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Publié le 5 Août 2016

Imaginez une brochette des pires super-vilains issus des caniveaux des pires ruelles torturées d’une ville sombre, noire et blessée. Pas de la petite racaille de bas étage, pas du dealer de cannabis pour bobo ou des mecs qui volent les sacs des vieilles rombières à l’arrachée. Non, dites -vous que vous tenez là un putain d’échantillon de psychopathes, des tueurs à gages, de voleurs, des monstres, des déglingos bien déglingués à qui on ne compte plus les cases qui manquent, des dingues, des fous, de cas pathologiques, une vraie bande de salopards opportunistes sans fois ni lois plus dangereux qu’une horde de traders devant un pays en faillite. Et dites-vous que cette horde de sauvage pourrait faire une bonne force d’intervention pour des cas désespérés et là vous tiendrez le concept de Suicide Squad, à deux trois détails prêts c’est la promesse que nous faisait le projet. Et je trouvais ça foutrement alléchant.

Je m’attendais donc à ce que Suicide Squad rox du poney, et pas seulement dans le sens hyperbolique de l’expression, je me disais qu’une réunion de super-vilains hyper méchants ça pouvait potentiellement donner lieu à des scènes de bastons sur des poneys en pleine rue, gratuitement, juste parce que les personnages sont totalement cramés de la caboche. C’était même le strict minimum de ce que je pouvais attendre d’eux. Malheureusement le film échoue comme un gros cachalot pathétique sur une plage de Floride en plein mois d’Août. Difficile de hiérarchiser les échecs de cette production, mais je crois que j’aurai pu pardonner bien des dérives de ribambelle à Suicide Squad si le film avait assumé ses méchants et leurs vilénies de gros bâtards asociaux. Aie ! Au lieu de cela on se retrouve à assister à la plus historique réunion de psychopathes dociles et politiquement correctes que les mondes imaginaires ont pu accoucher. C’est affligeant.

Une belle brochette de super-vilains par sûr tanké niveau costumes et charisme

Une belle brochette de super-vilains par sûr tanké niveau costumes et charisme

On passera donc rapidement sur le scénario, et c’est déjà lui faire honneur que d’utiliser le terme de scénario pour parler de la trame narrative asthmatique certainement griffonnée sur un coin de PQ. Il est plat, vide et creux ne nous ménageant aucun lieux communs sur le genre et n’évitant aucun des écueils liés au politiquement correcte ; si j’étais gentil avec lui je dirai qu’il est cousu de fil blanc, mais cette histoire là est carrément scotchée au chatterton industrielle. Résumons : Une organisation travaillant pour le gouvernement des États-Unis et donc un peu de monde, décide de capturer les pires raclures de criminelles pour les forcer à travailler pour eux dans une force ultra secrète qui sera utilisé contre des menaces trop bad ass pour être traitée à l’ancienne. Pour chaperonner ces tordus en tout genre on leur colle le capitaine Rick Flag des Marines (ou de je ne sais quelle force spéciale) et pour s’assurer la fidélité des gaziers on leur injecte dans la nuque une bombe grande comme un grain de riz mais puissante comme une grenade.

Avec son charisme au rabais et ça présence physique low cost on peine déjà à trouver crédible que le monsieur Rick Flag puisse mater son escadron de criminels endurcis. Merde on a là la crème de la crème des méchants tous présentés comme des fous, notamment notre Harley Quinn présentée dans le film comme étant encore plus folle que le Joker himself. Et cette bande de fou furieux respecte gentiment le pacte qui les unit au Suicide Squad parce qu’ils sont assez raisonnables pour ne rien tenter qui mette leur vie en jeu ? Je n’y crois pas une seconde, et je suis sûr qu’aucun spectateur n’y a vraiment cru. On est donc là avec des super-vilains qui docilement obéissent aux ordres sans rien faire de mal. Mais WTF ? Ok, ok, c’est vrai que pour calmer les ardeurs le capitaine Rick Flag fait sauter le pauvre Slipknot qui tentait de s’enfuir (et fuck le spoil de merde) sauf que la ficelle est si grosse qu’on préfère en pleurer des petites cuillères rouillées plutôt que d’y croire un instant. Il faut dire que ce pauvre Slipknot est invité à la fête juste pour crever et servir d’exemple deux secondes après son arrivé. Le réalisateur et le scénariste (qui se trouvent être la même personne) auraient pu faire sauter un personnage présent des le départ histoire de jouer un peu avec le spectateur mais non, le personnage de Slopknot arrive de nulle part trois plans, ou peut-être trois scènes, avant d’être tué. C’est ridicule, ridicule comme l’explosion à peine plus violente qu’un pétard mouillé qui lui crame la cervelle.

Sérieusement, aujourd’hui dans la moindre série télé avec des mecs un peu déterminés à savoir se battre il y a forcément une scène où un gars se charcute la couenne avec un morceau de ferraille rouillée pour se débarrasser du traceur, d’un micro, d’une clef et de je ne sais pas quel autre ustensile USB planqué sous sa peau. Mais dans Suicide Squad les méchants semblent dire ; quoi ? J’ai une  bombe dans la peau ? Bon ce n’est pas grave je vais vous obéir. Mais merde quoi, Deadshot est cessé ne jamais louper son tir, je suis sûr qu’il peu flinguer la bombe sans toucher un organe vital à 200 mètres, et Harvey Quinn vous pensez qu’elle va penser à ce qui est raisonnable pour elle ? Durant les deux heures du film je me suis demandé quand il allait se passer quelque chose, je veux dire quelque chose de cool.  Mais rien, rien qui ne soit digne d’un psychopathe. Enfin si, si vous avez la bande annonce vous savez qu’à un moment donné Harvey Quinn casse une vitrine pour voler un sac, même que je crois que c’est une minaudière, les experts me le confirmeront peut-être. Elle a alors cette réplique médiocre retranscrite dans l’a peu près de ma langue : ben quoi on est les méchants.

Fichtre de couille de mouche Ouzbek c’est trop de fous ! Ils cassent une vitrine dans une ville déjà en état de guerre, mais comme ils sont trop ouf ! Y’a donc rien qu’ils ne respectent ? Le monde tremble devant une telle débauche de cruauté et de folie. Je comprends mieux pourquoi notre gouvernement était si dur avec le mouvement nuit debout, ils avaient compris que ce mouvement cachait des super-vilains, le genre de fieffés gredins qui donnent du fil à retordre à Batman ou Superman. Sans déconner cette bande de personnages hyper méchants fout moins les jetons que les casseurs dans une manif de lycéens, y’a un problème non ? Pourtant Killer Croc est censé être un monstre cruel régnant sur la pègre, Deadshot un tueur à gage sans pitié, Capitaine Boomerang un voleur sans éthique, Harvey Quinn une folle dingue plus folle et plus dingue que tous les autres réunis et Pyro un pyromane dépressif ce qui n’est jamais un mélange très stable. Et à eux tous ils sont incapables d’envisager un acte un peu plus fou, pervers, tordu, cruel, audacieux ou marginal que de casser une vitrine ? Bigre de lapin nain angora le politiquement correcte à définitivement emporté la partie.

Ce film c’est une sorte de wedding cake, de loin l’aspect extérieur à l’air cool, funky, chiadé et coloré et on se dit que ça peut être sympa à bouffer. Et puis on se découpe une tranche, genre avec un sabre de Katana et au passage il faudra m’expliquer ce que le personnage de Katana fout dans le film, et là on découvre que le glaçage est lourd, difficile à digérer et presque aussi fade que la génoise génétiquement modifiée pour être antiseptique qu’on trouve à l’intérieur.  

