés. Hormis cette stipulation particulière je crois qu’il n’y a pas d’autres contraintes, libre à chacun de présenter cinq jeux ou cinq disques ou cinq objet issu de différentes sphères culturelles. Et bien sûr libre à chacun de détourner les règles.

Le projet en est encore à ses débuts, mais on trouve déjà cinq portraits culturels de joueurs et joueuses dont la liste est en haut de cet article. Si tu es intéressé par ce projet, si la formule t'amuse ou te séduit alors n'hésite pas à me contacter par e-mail ou par Twitter ou par ma page Facebook

Le but n’est pas de faire un test ou une critique de tel ou tel jeu / œuvre / album mais de parler de soi à travers ces œuvres-là. Je crois que c'est un excellent moyen de découvrir une personne et d'en apprendre sur elle ; donc venez vous découvrir

Portrait culturel d'un joueur, le projet ! Présenter les joueurs de jeux vidéo sous un nouvel angle

Portrait culturel d'un joueur, le projet ! Présenter les joueurs de jeux vidéo sous un nouvel angle

Ce projet est un pari dont la réussite reposera sur la bonne volonté des joueurs qui accepteront ou non de jouer le jeu et de se dévoiler. Mais ce projet me tient à cœur, il a le potentiel de devenir un classique du blog. Je trouve intéressant et important de parler de ces objets culturels que l’on possède - même si je ne vais pas demander à ceux qui participeront de prouver qu’ils ont bien la possession desdits objets -, je mets dans ce projet une dimension presque militante envers la forme matérielle de la culture. Se plaindre de la dématérialisation est une chose, mais ne nous arrêtons pas là et revendiquons ce que nous possédons surtout qu’a priori le joueur est un grand nostalgique matérialiste. Je compte donc sur cela pour trouver des personnes prêtes à partager ce qu’elles aiment dans la culture d’autant plus que les joueurs sont souvent multiculturels ; manga, comics, roman de SF, musique et sûrement bien d’autres choses que j’espère découvrir.

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Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #la vie du blog, #portrait de joueur, #Projet participatif, #à la une

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Publié le 23 Septembre 2011

Et toi, il y a une console qui te fait rêver ?

J'espère que cela ne te dérange pas que je te tutoie. Oui, toi, le jeune, et le moins jeune, le riche et le pauvre, toi le lecteur geek à ses heures perdues et joueur de jeux vidéo le reste du temps et toi aussi le mec venu voir les photos de Scarlett Johansson nue et tous les autres aussi je vous le demande : est-ce qu'il y a encore une console qui vous fait rêver ?

Et quand je parle de rêve, je parle de ce genre de rêve qui se chuchote la nuit dans le creux du sommeil quant à demi-conscient, on laisse échapper des doux mots à l’intention du plus brûlant de nos désirs, un de ces rêves où tu imagines posséder enfin l'objet de ce désir tant convoité, un objet du désir qui t'échappait depuis si longtemps ...

Autrement dit : est-ce qu’il existe aujourd'hui une console qui fait fantasmer les passionnés de jeux vidéo ?

 

Comme souvent, je trouve la source de ma réflexion contemporaine dans de mon passé et mes souvenirs de joueur. En ce moment je me rappelle que dans ma jeunesse, à l’époque de l’âge d’or du jeu vidéo, il y avait plusieurs consoles qui nous faisaient particulièrement fantasmer moi et mes amis gamers. Soit parce que ces consoles étaient très onéreuses - en tout cas plus que la moyenne de l’époque -, soit parce qu'elles étaient rares et donc peu répandues chez nous. Bien sûr, quand je parle de console onéreuse, je pense à la Néo Géo qui, à l'époque où je jouais sur ma Super Nintendo, figurait une idée du luxe, une console d’exception qui réunissait la magie de l’arcade dans un objet à la présence imposante ; prendre une manette de Néo Géo sur ses genoux avait lieu de rituel dévot pour moi. C’était la Rolls-Royce des consoles, une machine haut de gamme qui incarnait ce que le jeu vidéo pouvait offrir de mieux. En conséquence, pour un roturier comme je l’étais, c'est-à-dire un joueur normal, posséder une Néo Géo c’était une utopie, un rêve fou que l’on ne cessait pas de caresser en échafaudant des plans de financement exotiques, naïfs et absurdes pour parvenir à nos fins - ce qui n’arrivait jamais -. Et puis il y avait les consoles exotiques qui faisaient rêver justement parce qu’elles étaient exotiques, généralement orientales au sens où les peintres orientalistes le concevaient. Sur ce point, je pense à des machines comme la Nec Turbografx, la 3DO ou dans un registre moins oriental la Jaguar d'Atari. On connaissait peu et mal ces machines, en conséquence, il se développait autour d’elles une mythologie avec ses fantasmes et ses rêves de joueur.

N’ayons pas honte de le dire, ces consoles nous faisaient rêver ! Oui, rêver. Je me rappelle l'émotion que j'ai eue la première fois que j'ai posé le pad de la Néo Géo sur mes genoux pour jouer à Fatal Fury ; j'étais vraiment impressionné, j’approchais le Graal, je le touchais, après tant de temps à en rêver, j’avais entre les mains la preuve que ce rêve était une réalité - même si la réalité appartenait à un ami embourgeoisé et pas directement à moi -. Le jour où j’ai eu une Jaguar, c’était aussi l’aboutissement de quelque chose, ça faisait sens dans ma vie de joueur parce que le chemin parcouru pour en arriver là était plus long et plus sinueux que celui à parcourir pour arriver à une Super Nintendo ou Megadrive. Nous étions au temps d’avant internet, les informations étaient plus rares, plus partielles, plus partiales et l’accès à ces machines était lui aussi rendu mon évident.

