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Publié le 23 Octobre 2014

Dans la suite directe de mon dernier article qui autour du cas Fifa brodait sur la perpétuation du même, je m’en vais vous partager un commentaire que j'ai écris suite à un article Le jeu vidéo est-il trop linéaire ? de SeulementJules  dont je viens juste de découvrir le blog. Il pose une question que se posent tous les joueurs de jeux vidéo depuis que le jeu vidéo est le jeu vidéo : la question de l’originalité des productions - ou sa linéarité pour reprendre le terme de Jules -.

Si pour les jeux comme Fifa - et toutes les productions sérielles - la question de l’originalité ne se posent même plus, elle reste opérante sur les autres jeux vidéo, ceux qui ne sont pas censés être les mêmes d’une année à l’autre, d’un titre à l’autre. J’en reviens donc à mon commentaire déposé sur Stickanalogeek.

Sujet intéressant et je ne dis pas cela parce qu'il fait écho d'une certaine manière à mon dernier article sur Fifa et le fait qu’il répète le même jeu année après année après année. C'est vrai que la créativité semble parfois en berne et moi-même je le remarque et m'en plains. Mais en même temps je me demande si cette frilosité des éditeurs à proposer des nouvelles licences n'est pas un phénomène vieux comme le jeu vidéo. Combien de Megaman identiques sur NES ? Combien de clones sur Out Run ou de versions améliorées ? Je pense que si l'on fait un peu l'archéologie du jeu vidéo, on se rendra compte que c'est toujours comme cela, on reproduit ce qui fonctionne. Et ce n'est d'ailleurs pas qu'un problème dans le monde du jeu vidéo. Dans le fond, et sur les bords, toutes les productions artistiques et créatives sont soumises au même "problème" ; il y a d'un côté les avant-gardes qui inventent de nouvelles formes, de nouveaux concepts, de nouvelles approches, mais en dessous de ces avant-gardes il y des cohortes de suiveurs, d’opportunistes ou simplement de personne sans talent qui reproduisent, répandent et rendent accessibles les concepts mis à jour par l’élite, une communauté réduite, des avant-gardes. Cette mécanique est assez saine, réaliste si je puis dire et fonctionnelle ; petit à petit l'idée neuve se répand du haut (si on place les avant-gardes en haut d'une pyramide) vers le bas, c’est-à-dire vers le peuple, les consommateurs, les gens (c’est-à-dire nous que l'on placerait à la base de la pyramide) en touchant de plus en plus de monde. En haut il y a l’idée neuve, originale, et en dessous il y a le mainstream, l’idée commerciale. Et cela est vrai pour tous les milieux.

Dans la peinture combien de suiveurs et de peintres ne faisant que copier ce qui se faisait à l'époque ?

Dans la musique combien de suiveurs et de musiciens qui ne faisaient que reproduire ce que l'air du temps avait de mieux ?

Dans la littérature combien de suiveurs et de romans plagiant ou s'inspirant des romans phares de leur période ?

Le jeu vidéo n'échappe pas à cela.

Et j’irai même plus loin, le jeu vidéo échappe encore moins à cela parce qu'il y a de gros enjeux économiques derrière chaque production. Que l'on soit une grosse structure qui investit de gros moyens ou une petite structure avec très peu de moyens, créer un jeu n'est pas un geste altruiste dans les deux cas, le producteur a besoin d'un retour sur investissement et le plus simple dans ce cas-là c'est de vendre quelque chose qui s'achète déjà. Et donc reproduire ce qui se fait déjà ; tant que le public sera là pour acheter alors les producteurs seront là pour reproduire ; une version quelque peu déviante de l’exercice de l’offre et de la demande. C'est triste, mais c'est une réalité, les studios, les développeurs, les producteurs ont besoin d'argent et ce lien économique est autant une composante inhérente au jeu vidéo qu'une entrave à la liberté et à la créativité du jeu vidéo. Le monde indépendant n’échappe pas à cette logique plus que le monde institutionnel, peut-être que les enjeux sont légèrement différents, que l’on cherche à surfer sur une vague de jeux qui fonctionnent pour se faire voir et jouer plus facilement. Mais parfois la reproduction d’un jeu ou d’un style relève de l’hommage plus que du plagiat ou du manque d’imagination.

Le cas Flappy Bird est un parfait exemple de cela. La trajectoire météorique de cette application dans l’univers geek a eu vite fait de la transformer en mème internet et pour rendre hommage à la disparition du titre devenu culte a été lancé la Flappy jam invitant chacun à créer son Flappy Bird ; c’est ainsi que sont apparus des dizaine de remake de ce jeu devenu culte trop rapidement.

Je pense qu'il faut savoir chercher où se crée et où se joue l'avant-garde du jeu vidéo tout en gardant à l'esprit que la nouveauté d'un jour sera le mainstream de demain. Il faut accepter le principe que la majeure partie de la production de jeu vidéo reproduit ce qui fonctionne et qu’une toute petite partie des jeux qui naissent peuvent revendiquer une véritable nouveauté. C’est comme cela que le jeu vidéo franchi des gaps et en même temps prospère tranquillement ; audace, originalité, inventivité puis reproduction du même jusqu’une nouvelle audace face entrer une nouvelle donnée dans le cycle.

À l'origine était le même (altérité ta mère & jeu vidéo)

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Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #Direct to commentaire, #jeux vidéo, #jeu indé, #Réflexions d'un joueur

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Publié le 16 Octobre 2014

La vérité - partisane et arbitraire - c’est que dans ce monde X point zéro de la blogosphère dite de geek, on blog soit pour l’argent, les jeux, les cadeaux, les invitations, parfois tous cela en même temps, soit l’on blogue pour être visité, lu, commenté et faire briller son ego. Les blogueurs qui prétendent bloguer juste pour le plaisir sont des menteurs. L’idée que l’on puisse de manière gratuite, désintéressée, altruiste, sans ambition, sans intention et sans espoir de reconnaissance ne tient pas. Il est idiot et malhonnête de prétendre bloguer pour rien ; à partir du moment où l’on se lance dans l’aventure d’un blog  et que l’on s’investit dans ce que l’on écrit, je trouve légitime d’espérer des retours, c'est-à-dire être lu et visité et glosé pour la qualité de sa prose si on n’est pas arrosé de bénéfices financiers ou matériels. Et ce que je dis pour les blogs, je le pense aussi pour les chaînes Youtube. La réalité est implacable, on blogue pour être lu, apprécié et pour avoir des commentaires. C’est la règle du game et vouloir s’y soustraire est illusoire. D’ailleurs je ne critique ni les premiers - les quêteurs d’un retour matériel - ni les seconds - les quêteurs de commentaires et de réputations -.

Mon blog reçoit entre 70 et 100 visiteurs par jour. À ce nombre relatif, il faut retirer les robots spameurs pour obtenir un chiffre représentatif du nombre de visiteurs. Ensuite, le calcul est simple : sachant que mon blog n’affiche pas de publicité, il faut multiplier ce chiffre par zéro pour obtenir ce que me rapporte ce blog journalièrement ce blog - mais ce n'est qu'une moyenne -. On fait donc ce chiffre multiplié par zéro multiplié par sept jours de la semaine multiplié par cinquante deux semaines dans l’année et on obtient ce que me rapporte annuellement mon blog. Il est à noter que, lorsqu'il y a de la publicité affichée sur mon blog, les quelques centimes que doivent générer les affichages reviennent entièrement dans la poche d'Overblog. Là où le sort est ironique et le sens du commerce d’Overblog développé, c’est qu’Overblog me demande de payer pour ne pas afficher de pub sur mon blog - pas folle la guêpe -.

Je comprends les gens qui se lancent dans l’espoir d’un retour matériel, le jeu vidéo est un loisir de consommateur, c’est donc un hobby qui coûte cher et si on peut gratter au système quelques jeux pour sa consommation personnelle, c’est naturel. Mais même eux, les blogueurs qui sont entrés dans le système un jeu / un article, régulièrement, préfèrent organiser des concours pour dealer leurs cadeaux contre des commentaires ; preuve encore s’il en fallait, que le commentaire c’est le nerf de la guerre. Les statistiques de son blog c’est l’egotrip de tous les blogueurs. Et tout cela pour dire que c'est que j'aime les commentaires, c'est ma monnaie de singe à moi. Je suis payé par vos commentaires, vos critiques, vos retours, les partages, les contradictions, les débats, les échanges que ce blog me permet d’avoir. Je suis parfois à deux doigts d’imprimer vos commentaires sur des petits billets et m’en servir comme monnaie pour payer mon pain ou mes putes. Non, mais sans déconner, je trouve que c’est beau projet, une performance artistique, un happening et une critique du milieu geek tout en restant une critique de la société de consommation et une déclaration d’amour au blogging. Imprimer ma monnaie de singe, où sur chaque billet serait imprimé un commentaire et en filigrane d’avatar du blogueur me l’ayant laissé. Sérieusement je songe à mener ce projet à bien un jour … ne vous inquiétez pas, je suis très sobrement un peu fou.