J’avoue j’attendais à de la violence, de la punchline et de l’irrévérence. Mais l’on n’a rien de tout cela ; psychopathe pleurnichard, tueur mielleux et donzelle en culotte entourée de faire-valoir voilà les responsables d’une partie de ma déception.  Et la ville où l’escadron des Suicides Squad intervient on en parle ? Quand ils arrivent, il y a un joli travelling aérien pour bien voir le bordel, les routes défoncées, les ponts coupés, les chemins de fer défoncés, alors en toute logique je me dis que ça doit grouiller de personnes prisonnières du merdier. Et là encore, paf dans ma gueule. Personne, en tout cas rien qui puisse saigner, pas un humain, pas une femme enceinte, pas un enfant, pas l’ombre d’un début de réalité qui aurait pu donner lieu soit à du gore soit à du cornélien. Et pour finir de castrer l’espoir les ennemis que doivent affronter nos super-vilains sont en minerai, un putain de matériau qui ne saigne pas. Alors quand la grosse scène d’action se lance, ça ressemble plus à une baston dans un magasin de porcelaine qu’à une bataille organique. A quoi bon mettre en scène des super-vilains s’ils ne peuvent pas avoir le goût du sang ? Et les costumes on en cause ?

Parce que si je me garde le cas Harvey Quinn pour plus tard, on est quand même plus proche de la bande d’ados attardés avec des costumes mal branlés un soir d’halloween plutôt  que de la horde de super-vilains trop stylés, même une convention de cosplay est plus classe que nos pieds nickelés du crime. Alors acteurs sans charisme plus costumes à la mords-moi-le-bas-de-gamme ça nous laisse le spectateur en position dubitative. Et sincèrement je me serai contenté de peu ; je me serai ravi pour un film vulgaire, poseur et superficiel qui ne repose que sur la mise en scène de la violence et l’exploitation esthétique de personnages trop classe, un peu comme dans 300 le film de Zack Synder producteur de Suicide Squad. Mais même ça le film l’échoue. Sûrement parce que la mise en scène est générique et absolument pas inspirée. Le réalisateur invisible passe les scènes comme un serveur apporte les plats en essayant de rien foutre parterre sans se faire remarquer.

Mise en scène naze, essayez de me citer une scène visuellement claquante pour ceux qui ont vu le film ; acteurs nazes dont on passe beaucoup de temps à ce demander ce qu’ils font là et à quoi ils servent, décors fades et nazes, action passe partout et écriture au rabais incapable de balancer des vannes ou des punchlines efficaces, voilà ce qui constitue Suicide Squad.

Bien sûr il y a Harvey Quinn. Il y a le cul de Harvey Quinn moulé dans une culotte à sequins. Il y a les moues boudeuses de la psychopathe qui se la joue lolita décérébrée. Il y a les plans sur Harvey Quinn, de dos, de face, de profil, visage, fesses, bouche, jambes, coiffures blonde aux friandises. Bien sûr il y a Harvey Quinn que l’on  peut voir, regarder, observer, mater, dévorer des yeux. C’est vrai, c’est un fait, mais c’est insuffisant madame. La damoiselle est bien gaulée bien sûr et le film ne manque pas une occasion de nous le rappeler mais la demoiselle joue bien mal et dès qu’elle ouvre sa grande bouche acidulée de son personnage plus perché qu’une junky qui ne serait par revenue d’un trip sous acide la magie s’écroule comme un château de cartes. Il faut dire que Margot Robbie joue la folie de la façon la plus prévisible possible et à aucun moment son personnage ne nous surprend. Chaque action, réaction, réplique de la jolie blonde est attendue, et vu qu’elles sont placées avec l’application maladroite d’une élève de CM2 qui récite sa poésie ça tombe à l’eau. Elle pourra toujours se consoler en se disant que son amoureux, J, alias le Joker emblème des emblèmes du chaos criminel est interprété par un Jared Leto qui doit encore être en train de chercher comment il pourrait jouer son rôle. Pourtant on sent que l’équipe du film l’a aidé, il a un joli maquillage de clown dément, on lui a composé des plans avec des beaux décors dangereusement fous et on a limité ses scènes pour que leurs impacts retentissent plus (ou parce qu’il était trop mauvais). Mais rien n’y  fait, ce Joker là passe à côté de tout, il glisse sur la pellicule sans parvenir à l’impressionner. Ne parlons pas de la scène ou Harvey Quinn et J finissent par choir dans une cuve de mélasse ? ou alors c’est une sorte d’acide doux, qui est tellement navrante qu’on fini par être gêné.

Voilà la promesse de Suicide Squad

Voilà la promesse de Suicide Squad

Encore une fois, je ne veux pas que l’on pense que je suis trop exigeant, je vous assure qu’un film drôle et poseur réalisé comme un clip de rap m’aurait largement satisfait. Mais les blagues quand elles sont là font pitiés. Ce qui est très dérangeant finalement c’est tout ce politiquement correcte qui parvient à recouvrir chaque bonne idée du film pour l’affadir jusqu’à l’écœurement. La happy end est un logiquement un sommet de ridicule et de trahison ; nous sommes loin du Suicide Squad, mais plutôt devant  un Bisounours Squad.

Pourtant faire un film de super héros noirs c’est possible, Batman à parfois réussi à le faire, Watchmen encore mieux a su puiser dans la veine noire où coule le sang des héros qui ne sont pas sûr d’en être pour ériger une fresque dark. Et dans le genre opposé de la pure comédie qui fonctionne très bien sur moi, on peut penser à l’impertinence des Gardiens de Galaxie qui sont eux aussi forme un groupe de gueules cassées, un peu psychopathes, tueuses et personnages pas forcément fait pour être des héros. Je veux dire que Suicide Squad n’était pas voué à l’échec, au contraire son concept avait les moyens de nous sortir un film drôle, ou un film trash, ou un film irrévérencieux, voir tout bêtement un bon film, un truc simple et efficace, mais nous sommes en présence d’un objet inachevé, mal écrit, peu réalisé, mal incarné, qui ne semble pas se fixer d’objectif ce qui lui permet de tous les rater.

Finalement la seule qualité de Suicide Squad c’est que le film a réussi à me faire réévaluer positivement mon avis pourtant très merdique sur Deadpool.  Bref, ces super-vilains là ne nous frappent jamais, ni claque visuelle, ni claque de drôlerie, ni claque d’action effrénée, ni claque d’effets spéciaux qui déboitent. Voilà, j’arrête là, il faut savoir tirer sur l’ambulance avec modération, ça sera la conclusion idiote de cette critique.

Encore une fois ce qui saute aux yeux en plus de la culotte de Harvey Quinn c'est l'aspect tristement carton-pâte de cet escadron du Suicide Squad
Encore une fois ce qui saute aux yeux en plus de la culotte de Harvey Quinn c'est l'aspect tristement carton-pâte de cet escadron du Suicide Squad
Encore une fois ce qui saute aux yeux en plus de la culotte de Harvey Quinn c'est l'aspect tristement carton-pâte de cet escadron du Suicide Squad

Encore une fois ce qui saute aux yeux en plus de la culotte de Harvey Quinn c'est l'aspect tristement carton-pâte de cet escadron du Suicide Squad

Rien quen photo on devine ici les efforts de Jared Leto pour maltraiter le Joker, belle performance de sa part pour rendre gênant ce personnage emblématique
Rien quen photo on devine ici les efforts de Jared Leto pour maltraiter le Joker, belle performance de sa part pour rendre gênant ce personnage emblématique

Rien quen photo on devine ici les efforts de Jared Leto pour maltraiter le Joker, belle performance de sa part pour rendre gênant ce personnage emblématique

On sent bien que le film fait son beurre sur la plastique de Harvey Quinn. Et pourquoi pas d'ailleurs, je ne vous cache pas qu'elle est bonne, je veux dire physiquement bonne, bonnasse quoi. Mais quand il lui s'agit de jouer la folle la c'est plus compliqué. Ce que je trouve navrant ou amusant, navrmusant donc, c'est à quel point elle me fait penser à Juilet l'héroïne de Lollipop Chainsaw sauf que Juilet est un personnage vraiment bien écrit, avec des dialogues doux dingues qui insufflent plus de folie que les tirades plate de Harvey Quinn.
On sent bien que le film fait son beurre sur la plastique de Harvey Quinn. Et pourquoi pas d'ailleurs, je ne vous cache pas qu'elle est bonne, je veux dire physiquement bonne, bonnasse quoi. Mais quand il lui s'agit de jouer la folle la c'est plus compliqué. Ce que je trouve navrant ou amusant, navrmusant donc, c'est à quel point elle me fait penser à Juilet l'héroïne de Lollipop Chainsaw sauf que Juilet est un personnage vraiment bien écrit, avec des dialogues doux dingues qui insufflent plus de folie que les tirades plate de Harvey Quinn.
On sent bien que le film fait son beurre sur la plastique de Harvey Quinn. Et pourquoi pas d'ailleurs, je ne vous cache pas qu'elle est bonne, je veux dire physiquement bonne, bonnasse quoi. Mais quand il lui s'agit de jouer la folle la c'est plus compliqué. Ce que je trouve navrant ou amusant, navrmusant donc, c'est à quel point elle me fait penser à Juilet l'héroïne de Lollipop Chainsaw sauf que Juilet est un personnage vraiment bien écrit, avec des dialogues doux dingues qui insufflent plus de folie que les tirades plate de Harvey Quinn.