Aujourd’hui j’ai la sensation que tout est plus terre à terre, on achète une console parce qu’il faut bien en passer par là si on veut encore jouer ; j’ai pris une PS3 parce qu’on ne trouvait plus de nouveauté sur la PS2 ; le passage d’une console à une autre c’est une suite logique, et plus l’aboutissement d’un rêve. Et puis l’offre se réduit de plus en plus, elle se réduit et s’uniformise avec la disparition petit à petit des exclusivités. Alors aujourd'hui est-ce qu'une console a encore les moyens de faire rêver le gamer ?

J'ai l'impression que non. Lorsque tu possèdes une PS3 ou une XBox360 tu ne rêve pas d'avoir l'autre console Next gen du moment, au pire tu te dis que tu la prendra d’occasion pour tel ou tel jeu mais c’est devenu un simple geste de consommation. Est-ce que tu frémi de plaisir quand tu prends une Wiimote en main ? La 3DS te donne t'elle des frissons ? Et les consoles à venir vous font elles rêver ? Soyez honnêtes ; êtes-vous impatient de l'annonce officielle de la Playstation 4 ? Est-ce que la Wii U hante vos rêves ? Bien sûr, je ne doute pas que vous soyez comme moi curieux de voir ce que va nous proposer le marché. Le monde des jeux vidéo évolue et cela attise notre curiosité mais je ne suis pas certains que cette évolution programmée attise nos fantasmes, en tout cas moi ça ne me fait pas rêver.

Une chose est sûre, sûre et logique, c’est que nous avons grandi et qu'avec le temps tout est devenu plus accessible. L’enfant passionné et devenu un adulte - ou presque - et nous autres gamers nous avons les moyens de nous payer une console quand on en a envie - bon oui je schématise un peu, il y a les pauvres aussi - et s'il faut la commander au Zanzibar on sait qu’il y aura internet, bref il n'y a plus de réelles limites à notre passion. C'est pourtant cette limite qui devait délimiter ce qui était de l'ordre du rêve et de l'ordre de la réalité quand nous n'étions que des ados collés à nos consoles. Mais je me trompe peut-être …

Il est possible que certains d'entre vous rêvent d'une Playstation 4 ; un rêve inaccessible parce que la console sera vendu à 999 Euros et que de toute façon il n'y aura que 15000 pièces pour le marché Français. Et une fois encore me revient en tête un vieil adage que je déteste au plus haut point, peut-être parce qu'il est vrai, qui dit heureux les simples d'esprit et que je pourrais reprendre et formuler ainsi : pour que les jeux vidéo nous fassent encore rêver il faut être un simple d'esprit ou plus classiquement un noob.

Je suppose, disons que j'ose espérer, qu'un noob arriver sincèrement à rêver de la Playstation 4, que la promesse d'un Call of Duty 4D - avec l'odeur du sang et de la poudre - peut le mettre en émoi la nuit et que les jours de pluie quand il rencontre ses congénères ils en parlent et construisent ensemble une mythologie autour de cette Playstation 4 qui proposera les jeux en odorama. Parfois je voudrais être un noob, un simple d'esprit capable de foutre au cul mon esprit critique et mon semblant de recherche du sens des choses pour échafauder dans un plaisir régressif des théories fumeuses qui alimenteraient mes rêves de joueur.

Mais si ça se trouve c'est mon cas en fait ...

Rassurez-moi, dites-le-moi si c'est le cas et puis tant qu'à prendre la parole n'hésitez pas à me dire si aujourd'hui une console actuelle ou future vous fait réellement rêver.

Edit : Ceci est un article datant de septembre 2011 et depuis la Playstation 4 est devenue une réalité - comme la XboxOne -. J’ai donc repris cet article, je l’ai relu, un peu corrigé, un peu fluidifié et je me suis rendu compte que rien n’a changé, dans ma pensée rien n’a changé. Je trouve que le rêve a disparu du hardware - formulation qui laisse supposer que le rêve a peut-être migré vers le software - et que par extension le jeu vidéo manque d’enchantement. Mais c’est un constat que je fais pour l’ensemble de notre société, de notre système de valeurs et de pensées, notre culture et notre civilisation. Mais je suis souvent plus critique avec les domaines créatifs parce que c’est leur rôle d’insuffler la part de rêve ou d’enchantement dans la société. Et si le jeu vidéo perd de sa capacité d’enchantement du réel, c’est sûrement parce qu’il avance trop loin dans le divertissement et le divertissement n’est pas un outil d’enchantement, bien au contraire, le divertissement est un outil d’asservissement manié par un système qui cherche à éradiquer l’enchantement. C’est pour cette raison que j’accorde de l’importance à cette capacité du jeu vidéo à faire rêver le joueur. Et c’est ce qui fait que je trouve toujours cet article opérant même trois ans après sa premier version.

J'ai donc changé l'illustration datant de 2011 qui évoquait un prototype de Playstation 4 pour mettre cette fois une image fantasmée et nulle d'une hypothétique Playstation 5

J'ai donc changé l'illustration datant de 2011 qui évoquait un prototype de Playstation 4 pour mettre cette fois une image fantasmée et nulle d'une hypothétique Playstation 5

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Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #Réflexions d'un joueur, #à la une

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