Cerveau en mode connexion de commentaire, addiction aux réseaux et aux vaguelettes que peuvent provoquer nos mots. Et puis il n’y a jamais de bons articles sans une illustration vaine - principe de merde qui m’appartient -

Cerveau en mode connexion de commentaire, addiction aux réseaux et aux vaguelettes que peuvent provoquer nos mots. Et puis il n’y a jamais de bons articles sans une illustration vaine - principe de merde qui m’appartient -

Comme à l'ancienne, un article Direct to commentaire inspiré d'un commentaire laissé chez Evolimus ainsi que d'un réponse à un commentaire laissé par le même Evolimus à un article à moi. Enfin, comme souvent avec les articles Direct to commentaire, c'est une version new game ++ avec réécriture et développement inspiré du commentaire initial.

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Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #Direct to commentaire, #la vie du blog, #commentaire

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Publié le 15 Mai 2014

Baudalex vient d’écrire un article sur la manière dont les jeux vidéo véhiculent aussi de la culture ; Le jeu vidéo la source universelle de la culture ?

J’ajoute aussi ; parce que son article répond indirectement aux critiques et aux dénigrements de ceux qui disent et pensent le jeu vidéo comme une chose purement négative, mercantile, véhicule de violence et d’individualisme. Depuis que j’ai lu cet article, cette idée me travaille, pour ainsi dire elle me hante ; comment quantifier, identifier et jauger les apports des jeux vidéo dans nos vies ? À l’échelle individuelle, donc au niveau de nos expériences personnelles c’est assez facile, si on s’y penche, on réalisera tous - tous les joueurs en tout cas - qu’un ou plusieurs jeux nous ont appris des choses.

Mais quoi ? C’est à chacun de le dire.

Tu réalises que tout est parti de là pour la construction de la culture vidéoludique ? Une grosse borne d'arcade Pong et des mecs en costards

Tu réalises que tout est parti de là pour la construction de la culture vidéoludique ? Une grosse borne d'arcade Pong et des mecs en costards

Il y a quelques jours, je discutais avec une jeune femme que je venais de rencontrer et nous en sommes venus à lister ce que les dessins animés de notre enfance nous avaient appris ; Ulysse 31 m’a appris beaucoup de ce que je sais sur la mythologie grecque. Les chevaliers du zodiaque ont continué, eux aussi, à élargir ma culture sur le sujet et sur les mythes nordiques, par touches, par bribes, par hasard aussi. À leur tour, Les Citées d’Or ont laissé des traces de savoir, de culture, de connaissance historique, géographique et écologique. Et même Lady Oscar a elle aussi infusé de la culture en moi. Mais bon, à l’époque j’étais un enfant, j’étais donc par nature inculte et malléable et il était finalement naturel et inévitable que ces dessins animés que je regardais beaucoup m’imprègnent à ce point. À la même époque je jouais aussi aux jeux vidéo, pourtant je n’arrive pas à identifier ce que ces jeux m’ont appris …

Ma première forme d’impression culturelle liée à un jeu vidéo, c’est avec Flashback que je l’ai eu. Mais elle est encore assez difficile à formaliser. En jouant à ce jeu, en y jouant à deux, c’est-à-dire l’un après l’autre et l’un devant l’autre, l’un jouant et l’autre commentant, j’ai eu la sensation pour la première fois de percevoir la dimension culturelle d’un jeu et d’en être imprégné. Pourtant, je ne peux pas parler de savoir ou de connaissance mais le jeu m’a aidé à digérer ma culture cinématographique naissante.  Flashback s’inspire des films que je regardais et sa manière de les intégrer à son processus de narration et création m’aider à prendre du recul à réaliser la valeur culturelle d’une œuvre. C’était la première fois que cette perception culturelle d’un jeu me donnait autant de frisson et surtout elle me donnait la sensation d’ancrer ma pratique du jeu vidéo dans le réel puisque les influences sortaient du cadre vidéoludique. Mais après cette expérience Flashback époque Megadrive, je n’ai pas d’autres souvenirs de cet ordre.

Après c’est plus tard et plus tard, je n’étais plus le même enfant, j’étais déjà plus cultivé, plus conscient aussi des enjeux d’échanges d’idées qu’induisent nos rapports avec les objets culturels ; livre, film, jeu vidéo. Étant conscient de cela, je me suis mis à systématiquement essayer de les chercher ces liens et de les verbaliser ou de les formaliser. C’est de cette époque que me vient l’envie d’écrire autour des jeux vidéo et des liens de culture qui vont avec. Mais cette sur-intellectualisation me rendait je crois, imperméable aux influences comme si pour avoir une vision d’ensemble je prenais tellement de recul que je ne me trouvais plus dans la zone d’influence culturelle du jeu, sous entendu la zone où le jeu pouvait m’apprendre quelque chose. Il y aussi que j’étais devenu une personne plus cultivée et les jeux vidéo étaient une source assez pauvre de culture à l’époque. Je dois aussi avouer que j’avais aussi un regard condescendant sur ce que je considérais comme sous-genre et une sous-culture.

En plus, je jouais sûrement pas aux bons jeux pour pouvoir apprendre des choses avec eux. Pourtant c’est l’époque où Gran Turismo a été un bain de connaissance automobile ; les constructeurs, les motorisations, les modèles et dans une certaine mesure les logiques de pilotage. Le jeu vidéo commençait à offrir des jeux épais en superflus et donc des jeux riches d’autres choses que du jeu vidéo. Je suis sûr que les jeux automobiles à licence, continuent d’être une source d’information et de savoir sur le sujet.

la frontière entre jeux à plus-value culturelle et jeux vitrine publicitaire est parfois mince

Donner l'air d'avoir des certitudes ...

Cette époque Playstation c’est celle des jeux comme Versailles, Chine, des point n click à forte valeur ajoutée culturelle, une forme de fidélité historique et de prétexte à apprendre des choses. Mais je n’étais pas client - c’est d’ailleurs l’époque où j’étais vendeur de jeu vidéo - de ces jeux-là. Il me semble me rappeler que j’étais une sorte de petit con à l’époque, un vieux con qui s’ignore peut-être, et dans un coin de ma tête je me disais que jouer pour apprendre c’était idiot ; moi je voulais de la baston, du fun et des morts, je ne voulais pas apprendre même si c’était apprendre en s’amusant. Le jeu vidéo à vocation éducative très visible cela me faisait chier. Mais à côté de cela, je dévorais NBA 2K parce que c’était une parfaite immersion dans le monde NBA ; on peut douter de l’intérêt culturel de se forger une culture NBA par le jeu vidéo, mais elle existait chez moi.

Vous ne voyez pas où je veux en venir ? Rassurez-vous, moi non plus.

Je suis entrains de pondre un discours lénifiant sur les jeux qui peuvent nous apprendre quelque chose comme si je les opposais par principe aux jeux qui ne nous apprennent rien. Pourtant de cette époque, je garde un exemple caricatural d’un jeu qui m’a imprégné d’un savoir sans que je ne le sache. C’est Tony Hawk’s 2 et son niveau sur la Place Rouge. Des années après y avoir joué, quand je suis arrivé sur la Place Rouge pour la première fois et j’ai eu cette étrange sensation de la connaître. Il m’a fallu un moment pour réaliser que c’était parce que je l’avais parcouru dans tous les sens et tous les recoins dans le jeu. Et c’est d’autant plus étrange que je ne pensais pas du tout que Tony Hawk’s était fidèle à la réalité, je n’avais donc aucune raison de penser que je pouvais en apprendre un espace géographique.

Et c’est là que les choses deviennent intéressantes et difficiles à cerner. Parce qu’il n’y a pas d’un côté des jeux qui peuvent nous apprendre des choses qui s’opposent à des jeux qui ne peuvent rien nous apprendre. Il y a des jeux qui reposent sur une forme de plus-value culturelle claire et volontaire avec par exemple un background historique, un décor réel, une inspiration mythologique fidèle, etc. et puis il y a les autres jeux dont les influences sont réelles mais indirectes et insidieuses.

La vérité, c’est que les jeux vidéo, tous les jeux vidéo, tous les genres de jeux vidéo nous influencent, nous imprègnent de quelque chose. De la culture ? De la violence ? Des mauvaises habitudes ? Du savoir ? De l’expérience ? De Dieu ? De tout cela à la fois ? De rien de tout cela ?