On sent bien que le film fait son beurre sur la plastique de Harvey Quinn. Et pourquoi pas d'ailleurs, je ne vous cache pas qu'elle est bonne, je veux dire physiquement bonne, bonnasse quoi. Mais quand il lui s'agit de jouer la folle la c'est plus compliqué. Ce que je trouve navrant ou amusant, navrmusant donc, c'est à quel point elle me fait penser à Juilet l'héroïne de Lollipop Chainsaw sauf que Juilet est un personnage vraiment bien écrit, avec des dialogues doux dingues qui insufflent plus de folie que les tirades plate de Harvey Quinn.

Salut Deadshot, tu as sais que tu me fais allégrement pitié ?

Salut Deadshot, tu as sais que tu me fais allégrement pitié ?

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Critiques - Film, #Cinéma, #Suicide Squad, #DC Comics

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Publié le 8 Juin 2016

- Il est dit qu’il faut battre le fer tant qu’il est encore chaud. Je pense qu’il en va de même avec les orcs ; pourtant je commence à être froid. -

Le bulldozer Warcraft est arrivé il y a quelques semaines sur nos écrans avec sa horde, ses orcs, ses humains et ça fantasy guerrière. L’adjectif guerrière est un choix parfaitement subjectif j’en conviens mais je l’assume même si le film n’est pas foncièrement guerrier malgré le fait qu’il contienne des scènes de bataille et même si son scénario tourne autour d’une invasion barbare qui est donc forcément un peu belliqueuse. Cette petite digression autour d’un adjectif accolé à la fantasy de Warcraft résume un assez bien le handicape du film. Warcraft est une licence puissante et ancienne qui, si on inclut ses diverses déclinaisons vidéoludique, connecte une énorme masse de joueurs. De ce fait la marque Warcraft a bien irrigué la culture geek, socle culturel commun de nombreux spectateurs de ce type de films, malheureusement elle véhicule aussi beaucoup de préjugés à son sujet. Alors que l’on soit amateur ou détracteur des jeux vidéo ayant été à l’origine de ce film, et même si on n’y a jamais joué directement, nous ne sommes pas vierge de jugement. Du coup chacun appréhende le film avec des idées préconçues différentes qui viendront sûrement orienter sa réception.

Au siècle dernier j’ai un peu joué à Warcraft, mais trop peu pour m’être attaché à la licence, néanmoins mon esprit n’avait pas pu associer Warcraft et l’idée d’un scénario. J’envisageais ce jeu seulement comme un affrontement et j’ai été plutôt désarçonné d’être confronté à la narration tirée de ce jeu.

Les orcs, c'est la prouesse et la promesse de Warcraft le film

Les orcs, c'est la prouesse et la promesse de Warcraft le film

Après ces palabres de préambules je devrais me lancer dans le cœur de ma critique mais il y a longtemps que je n’ai plus rédigé de critique de film, et je me sens un peu rouillé. En plus ce film, même s’il a toutes les apparences d’une machine de guerre érigées pour tout écraser sur son passage, se révèle être plutôt tiède en saveur et il m’a laissé que peut de matière à la critique – ce qui est déjà en soit une critique –. Mais comme je ne voudrais pas perdre la main, et en espérant gratter un peu de la vague autour du sujet, je vais essayer d’en parler. 

Le film ouvre sur une séquence avec les orcs et je le reconnais j’ai été frappé par le visuel. À la fois par la prouesse technique qui nous offre des orcs fourmillant de détails d’expressions bluffantes de réalisme mais aussi par la direction artistique de ces orcs là, tellement plus riches que ceux proposés par Tolkien par exemple. On se sent plongé au cœur de quelque chose, et on a la sensation que tant la culture du peuple orc que ce qui se trame avec eux nous dépasse – surtout si l’on est novice en matière de Warcraft – est j’aime beaucoup cette sensation quand une œuvre fait sentir au spectateur qu’elle est plus large que ce qui est montré. La séquence est vivante, même touchante, la caméra virevolte et le spectateur est immédiatement injecté au cœur des tribus de peaux vertes.

Je me répète mais j’ai trouvé cette ouverture très prometteuse. Le rythme est soutenu, la narration ne lambine pas sur des explications trop didactiques et à ce moment là je me dis que les scénaristes avaient certainement misé sur le fait que le public serait en majorité déjà instruit de l’univers de Warcraft et qu’il était inutile de le prendre par la main. Et personnellement même si je n’ai aucune culture de cet univers, j’étais emporté par le rythme et la densité visuelle, je me suis détendu et j’ai attendu la suite.

Malheureusement le film ne retrouvera plus une pareille dynamique jusqu’à sa fin et le spectateur aura la désagréable impression d’assister à un lent mais sûr phénomène d’entropie.

Si le visuel très numérique des orcs brille par sa richesse et sa générosité dans les détails et par sa prouesse technique pour rendre si vivant des êtes de pixels, la confrontation avec l’esthétique humaine crée un choc. Le tout numérique des orcs avec le moins numérique des humains ne s’accorde pas immédiatement à l’œil. En tout cas mon œil de spectateur à mit du temps à s’accorder aux deux impressions visuelles que je trouve très différentes. Certaines personnes peuvent défendre l’idée que ce décalage est volontaire et qu’il incarne la distance et la différence qui oppose la Horde et ce qui deviendra l’Alliance, elles ont peut-être raison, pourtant à l’écran il a un fossé que le spectateur doit affronter seul car le film ne l’y aide pas.

Bonjour monsieur, vous pensez que l'on peut se parler d'égal à égal ?
Bonjour monsieur, vous pensez que l'on peut se parler d'égal à égal ?

Bonjour monsieur, vous pensez que l'on peut se parler d'égal à égal ?

Outre le rendu, ou la matière, de l’image, c’est toute la civilisation humaine qui apparaît de moindre qualité. Si les plans lagres numériques offrent des images de villes et de lieux aux architectures fouillées, élaborées avec soin par ce que l’on imagine être une civilisation virtuose, dès que le cadre se resserre et que les acteurs prennent le premier rôle, les décors deviennent pauvres, vides, avec un aspect très cheap. Et ce ne sont pas seulement les arrières plans qui peinent à rendre le fantastique et le souffle épique de l’aventure, les costumes eux non plus ne relèvent pas le niveau. Encore une fois il n’y a que les effets numériques qui réhausse les plans d’un merveilleux qui en met plein la vue ; pouvoirs magiques, animation des montures, l’ordinateur offre au film ces plus beaux morceaux.

Les acteurs d’ailleurs parlons-en, on ne peut pas dire qu’ils portent le film. Entre ceux qui ne jouent pas, et ceux qui surjouent il y a ceux dont le charisme naturel est à questionner et les autres dont on se demande encore s’ils ont reçu une direction d’acteur. Je ne peux pas dire qu’ils soient foncièrement mauvais, ils sont seulement moyens, en tout cas ils souffrent la comparaison d’avec les orcs. Et c’est assez dommage parce que l’on a beaucoup de mal à prendre fait et cause pour ces humains confrontés à une situation compliquée et à des choix moraux pouvant être difficiles.

Si le film s’ouvre sur une séquence pleine de promesses il ne parvient pas, à mon sens, à les tenir. Déjà que je trouve les matériaux humain moyen, costume, acteur, décor ; ce qui fait le film, mise en scène et narration ne parviennent pas eux non plus à nous faire oublier nos réticences. La mise en scène, se révèle manquer cruellement de caractère, de génie ou d’inspiration. La caméra numérique bouche beaucoup, parfois trop à mon goût, mais quand il s’agit de construire quelque chose il ne se passe rien. C’est une mise en scène ni mauvaise ni bonne, juste assez normale pour qu’on oublie d’y penser dès que les lumières se rallument.

Jusque là j’ai été comme le film, je n’ai eu que des remarques tièdes et des critiques moyennes. Une de mes grosses déceptions vient de la narration. Passé la première séquence le film entre dans son ventre mou, un gros tiers du film où il ne se passe rien d’autres qu’un enchaînement de scènes prévisibles au pathos prémâché afin d’artificiellement construire des personnages auxquels on peine à croire et s’attacher. C’est surtout que ça plombe totalement le rythme du film sans rien apporter en contre point.

Je vois beaucoup de points négatifs dans ce film, une mise en scène banale, des acteurs moyens, des costumes et des décors réels qui souffrent la comparaison avec les costumes et décors numériques, une narration qui rame, un rythme qui ne tient pas la longueur et finalement là où j’ai peut-être été le plus surpris et déçu parce que je pensais pouvoir attendre autre chose d’un éditeur de jeu vidéo qui fait du cinéma, c’est aucune originalité ni aucune audace.

Pourtant de manière assez paradoxale, quand est arrivée la fin du film j’avais un sentiment agréable, presque positif. Parce qu’avec ses promesses non tenues le film réussi quand même quelque chose d’intéressant, il donne envie de jouer. Il film échoue à être un grand film, mais il parvient à évoquer le potentiel narratif et ludique d’une guerre entre la Horde et ce qui devient l’Alliance, et moi ça m’a donné envie de jouer, d’éprouver par moi-même ces possibilités latente dans le film mais qu’il n’explore pas vraiment.

En me rendant voir ce film je n’avais pas d’a priori particulière sur le jeu vidéo, ni sur Warcraft. Mais sans le savoir j’avais quand même une petite attente, j’attendais d’un éditeur Blizzard qu’il s’empare de l’objet cinématographique pour en faire quelque chose d’un petit peu nouveau. Je m’attendais à un grand coup de pied dans la fourmilière du divertissement au travers d’un geste que j’espère ambition, même prétentieux et à qui j’aurai pardonné ses erreurs s’il avait été motivé par cette volonté créative. Malheureusement l’échec du film c’est qu’il est juste un film de fantasy comme les autres. C’est à se demander pourquoi Blizzard n’a pas vendu sa licence plus tôt si c’était pour en faire ça, c'est-à-dire en faire juste un film.

Surtout qu’au final, les meilleures scènes du film, sont les scènes numériques ; du coup Warcraft le commencement c’est un peu comme un jeu vidéo triple A dont le gameplay serait quelconque mais dont les cinématiques seraient tout l’intérêt du titre. En même temps c’est finalement assez logique non ?

Avec des décennies de jeu vidéo derrière lui, et donc d'artwork, de recherches, d'esthétiques développés, il est logique que le film puise dans sa mythologie pour offrir des décors à la hauteur de son univers.
Avec des décennies de jeu vidéo derrière lui, et donc d'artwork, de recherches, d'esthétiques développés, il est logique que le film puise dans sa mythologie pour offrir des décors à la hauteur de son univers.
Avec des décennies de jeu vidéo derrière lui, et donc d'artwork, de recherches, d'esthétiques développés, il est logique que le film puise dans sa mythologie pour offrir des décors à la hauteur de son univers.

Avec des décennies de jeu vidéo derrière lui, et donc d'artwork, de recherches, d'esthétiques développés, il est logique que le film puise dans sa mythologie pour offrir des décors à la hauteur de son univers.

N'oubliez pas que vous pouvez toujours cliquer sur les images pour les agrandir. Et quand je dis que l'esthétique humaine est plus cheap ce n'est pas dans le design mais dans le rendu visuel.
N'oubliez pas que vous pouvez toujours cliquer sur les images pour les agrandir. Et quand je dis que l'esthétique humaine est plus cheap ce n'est pas dans le design mais dans le rendu visuel.
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N'oubliez pas que vous pouvez toujours cliquer sur les images pour les agrandir. Et quand je dis que l'esthétique humaine est plus cheap ce n'est pas dans le design mais dans le rendu visuel.
N'oubliez pas que vous pouvez toujours cliquer sur les images pour les agrandir. Et quand je dis que l'esthétique humaine est plus cheap ce n'est pas dans le design mais dans le rendu visuel.

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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Critiques - Film, #Cinéma, #Warcraft

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Publié le 7 Octobre 2014

Je me suis offert un petit plaisir de blogueur en réalisant cette critique dans un esprit vaguement graphique cherchant à reprendre l'imagerie toute noire et blanche et rouge de Sin City ; c'est un jeu, une liberté, un pouvoir dont il serai idiot de se priver vu que je peux le faire. Ok ça m'a prit un peu plus de temps de mise en page et en image que si je l'avais publié à l'ancienne mais je trouve que ça fonctionne, bien, en tout cas un peu, enfin aussi bien sur ce deuxième opus de Sin City ; il y a la forme, on essaie de reprendre le fond, mais c'est définitivement plus fade que l'uppercut que l'on c'est prit la première fois. Mais bon mon budget et mes ambitions étaient moindre que cela de Robert Rodriguez quand je me suis lancé dans cette critique ; logique.

Il a tué pour elle, pas moi ...

Il a tué pour elle, pas moi ...

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Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #Critiques - Film, #Sin City, #Cinéma, #film, #art

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Publié le 11 Septembre 2014

Je suis tombé amoureux, raide dingue d’amour. Vous savez, ce genre de coup de foudre que vous vous prenez dans la gueule sans même vous y attendre, comme une averse en d’août alors que vous êtes en tongs et short de plage ; vous êtes trempés, ridicule, mais vous avez la banane. Cela marche aussi avec un shot de tequila que l’on s’envoie en disant à tout le monde, tu rigoles, je ne crains pas les alcools forts, ça ne va rien me faire ! et deux minutes après t’allonges sur la moquette en essayant de nager la brasse en disant à tout le monde qu’elle est super bonne. Je n’en doute pas, vous voyez tous ce que je veux dire.

C’est quand on s’y attend le moins que l’amour nous bourre la gueule et qu’il nous prend à part dans un coin sombre pour se fourrer profond en nous. Bien sûr, il s’agit d’une métaphore, en tout cas je crois, et dans l’utilisation que j’en fais, il s’agit de dire que je ne m’attendais pas à prendre un tel pied avec Les gardiens de la galaxie. Oui, j’ai couché le premier soir, j’assume et j’en redemande.

Après c’est toujours la même chose, moins on attend d’un film, d’un jeu, d’une personne, un menu de restaurant chinois, ou d’un homme politique et plus on peut être séduit et surpris par la chose en question. Et franchement, des gardiens de la galaxie, je n’attendais rien, à part peut-être deux heures au frais dans une salle climatisée au mois d’août, et même sur ce point le film ne m’a pas déçu d’ailleurs. Donc bon, je suis allé le voir la fleur au fusil et le film en a profité pour me mettre en coup de fusil, ou de pompe, dans une partie sensible de mon anatomie. Et il m’est difficile de conduire une critique de ce film tant il est clair que je manque cruellement d’objectivité à son sujet.

Les gardiens de la galaxie ; idéal de pop culture Les gardiens de la galaxie ; idéal de pop culture
Les gardiens de la galaxie ; idéal de pop culture Les gardiens de la galaxie ; idéal de pop culture

Les gardiens de la galaxie ; idéal de pop culture

Que dire ? Qu’en dire ? Comment dire ?

Le film brille par … non, plus simplement, le film brille.

Brille-brille, comme on pourrait dire bling-bling sauf qu’il n’a rien de bling-bling, disons burlesque pour rester dans l’allitération et je rajoute burnée ; comédie spatiale burlesque et burnée.