C’est une vérité positive, dans le sens où c’est une qualité. Et en même temps c’est une porte ouverte, une lapalissade, bien sûr que les jeux vidéo nous influencent, comme tout, comme tous les objets culturels, les messages publicitaires, les discours politiques, les séries et les films et même les interviews de footballeurs. La culture est un tout, une matière informe et mutagène qui phagocyte tout ce qu’elle touche ; et elle touche tout et tout le monde. Et en plus ce qu’elle intègre la modifie et elle modifie ce qu’elle intègre. Là on parle de ce que le jeu vidéo nous a appris en tant que savoir à l’échelle de notre personne joueur de jeux vidéo.

Il est facile de dire que Assassin’s Creed nous a apprit des choses - même s’il est plus difficile de le démontrer, peut-être que si un jour je peux marcher sur les toits de Florence je pourrais jauger du degré d’apprentissage de ce jeu … -, il est facile aussi de dire que God of War a donné à une génération de jeunes et de joueurs des connaissances en mythologie grecque au moins aussi complète que celles que j’ai appris avec Ulysse 31. C’est facile de dire tout cela parce que ces jeux sont construits autour de cela, de l’idée de fidélité culturelle à un sujet. On peut bien sûr discuter du degré de fidélité, mais on ne peut pas le nier entièrement.

Mais comment juger de ce que l’on a appris avec les jeux vidéo et qui n’est pas de la culture classique ? À l’époque de l’apogée de la domination nipponne sur les jeux vidéo, je suis sûr que l’on a appris un peu de l’esprit japonais, on a été imprégné de sa culture, de sa vision des choses, de son animisme, ses peurs, ses angoisses, ses ennemis intimes. Je pense à tout ce qui est passé à travers les RPG japonais, à travers les jeux d’horreur, à travers même les jeux de combat. Aujourd’hui, les jeux vidéo nous apprennent les codes de la culture américaine et je pense plus principalement aux jeux Rockstar qui sont à l’image des films de Tarantino d’immenses machines à recycler, remixer et produire du discours autour de la pop culture américaine.

En écrivant cela, je réalise que l’on ne s’est jamais offusqué de la prédominance d’une culture asiatique ou américaine dans le jeu vidéo ; je dis cela par rapport au cinéma où l’exception culturelle française est défendue et opposée à une forme d’impérialisme américain cinématographique. Peut-on parler d’une french touch vidéoludique comme on le fait dans la musique ?

Et dans nos pratiques, les jeux vidéo sont-ils innocents ? De quoi le sont-ils ? De quoi sont-ils coupables ? Je viens d’écrire tout cet article pour quoi ? Pour rien !

Allons nous vers un futur où le jeu vidéo va influencer notre style vestimentaire cosplay mit à part ?

Allons nous vers un futur où le jeu vidéo va influencer notre style vestimentaire cosplay mit à part ?

Je voulais m’aventurer du côté du genre parce que je pense l’on peut dire, en tout cas on peut le penser, que le seuil technologique atteint par la next-gen et la génération d’avant permet de faire rentrer plus de culture dans un jeu. Dit comme cela je suis d’accord que ça peux sembler idiot. Je vais essayer de m’expliquer. En gagnant en puissance le jeu vidéo s’est offert le luxe de pouvoir mettre autre chose que du pur gameplay dans ses jeux ; évidemment cela a commencé avec Alone in the Dark qui donnait en plus de son expérience de gameplay une plongé dans le genre horrifique. Et cela a continué avec Resident Evil qui plonge le joueur dans les codes du film d’horreur. Et petit à petit les jeux vidéo à explorer les genres ; noir, western, gore, horreur, des catégories culturelles existant en dehors du monde du jeux vidéo pas comme le shoot’em up ou le casse brique qui sont des catégories internes. De cette manière le jeu vidéo a aussi éduqué des joueurs, éduqués aux règles et aux codes de genres trans-média, c’est une forme d’apprentissage non négligeable me semble-t-il.

Et qu’en est-il du rapport à la virtualité, à l’échec, die and retry ? Qu’en est-il du conditionnement à la violence, de l’entraînement prendre des décisions promptement ? Qu’en est-il de la langue, de l’anglais, du japonais, de l’étranger ? Qu’en est-il de l’imaginaire ? Qu’en est-il de la sociabilisation par les réseaux ? Sur quels comportements le jeu vidéo ne nous influence-t-il pas ?

De combien de pages et combien de mots devrait être constitué cet article pour se montrer exhaustif sur la question ? - 2003 -

Et voilà, la boucle est bouclée ...

Et voilà, la boucle est bouclée ...

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Publié le 16 Juin 2013

Les fans de Final Fantasy sont-ils des psychopathes ?

Il y a un très bon article de Neitsabes sur un sujet que je trouve intéressant et que je voulais aborder. Mais jusqu'à présent je n'avais trouvé les bons mots ni le bon angle. La lecture de son article m'a provoqué un commentaire qui correspond à ce que je voulais exprimer, c'est pour ça que je le partage avec vous. Dans son article Neitsabes résume la situation qui oppose les joueurs "classique", les « vrais fans » de la licence et Square Enix dans un triangle amoureux. L’annonce de Final Fantasy XV a réveillé la rancœur qui habite certains joueurs depuis la sorti de Final Fantasy XIII. Cela a permis de révéler l'aspect de plus en plus conservateurs de certains fans qui préfèrent pleurer à chaque nouvel opus de la saga plutôt que de profiter des jeux et de leurs qualités.

J'ai la sensation que depuis quelques années un bras de fer s'est instauré entre Square Enix et les fans de Final Fantasy. Final Fantasy X-2 par exemple rompait déjà radicalement avec Final Fantasy X. Plus tard Final Fantasy XIII prendra ses distances avec la "tradition" du J-RPG, et même du RPG, conduisant la licence vers une expérience hybride à limite de ce que peut-être un RPG. Cet épisode a été très décrié pourtant il reste à mes yeux un bijoux de narration et d’expérience d'un level design au service d’une histoire. Comme il est dit dans l’article de Neitsabes le système de combat ATB ressemblait déjà beaucoup à du « press button » comme dans un jeu d'action classique. Je rajouterai que la mise en scène de ces combats avec des pouvoirs ultras spectaculaires " annonçait" déjà ce que dévoile les trailers de Final Fantasy XV. Je ne parlerais pas de FF XIII-2 qui à mon avis est une punition que Square Enix à voulu infliger aux fans qui avaient trop vivement méprisé FF XIII ; c’est un épisode grotesque avec sa trame caricaturale, son scénario ennuyeux, ses personnages ridicules et ses prétentions mensongères. Pour ce que j'ai pu voir des trailers de Lighting Returns : Final Fantasy XIII le jeu sera aussi orienté action  aventure en solo. Et moi ça me plait bien.

J'ai envie de croire à cette idée que Square Enix ne se contente pas de décliner à l'infini le même jeu à peine nuancé par rapport à l'épisode précédent mais qu'ils prennent le risque de confronter la licence et l'univers à d'autres expérience de gameplay ou de narration. L'audace, même si elle conduit à un résultat mitigé, vaut toujours plus à mes yeux que le conservatisme, la sécurité et la non-prise de risque.

De l'action à la troisième personne, des décors variés, des personnages emblématique, pourquoi ne pas tomber sous le charme de Lighting Returns : Final Fantasy XIII ?

Romantisme épique et grandiloquant, action frénétique à la troisème personne ; c'est tout ce que j'aime

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Rédigé par Mémoire de joueur

Publié dans #Direct to commentaire, #Final Fantasy, #polémique

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Publié le 21 Novembre 2012

Encore un article de DilaNoKaze qui m’inspire un commentaire qui déborde un peu du cadre du commentaire et qui se retrouve en article sur le blog. Son article porte le doux nom de La presse jeux vidéo, tous pourris ? Le genre de thème parfait pour me faire réagir, surtout que je suis plutôt d’accord avec le constant selon lequel la presse de jeux vidéo se meurt et aussi sur le fait que la presse internet, l’offre d’information d’internet est elle aussi problématique ; liens éditeurs, agences de com et sites de jeux vidéo trop obscure et voix des blogs trop lisse, formatée et calibrée. Bon je vous laisse avec mon commentaire et n’hésitez pas à me laisser avec les vôtres.

 

Sans vouloir vexer DilanNoKaze dire que la presse de jeux vidéo se meurt c'est enfoncer une porte ouverte ; preuve que je suis d'accord avec ce constat. Elle meurt, elle agonise et le pire dans tout cela c'est qu'une fois passé la petite nostalgie de ceux qui ont grandis et donc qui ont "appris" le jeu vidéo avec cette presse il faut bien avouer que cette presse là ne nous manquera pas. Par "cette presse là" j’entends les magazines dont DilanNoKaze dis que le nerf de la guerre est le test et la chronique. A mon sens ce modèle là est mort, dépassé, éculé, fini, dead, obsolète, absurde, incohérent et irrécupérable que ce soit le modèle économique ou le modèle de pensée.

 

Par contre - et je ferais sûrement plaisir à Icare Mag en disant cela vu que c'est son cheval de bataille - il ne faut pas enterrer trop vite les magazines plus ou moins indépendants et cette presse post Console + comme Icare comme Pix'n Love comme les Cahiers du jeu vidéo comme cette presse qui a choisi d'approcher le jeu vidéo non plus comme une actualité mais comme un matériau culturel à explorer, éclairer, façonner, etc. - je ne mets pas dans ce panier IG mag qui malgré la qualité de certains interviews pour moi repose encore trop sur le vieux modèle -. Cette presse qui justement ne repose plus sur le modèle économique et rédactionnel du magazine classique a à mon sens trouvé un le bon angle pour apporter à ces lecteurs ce que ni la presse d'avant ni internet apportent c'est dire une véritable démarche de réflexion.

 

Libéré de la dictature de l'actualité ces publications peuvent prendre les temps de traiter le jeu vidéo avec une profondeur nouvelle et souvent par des biais nouveaux ; Icare la culture et la créativité, Pix'n Love une dimension historique/archivistique, les Cahiers du jeu vidéo une approche socioculturelle etc. Bien sûr je ne suis pas entrain de dire que toutes les tentatives sont des réussites ; j'ai été le premier à critiquer le premier numéro d'Icare, des ouvrages comme l'autopsie du Survival horror - et malheureusement d'autres - pêchent par leur médiocrité rédactionnelle, mais tous ces titres qui forment la galaxie de ce que je vais appeler à tord une presse 2.0 ont tous le mérite d'exister et de proposer une alternative tant au vieux modèle type Joypad qu'à ce que peut trouver le lecteur/client sur le net. Malgré ses allures de livre et sa distribution via les librairies et plus la presse n'oublions pas que les Mook restent des magazines et qu'ils sont donc à ce titre la relève. Donc oui la presse de jeux vidéo se meurt mais de cadavre fumant des projets émergent faisant perdurer le principe de pouvoir lire un magazine de jeu vidéo au toilette ou au petit déj avant d'aller en cours - les deux moments où j'ai le plus lu mes Player One, Console + et cie et je suis sûr que je ne suis pas le seul ;) -.

 

pix-n-love-edition.jpg

 

Finalement l'émergence de ces projets rédactionnels différent de ce que le jeu vidéo pouvait offrir permet selon moi de mettre en évidence les limites de ce que peut offrir internet en terme de contenu. Comme le fait bien remarquer DilanNoKaze il y a problème avec les sites généralistes qui doivent jongler entre un modèle économique basé sur la gratuité, avec une démarche journalistique et avec la diplomatie marketing que cela suppose dans la relation avec les éditeurs. Donc les sites je jeux vidéo souffrent globalement d’un apparent manque de liberté et d’indépendance. Mais comme je le disais dans un commentaire sur Merlanfrit je trouve que cette forme de copinage entre journalistes et éditeurs n'est pas un si grand problème ou du moins que ce n'est pas le seul problème.

 

Que tel ou tel journaliste ou site soit proche de tel éditeur et donc indulgent avec lui ne me poserai pas trop de soucis si les liens étaient clairs et assumés. C'est comme en politique ; les médias politiques font de plus en plus appel à des éditorialistes dont on sait s’ils sont « sympathisant » de gauche ou de droite ; bien sûr que cela oriente leurs analyses mais du moment où les médias permettent une pluralité des voix et des avis ça me va. J’aime penser que les médias m’apportent des éléments mais que c’est moi qui par la suite construis mon avis. Ce que je veux dire c'est que le problème n'est pas tant le parti prit des sites de jeux vidéo mais le fait qu’ils ne l’assument pas ; c’est aussi la trop faible diversité des voix exprimées qui réduits la pluralité points de vus. Que Gameblog décide d'être les bisounours du jeu vidéo, que Gamkult décide d'être les ayatollahs du jeu vidéo, que JV.com ne décide rien parce qu'il est plus important d'être leader que d'avoir une ligne éditorial ce n'est pas un problème en soit si le lecteur sait qui est qui et qui fait quoi.

 

L'idée d'une sacrosainte objectivité qui donnerait lieu à lire partout les mêmes articles et cette perspective me ferait chier. Donc oui le modèle des sites gratuits est bancale et obscure, bien sûr qu'il incite ces sites à pousser au clic, qu'il induit du racolage et qu’il oblige les journalistes au copinage et c’est pour moi un vrai problème que ces sites n'assument pas leur partis prit - bien que les Ménestrels de Gameblog commencent à le faire, d'ailleurs ce coming out est bien là leur seul point positif -.

 

Là où je rejoins à 200 % DilaNoKaze c’est sur la médiocrité de la production des blogs. Je ne sais pas s’il y a un lien de cause à effet entre la médiocrité des sites généralistes soumis à la dictature du clic et donc de la news à tout prix et la faiblesse éditoriale des blogs mais j’ai bien envie de le penser parce que oui. Finalement les blogueurs font à leur échelle ce qu’on reproche aux grands sites - grands par le trafic généré je veux dire - ils s’acoquinent avec les éditeurs pour avoir leur jeux gratuitement et ils rentrent dans la spirale de : un arrivage, un test rapide et complaisant pour avoir un nouveau jeu et donc pondre un nouveau test et donc avoir un nouveau jeu et donc pondre un nouveau test etc.

 

Je ne pense pas que tous ces blogueurs soient malhonnête, je suis même sûr que certains pensent bien faire mais c’est inévitable l’enfer est pavé de bonnes intentions et une vraie qualité éditoriale nécessite un vrai investissement. Recevoir des jeux et y jouer par « nécessité » pour écrire un test empiète sur l’investissement éditorial. Surtout que les blogueurs semblent souvent jouer à beaucoup jeux et pas toujours des bons et pas toujours choisis donc même avec la meilleure volonté du monde ça ne m’étonne pas que ça donne des tests bâclés.

 

D’ailleurs il faudra un jour m’expliquer quel est l’intérêt pour les éditeurs à faire perdurer cette pratique ; est-ce vraiment important pour un éditeur que des dizaines de blogueurs parlent de leur jeu en des termes génériques sur des blogs qui n’ont pas toujours une audience folle ? Est-ce que ça a un vrai impacte sur le marketing ? Je n’apporte peut être pas grand-chose avec ces remarques mais ça fait du bien de taper sur ceux qui à mon sens galvaude le concept de blogueur.

 

Oui je reste perplexe sur le manque d’implication, de passion, de créativité, d’esprit critique, d’originalité et d’audace des blogueurs. Heureusement ce n’est pas le cas de tous et il reste des personnes dont j’aime lire les blogs parce qu’ils essaient des choses. Au fond comme pour la « nouvelle presse » j’admire les gens qui essaient de changer les choses ou de proposer des approches différentes. Vu la quantité de travail que demande un blog, l’investissement que nécessite de jouer à un jeu assez longtemps pour avoir quelque chose à dire à son sujet et si possible quelque chose d’intéressant, drôle, impertinent, pertinent, judicieux, malin, éclairé, sérieux, profond, poétique, l’investissement en temps, en temps de cerveau, en temps libre, en temps de passion qu’il faut pour rédiger plus ou moins proprement une idée je me dis que c’est con de voir ces blogueurs faire tout cela pour écrire de la merde sur des jeux de merde ; à moins qu’ils ne s’investissent pas tant que cela du coup j’en reviens au plaisir de taper sur ceux qui galvaudent.

 

Alors tous pourris ? Je ne sais pas, je ne pense pas, je ne veux pas y croire mais il est sûr qu’il y a un problème voir plusieurs. Quand Usul dit que la presse vidéo ludique est consanguine il n’a pas tord au sens où les acteurs des sites majeurs de jeux vidéo en France proviennent pour beaucoup de cette presse moribonde qui si elle a connu des heures de gloires n’a pas su passer le cap de la maturité. Alors au fond étaient-ils ces gens là légitimes pour s’emparer d’internet ? Ce que je veux dire c’est que je suis convaincu qu’internet est média dont on sous exploite encore le potentiel parce qu’on se cantonne à reproduire avec lui ce qu’on faisait déjà avant dans la presse papier. D’une certaine façon les sites de jeux vidéo aujourd’hui sont les enfants consanguins des acteurs d’une presse agonisante, pas étant que les bébés soient imparfaits. Il faudra peut être qu’une nouvelle génération de créateurs de contenu émerge, une génération sans lien avec la défunte presse papier pour que naissent une véritable production de sens autour du jeu vidéo dans un style, sur un modèle, avec des outils de pensées et de réflexion qui soient en parfaite adéquation avec le potentiel du net. En tout cas j’ai envie d’y croire.