Surtout, le film est foutraque, libéré, foisonnant, généreux, badass, bref, débridé ce qui dans une production Marvel est un petit miracle. De plus en plus souvent j’ai la sensation que les productions Marvel sentent le service minimum et le calibrage excessif. À essayer de relier toutes les productions dans une méta trame narrative dont l’ambition est surtout de vendre le prochain film, la prochaine suite, les films finissent par laisser toujours un goût d’inachevé et de frustration. Chaque film prend soin d’introduire son prochain, ou de consolider son prédécesseur ce qui a tendance - à mon goût - à brider la générosité et à restreindre la jubilation en imposant une mécanique narrative trop lourde. Le cas de Captain America : le soldat de l’hiver est assez significatif. En introduisant trop de personnage et de situation ultérieurs le film est mou, lourd, lent à la limite de l’ennui.

Avec Les gardiens de la galaxie, j’ai retrouvé ce que j’aime dans les comics, de la jubilation, de la générosité, de l’action, de l’humour et de la pop culture. Voilà un film libéré du slip, sans nécessairement de grandes ambitions, mais avec un vrai sens du spectacle et de la générosité. Déjà, il ne faut pas passer sous silence le Awesome Mix Vol.01 que Peter Quill, alias Star-Lord, hérite sur K7 de sa mère et des années 1970 ; cet objet traverse le film et l’anime d’un groove unique. Il doute le ton du film, sa chaleur, son rythme. Et c’est bien par son rythme que le film brille. Comme un spectacle de cabaret le film est rythmé au millimètre, dosage parfait entre humour et spectacle. Pour que ce soit drôle, il faut que cela fuse, c’est le cas, les vannes font mouche, les dialogues sont ciselés, répliques, réparties, ça groove, ça balance pas de temps mort, savant dosage avec l’action, aucun temps morts, up-tempo, le film porte le spectacle à bout de bras et chaque personnage fait sa part d’abatage pour que le spectateur rit et kiffe sa maman.

Il faut dire que les personnages sont savoureux comme l’on dirait dans un temps ancien ; Star-Lord une sorte de loser mauvais garçon joyeux de l’espace. Groot l’arbre et son acolyte Rocket le raton laveur cybernétique bavard et belliqueux, Drax le destructeur dont le premier degré est aussi déroutant que ravageur et Gamora tueuse verte et sexy. S’il est sûrement vrai que les rôles féminins, Gamora et Nebula sont un peu en dessous les rôles masculins, animalier et végétaux sont absolument énormes, régalatoires, rigolateurs et ostentatoirement drôles. Et par chance le film ne met pas une plombe à réunir les héros, l’équipe est rapidement réunie et immédiatement elle exhale la baston et le dialogue surréel ; jubilation garantit. Visuellement, le film ébouriffe, il s’octroie le droit d’être à l’excès dans le numérique, saturé d’effets et de couleurs, il épouse à merveille l’idée que je me fais de cette SF spatiale et moderne ; un lieu sans existence réelle, place idéale pour l’avènement d’une fantasmatique futuriste où le numérique a prit le dessus sur le réel. La mise en scène laisse surgir de beaux moments de bravoure créative et parvient même à tirer un parti intéressant de la 3D. De toute façon, quand il s’agit de divertir par le spectaculaire, la 3D foraine et ostentatoire fonctionne toujours.

Dialogue absolument savoureux, à l'image de tout le film, précis, rythmé et drôlatique.

Pour moi, Les gardiens de la galaxie, c’est vraiment un claque, un coup de foudre, une révélation ; je ne me rappelle pas la dernière fois où j’ai passé un si bon moment au cinéma. Je ne me rappelle pas avoir vu un space opéra aussi jubilatoire depuis, depuis je ne sais pas quand, depuis longtemps, depuis toujours, depuis jamais, depuis ma naissance. J’aime son esthétique, son humour, son action, sa dérision, sa générosité et j’aime que la planète Xandar me fasse penser à Mass Effect. J’aime Je s’appelle Groot et le comique de répétition, j’aime les dialogues, le groove de Peter Quill quand il danse, et j’aime l’humour omniprésent. Un film sans retenue.

C’est pour moi, sans conteste mon film numéro un de 2014 et je l’ai tellement aimé qu’il déborde même sur mon film favori de 2013 et de 2012. Qu’importe, on s’en fout, le principal, c’est que je kiff et que ce film, ouvrage irrévérencieux est génial. C’est tout ce qu’il faut retenir et aller ou retourner le voir. Encore et encore jusqu’à saturation.

Merci, je vous aime.

Avec son costume à la Rocketeer, son groove, son irrévérence et son style old school, Peter Quill et Les gardiens de la galaxie sonnent comme de la bonne SF des années anciennes.
Avec son costume à la Rocketeer, son groove, son irrévérence et son style old school, Peter Quill et Les gardiens de la galaxie sonnent comme de la bonne SF des années anciennes.
Avec son costume à la Rocketeer, son groove, son irrévérence et son style old school, Peter Quill et Les gardiens de la galaxie sonnent comme de la bonne SF des années anciennes.

Avec son costume à la Rocketeer, son groove, son irrévérence et son style old school, Peter Quill et Les gardiens de la galaxie sonnent comme de la bonne SF des années anciennes.

Awesome Mix vol.1

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Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #Critiques - jeux vidéo, #Marvel, #Cinéma, #Amour, #SF, #Les gardiens de la galaxie

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Publié le 18 Avril 2014

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Je me demandais, Captain America : le soldat de l'hiver on en parle ?

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Oui, je demande si c'est utile parce que c'est un film que l'on oublie. Pas tant parce que c'est un mauvais film, juste parce que c'est un film qui peine à inscrire une trace mémorielle au spectateur. J'ai l'impression qu'il y a longtemps que Marvel ne nous a pas pondu un film si calibré ; ça a toujours été le cas bien sûr mais les réalisateurs arrivent parfois à glisser un touche plus personnelle qui rend les films intéressants. D'ailleurs le Captain America premier du nom est un bon exemple de cela, d'un film de super héros qui parvient à prendre quelques aises et déployer dans les interstices de la calibration quelques élans intéressant avec son ambiance rétro burlesque. Avec sa suite, Captain America : le soldat de l'hiver on tient une caricature de blockbuster avec plus de block que de buster. Si j'avais une chose à faire ressortir de ce film c'est la prestation de Chris Evans en Candide à gros bras. Il faut dire que je me faisais de Captain America le personnage une tout autre vision que celle défendue par l'acteur. Je connais peu et mal le capitaine de l’Amérique en dehors des films. Pour moi c'était un bon gros patrioteva-t-en-guerre, prétentieux et porté sur la baston - parce que je l'ai surtout connu via les jeux de combat avec de vrais morceaux de super héros à l'intérieur -, bref je m'en faisais l'idée d'une sorte de George Buch avec des muscles et des collants. Au lieu de cela les films développent un Captain America plutôt candide, naïf, introverti, un vrai gentil au grand cœur qui connaît le doute et l'hésitation. Et je dois reconnaître que cette distance prise d'avec la caricature que j'en avais me plais bien. Mais sorti de cela, ce Captain America : le soldat de l'hiver me laisse perplexe. Je trouve les personnages plats, les scènes d'action poussive, le dialogues pauvres, l'humour asthmatique. Il y a dans tout le film comme un manque d'entrain, d'intérêt, d'engouement, de plaisir, qui donne la sensation que tout le monde, des réalisateurs aux acteurs en passant par les scénaristes ont travaillé proprement mais sans passion, sans envie. Et du coup, les quelques plans spectaculaires retombent assez vite dans l'anonymat de ce film. Ni mauvais, ni bon, juste du travail trop industriel, trop calibré, trop dicté par le marketing.

Je me disais avant d'aller le voir que cela allait être bien de pouvoir au moins matter Scarlett Johansson et son fameux décolleté so gorgeous, mais ce n'est même pas le cas, vu que la plupart du temps, elle est cantonnée à des costumes sans Eros apparent.

Je me disais avant d'aller le voir que cela allait être bien de pouvoir au moins matter Scarlett Johansson et son fameux décolleté so gorgeous, mais ce n'est même pas le cas, vu que la plupart du temps, elle est cantonnée à des costumes sans Eros apparent.

Je ne vais surtout pas vous parler du tarif exorbitant de ce film justifié par une 3D absolument sous-exploitée, invisible et inutile. Je l'ai vu après avoir vu 300 la naissance d'un empire, et franchement je préfère dix fois payer le prix pour voir un navet de série B qui assume sa 3D de façon un peu burlesque et foraine que de payer le prix fort pour un film comme

Captain America : le soldat de l'hiver dont la 3D est diluée dans le cahier des charges. Pour clôturer cette critique qui n'en est pas exactement une je voudrais terminer sur une comparaison, un match, mettre dos à dos ce film et un autre objet culturel afin de souligner les qualités de chacun.

 

Je voici donc Captain America : le soldat de l'hiver Vs une bouteille d'eau !

Pour les besoins de la cause j'ai choisi une bouteille de Quézac parce qu'à l'évidence son profil et sa couleur se rapproche le plus de Captain America.

Dans les deux cas, nous sommes en présence d'un produit très bien calibré, testé en laboratoire, soumis à mille et un contrôles de qualité avant d'être mis sur le marché. La forme ergonomique de la bouteille et la forme cinématographique de Captain America sont toutes les deux les fruits d'intense brainstorming des hommes et des femmes du marketing et de la communication qui se sont réunies pour donner naissance à un joli contenant de couleur bleue se revendiquant d'une histoire et d'un terroir plein de bonnes intentions. Jusque-là les deux objets culturels sont au coude à coude. Captain America est là pour sauver le monde, il lutte contre les méchants agresseurs et défend les opprimés, la bouteille de Quézac peut vous servir, elle aussi en cas d'agression, à condition qu'elle soit pleine, elle ferait un excellent projectile - comme le bouclier du capitaine - et si vous la preniez par le manche, elle ferait une arme contondante improvisée du plus bel effet. Par contre, si vous tenez le capitaine par le manche l'effet risque d'être différent ... Dans le cas de la bouteille de Quézac comme dans celui du Captain America, nous avons à faire à deux beaux objets pleins d'eau. Dans un des deux cas cela confère une qualité à l'objet en question, dans l'autre cas, nous trouverons là matière à déception. Bien sûr, la bouteille de Quézac est plus facile à transporter que le Captain America, d'autant plus que l'on ne trouve pas de super-héros par pack de six au supermarché. L'eau de Quézac est mise en bouteille après avoir longtemps séjourné sous Terre ; vous remarquerez qu'il en va de même avec le Captain America qui est resté longtemps sous Terre, pris sous la glace, avant de rejaillir à la surface et d'apporter ses bienfaits aux gens. La bouteille de Quézac dès qu'elle est vide peut être facilement recyclée, le Captain America aussi.

 

Pour conclure, je crois que nous pouvons déclarer un match nul entre Captain America : le soldat de l'hiver et la bouteille d'eau. Les deux objets partagent les mêmes intentions, les mêmes formes, les mêmes principes et ne divergent finalement que sur l'origine du terroir et sur la somme engagée par le marketing.

 

Quézac Vs Captain America !
Quézac Vs Captain America !

Quézac Vs Captain America !

Les plus instruits d'entre vous et les plus vieux aussi auront peut-être saisi le clin d’œil présent dans cette critique. Un clin d’œil a un test paru dans Joypad quand j'étais adolescent. La plupart du temps, les jeux étaient comparés à d'autres jeux dans un face à face cohérent, mais il était parfois possible de voir passer des comparaisons absurdes ou idiotes dont le fameux, le très fameux, le mythique, le mythologique Q Bert contre le flan aux pruneaux. Cette critique est donc un hommage à la critique de l'époque, à cette blague potache qui m'a suffisamment marqué pour me donner envie d'écrire un jour mes propres critiques de jeux vidéo.

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Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #Critiques - Film, #Captain America, #Marvel, #Cinéma, #critique, #Souvenir de joueur

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Publié le 24 Mars 2014

S’il y a un film à aller voir ; actuellement ; au cinéma ; et sûrement dans un lieu d’art et d’essai ; c’est Her, le film Her avec Joaquin Phoenix et la voix de Scarlett Johansson même si on ne peut pas voir les seins de l’actrice dans sa voix ; quoi qu’avec sa voix chaude, voix de gorge c’est peut-être le cas. C’est un excellent film, un très beau film et un film magnifique ; esthétiquement et en matière de réalisation aussi.

Que dire pour vous dire à quel point ce film est bon mais surtout à quel point ce film devrait vous plaire et vous parler parce que moi je l’ai aimé parce qu’il m’a parlé très fort, beaucoup. De prime abord Her est un film inclassable, et même quand on rentre dedans le film reste hybride ou transgenre pour détourner à sa juste valeur une expression très maltraitée par les médias. Her, c’est un film de science-fiction, mais de la science-fiction douce, soft science pour l’opposé à la hard science. Disons que c’est une uchronie lumineuse, douce amère doublée d’un film d’anticipation à très court terme de notre monde. Ce film raconte l’histoire d’un homme, Théodore Twombly, qui va tomber amoureux de son système d’exploitation, un OS intelligent qui évolue et s’adapte à son utilisateur. C’est donc de la science-fiction, mais Her est aussi et même surtout un film d’amour, un film sur l’amour, une réflexion sur l’amour, la nature humaine, la nature émotionnelle de l’amour et des sentiments. Un homme qui vit une relation sentimentale avec un système d’exploitation, c’est drôle, cela conduit à des situations comiques et le film est aussi drôle ; une comédie romantique devrais-je dire si je n’avais pas en horreur les comédies romantiques. Et puis, bien sûr, le film est traversé par une réflexion sur la virtualité, la technologie, le faux ; le fake, la retranscription des émotions au travers de la technologie de réseau et c’est pour cela, pour toutes ces raisons que vous devriez aimer Her et donc aller le voir.

La beauté de ce film tient autant à la luminosité de ses images qu'au charisme de Joaquin Phoenix qu'à la beauté de la narration

La beauté de ce film tient autant à la luminosité de ses images qu'au charisme de Joaquin Phoenix qu'à la beauté de la narration

Le film est beau, très beau, parce que le film est fidèle et sérieux comme devrait l’être un homme amoureux. Il repose sur une idée un peu folle, un peu bancale, un peu tordue, et effectivement ça l’est bancal, tordu et un peu fou de tomber amoureux de son système d’exploitation même s’il s’appelle Samantha et doublé par Scarlett Johansson. Mais le film tient sa bizarrerie initiale, il la respect et la traite avec sérieux tout du long ; bien sûr, parfois les scènes sont drôles mais jamais moqueuses et cela tient beaucoup à Joaquin Phoenix cet acteur solaire, extraordinaire, avec son aura de clown mélancolique qui irradie dans chaque plan. Il fallait bien cela pour rendre crédible, touchant et juste la relation amoureuse entre un homme et un système d’exploitation. Théodore Twombly est un personnage foncièrement gentil, humain, sincère, sans hypocrisie, désenchanté par une rupture douloureuse, amateur de jeux vidéo et de pornographie virtuelle et il est attachant, on s’attache à lui, on se reconnaît ; celui qui notre génération qui n’a jamais eu de relation virtuelle me lance le premier Poke. Et si un jour tu as eu un coup de cœur pour une personne que tu n’as jamais vu, si un jour tu as flirté sur les réseaux ; msn, sms, skype, téléphone, si un jour comme moi tu as dis je t’aime à une fille que tu n’avais jamais rencontré et que tu ne rencontra jamais alors tu ne peux pas ne pas éprouver de l’empathie pour Théodore Twombly. Et Joaquin Phoenix lui donne le corps et la justesse nécessaire pour que cette histoire soit belle ; réelle ; réaliste.

À sa manière le personnage de Théodore Twombly me rappelle le personnage de Vincent dans le jeu Catherine ; ce sont deux pierrots lunaires foncièrement bons qui sont happés par des relations sentimentales qui les dépassent et qui les emportent dans des lieux de leur personnalité qu’ils ne connaissaient pas. Et l’empathie fonctionne à l’identique - or dieu et mes lecteurs savent à quel point j’ai aimé Catherine justement pour la proximité du personnage de Vincent - et là justement c’est pareil. Dans Her les utilisateurs parlent à leur OS, leurs tablettes, leurs ordinateurs - ce qui facilite la mise en scène - et moi, pendant très longtemps, j’ai éprouvé et je crois que j’éprouve toujours une gêne par rapport à cela, le rapport oral à la technologie. Bien sûr je trouve amusant de parler à ma tablette pour lui demander de chercher une information, ou pour écrire un SMS mais si je trouve cela amusant c’est justement pour dissimuler que ça me met mal à l’aise.