 

Encore merci à DilanNoKaze pour son article qui m’a bien inspiré et encore une fois pardon pour avoir squatté son article et pour avoir publié mon commentaire du premier coup sans relecture et donc avec ses fautes, ses tournures de phrases affreuses, ses lourdeurs et ses imperfections

Direct to commentaire : La presse jeux vidéo, tous pourris ?

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Rédigé par Mémoire de joueur

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Publié le 3 Octobre 2012

Il y a quelques semaines aquab0n écrivait sur son blog un coup de gueule dans lequel il s'insurge contre les discours qui diabolisent le jeu vidéo et font de lui un objet nocif potentiellement addictif dans le mauvais sens du terme : les jeux vidéo et la drogue. Je suis tombé sur cet article avec un peu de retard mais ça ne m'a pas empêché d'être inspiré par le sujet. Bien sûr je suis d'accord sur le fait que les discours généralistes sont souvent maladroits, alarmistes, parfois faux et généralement non-constructifs. Mais si ces médias généralistes se trompent il ne faudrait que nous autre joueur nous en faisions autant en fermant les yeux sur certaines facettes du jeu vidéo ; nous ne sommes pas exempte de défauts et encore moins de névroses. Ceci étant dis je vous laisse avec mon commentaire qui finalement est assez personnel.

 

Est-ce que le jeu vidéo pousse au crime ? Au meurtre ? Au terrorisme ? À la barbarie ? Je pense que tous les gamers sont d'accord pour dire que non et sur le coup je me range derrière l'avis des joueurs. Comme le rock'n'roll ou le véritable jeu de rôle avant lui le jeu vidéo est une parfaite victime expiatoire sur lequel la société peu focaliser toutes les peurs d'une doxa dépassée par la barbarie, dépassée par l'époque qui change et dépassée par les jeux vidéo. Et c'est bien connu ce que l'on connait mal ou peut on en a facilement peur. Alors on oui on entend toutes sortes de connerie aux sujets de jeux vidéo qui plus est souvent par la bouche de personnes qui ne connaissent que très peu et surtout très mal. Personnellement avec une forme de fatalisme résigné je me dis que tant qu'un autre phénomène culturel ne prendra pas la place des jeux vidéo on est voué à voir les médias lancer régulièrement de nouvelles saillies bilieuses contre les jeux vidéo et pendant ce temps nous autres gamer nous devons, devrions, continuer de parler des jeux vidéo avec le plus de passion possible, le plus de bienveillance aussi et si possible le plus de diversité pour petit à petit occuper le paysage et parviendrons-nous peut être à normaliser la place du jeu vidéo dans la société qui se trouvera alors un autre bouc émissaire.

 

addiction-aux-jeux-video.jpg


Par contre même si les discours alarmistes qui font passer les jeux vidéo pour la pire de toutes les calamités de notre société se trompent il n'en reste pas moins que l'addiction est un véritable risque. Bien sûr sur un joueur en pleine possession de ses moyens avec une vie équilibrée sur le plan social, affectif et professionnel, un joueur qui connait dans d'autres passions une forme d’épanouissement, il n'y a pas vraiment de risque tu as raison ; nous sommes gamer mais nous ne sommes ni drogué ni dangereux mais l’épanouissement et l’équilibre sont des choses fragiles. Sur les autres joueurs plus jeunes, moins épanouis dans leur vie, les joueurs plus déprimés, plus dépressifs, les joueurs dé-sociabilisés, les joueurs qui prennent de plein fouet la dureté de la crise, du monde ou de leur vie et qui cherchent dans les jeux vidéo un exutoire plus qu'un divertissement, les joueurs qui trouvent dans les jeux vidéo une alternative au réel, les joueurs fragiles, fragilisés, pour tous ces autres joueurs qui nous ressemblent, qui peuvent nous ressembler, à qui on a pu ressembler alors je pense que oui il y a un risque d’addiction. Bien sûr la probabilité que l’addiction à un jeu vidéo nous transforme en tueur, un psychopathe ou en footballeur de haut niveau est quasi nulle mais le risque de perdre pied d’avec la réalité est une possibilité à ne pas balayer du revers d’une certitude.

 

Moi-même je n’ai jamais autant joué que pendant les moments de déprime, il y a des jeux d’ailleurs qui sont maintenant lié à certaines périodes de déprime par Final Fantasy VIII que j’ai bouclé en une semaine parce que j’étais seul pour le 31 décembre ou des jeux que j’ai fais après une rupture amoureuse pour ne plus penser à rien d’autre quand tu joue plus que de raison, que tu oubli de manger, de dormir, d’aller en cours juste pour jouer, se dissoudre dans un jeu, s’y perdre, s’y abandonné. Je ne dis pas que l’on risque tous cela, je ne dis pas que l’on ne peut pas en sortir, mais je dis que c’est un risque, une possibilité qui me semble en plus décuplé avec l’illusion du jeu online, un jeu sans fin, un jeu dans lequel on est seul sans être seul, un jeu qui donne l’illusion du réel. Nous pouvons et nous devons comme tu le fais pousser des coups de gueule quand la société éructe des idées fausses sur le jeu vidéo mais nous ne devons pas nous plus nous montrer trop naïf et fermer les yeux sur les risques potentiel du jeu vidéo.

 

Je suis convaincu que jouer aux jeux vidéo à un impacte sur nous, je ne dis pas qu’ils font de nous des tueurs ou des monstres mais on ne peut pas croire qu’ils ne nous changent pas, qu’ils n’influent pas sur nous que sur notre représentation du monde, sur notre rapport au réel, au virtuel, sur notre imaginaire, notre aptitudes à interagir avec interfaces plus ou moins complexes bref comme toute passion à laquelle on consacre du temps il est naturel que l’on soit influé par elle et à partir du moment où l’on accepte cette idée on accepte l’idée que l’influence de cette passion vidéo ludique puisse être parfois excessive ou négative. Donc même si je comprends et que je plussois ton coup de gueule je dis quand même ayons mesure gardée ;)

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Rédigé par Mémoire de joueur

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Publié le 26 Septembre 2012

Cette nuit je tombe sur le blog de Trulsrohk, cette fois je sais comment je suis arrivé sur son blog, il est m'a laissé un commentaire sur mon dernière article qui est maintenant l'avant dernier, bref celui juste avant celui-ci. Oui je suis un mec sympa moi,quand un visiteur me visite j'aime le visiter en retour, enfin ce n'est pas de la pure politesse c'est avant tout de la pure curiosité. Déjà dans son commentaire il avait donné le ton et j'avais senti que l'on pourrait s'entendre - sous entendu que je pourrais lire son blog et être inspiré de lui répondre - et ça n'a pas été très dur avant que ça ne vienne ; troisième article que je vois Trop de jeu vidéo tue l'envie de jeu vidéo ; jeu vidéo, envie, meutre, tient on parle de moi ? L'article essaie de répondre à la question de la lassitutde grandissante que l'on entend grandir sur les réseaux et la réponse sous entend que trop de jeu vidéo tue le jeu vidéo et personnellement je ne suis pas tout à fait d'accord, j'ai donc pris ma plume pour dire ce que j'en pensais. Je vous laisse avec ma réponse dans laquelle j'essaie de dire que ce n'est pas le fait de trop jouer au sens de jouer beaucoup ou de jouer à beaucoup de jeu qui est problématique mais c'est le fait de jouer avec peu ou pas de passion et que la passion se perd à vouloir être trop pro. 

 

Bon, je vais commencer par me dénoncer, je suis un de ces joueurs qui est capable d'acheter un jeu et ensuite de le rangé son mon étagère garder pendant plusieurs mois avant d’y jouer ! Il m’arrive même parfois de revendre des jeux auxquels je n’ai jamais joué. Bon ceci étant dis venons en au cœur de l'article ; trop de jeu vidéo peut-il tuer l'envie de jeu vidéo ?

 

Je trouve ta réflexion intéressante, en tout cas la question est bonne mais à mon avis tu te trompe un peu de conclusion. C’est vrai qu’il y a dans le bruit de fond ambiant de la blogosphère comme de la lassitude des productions modernes et il est vrai aussi que chez certains joueurs - souvent ceux qui se disent lassé - on peu observer qu’ils consomment trop de jeu vidéo. Mais le problème pour moi ce n'est pas le "trop", le véritablement problème c'est la "consommation". A mon sens on peut jouer "trop" sans perdre sa passion, on peut jouer pendant trop de temps ou bien dépenser trop d'argent dans les jeux les jeux vidéo sans que cela n'affecte sa passion.

bioshock-rapture.jpg

Histoire de prendre du recule prenons un exemple en dehors des jeux vidéo, la littérature par exemple. Il y a des personnes qui aiment lire, si tu es passionné que ce soit par les romans noirs, la SF ou Marc Levis tu peux lire énormément de romans, tu peux lire "trop" de livres sans jamais te lasser pour autant parce que ta passion alimente la petite étincelle qui t'enflamme à chaque nouvelle lecture. Si la passion reste vivace c'est parce qu'on ne consomme pas un livre, on peut le dévorer, on peut le lire avec fougue, on peut le lire comme on veut mais lire suppose ou oblige que l’on s'implique dans l’œuvre. Pour moi c’est la même chose avec les jeux vidéo ; si par passion tu achète 200 jeux, que tu joues à ces jeux tous les jours, si tu passe95 heures par jour sur un même jeu - un exemple au hasard, un MMORPG - mais que tu le fais avec cœur, si chaque partie jouée tu l'a joue parce que tu en as envie alors tu peux garder ta passion intacte.

 

Ce que fait remarquer Margoth est juste, les plus blasés sont souvent ceux qui sont joueurs et blogueurs ou personnages appartenant plus où moins à la sphère médiatique du jeu vidéo, sous entendu des personnes qui, pour faire tourner leur moulin, - site, forum, blog - sont amenés à jouer et à parler de beaucoup de jeux, souvent reçus de la part des éditeurs. Et ne voyez là aucune jalousie de ma part mais je suis persuadé qu'un jeu gratuit on y joue avec un peu moins de passion, un peu moins d'exigence et surtout moins d'implication qu'un jeu que l'on a payé, sous entendu qu'un jeu que l'on a désiré.

 

Il y a peut être dans ce point un des facteurs qui peut expliquer une lassitude ; quand un joueur devient un rouage du système et que les jeux viennent à lui gratuitement il y a selon moi du désir et de l'implication qui se perdent. La passion est censée être un moteur qui nous pousse à avoir envie d’un jeu, à acheter un jeu, à jouer à ce jeu et parfois à parler de ce jeu qui durant le temps de notre expérience nous a habité. La passion est donc une dynamique qui pour moi s'incarne dans un mouvement de transcendance, un mouvement qui part de soi et qui pointe vers un objet du désir, ici un jeu. Dans ce mouvement la transcendance emporte une part de nous et la projette à travers le jeu. Tant que l'on arrive à éprouver cela on peut acheter et jouer à tous les jeux du monde aucuns n'arriveront à mettre notre passion à l'épreuve.

 

Nous, les joueurs qui jouons depuis plus de 20 ans, nous avons connu les jeux vidéo enfant ou ado, c'était dire à une époque où nous étions financièrement dépendant de nos parents, donc d'une contrainte et majoritairement avant d'avoir un jeu nous avons connu le désir, l'attente, l'espoir, le frisson qui précèdent la possession. Ce n'est peut être pas un hasard si c'est notre génération de gamer qui compte le plus de passionnés blasés. Dans le fond je pense que ces joueurs ne mettent pas les bons mots sur leurs ressentiments, je pense que c'est plus une forme de nostalgie de ce désir perdu qu'il faudrait cristalliser pour justifier leur lassitude plutôt que les conceptions moderne des jeux vidéo en eux même. Bien sûr tout ceci n'est qu'une hypothèse.

 

Certains me diront qu'en grandissant on acquiert les moyens de se payer nos jeux plus ou moins quand on veut et que si on suit ma logique la passion meurt à ce moment là. Sauf que non, tada ! C’est là que je sors ma botte secrète - ou mon escarpin fourré secret - en grandissant si on acquiert une autonomie financière - en tout cas pour les moins chômeur d'entre nous -, on acquière aussi une culture et un goût en matière de jeu vidéo qui nous permet de nous recréer des objets de désir vidéo ludique ce qui nous permet de renouveler notre passion. Je ne peux pas concevoir que pour le joueur la passion se résumer à posséder tel ou tel jeu, sauf pour le collectionneur mais le collectionneur n'est pas blasé. Je ne peux pas concevoir non plus que la passion du jeu vidéo se résume à terminer tel ou tel jeu, sauf pour le chasseur de trophées mais le chasseur de trophées lui aussi est heureux. Il me semble nécessaire et évident que le passionné doit être capable de renouveler ses objets de désir pour dépasser le simple fait d’avoir et de jouer à un jeu alors que plus jeune ça pouvait nous satisfaire. Nous avons grandi, nous sommes plus matures et ça ne doit pas nous empêcher de retrouver de moteurs à notre passion. On peut rechercher l'émerveillement, vouloir ressentir de la peur ou plus généralement des émotions, ça peut être un sens du challenge, la poursuite de l'excellence, la quête de la poésie, la volonté d’étendre sa connaissance, le plaisir de déjouer les développeurs, se divertir etc. etc. etc. chaque passionné devrait avoir ses objectifs, ses objets d'un désir, qui lui permettent de mettre son expérience du jeu vidéo en tension, en mouvement, en transcendant, bref dans une logique qui l'implique dans sa partie. call-of-duty-nes.jpg

 

A titre d'exemple j'aime rechercher la poésie dans un jeu, j'aime essayer de trouver des ponts culturels avec d’autres œuvres, j'aime que l'on me transmette des histoires par contre je n’ai aucun sens du défi, de l'excellence ou de la performance manette en main. Grâce à cela quand je rentre dans un jeu je ne m'ennui jamais, je le parcours avec passion; ça me fait penser à Blade of time, un jeu d'action classiques et un peu bâclé dans un monde héroïque fantasy classique. Mais à un moment donné durant un niveau l'héroïne est téléportée sur une autre planète, le jeu change de level design, de game design ; le jeu atteint quelque chose que je trouve à la fois violent, poétique, déroutant, très réussi, durant ce niveau le jeu m'a mit une énorme claque. Je joue entre autre pour vivre ce genre de découverte. Pour prendre un exemple plutôt controversé parlons du donc très controversé Final Fantasy XIII. Je ne suis pas là pour dire s'il est bon ou mauvais juste pour dire que si on s'est un temps soi peu investi dans la partie le jeu est construit sur une telle structure avec une telle architecture linéaire que le moment où l'on arrive dans la plaine de Gran Pulse est, selon moi, un moment culte du jeu vidéo. Ce que j'essaie maladroitement de dire - ça m'apprendre à écrire à 02h00 - c'est qu'au delà d'une vision "utilitaire" des qualités ou des défauts d'un jeu on peut, si on aborde un jeu avec passion, y découvrir des choses merveilleuses. Elle sert à cela la passion, nous permettre de garder de l'émerveillement et du plaisir et nous protéger de lassitude. Ce n’est pas étonnant que les joueurs/blogueurs/professionnels qui voient de plus les jeux comme une liste de qualité et de défaut soient de plus en plus souvent en prise avec la lassitude.

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Rédigé par Mémoire de joueur

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Publié le 22 Septembre 2012

Bloguer devrait être un art de vivre et un art de vivre nécessite un équilibre ; savoir se donner dans ses mots et savoir donner du temps aux mots des autres, mais voilà nos vies ne sont pas élastiques et le temps nous manque parfois pour lire tous les blogs de jeux vidéo et si ce n’est pas le temps qui manque c’est l’envie et si ce n’est pas ça non plus c’est la même raison qui fait que le monde entier ne vient pas lire et commenter mon blog c’est que l’on ne sait pas qu’il existe. Bref je n’allais jamais ou presque sur le blog de DilanNoKaze mais aujourd’hui au hasard d’un RT, au hasard d’un commentaire ou de je ne sais quel aléas du net je me suis retrouver à feuilleter son blog - ah je me souviens comment je suis arrivé là, c’est en faisant la visite de tous les blogs jeux vidéo pour y trouver des idées de design à voler ou à éviter … - et un article un titre m’a sauté au à la gorge [coup de gueule] le joueur ce râleur de l’extrême. Vous me connaissez, quand c’est hors sujet - c’est ce qu’annonce l’article - quand ça parle de coup de gueule et des joueurs de jeu vidéo je suis tout émoustillé. Son article parle des réactions stériles et négatives qu’on eu un certain nombre de gamer à l’annonce de Bayonetta 2 sur Wii-U et plus généralement ça parle de cons, de cons d’influence, de ceux qui parlent trop et de ceux que l’on entend trop, bref de la liberté d’expression. Enfin je vous laisse lire son article et ensuite je vous invite à commentaire.