Her c’est aussi et sûrement avant tout ; une exploration parabolique sur le langage, le sens des sentiments à travers le langage. Et donc aussi et sûrement surtout ; une parabole sur la vacuité du sentiment rendu caduc par sa reproductibilité. Samantha est une machine, enfin même pas une machine mais un logiciel et Samantha est capable d’apprendre ; singer ; reproduire ; se convaincre du sentiment amoureux parce qu’elle est une interface ; elle produit de l’amour à partir de rien ; elle produit du fake et cela fonctionne. En contre point de cette singerie amoureuse de synthèse il y a le rôle très intéressant de Théodore dont le métier et de rédiger de belles lettres manuscrites pour un site internet qui propose de rédiger à la place des gens de belles lettres manuscrites, lettres d’amours, de remerciement, de deuils, toutes sortes de correspondance. Et Théodore excelle dans son travail ; son travail ne consiste pas à rédiger la lettre manuellement mais à dicter à la machine les plus beaux mots possibles pour donner naissance à de superbes correspondances. Et c’est le cas, Théodore rédige des correspondances magnifiques et touchantes que l’on rêverait tous de recevoir ; mais comme Samantha son OS, Théodore produit du faux, sur la base de peu de choses il saisi et resitue l’esprit et l’essence des personnes. Là aussi il est question de dire que l’émotion se singe, se simule, ou alors, si l’émotion est sincère il est question de dire que l’émotion n’a pas besoin d’être originelle, d’être naît dans le corps de celui qui va la porter pour exister. Et, finalement il est naturel que Théodore et Samantha qui font la même chose tombent amoureux l’un de l’autre.

Je vous présente Samantha, l'amour de Théodore Twombly et personnage féminin principe de Her

Je vous présente Samantha, l'amour de Théodore Twombly et personnage féminin principe de Her

Mais je ne peux pas laisser penser que Her n’est que cette bluette que je semble décrire ; ce ne sont que les grandes lignes des principes actifs du film ; il y a d’autres choses, mais je ne voudrais pas déflorer le plaisir du film en en disant trop. C’est un film de science-fiction ne perdons pas cela de vu et il est question de voir comment une intelligence artificielle au contact de l’homme peu évoluer et vers quoi elle va évoluer. Il est question aussi d’un film d’amoureux et Her film merveilleusement bien les tournants torturés de cette relation si improbable mais tellement banale avec ses disputes, sa sexualité, sa sociabilité, sa normalité. Et le film suspendu à un fil invisible avance en équilibre précaire entre la normalité et l’anormalité créant une tension presque malsaine, invisible mais qui sous-tend le film.

On ne peut pas ne pas penser à HAL dans 2001 l’odyssée de l’espace et nécessairement cela fait grandir une tension ; Samantha et HAL peuvent-il avoir symboliquement un lien de parenté idéologique ? Le film va-t-il basculer dans un dénouement tragique ? Et puis on pense aussi nécessairement à Ghost in the Shell qui approche l’intelligence artificielle par le biais opposé et on se demande alors si le film va basculer dans un dénouement heureux. Et plus le film avance et plus on cherche en tant qu’homme, qu’humain et spectateur quel pourra être la porte de sortie de ce film et de cette relation amoureuse homme / machine. Est-ce avant tout un film de science-fiction et la solution de cette relation sera métaphysique ? Est-ce avant tout un film d’amour et la solution de cette relation sera émotive ? Est-ce avant tout un film hybride et la solution de cette relation sera étonnante ?

Il faut voir ; aller voir ; Her pour savoir. Et aussi parce que c’est un des plus beaux films de l’année à mon avis et sûrement un des meilleurs. Je pourrais continuer de vous en parler, parler de la mise en scène qui offre à ce film un cadre évanescent, une ville sans identité même si on finit par savoir que c’est Los Angeles, une ville graphique, une ville solaire. Il y a des scènes à la beauté simple, la scène où Théodore sort avec Samantha à la fête foraine ; scène qui vous saisit d’une émotion frappante par la beauté intense qui se dégage ou la scène de la plage qui brille de cette mélancolie amoureuse propre aux émotions sincères dont on sait qu’elles ne peuvent être qu’éphémères. Je voudrais tant vous parler encore de ce film vous parler du Petit Prince ou Des fleurs pour Algernon qui traversent Her et trouvent des échos avec lui. Mais vous devez aller voir ce film avant pour ne pas louper une perle et pour soutenir le bon cinéma.

On ne peut être qu'ému devant la présence d’un tel acteur ; personnage

On ne peut être qu'ému devant la présence d’un tel acteur ; personnage

En plus pour les geek qui lisent ce blog le film intègre quatre scène où le jeu vidéo en tant que jeu vidéo, c'est-à-dire en tant que divertissement, est traité de façon intéressante je trouve ; simple et symptomatique et très drôle aussi, critique mais respectueux et moi j’aime quand le jeu vidéo fait intrusion dans de grandes œuvres avec de la justesse sur ce qu’il est.

Dépêchez-vous, je doute que le film reste en salle longtemps

Dépêchez-vous, je doute que le film reste en salle longtemps

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Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #Critiques - Film, #Cinéma, #critique, #Her, #5-5

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Publié le 10 Avril 2013

Plus on joue aux jeux vidéo, plus les jeux vidéo nous parlent et plus ils se parlent entre eux, s’interpellent, se provoquent, s’observent, se citent, se plagient, jouent à celui qui a la plus grosse, se répondent, etc. Plus on joue aux jeux vidéo et plus notre culture vidéoludique grandie, grossie, se densifie, s’enrichit, se ramifie donnant à nos expériences de jeu un regard plus critique. Et il n’est pas rare que de jouer à un jeu convoque en nous le souvenir d’un autre et souvent l’envie d’y rejouer. En tout cas dans un monde qui ne serait pas trop imparfait les choses devraient fonctionner sur ce modèle.

Et je trouve la chose d’autant plus vraie que l’on joue à un jeu médiocre, ou simplement moyen, c'est-à-dire un jeu qui n’a pas le panache nécessaire pour nous emporter totalement ce qui nous laisse pendant que l’on joue assez de cerveau disponible pour penser, se souvenir et se faire des discussions / articles imaginaire. C’est ce que j’ai fait en jouant à Sleeping Dogs, un jeu pavé de bonnes intentions, mais à qui le manque la moelle pour faire basculer le joueur dans un trip urbain mafieux digne de ce nom. Je vous ai déjà parlé des courses-poursuites et de l’aspect beat’em all vieille école qui sont les deux mamelles du jeu. Mais j’ai éludé l’aspect arme à feu et TPS du titre. C’était surtout parce que les phases de shoot sont assez rares et peut-être aussi parce qu’elles sont assez quelconque. « Quelconque » n’est peut-être le bon terme, disons que les scènes de Gunfights sont calibrées sur un mode que l’on connaît bien ; couverture, visé facile, munition en nombre généreux et quand on sort de sa couverture, on a droit à un effet de ralenti façon « bullet time », permettant de mieux dégommer ses adversaires. C’est donc assez logiquement qu’après un ou deux passages de shoot de ce type, on pense à Max Payne 3. Je me suis même surpris entrain d’avoir envie de rejouer à Max Payne 3 que j’avais abandonné parce que le jeu peinais à me convaincre. Il faut dire que là où Max Payne 3 est dans l’outrance de l’action - et l’action à outrance - Sleeping Dogs est avare de Gunfights pourtant très jubilatoire et juteux. En même temps la parcimonie avec laquelle il distille les échanges de balles opère peut-être à rendre la chose plaisante là où Max Payne 3 m’a conduit à l’overdose - ce qui en même temps est plutôt raccord avec l’esprit du jeu -.

C’est à partir de cette envie d’aller tuer du malfaiteur ailleurs que j’ai commencé à me poser des questions sur la discussion que pouvaient entretenir Sleeping Dogs et Max Payne 3. Oui, sur le gameplay des phases de Gunfights les deux jeux se répondent, les deux jeux sont sortis à quelques semaines / mois d’intervalle, trop peu pour supposer un plagiat même si le développent chaotiques de Sleepings Dogs le rendu sûrement antérieur à Max Payne. Mais est-ce que cela s’arrête là ? Évidemment si cela avait été le cas de ma réflexion, je ne pense pas que j’aurai eu envie d’en faire un article. Quand j’ai joué à Max Payne 3 j’avais été interpellé par le fait que son gameplay semblait entièrement claqué sur celui de John Woo's Stranglehold. Bien sûr, on va me dire que John Woo's Stranglehold s’inspire, lui aussi, directement de Max Payne 2, c’est possible, même probable, mais ça n’élude pas la question de la légitimité de la référence. ? N’oublions pas que Sleeping Dogs se passe à Hong Kong et qu’un des maîtres du cinéma de Hong Kong était John Woo avant qu’il s’exile aux États-Unis. Et l’une des marques de fabrique de ce réalisateur, en plus de l’envol de colombes, ce sont les scènes de Gunfights avec ralentis et acrobaties. Les chroniqueurs jeux vidéo ont presque toujours parlé de l’effet de ralenti de Max Payne comme d’un effet Bullet Time ancrant le jeu de façon assez incongrue du côté de Matrix - même si les ex-frères Wachowski n’ont jamais caché leurs inspirations du cinéma asiatique dans la trilogie Matrix, ce qui ramène d’une certaines façon le bullet time aux maîtres de Hong Kong … - alors que c’est du côté de Woo qu’il aurai fallu chercher la référence

Sleeping Dogs, Max Payne 3 et John Woo's Stranglehold utilisent tous les trois l'effet de ralentit pour mettre en scène leur gunfights. Lequel tombera dans les oubliettes du jeu vidéo ?Sleeping Dogs, Max Payne 3 et John Woo's Stranglehold utilisent tous les trois l'effet de ralentit pour mettre en scène leur gunfights. Lequel tombera dans les oubliettes du jeu vidéo ?Sleeping Dogs, Max Payne 3 et John Woo's Stranglehold utilisent tous les trois l'effet de ralentit pour mettre en scène leur gunfights. Lequel tombera dans les oubliettes du jeu vidéo ?

Sleeping Dogs, Max Payne 3 et John Woo's Stranglehold utilisent tous les trois l'effet de ralentit pour mettre en scène leur gunfights. Lequel tombera dans les oubliettes du jeu vidéo ?

En plus Sleeping Dogs a la judicieuse idée de ne déclencher le ralenti qu’au moment où l’on sort d’une couverture d’une façon dynamique comme en glissant par-dessus une table, en brisant une fenêtre, etc. ce qui implique nécessairement un mouvement et donc une mise en scène de l’action. Avec ce système, on sera quasiment toujours en action vers la cible, ce qui conduit à un mouvement de caméra et donc donne un sens à la mise en scène ; l’effet et la mise en scène travaillent l’un pour l’autre dans une sorte de cohérence. A contrario dans Max Payne, on peut déclencher l’effet n’importe quand, dans n’importe quelle direction - voir sans direction - ce qui a comme conséquence une impression brouillonne de non mise en scène / de foutoir / de chaos. On peut tout à fait défendre que le choix du chaos est un choix de mise en scène, je le respecte, mais à mon sens, c’est une forme de trahison à l’esprit de John Woo - à condition que l’effet de ralenti de Max Payne s’y réfère, ce qui semble être le cas - qui est un réalisateur au contraire de la maîtrise et de la précision.

Sleeping Dogs se lance donc dans une discussion à trois avec Max Payne et John Woo's Stranglehold autour de la question de l’hommage / l’inspiration / la dette qu’ils ont vis-à-vis des films de John Woo qui a posé les jalons du film d’action contemporain sur les triades et de façon plus générale et plus totale encore qui a posé les fondements modernes de la représentation de la scène de gunfights. Et dans cette discussion indécise parce qu’à mon sens chaque jeu est une réponse différente et imparfaite à cette citation, je n’ai pas pu m’empêcher de convoquer Kane et Lynch 2 Dog Days. Je trouve le regard de ce jeu intéressant parce qu’il incarne « la réponse opposée» proposée à John Woo comme figure tutélaire du gunfights. Kane & Lynch est un jeu de l’imprécision balistique et d’une mise en scène de la pesanteur des corps. Si vous êtes des lecteurs habitués des lieux, vous le savez peut-être, j’aime énormément ce jeu, je lui trouve bien des succès dans son audace de réalisation / mise en scène que d’autres prennent ces éléments pour des défauts ou des manquement à la réalisation - comme la « fameuse » imprécision des tirs -. Je lui trouve par exemple une dimension de la déchéance physique du héros plus organique et plus intéressante que la descente dorée aux enfers de cet alcoolique mélancolique Max Payne. Mais surtout Kane & Lynch 2 donne aux joueurs une expérience viscérale de la ville asiatique. C’est difficile à retranscrire par des mots, mais le level design construit autour de cette architecture tortueuse, interpénétrée, sombre et crasse m’a donné une expérience proche de ce que je fantasmais de la mégapole asiatique. Si Sleeping Dogs avait pu s’inspirer de cela le jeu serait passé de GTA like banal et fade au rang de jeu culte à l’ambiance prégnante et totale.

Bien entendu Sleeping Dogs parle avec d’autres jeux sur d’autres registres, mais je ne suis pas là pour faire la liste exhaustive de ces interactions ; je pourrais bien sûr convoquer Assassin’s Creed pour traiter des combats, je pourrais convoquer Die Hard trilogy sur Playstation qui contient tout ce qui fait Sleeping Dogs avec son mélange de course et shoot à la troisième personne, mais on pourrait aussi s’attarder sur les discussions que Sleeping Dogs entretient avec le cinéma ; les films de gangsters chinois sont légions, le genre et ultra codifié mais on pourrait aussi aller chercher ailleurs comme dans un monument tel que Scarface. La scène du mariage qui dégénère en fusillade à laquelle Wei en costume blanc échappera et finira avec le haut de son costume maculé / imprégné / imbibé de sang rappellera certainement des choses à ceux qui ont vu et revu Scarface j’imagine.

la scène du mariage de Sleeping Dogs reprend le costume blanc de Tony Montana mais surtout elle ressemble beaucoup de par ses décors et son architecture à la scène finale du film

la scène du mariage de Sleeping Dogs reprend le costume blanc de Tony Montana mais surtout elle ressemble beaucoup de par ses décors et son architecture à la scène finale du film

  Bref, tout cela pour dire quoi ? Que j’ai terminé Sleeping Dogs, que le jeu est suffisamment bon pour avoir envie d’aller au bout et que le jeu est suffisamment mauvais pour que l’on y joue en pensant à d’autres jeux. Et pour dire que ce jeu m’a conduit à revisiter mon passé vidéoludique, créer des ponts / liens / passerelles et qu’à la lumière de ces connexions-là un jeu peut nous apparaître meilleur ou plus mauvais. C’est le lot de tous les jeux et de tous les joueurs ; nous jouons avec chacun un background différent et la nature même de ce background nous permettra de plus ou moins apprécier certains jeux. Et vu que nous étoffons notre background à chaque fois que l’on joue à un nouveau titre, il est naturel que nos perceptions des jeux précédents évoluent - ou se confirme -. Cela m’amène à croire que le culte des jeux cultes opère d’une sorte de volonté inconsciente d’uniformiser nos perceptions des jeux afin de pouvoir mieux les partager. Enfin ce n’est qu’une idée qu’il me faudra fouiller avec vous. Sleeping Dogs m’a donc permis de rehausser mon jugement sur Max Payne 3, sans pour autant faire de lui un de mes grands jeux et il m’a permis de confirmer mon adoration pour Kane & Lynch 2 Dog Days, en tout cas jusqu’à ma prochaine expérience sur un jeu de tir.

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