 

revenge-of-shinobi.jpg

 

Moi aussi quelque chose ; oui moi aussi je veux dire quelque chose parce que moi aussi je pense quelque chose. C'est là toute la chance et tout le problème d'internet, on a accès à la liberté d'expression et on a tous envie de l'utiliser, les cons comme les moins cons et même parfois les gens intelligent. Mais internet n'a rien changé dans les discours ni dans les mentalités, comme quelqu'un l'a déjà dit plus haut dans les commentaires râler et voir les choses par le petit trou de son nombril c'est un art de vivre à la française. Alors faut-il se révolter contre ça ? Bien évidemment ! Mais faut-il s'en étonner ? Bien sûr que non. La minuscule polémique de la Wii-U dans un océan de consensus est un non évènement, une toute petite mode qui sera vite remplacée par la prochaine toute une petite polémique, etc.

 

Mais DilanNoKaze tu soulève un problème intéressant : qui peut prétendre à être un blogueur influent et comment juge t-on cela ? Sérieusement c'est comment qu'on fait la part des choses ? C'est comme avec Sony, Sega ou Nintendo ? C'est une question de fan, de ceux qui aiment lire telle ou telle source et qui dénigre les autres sources sans autres arguments que la fan-boy/girl attitude vis à vis d'un blogueur ? Ne peut-on pas considérer que l'on peut trouver du bon dans tous les blogueurs et du mauvais aussi ? Personnellement je ne suis pas aussi œcuménique que cela, je suis comme toi je considère qu'il y a des bons et qu'il y a les cons mais je ne prends pas la peine d'aller lire les cons, je ne prends pas la peine d'écouter les cons ni même de parler avec eux. Il en va du blogging comme du jeu vidéo, on n'a pas le temps de jouer à tout, à n'a pas le temps de lire tout le monde alors moi en blog comme en jeu vidéo j'ai fais le choix de lire ceux que j'aime et de jouer à ce que j'aime et je me fouts d'aimer les toutes petites productions ou les jeux qui n'ont pas trouvé leur public et je suis heureux de lire les gens intelligent même s'ils ne sont pas lu par le plus grand nombre.

 

Si ça se trouve les cons sont suivis pas les cons et les gens intelligents suivis par les gens intelligents alors si nous faisons parti du bon wagon usons de nos plumes et de nos blogs pour faire grandir une certaine vision du jeu vidéo, une certaine des blogs, une certaine vision du savoir ; oui écrivons l'avenir et laissons les cons et les réactionnaires dans leur marasme.


bayonetta-2-Wii-U.jpg

 

Je n'ai plus possédé une console Nintendo depuis la Game Cube et je me réjoui que Bayonetta 2 sorte sur Wii-U, non pas parce que je vais acheter la console mais parce que je suis un nostalgique du temps où il y avait vraiment des exclusivités ça donnait aux consoles un vrai caractère et une vraie personnalité ; bien sûr c'était le terreau idéal pour se troller dans la cour de récréation sauf qu'à cette époque le troll n'était pas sorti des RPG en papier et nous ça nous forgeait le sens de la rhétorique de défendre sa console et ça nous forgeait le sens du partage, je te prête ma NES et moi je pourrais jouer à Shinobi sur ta Master Système, je te prête ma Super Nintendo pour que tu joue à Street Fighter et moi je vais jouer à Revenge of Shinobi avec ta Megadrive - quel putain d'excellent jeu d'ailleurs ! - . Je ne dis pas que nous n'étions pas des petits cons, je ne dis pas que nous ne faisions pas preuve de mauvaise fois parfois mais on pouvait s'identifier à telle ou telle console, ça avait du sens d'être fan boy à l'époque mais cette époque est morte et les exclusivités sont devenues de plus en plus rare et moi à chaque fois que je vois Sonic se faire jouer sur les consoles Sony, Microsoft et surtout les consoles Nintendo mon âme saigne. Mais il faut vivre avec son temps et ses consoles génériques.

 

Alors oui il y a des cons qui râlent et moi je ne suis pas con mais moi aussi je râle parfois et tout comme toi je suis convaincu d'avoir raison, convaincu que je ne râle pas mais que j'exprime avec ferveur ma conviction qui est juste et honnête parce qu'on ne va pas avoir des convictions à la con. Dans le fond nous les blogueurs ne sommes nous pas toujours le con d'un autre ? C'est un prix que je veux bien payer s'il me permet de toujours exposer mon avis, écrire et être lu et partager ou propager ma parole. Je suis d'accord avec toi sur une chose, le vrai risque d'internet ce n'est pas la connerie mais l'uniformisation de la pensée ; je préfère lire 1000 conneries différentes sur un jeu, une consoles, un projet plutôt que de lire 1000 fois une même connerie partout ; tout est question de dosage, de nuance et de rhétorique.

 

Bref tout ça pour dire qu'il n'y a peut être pas une seule bonne vision, un seul bon jugement, sauf le mien bien sûr mais je laisse à mes lecteurs le plaisir de le réaliser. Et moi qui n'ai pas toujours raison dans ce que je pense mais qui ai toujours raison de le dire je peux dire que je suis un grand défenseur de Final Fantasy XIII qui est pour moi une grande expérience du jeu vidéo et si ce n'est pas un bon RPG je m'en fouts parce que c'est un véritable grand jeu au sens où il provoque et permet une grande expérience et laisse surtout un grand souvenir à ceux qui sont parvenu à le faire - et le fait qu'il laisse une grande amertume aux autres est aussi une marque de son importance dans l'histoire vidéo ludique - . Bref la bloggosphère sera toujours faites de bons, de cons et des autres et le secret que l'on fait tous semblant de ne pas savoir mais que l'on sait tous c'est que l'on est toujours les trois à la fois.

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Rédigé par Mémoire de joueur

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Publié le 5 Septembre 2012

Au départ il y a un lien partagé sur le Facebook de Xenopixelle vers un article dont le titre Le jeu vidéo loisir injuste. Avec un titre pareil j’ai été tout de suite interpelé tant je trouvais la tournure curieuse à la limite de l’absurde. S’en suit donc la lecture d’un article de plutôt bien rédigé sur un blog que je ne connaissais pas qui développe une réthorique sur l’idée que le jeu vidéo est à cause des effets de collections un loisir injuste mais bon je vous laisse lire l’article en question et surtout ma réponse

 

Je crois que la rubrique dans laquelle tu as publié cet article est bien choisie : hors sujet !

 

Ça sera donc le sens de mon commentaire ; toute cette belle prose est parfaitement hors sujet parce qu'elle mélange deux choses bien distinctes :

  • le jeu vidéo en tant que loisir
  • le jeu vidéo en tant que sujet de collection

 

Faire une collection, que ce soit de jeux vidéo, de voiture ancienne, de dés à coudre ou de n'importe quoi d'autre du timbre aux ossement de baleine est un loisir à part entière, un loisir où le plaisir de la recherche, le plaisir de la restauration et le plaisir de la rareté opèrent à fond les ballons. Effectivement la logique de l'offre - rare - et de la demande - nombreuse - fait gonfler les prix de façon artificielle et déraisonnable mais à vrai dire on s'en fout à partir du moment où le collectionneur est un adulte consentant il fait ce qu'il veut.

 

Les jeux vidéo en tant que loisir c'est autre chose, le jeu vidéo en tant que loisir à mon sens ne passe pas par le fait de jouer à tout prix - expression mal choisie je te l'accorde - à tous les jeux de la création, ni même à tous les jeux d'une génération ou d'une console ; cette logique là relève purement et simplement de la consommation compulsive voir de l'addiction mortifère et je crois que ce genre de gamer feraient d'excellent sujets de thème psychiatrique. A priori le jeu vidéo est un loisir de divertissement et le "but", si on peut parler de but, c'est de se divertir, passer un bon moment qui soit grosso modo un cocktail de dépaysement, d'immersion et de lucidité via le game play. De ce point de vu l'essentiel c'est de trouver des jeux que l'on aime plutôt que de jouer à tous les jeux de l'histoire. Quand j'ai lu ton article je n'ai pas pu m'empêcher d'imaginer un lecteur de roman entrain de dire que son loisir est injuste d'une parce qu'il ne trouve pas tous les romans dans leur édition originale et aussi parce qu'il ne trouve pas le temps de tout lire. Mais tu vas me dire, justement dans la littérature les romans sont très souvent réédités. Mais justement dans le jeu vidéo aussi, en tout cas de plus en plus.

 

A ce point là il est vrai qu'il faudrait rentrer dans un débat autour d'une phrase que tu avance avec beaucoup de certitude : "le jeu vidéo, quand à lui, est confronté à l'absolue nécessité de posséder le support d'origine pour obtenir une expérience optimale, telles qu'imaginées par les concepteurs de jeux et de consoles". Wahoo ! Je dois avouer que je suis loin, très loin d'être d'accord avec cette idée là et pourtant je suis assez vieux pour avoir commencé le jeu vidéo avant l'époque de la NES. Je trouve ton affirmation assez bancale, d'une parce que je ne pense pas que les concepteurs de jeux vidéo quand ils créent un jeu soient très attachées au hardware qui va le porter. Pour preuve ces licences qui sortent aujourd'hui sur tous les supports du marché façon Assassin's Creed que l'on peut trouver sur PS3, sur 360, sur PC, sur Nintendo DS, sur PSP et je suppose bientôt sur PS Vita. Et ce point de désaccord me conduit au second ; quand un jeu est développé pour l'arcade par exemple comme Ghost n goblin doit-il être considéré comme la version de référence ou pour pouvoir prétendre - selon ta logique - avoir jouer au jeu dans une expérience optimale peut son se contenter d'une version NES ou PC Engine ? Et si les trois versions antérieures sont valables comme expérience optimale en quoi une rom bien émulée ne l'est pas ? Faut-il jouer à Tetris seulement sur la Game Boy pour en avoir une expérience optimale ou peut-on admettre que les infinis portages sur différentes consoles puis sur différents téléphones sont tout aussi pertinent pour faire l'expérience de ce jeu ?

 

Justement contrairement à toi je trouve que c'est une des forces du jeu vidéo, c'est que les bons jeux, les bons concepts, sont indémodables et en même temps soluble dans une forme de modernité. Tetris est proche de ses 30 ans, on y a joué sur énormément de machine et le jeu reste aussi prenant. Jet Set Radio un de mes chouchous de la Dreamcast doit arriver sur le PSN ce mois ci je pense et je n'hésiterais pas une seconde pour le prendre parce que je sais que la force du jeu - son style, son ambiance, sa musique, son esprit - ne vont pas s'évaporer parce que j'aurai dans les mains une manette PS3 au lieu d'une manette Dreamcast. Par contre si tu veux amener ton discours du coté de réédition, critiquer la qualité de certains portages HD - comme ceux de Silent Hill - ou la minceur du catalogue là je serai d'accord avec toi. On a cette chance, il n'est pas nécessaire de collectionner les jeux vidéo pour y jouer, je t'assure que faire Chrono Trigger en jap sur Super Famicom n'apporte rien de plus que le faire aujourd'hui sur DS - on le trouve pour pas cher - intégralement traduit en français. A mon avis le créateur de Chrono Trigger il s'en fout que tu sue larmes et sang pour que tu joue sur le support originel par contre je suis sûr que si tu fais le jeu sur un support fonctionnel et que tu vis une vraie et grande belle aventure qui te laisse pleins d'émois vidéo ludique il sera content.

 

chrono-trigger.jpg

 

Oui les supports changent, bien sûr que la conservation du patrimoine vidéo ludique est une vraie question qui devrait relever du ministère de la culture mais non le jeu vidéo n'est pas injuste, enfin pas plus injuste qu'une autre passion. Aujourd'hui on peut trouver des jeux et des consoles pas chères et jouer à d’excellents jeux ; la DS par exemple, même si elle est un peu surcotée, a une belle ludothèque pour ceux qui savent fouiner. La dématérialisation grandissante du jeu vidéo et la volonté de faire du fric facilement incite plutôt les éditeurs à rentabiliser de vieux hit en prétextant un léger lissage HD, ajoute à cela qu'une belle part de la production dite indépendante ne fait que pomper des concepts old school pour nous les revendre et à n'en pas douter encore beaucoup de très bon titres du passé vont nous revenir pour le meilleur et pour le pire. Et même si tu ne veux pas jouer aux vieux jeux, aujourd'hui avec nos consoles next gen en fin de vie on peut jouer à de très bon jeu next gen pour moins de 20 euros le jeu.

 

Il n'y a donc pas d'injustice, pas d'alarmisme à avoir sur l'injustice et si tu as peur de la disparition des objets consoles et des objets cartouches fait donc confiance aux collectionneurs ; certes ils dépensent sont compter mais ce sont souvent d’ingénieux bricoleurs et des experts de la rénovation réparation.

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Rédigé par Mémoire de joueur

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Publié le 25 Juillet 2012

J’inaugure une catégorie nouvelle : direct to commentaire. En fait les articles que vous retrouverez ici sont des commentaires postés sur d’autres blogs ou des réponses faites à des commentaires sur mon blog que je trouve suffisamment pertinents pour mériter une véritable exposition dans un article.

 

La plus part des production de jeu vidéo sont avant tout du divertissement, voir même du divertissement de masse - si on excepte les quelques productions alternatives qui poursuivent d'autres idéaux que le divertissement à commencer parfois par la narration, parfois des choses plus abstraites - pourtant au sein de toutes ces mécaniques de divertissement bien huilées pour que le joueur joue il y a généralement de petites parcelles d'art, de poésie et parfois même de métaphysique et moi justement j'aime me plonger dans un jeu en essayant de capter ces moments où le jeu vidéo laisse place à cet autre chose qui agit en lui et que trop souvent on oubli de regarder. En même temps ce n'est pas étonnant ; depuis ses débuts le jeu vidéo fonctionne autour de scriptes, des passages scriptés qui répondent à des passages scriptés, etc. ; le jeu vidéo à besoin de tenir les rênes et de contrôler le joueur agissant comme un dieu qui aurait pour chacun de ces héros une destinée précise et implacable et nous joueurs docilement on accepte ce déterminisme. Pourtant entre deux scripts, entre deux passages où le jeu et la console configure l'avenir et le présent du joueur il y a souvent un espace infra mince, une frontière infra mince qui laisse place à de la liberté, du chaos, de la poésie, de l'art, de la métaphysique, de la philosophie ; sortir de la route et rouler sans fin vers l'infini dans un jeu de course, se retrouver dans un niveau sans avoir déclenché le script précédant et agir sans avoir d'impact sur l'univers, se glisser dans une warpzone, au fond les jeux vidéo sont remplis de bugs qui crée d'infra mince espace où jailli l'irrationnel.

 

Parfois ces bugs sont orchestrés par les développeurs, parfois ce sont de vrais erreurs de la machine mais à chaque fois qu'un joueur si perd, si retrouve, si égare, il fait soudain une expérience totalement en rupture avec son expérience du jeu ; ma première expérience de ce genre m'a profondément marqué c'était sur Rush'n beat version jap sur ma SuperNes française avec adaptateur. J'étais entrain de jouer et en m'approchant du décor de la ville où il y avait des centaines de portes décoratives je me suis retrouvé happé dans une warpzone avec des bugs d'affichage, des ennemis, des couleurs psychédéliques ; j'étais tout à la fois paniqué et euphorique ; paniqué parce que je n'ai pas compris ce qui a déclenché cette expérience et que mes habitudes de jeu étaient chamboulées et en même temps euphorique parce que j'avais l'impression de découvrir quelque chose d'unique, de rare, comme si j'étais le seul à qui cela arrivé, un peu comme si je venais de découvrir les mystérieuses citées d'or. Je suis ressortie de cette warpzone plus loin dans le jeu sans avoir compris ce qu'il c'était passé. Dès lors à chaque fois que je rejouais je cherchais à reproduire l'ouverture de ce passage et je n'ai jamais réussi à le faire volontairement. Juste par deux fois je suis retombé dans ce passage. Mais toute mon expérience de jeu a été durablement changé, j'étais devenu une sorte de Sisyphe qui inlassablement recommençait la même tâche juste pour pouvoir la recommencer encore et encore. Le plus drôle dans cette histoire c'est que dans le jeu Scott Pilgrin contre le reste du monde il y a une warpzone qui ressemble très fortement à cette expérience, je ne sais pas si c'est un hommage particulier à Rush’n Beat ou à toute les warpzone de beat'em all mais j'avoue que j'ai adoré ce clin d'œil qui m'a conforté dans le souvenir que j'avais.

 

Finalement plus un jeu pose de contraintes au joueur plus le joueur éprouve des sensations qui relèvent de son humanité et paradoxalement dans les jeux bac à sable qui laissent au joueur la liberté d'agir sans trop de contrainte l'expérience métaphysique se réduit comme peau de chagrin. La métaphysique à besoin de contrainte pour délimiter l’espace en creux de son propre jaillissement et à ce titre là beaucoup de jeux vidéo sont de véritables petite clairières heideggérienne

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Rédigé par Mémoire de joueur

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